À la manière de Lucas Corso : Les listes du président

Le matin du 10 mai 1981, après avoir voté à Château-Chinon, François Mitterrand est allé passer une heure chez son libraire, au manoir de Pron, dans la Nièvre. Il en est reparti avec du Flaubert et du Daudet, payés en espèces. Un courtier attendait dans la même maison depuis le petit jour, pour le compte d’un autre client.

Amis bibliophiles, bonjour.

Par un adepte, et à la manière de Lucas Corso, arpenteur des marges bibliophiliques.

La première liste est arrivée par la poste, dans une enveloppe sans en-tête, un automne où je payais mon loyer avec des missions dont je n’étais pas fier. Six titres tapés à la machine. Pour chacun, le papier voulu, et rien d’autre : ni prix plafond, ni délai, ni signature. En bas, une adresse de secrétariat dans le VIIe et un numéro qui sonnait chez une femme dont je n’ai jamais su le nom de famille.

La première liste était tapée à la machine, la seconde était manuscrite.

J’ai travaillé vingt ans pour cet homme, et pendant les sept premières années je n’ai pas su qui il était. Un client qui garde le silence est un client qui garde ses habitudes. Les siennes étaient constantes : un grand texte de la littérature française en édition originale et sur grand papier, de préférence un livre qu’il avait déjà, si possible avec un envoi de l’auteur à quelqu’un. Rien d’antérieur à 1900. Le paiement se faisait en espèces.

J’ai su qui il était le 10 mai 1981, dans la Nièvre, et non le soir devant un poste comme le reste du pays.

J’avais tiré monsieur Oberlé de son lit au petit jour, au Manoir de Pron, pour un livre que cherchait un autre client. Il m’avait ouvert, puis il était retourné somnoler en me laissant seul avec ses rayons, ce qui dit assez ce qu’il pensait de mon affaire. Vers midi, une voix a appelé depuis la cour. Deux syllabes, sans façon, comme on hèle dans une ferme.

L’homme est entré avec un chauffeur et quelqu’un qui regardait les fenêtres. Il venait de voter à Château-Chinon. Il est resté plus d’une heure, il a feuilleté debout, et il a mis de côté du Flaubert et du Daudet.

Puis il a sorti de sa poche une bande de papier étroite, coupée dans un papier ordinaire, et il a écrit dessus sans rien poser sous sa main. J’ai reconnu l’écriture avant de reconnaître le visage. C’était celle de ma deuxième liste.

Le maître de maison a voulu lui faire cadeau des volumes. Il a refusé, et il a payé en espèces, comme il payait chez tous les libraires de Paris et comme il m’a payé pendant vingt ans. Je ne rapporterai pas ses paroles.

Nous nous sommes croisés dans le couloir. Il m’a laissé passer. C’est la seule fois où j’ai été à moins d’un mètre de cet homme, et je n’ai pas voté ce jour-là, faute d’être français.

François Mitterrand, portrait officiel de 1981
Portrait officiel de 1981, photographié dans une bibliothèque, un livre ouvert sous la main.

Le premier nom de la première liste était Péguy. Notre jeunesse, aux Cahiers de la Quinzaine, 1910, sur whatman. Il en existe douze. J’ai passé onze ans à les chercher, j’en ai localisé sept, j’ai pu en approcher deux, je n’en ai obtenu aucun. Il l’a trouvé sans moi, chez les libraires, comme n’importe quel amateur de son âge, et il l’a fait relier par Huser : la fiche jointe au volume porte deux maisons, Coulet et Faure et Loliée, et deux années. Il avait hésité un an.

Ma seule victoire en vingt ans porte le même nom d’auteur. L’Argent, suivi de L’Argent suite, aux mêmes Cahiers, 1913, deux volumes in-douze, un des quinze whatman. Je l’ai sorti d’une succession vaudoise où l’on m’a demandé si les deux tomes se vendaient séparément. Il l’a payé quinze mille francs en janvier 1988. Il avait dit au congrès d’Épinay, dix-sept ans plus tôt, ce qu’il pensait de l’argent et de tous ses pouvoirs.

Demi-maroquin rouge à coins, plats de papier marbré, tête dorée, reliure signée Alix.

Il allait chez Alix deux fois par an, et je l’ai attendu dehors plus souvent qu’à mon tour. Un homme qui pousse la porte d’un atelier de reliure deux fois par an pendant quinze ans n’y va pas pour le résultat, il y va pour l’odeur de colle. Sa femme reliait aussi, de ses mains.

Le seul livre que j’aie vraiment voulu pour moi, je l’ai perdu contre un cadeau. Il existe des Hommes de bonne volonté imprimés sur japon pour Max Fischer, l’éditeur de Flammarion : trente-trois volumes reliés en maroquin rouge doublé de soie par Miguet, et treize envois de la main de Jules Romains à Max et Madeleine Fischer. J’ai suivi cet exemplaire quatre ans, jusqu’à un coffre suisse. Un industriel qui vend de l’eau minérale n’a pas besoin de moi pour faire un cadeau : Antoine Riboud le lui a offert, et je n’ai pas été payé pour cette affaire-là.

Les livres qui comptaient le plus lui sont arrivés sans moi et sans argent. Mauriac lui a envoyé son De Gaulle avec cette ligne : « À François Mitterrand, qui ne sera pas d’accord, bien sûr… » Et il y avait, sur un rayon où je n’ai jamais eu à intervenir, un exemplaire des Justes de Camus : « À monsieur le ministre de l’Intérieur, en souvenir d’une juste cause, avec l’hommage déférent d’Albert Camus. » Juin 1954. Ils s’étaient connus dans la Résistance.

Un détail dont je n’ai jamais rien tiré : le japon des Fischer sent le buis, ce qui ne se produit qu’une fois sur cent et que personne n’explique.

Je l’ai revu huit ou dix fois en vingt ans, toujours debout, jamais chez lui. Il regardait les livres des autres avant de regarder les siens. Le contrat ne prévoyait pas de terme.

Et il y avait le premier de tous. Terre des hommes, Gallimard, 1939, offert par sa sœur Geneviève pour ses vingt-trois ans, au front, avec le souhait que l’angoisse de ces jours-là prépare des années victorieuses. Il l’avait signé au crayon. Il le lisait en mai 1940 quand il a été fait prisonnier, et le volume est revenu avec lui : la notice en tire un raisonnement solide, ce livre serait resté en Allemagne si l’homme n’en était pas sorti par ses propres moyens. Il est usé, la jaquette manque.

Les 29 et 30 octobre 2018, chez Piasa, sur un catalogue établi avec Jean-Baptiste de Proyart, six cent quatre-vingt-trois lots venus de cette bibliothèque sont passés en deux vacations pour un million et demi d’euros, contre quatre cent cinquante mille attendus, et j’ai lu les notices une par une comme on relit ses propres bordereaux.

Les trente-trois volumes de Romains, lot 578, sont partis à quarante et un mille six cent un euros. Le whatman de Notre jeunesse, lot 514, à vingt-neuf mille neuf cent un, et je suis bien placé pour dire qu’il les valait. Mes deux tomes de L’Argent, à dix mille quatre cents. Le Saint-Exupéry de sa sœur, lot 597, à sept mille cent cinquante.

Reste la chose que le catalogue décrit sans y insister, et dont j’avais vu un exemplaire s’écrire debout dans un couloir de la Nièvre. Dans presque chaque volume, il avait glissé une bande de papier étroite portant de sa main l’auteur, le titre, le prix payé, la date, le relieur et le prix de la reliure. Sur l’une d’elles : deux cent cinquante francs. Retournez la bande, et vous avez l’en-tête de l’Élysée, coupé en deux. Il a passé quatorze ans à découper le papier de la République en petits rectangles pour y noter des prix qu’il était le seul à devoir lire, et c’est la seule écriture de cette bibliothèque qui ne s’adressait à personne.

Je verse ceci au dossier. J’ai cherché douze exemplaires pendant onze ans ; il en a trouvé un tout seul en deux étés.

Note de la rédaction. Le Manoir de Pron et les règlements en espèces ne sont pas de l’invention de M. Corso : nous les avions rapportés ici il y a une douzaine d’années, en signalant la plaquette que la librairie d’Âpre-Vent avait tirée à cent exemplaires sur vergé azuré pour le salon du Grand Palais, et qui contenait un texte inédit sur le président bibliophile. Nos archives en gardent la trace.

GUILDE · LC/LISTES

La Guilde rappelle que ses arpenteurs travaillent pour des clients dont ils ignorent tout, disposition qui simplifie beaucoup la facturation et complique le reste.

Document classé : diffusion restreinte.

La lettre du bibliophile

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Une enquête bibliophilique du Dr Vasseur: Episode 3, Fin de partie.

Une enquête bibliophilique du Dr Vasseur: Episode 3, Fin de partie.

Cinquième constat : un architecte s’effondre dans un hôtel particulier du VIIe arrondissement, avant sa causerie sur Vitruve. Au sternum, la lettre R au fer, posée post mortem. Près du lutrin, une planche du De architectura de 1547, traduction de Jean Martin. L’après-midi, une autre réquisition, rive gauche.

(Par Hélène Vasseur, médecin légiste. Bibliophile des modernes.)

Le matin recommence par les mêmes trois lignes. Un seul coup. Une seule lettre. Un seul catalogue.
Je les ai écrites la veille, cette fois sans me censurer. En toutes lettres : Rahir, Partie IV.

Les quatre pièces déjà alignées sur ma table — Biblia latina (Arsenal), Manesson-Mallet (librairie), Anquetil (salle 9), La Bruyère (salle attenante) — ne laissent plus place à la fiction du hasard. Quatre corps, quatre papiers, quatre signatures. La grammaire est trop nette pour être niée.

Il reste encore des pages au catalogue. Je ne les écris pas. Je ne les devine pas. Je sais seulement qu’elles viendront. Je pense au nombre total de lots, à la manière dont une vente s’étire sur plusieurs vacations, à ce qui se prépare quand un bibliomane transforme un catalogue en plan d’exécution. Le téléphone vibre. Réquisition. Adresse : hôtel particulier, VIIᵉ arrondissement. Décès en contexte privé, « présence d’invités ». La voix au bout du fil est neutre, professionnelle. Je dis « j’arrive ». Je glisse mes gants en nitrile, mes pochettes à scellés, ma loupe 10×, ma lampe. Je pars.

L’hôtel particulier s’annonce par un porche trop propre. Dans la cour, des silhouettes se tiennent par paires comme à la sortie d’un colloque : manteaux sombres, foulards sobres, chaussures cirées. L’air sent le papier épais et le champagne qui n’a pas eu le temps de tiédir. Un policier me guide : « Cabinet de lecture, au premier. »

La pièce est vaste, boisée, murs clairs. Rideaux lourds filtrant une lumière déjà tombante. Sur la table centrale, un lutrin vide. Autour, des chaises encore chaudes. Sur un guéridon, un compas ancien, un niveau à bulle posé comme un bijou. Au sol, à deux pas du lutrin, le corps. Un homme d’une cinquantaine d’années, costume gris, chemise blanche, cravate étroite. On me dit : architecte, invité d’honneur pour une causerie sur Vitruve.

Je m’accroupis. J’observe avant de toucher. La plaie saute aux yeux : unique, bord franc, trajectoire régulière. Compatible avec un poinçon manié d’une main sûre. Pas de bavure, pas de lutte. La chemise entrouverte découvre un sternum marqué. La lettre R. Brûlure nette, posée au manubrium. Liseré brun, aucune bavure. Sous la lampe, un éclat froid : microparticules dorées. Fer à dorer, posé post mortem. Je photographie.

Un officier me tend un feuillet trouvé près du lutrin. Tirage moderne d’une planche ancienne. En bas : « De architectura, Paris, 1547, traduction Jean Martin, figures de Jean Goujon. » Le pied de page m’attire l’œil : Partie IV — … — Rahir. Je scelle la planche.

Je rédige debout, carnet contre genou : « Plaie unique sternale, outil étroit, trajectoire antéro-postérieure. Marquage thermique post mortem (lettre R). Microparticules métalliques dans la zone brûlée. Planche (Vitruve 1547, trad. Jean Martin, ill. Jean Goujon) posée à proximité. » Je signe. Cinquième constat.

Je prends le temps d’observer la salle, les détails qui échappent au premier regard. Le papier peint, discret, à motif floral ancien. Les boiseries restaurées. Sur une étagère, un volume relié en veau blond, sans rapport apparent avec Vitruve, mais placé comme témoin. L’architecte devait parler du traité, peut-être comparer les exemplaires illustrés. Dans un coin, un projecteur de conférence encore chaud. Le public avait dû attendre le début. Le mort est tombé avant que la parole s’élève.

Dans la cour, l’air a changé de densité. Les voitures noires se rangent. Une rumeur glisse : « On dit qu’un certain Corso est en ville. » Comme une parenthèse, une rumeur de coulisse. Je ne relève pas. Je note mentalement que Corso, s’il circule, sait désormais. Le catalogue Rahir est dans plus d’un esprit.

La deuxième convocation tombe dans l’après-midi. Appartement rive gauche, étage élevé. « Bibliothèque particulière, décès constaté. » Je traverse la Seine, les quais luisent de pluie récente.

La propriétaire m’ouvre. Femme d’une soixantaine d’années, droite, les mains jointes. Elle m’indique un salon profond où la bibliothèque court sur deux travées de chêne clair, vitrées, avec des clés anciennes suspendues à des rubans. L’air sent la cire et le tabac froid.

Sur une table, isolé, un volume : maroquin rouge, dos à nerfs richement orné, dentelle fine. La doublure crie qualité. Padeloup ou son école. Je m’approche. La reliure est ferme, le grain du maroquin serré, la dorure d’une finesse qui n’appartient qu’aux ateliers parisiens du milieu du XVIIIᵉ.

Dans une pièce attenante, le corps d’un homme mince, cheveux blancs, costume sombre. Plaie unique, bord franc, trajectoire régulière. Pas de brûlure. Pas de lettre R sur la peau. Je retourne au volume. J’ouvre avec des gants plus fins. Sur le contreplat, bas de doublure : un R imprimé au fer, brunissement net, sans dorure. Comme une marque de relieur. La signature n’est plus sur le corps : elle est dans le livre.

Je lis la pièce de titre : Œuvres de Maître François Rabelais, édition Duchat, La Haye, 1741–49 (complément 1752). Reliure Padeloup (ou école). Le sixième lot. Le sixième mort.

Je photographie le R, je mesure. Je note : brunissement sec, pas de dorure, fer posé droit. Je scelle le volume entier.

Je rédige : « Plaie unique sternale, outil étroit, trajectoire antéro-postérieure. Aucune lésion thermique. Signature : lettre R imprimée au fer sur la doublure d’un volume Rabelais (édition Duchat, La Haye, 1741–49/1752), reliure Padeloup (ou école). » Je signe. Sixième constat.

Je prends le temps de feuilleter. Les annotations marginales, fines, régulières, appartiennent à une main du XIXᵉ siècle. Peut-être un érudit. Les marges sont larges, les cahiers bien réglés. Ce n’est pas seulement un exemplaire, c’est un monument. Le tueur a choisi.

Dans le couloir, une silhouette s’avance sans hâte. Homme mince, manteau sombre, pas assurés. Dans une main, un rouleau de papier. Dans l’autre, une valisette métallique. Chauffe-fer portatif. Il s’appuie au chambranle. L’agent hésite. L’homme ne bouge pas.

Il parle calmement, pour moi :
— Six lots. Six vies.
— Libraire, conférencier, crieur, collectionneur, architecte, bibliophile. Pas des noms : des fonctions.

Il poursuit :
— R pour Rahir, bien sûr. Mais aussi pour Reliure, Règlement, Recto, Réserve, Revanche. Vous l’aviez noté.

Je pense à mes trois lignes du premier jour. Je ne réponds pas.

— La peau pour les lieux pauvres en regards. Le papier pour la salle. La doublure pour la maison. J’ai marqué où il fallait lire. Je n’ai rien volé. Vous savez que je n’ai rien volé.

Il a raison : il n’a rien volé. Seulement tué.

Il offre ses mains. On les saisit sans violence. En passant, il me regarde :
— Vous lisez bien.

Il sort. La porte se referme.

Au labo, je reprends une dernière fois les six ouvrages, sans chercher à comprendre davantage.
Alors je vois ce que je n’avais pas nommé.

Aucun des six exemplaires ne correspond strictement à sa notice Rahir.
Tous ont été corrigés après la vente — proprement, discrètement, sans trace publique. Une restauration admise, un feuillet remplacé, une dorure reprise, un silence accepté.

Rahir n’était pas le plan. Rahir était l’écran.
Il n’a pas inventé ces altérations. Il les a héritées.

Au labo, les six rapports s’alignent. Librairie : Manesson-Mallet, La Géométrie pratique, 1702. Arsenal : Biblia latina, Bâle 1534. Salle 9 : Anquetil, Histoire de Reims, 1756–57. Salle attenante : La Bruyère, Les Caractères. Hôtel particulier : Vitruve, De architectura, Paris 1547. Bibliothèque privée : Rabelais, Œuvres, édition Duchat, La Haye, 1741–49/1752.

Six morts. Six lots. Six lettres R. Un seul catalogue.

Je pense à mes modernes. À une « blanche » NRF ouverte à plat sans craquer le dos. À une jaquette Gallimard qu’on protège sous cristal pour éviter les morsures de néons. À mes séries POL, Minuit, rangées non par auteur mais par collection, parce que mon esprit aime la cadence. Je pense aux catalogues de vente que j’ouvre parfois comme des romans, avec leurs marges, leurs abréviations, leur musique interne. Le tueur les a lus aussi. Il a suivi leur scansion.

Lui aussi. Mais lui referme.

Je reste longtemps devant les six pochettes scellées. Le poinçon, le fer, le catalogue. Les gestes, les cadences, les répétitions. Je pense au hasard qui fait les collections et à la folie qui les ferme. Je me demande si demain je pourrai encore lire mes modernes sans entendre un souffle étranger entre leurs pages.

Épilogue — Le Monde, 12 novembre 2025

Un « bibliophile meurtrier » arrêté à Paris

La préfecture de police a confirmé hier l’arrestation d’un homme soupçonné de six homicides commis depuis une semaine dans des librairies, bibliothèques et salles de ventes de la capitale.

L’individu, âgé de 47 ans, identifié comme Marc L., ancien relieur-doreur indépendant, avait travaillé pour plusieurs libraires parisiens avant de se retirer de la profession au début des années 2010.

Selon une source judiciaire, il aurait agi en suivant la structure d’un catalogue de la vente Rahir (années 1930), mettant en scène à chaque crime un ouvrage mentionné dans cette dispersion. Une lettre « R » servait de signature.

Le modus operandi était constant : une seule plaie portée au poinçon, sans lutte. Les premières victimes portaient la marque directement sur la peau ; les suivantes recevaient un signe dans un papier ou un livre.

L’homme n’a opposé aucune résistance lors de son interpellation dans une bibliothèque privée. Il a déclaré avoir « fini son catalogue ».

Placé en garde à vue, il doit être présenté à un juge d’instruction.

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