La Reliure à semis.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La reliure à semis (ou « semé » que j’ai lu parfois, mais personnellement j’utilise semis) apparaît au 17ème siècle.

Là encore, on parle un peu abusivement de reliure à semis dans la mesure où il s’agît essentiellement d’un procédé ornemental consistant en une dorure particulière.

Reliure aux Armes de Marie-Thérèse D’Autriche, avec un semis de son chiffre couronné et de fleurs de lys sur les plats et le dos. Office de la Semaine Sainte, 1667.On appelle « semis » la technique qui consiste à répéter de multiples fois, à distance égale, la dorure d’un même motif, d’un même fleuron. Les semis les plus fréquents que j’ai pu observer sont les semis de fleurs de lys ou de L couronnés, que l’on trouvent régulièrement sur des reliures Louis XIII ou Louis XIV, et sur des reliures de prix de cette époque. Il est d’ailleurs de trouver des armes ou un signe d’appartenance au centre des plats, au milieu du semis. (une reliure peut donc être simultanément au armes et « à semis »).

Quand le semis est bien fait, c’est une ornementation particulièrement agréable. Le semis recouvre en général les plats, et peut se prolonger sur le dos.
Reliure en veau, avec un semis de fleur de lys sur les plats, qu’un libraire enthousiaste pourrait même qualifié de « en éventail »! Souire. Poèmes en grec, 1681.Les pasticheurs de la fin du 19ème siècle (Trautz-Bauzonnet par exemple) reprendront parfois ce style de dorure dans leur reliures de luxe.

Ci-dessous, la reliure à l’éventail.

H

La lettre du bibliophile

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La Reliure: l’écureuil de Nicolas Fouquet, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles II

La Reliure: l'écureuil de Nicolas Fouquet, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles II

Amis Bibliophiles bonjour,
Poursuivons, si vous le voulez bien, notre petite découverte des armes utilisant les animaux symboles de leurs propriétaires, et que ces derniers employèrent sur leurs reliures.
Après le porc-épic du Chancelier Maupéou, remontons le temps pour retrouver l’une des grandes figures du siècle de Louis XIV, le très distingué Nicolas Fouquet, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle… et son écureuil.Armes des Fouquet – Ex-libris de Fouquet
Nicolas Fouquet, né à Paris, baptisé le 27 janvier 1615, mort à Pignerol le 3 avril 1680, était un homme d’État français. Il est le second fils de François IV Fouquet, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes de l’hôtel du roi puis conseiller d’État, et associé de la Compagnie des îles d’Amérique, et de Marie de Maupéou…. aïeule du chancelier. Procureur général du parlement de Paris, surintendant des finances de Louis XIV pendant la minorité de ce dernier, il devient fabuleusement riche et protège de nombreux écrivains, artistes et courtisans. Le soupçonnant de malversations, le jeune roi, conseillé par Colbert, donne ordre de l’arrêter en 1661 (c’est D’Artagnan qui s’en charge). Au terme d’un procès qui dura trois ans devant une cour spéciale composées de membres des parlements, il est condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement du royaume. Sa peine sera commuée par le roi en prison à perpétuité, dans la sinistre forteresse de Pignerol.
Eminent bibliophile et protecteur des lettres, Nicolas Fouquet avait réuni l’une des plus belles bibliothèques de l’époque, et finançait également par ailleurs la bibliothèque du collège des Jésuites de Paris. A ma connaissance, on peut croiser plusieurs types de reliures portant les marques de Fouquet: les livres de sa bibliothèque personnelle d’une part et les livres dont il fît don aux Jésuites. Dans les deux cas, on retrouvait le plus souvent son animal symbole, l’écureuil (rampant à senestre) sur les plats et sur le dos alternant avec son chiffre de bibliophile, la lettre grecque Phi, doublée. Les ouvrages des jésuites, quant à eux, portaient également les initiales de l’ordre, IHS.Les armes des Fouquet sont D’argent à l’écureuil rampant de gueules. Les ouvrages de cette provenance sont évidemment très recherchés. Pourquoi l’écureuil? Et bien parce qu’en breton semble-t-il fouquet signifie écureuil.
H

8 Commentaires

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  3. Tu as raison, Hugues, on doit dire « à semis » : Nicolas Eve, actif de 1560 à sa mort en 1581, et son fils Clovis Eve, qui exerça de 1584 à sa mort arrivée en 1634, furent de ceux qui assurèrent la vogue du décor « à semis », présentant la reproduction régulière et symétrique d’un motif de petite dimension, appelé aussi décor « à semé », usurpant alors un terme héraldique désignant l’écu sur lequel sont disposés de petits meubles en nombre indéterminé mais régulièrement.

    Jean-Paul

  4. Whaou! Deux messages d’un seul coup! Nous sommes gatés!

    La reliure pastiche à semis a souvent été appréciée des amateurs pour son côté « clinquant » et grand spectacle. Tu cite Trautz-Bauzonnet. Il me semble aussi que beaucoup de relieurs de second ordre s’y sont adonnés.
    Je possède une reliure à semis de fleurs de lys de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe qui décore très bien une vitrine, mais qui, lorsqu’on la regarde de plus près, perd beaucoup de son charme: réalisé sur de la basane (un cuir qui, à défaut de vieillir bien, vieillit vite), si le semis est régulier, les fers sont appliqués avec une pression inégale. Je trouve à ces pastiches pleins de dorure un côté kitsch et « nouveau riche » (on affiche de l’or sur une reliure de mauvaise qualité, comme on s’achète un 4×4 quand on habite en ville) qui ne me charme pas, et je prèfére le bon cuir à l’abondance de l’or.
    Cela dit, faite avec gout et talent, la reliure à semis peut avoir son charme. Mais aucun exemple dans ma bibliothèque…

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