La reliure est la première chose que l’on voit d’un livre ancien, et souvent la dernière que l’on comprend. Un dos à cinq nerfs, un maroquin citron, un semé de fleurs de lys, un contreplat doublé : chaque détail raconte une époque, un atelier, un commanditaire. Depuis 2007, ce blog a consacré plus de deux cents chroniques à cet art. Cette page les rassemble et les ordonne : elle est conçue comme un parcours, du premier regard porté sur une peau jusqu’aux grands noms de la reliure française.
Par où commencer : matériaux et vocabulaire
Avant le décor, la matière. Savoir distinguer un veau d’un maroquin, une basane d’un vélin, c’est déjà dater et hiérarchiser un exemplaire. Commencez par notre synthèse récente sur les grands types de reliure du livre ancien, puis approfondissez :
- Reconnaître les peaux utilisées en reliure
- L’identification des cuirs utilisés en reliure
- Veau ou maroquin ? La hiérarchisation des exemplaires selon Christian Galantaris
- Vous êtes plutôt maroquin… ou maroquin ?
- La reliure en parchemin de réemploi
- Les « petits » métiers autour du livre ancien
Les grands décors classiques
Fanfare, Du Seuil, dentelle, janséniste : ces noms désignent des grammaires ornementales précises, qui permettent de situer une reliure au premier coup d’œil. Les essentiels :
- La reliure à la fanfare — et ses variantes à décor « vide »
- La reliure à la « Du Seuil »
- La reliure janséniste, l’élégance du dépouillement
- La reliure à dentelle
- La reliure à semis
- La reliure à l’éventail
- La reliure au « pointillé »
- La reliure « à la Lamoignon »
- La reliure dite « plein or »
- La reliure romantique
Et pour les formes plus rares : la reliure aldine, la reliure à la médaille, la reliure japonisante, la reliure brodée, la reliure dos-à-dos, la reliure en trompe-l’œil ou encore les rarissimes « reliures puzzle ».
La dorure, les tranches, les contreplats
Le décor ne s’arrête pas aux plats. La dorure a ses styles et ses époques, les tranches leurs secrets :
- Reconnaître les différents types de dorure (seconde partie)
- La dorure « à la grotesque »
- Dorures et fers du 18ème et du 19ème siècle
- Les dos au décor de treilles du XVIIIe
- Petite histoire des graveurs et des fers à dorer
- Les tranches peintes ou fore-edge paintings
- La ciselure des tranches dorées
- La gaufrure
- Les contreplats à la fanfare du XIXème et les reliures doublées

Armes, provenances et grands commanditaires
Une reliure armoriée est une carte d’identité. Notre série « Héraldique et bibliophilie » donne les clés de lecture : chapitre I, lire des armes, chapitre II, les basiques de la reliure aux armes, chapitre III, couleurs et encres, et l’indispensable OHR. À lire aussi, la savoureuse trilogie des armes « parlantes » : le porc-épic de Maupéou, l’écureuil de Fouquet, la couleuvre de Colbert.
Côté grandes provenances : les fabuleuses reliures de Jean Grolier, les reliures de Pierre Duodo, la bibliothèque de Marguerite de Valois, les reliures à l’Apollon et Pégase ou les petits fers d’Habert de Montmor.
Les grands relieurs, d’atelier en atelier
Nos portraits de relieurs couvrent trois siècles d’histoire de l’atelier français :
- XVIIIe : les Derome, les Duplanil, Le Gascon, le manuscrit oublié d’Uzanne sur les relieurs du 18e, et l’Anglais Roger Payne
- XIXe : Thouvenin jeune (et le décor « à lacets »), Georges Trautz, l’atelier Bauzonnet-Trautz, Charles Capé, Lortic « le Frondeur », Messier, Jean Engel
- 1880-1930 : Henri Marius-Michel, clef de voûte de la reliure française, Pétrus Ruban, Henri Noulhac, Charles Meunier, Léon Gruel
- Et pour flâner : la rue Visconti, haut-lieu de la reliure parisienne
Curiosités et cas limites
Parce que la reliure a aussi ses marges : les reliures en peau humaine (et leur épilogue), les reliures d’agonothètes, les reliures d’almanachs, les reliures d’orfèvrerie, la reliure sans dos, ou les fausses reliures peintes de Joni.
Entretenir, restaurer, faire relier
Enfin, la reliure vivante : la restauration d’une coiffe, celle d’un mors, la protection des livres brochés, et le débat toujours ouvert : le relieur d’art, artiste ou artisan ?
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