La reliure est la première chose que l’on voit d’un livre ancien, et souvent la dernière que l’on comprend. Un dos à cinq nerfs, un maroquin citron, un semé de fleurs de lys, un contreplat doublé : chaque détail raconte une époque, un atelier, un commanditaire. Depuis 2007, ce blog a consacré plus de deux cents chroniques à cet art. Cette page les rassemble et les ordonne : elle est conçue comme un parcours, du premier regard porté sur une peau jusqu’aux grands noms de la reliure française.

Par où commencer : matériaux et vocabulaire

Avant le décor, la matière. Savoir distinguer un veau d’un maroquin, une basane d’un vélin, c’est déjà dater et hiérarchiser un exemplaire. Commencez par notre synthèse récente sur les grands types de reliure du livre ancien, puis approfondissez :

Les grands décors classiques

Fanfare, Du Seuil, dentelle, janséniste : ces noms désignent des grammaires ornementales précises, qui permettent de situer une reliure au premier coup d’œil. Les essentiels :

Et pour les formes plus rares : la reliure aldine, la reliure à la médaille, la reliure japonisante, la reliure brodée, la reliure dos-à-dos, la reliure en trompe-l’œil ou encore les rarissimes « reliures puzzle ».

La dorure, les tranches, les contreplats

Le décor ne s’arrête pas aux plats. La dorure a ses styles et ses époques, les tranches leurs secrets :

Reliure en maroquin citron aux armes de Pietro Duodo, Paris, vers 1597
Maroquin citron aux armes de Pietro Duodo, atelier de la seconde Palmette, Paris, vers 1597.

Armes, provenances et grands commanditaires

Une reliure armoriée est une carte d’identité. Notre série « Héraldique et bibliophilie » donne les clés de lecture : chapitre I, lire des armes, chapitre II, les basiques de la reliure aux armes, chapitre III, couleurs et encres, et l’indispensable OHR. À lire aussi, la savoureuse trilogie des armes « parlantes » : le porc-épic de Maupéou, l’écureuil de Fouquet, la couleuvre de Colbert.

Côté grandes provenances : les fabuleuses reliures de Jean Grolier, les reliures de Pierre Duodo, la bibliothèque de Marguerite de Valois, les reliures à l’Apollon et Pégase ou les petits fers d’Habert de Montmor.

Les grands relieurs, d’atelier en atelier

Nos portraits de relieurs couvrent trois siècles d’histoire de l’atelier français :

Curiosités et cas limites

Parce que la reliure a aussi ses marges : les reliures en peau humaine (et leur épilogue), les reliures d’agonothètes, les reliures d’almanachs, les reliures d’orfèvrerie, la reliure sans dos, ou les fausses reliures peintes de Joni.

Entretenir, restaurer, faire relier

Enfin, la reliure vivante : la restauration d’une coiffe, celle d’un mors, la protection des livres brochés, et le débat toujours ouvert : le relieur d’art, artiste ou artisan ?

Cette page est régulièrement mise à jour au fil des nouvelles chroniques. Pour ne rien manquer, abonnez-vous à la lettre du bibliophile.