Nous avons déjà évoqué les romans consacrés au Livre Ancien et à la bibliophilie.
Ils sont en fait assez eu nombreux. Je crois en avoir lu quelques uns, et il me semble que Club Dumas, d’Arturo Perez-Reverte (disponible en poche) est d’assez loin le meilleur. Si vous ne l’avez pas encore lu, voici un résumé qui vous en donnera peut-être envie… Si vous l’avez lu, peut-être que cela vous donnera envie de le relire, comme je viens de le faire. Il est venu voir Balkan pour authentifier un manuscrit de Dumas. Dès lors, le lecteur suivra Corso dans une double (en)quête : l’authentification des feuillets de Dumas et la recherche des trois exemplaires d’un autre ouvrage, du 17ème celui là, Les Neuf Portes du Royaume des Ombres, mission qui lui a été confiée par un bibliophile richissime, Varo Borja. En effet, celui possède un exemplaire du précieux livre, dont l’imprimeur est mort sur le bûcher au 17ème, en jurant qu’il en avait caché un exemplaire avant que les autres ne soient détruits. Oui mais voilà, trois exemplaires sont connus, et Borja demande à Corso de vérifier si le sien est l’unique et authentique.L’ouvrage en question est réputé être un guide pratique pour invoquer le Diable et accéder au royaume des Ombres. Il contient 9 gravures sur bois. Le lecteur va dès lors suivre Corso à la recherche des autres exemplaires existants, à Sintra au Portugal, puis à Paris, où il rencontre divers acteurs du monde du livre : relieurs/restaurateurs, libraires et bibliophiles.En comparant les ouvrages, Corso semble penser que la réponse réside dans les gravures, mais je vous laisse découvrir cet aspect par vous même.
Au fil de sa quête, au cours de laquelle il transporte le manuscrit de Dumas et le fameux livre de démonologie, Corso réalise qu’il est suivi et que ses péripéties se révèlent bien souvent proches des intrigues des Trois Mousquetaires…
Ensuite, les événements s’enchaîneront, et Corso, plus que jamais devra mener les deux enquêtes en parallèle et s’exposer doublement… Mais je n’en dirai pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir…Pour un bibliophile l’ouvrage est passionnant, notamment pour sa galerie de portraits de ces bibliophiles – collectionneurs, libraires spécialisés, « rabatteurs », restaurateurs-faussaires – prêts à tout pour assouvir leurs passions et se procurer le livre tant convoité… Un petit bémol cependant : à mon sens, les deux intrigues auraient mérité chacune un ouvrage, tant la partie consacrée à Dumas se termine un peu en « eau de boudin »… Pour ma part, j’ai adoré l’enquête sur l’ouvrage de démonologie, au cours de laquelle on croise des personnages fascinants, dont certains ont déjà eu les honneurs du blog…Si vous ne l’avez pas lu, vous êtes impardonnable, mais vous me remercierez (mille fois) au moment où vous dévorerez l’ouvrage sur la plage… Si vous l’avez lu, vraiment, il mérite la relecture. En effet, parce que je connaissais le dénouement, j’ai finalement plus apprécié la relecture au cours de laquelle j’ai pu profité pleinement de toutes les références bibliophiliques… et c’est bien simple, le bonheur du bibliophile se trouve à chaque page!
Ce livre a inspiré un film « La Neuvième Porte », de Roman Polanski et avec Johnny Depp, dont je parlerai très bientôt. En attendant, voici de quoi aiguiser votre curiosité pour ce long métrage… (voir le petit film)
H.
Images : les 9 gravures sur bois
La lettre du bibliophile
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Puisque nous parlons chine et heureuses découvertes, c’est le moment idéal de laisser la parole à Bertrand, qui va vous présenter un album extraordinaire illustré par Daumier et d’autres… Oh ! . un faisan ! Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne.
Le hasard est sans aucun doute l’un des plus volages alliés du bibliophile. La persévérance lui tenant toujours la main de très près. Le bibliophile est donc le plus souvent amené à composer avec ce que beaucoup appelleront le destin, d’autres, la providence. Un paiement de dividende. Epreuve lithographique avant le titre et la légende par Honoré Daumier, état très rare (Cf. Daumier Register), pierre numérotée 750.
Au fond d’un carton, un volume plus grand que les autres. relié. Je sors ce volume de grande taille du carton, il avait pour seul titre doré au dos « ALBUM » en lettres grasses. La reliure en demi-chagrin rouge, avec faux-nerfs plats réhaussés de dorures, filets, palettes dorées en tête et en queue, faisaient inévitablement penser à une reliure des années 1840 et gardait encore fière allure. La reliure frottée se tient encore bien. Les plats sont en papier moiré rouge. Mention manuscrite « Bon à tirer » signée Gavarni dans le coin supérieur gauche d’une lithographie. (elle est signée trois fois ainsi).
Restait à regarder à l’intérieur.
L’ouvrage s’ouvre sur une belle lithographie signée Bouchot, puis une autre signée Ch. Vernier, puis encore une autre signée cette fois des initiales H.D. (Honoré Daumier)., puis Gavarni, puis Edouard de Beaumont, Lorentz, Grandville, Cham. Le tout étant dès le premier coup d’oil fort charmant. Lithographie de Cham avec de nombreuses annotations manuscrites, notamment un « Pour le Charivari si la censure le laisse passer » Plusieurs dizaines de lithographies, en noir, mais aussi en couleurs. Intéressant. Il s’agit en fait d’un recueil de lithographies originales la plupart annotées à la plume et légendées à la main sur étiquettes volantes collées au bas des épreuves. On y retrouve de nombreux artistes qui ont à la fois collaborés au Charivari et à La Caricature (les deux principaux journaux satiriques de l’époque – 1840). Victor Hugo au balcon de l’opéra et sa grosse tête. Annotations manuscrites à gauche. Lithographie de Moynet.
Cet album contient en outre plusieurs « bon à tirer » signés des artistes (Gavarni, Lorentz, .). On y trouve également des épreuves dont il est précisé qu’elles doivent « passer la censure » (voir photos). Les états avant la légende, avant le titre ou même avant toutes lettres tirées sur blanc, sont nombreux. Certaines lithographies, bien qu’elles aient été reliées au format déplié in-folio, ont été visiblement envoyées par la Poste pliées en 8. Après quelques recherches au verso des lithographies, j’ai pu retrouver le destinataire d’une lithographie, clairement identifié : Monsieur Boiste 40 rue Laffitte, puis un autre : Monsieur Goulet au Charivari.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Au début, je n’avais guère conscience de l’importance de cet ensemble. Il s’agissait là d’un album vraiment extraordinaire, au sens le plus littéral du terme. Un tel ensemble d’épreuves lithographiques corrigées est forcément rare. J’en ai été définitivement convaincu lorsque j’ai pu lire le catalogue de l’exposition consacrée à Honoré Daumier en ce début d’année 2008 (BNF, Paris). De telles épreuves sont de véritables pièces de musée qui, uniques, permettent le plus souvent de retracer avec précision l’itinéraire « imprimé » de ces lithographies, des variantes de dessin aux affres de la censure de l’époque. Lithographie que je n’ai pas encore réussi à attribuer à un artiste. Peut-être Daumier ? Si la damoiselle de droite vous dit quelque chose ne vous inquiétez pas, c’est normal !
Voici un aperçu de quelques légendes, toujours inscrites à la plume, de la main de l’artiste même ou d’un collaborateur du Charivari, le plus souvent signées.
– La planche 43 de la série « Les débardeurs » par Gavarni est signée deux fois dans la planche « Bon à tirer. Gavarni », avec en plus quelques corrections dans l’adresse en bas de la lithographie. – Pour une planche intitulée « L’ambassade chinoise » signée Cham, on peut lire en marge de sa main : « Pour le Charivari si la censure le laisse passer », les légendes (2 versions différentes), sont également manuscrites.
– Sur une planche intitulée (en manuscrit) « Les petits bonheurs de l’équitation » signée Al. Lorentz, on lit de la main d’un collaborateur du Charivari vraisemblablement : « On ira vous demander cette lettre demain matin ainsi que des pierres si vous en avez de faites. Pressez les choses. Votre dévoué (illisible). Cette lithographie a été envoyée pliée en 4 à l’artiste Alphonse Lorentz, avec son adresse au dos.
– Sur la très connue caricature représentant Victor Hugo, avec une grosse tête, au balcon de l’opéra (signée Moynet), on lit, écrit à la plume sur le côté : « Veuillez faire prendre demain à midi la pierre chez M. Gaut. 2. Envoyez-en une ou deux (épreuves ??) chez M. Moynet ; 3. Envoyez-en une ou deux (épreuves ??) chez M. de Beaumont, 35 rue des martyrs. Signé illisible et plus loin « Charivari ».
– Sur une autre on lit, écrit à la plume : « à tirer de suite avant dépôt » ( ?? – je ne sais pas comment il faut entendre cette remarque ??).
– Encore sur une planche signée Lorentz on lit : « Tirer de suite ces pierres en 1/4 . attendre des ordres pour le Charivari. » et à côté : « Je n’ai reçu ce soir ni les bons à tirer de l’Histoire ancienne, ni les essais de la caricature (épreuves collées) veuillez m’envoyer tout cela demain matin chez moi avant 10h ; je vous retournerai les bons à tirer par le porteur. (illisible) Gavarni (ce petit mot final non identifié est adressé à Gavarni). Lithographie d’Edouard de Beaumont, légendée et titrée à la plume. Traces de pliures en quatre. Cette lithographie a voyagé par la poste ainsi.
Les artistes présents dans cet album sont Frédéric Bouchot, Charles Vernier, Clément Pruche, Honoré Daumier, Edouard de Beaumont, Paul Gavarni, Jean-Pierre Moynet, Cham, Alcide Joseph Lorentz, et Grandville.
Je vous laisse découvrir maintenant quelques images de cet album. Cet album rejoindra dans quelque temps une collection publique, je ne sais pas encore laquelle (j’hésite entre le Musée de la lithographie ou le Musée Daumier ??). Première leçon de chasse. Lithographie par Edouard de Beaumont légendée à la plume.
Soyons reconnaissant à ce collaborateur du Charivari d’avoir eu la présence d’esprit de rassembler sous une reliure solide qui a su traverser les ans afin de nous transmettre ces précieux documents iconographiques. Lithographie de Al. Lorentz légendée à la main avec de nombreuses annotations et quelques lignes d’un collaborateur du Charivari (voir ci-dessous).
Références :
– A propos de Daumier, la référence sur le net est The Daumier Register : http://www.daumier-register.org/login.php qui a servi à l’établissement de l’exposition Daumier de la BNF (actuellement présentée à la BNF site Richelieu et visible en ligne à l’adresse http://expositions.bnf.fr/daumier/infos/01.htm). Attention ! Visible jusqu’au 8 juin seulement !
Adresse de M. Lorentz, lithographe. Au dos d’une lithographie pliée en huit.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Modifications de la lithographie originale à la plume.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Mention manuscrite : « A tirer de suite avant dépôt ».Merci beaucoup Bertrand,
Amis Bibliophiles bonjour,J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur le blog du bibliophile, et il m’arrive d’en acquérir quand une occasion se présente, les livres minuscules passionnent de nombreux bibliophiles.Je me souviens d’ailleurs d’une très […]
Amis Bibliophiles Bonsoir, Suite à l’ouvrage présenté la semaine passée, et dans la même veine, si j’ose dire, je vous propose de découvrir aujourd’hui le Théâtre des Martyrs de Johann van Luyken.Johann van Luyken (1649 […]
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11 Commentaires
J’ai retrouvé le titre du film: « Tristan », mais franchement, il ne vaut pas le détour… (à mon avis); la bibliophilie joue un rôle somme toute secondaire, et l’intrigue est invraisemblable.
ok, je ne lirai donc pas La règle de Quatre mais essaierai plutôt de trouver un bel exemplaire de l’édition aldine du songe de Poliphile… sans trop y croire…
Merci à tous pour ces avis et ces échanges, comme quoi tout le monde n’est pas en vacances…
Bonjour, Même avis que les autres lecteurs pour « La règle de quatre », livre cousu de fil blanc qui a les défauts de ce genre de thrillers au parfum ésotérique, sans en avoir les qualités; j’ai vu le film avec J. Depp (fort bien), sans avoir lu le livre, mais à lire ces messages, la lacune sera vite comblée. Puis-je recommander Le crime de Silvestre Bonnard d’A. France, sans être tout à fait ringard ? La bibliophilie n’est pas vue sous un jour technique, et reste un peu à l’arrière-plan, mais le tout est vraiment très drôle. Guillaumus
P.S.: Je me rappelle aussi d’un (mauvais) film avec Mathilde Seigner; le père de M. Seigner était bibliophile, et le principal suspect, courtier en livres anciens, mais cet aspect n’était pas vraiment développé…
Bonjour, La coïncidence entre ma lecture de ce livre (terminée mardi dernier!) et la publication d’un message le concernant m’incite à écrire! J’avais vu le film il y a longtemps, mais le livre m’a semblé bien meilleur. Pour ceux qui n’ont lu que ce roman de Perez Reverte, je les invite à se précipiter sur tous les autres ouvrages qu’il a écrit. Les aventures du capitaine alatriste (5 titres pour l’instant) raviront les amateurs de roman de cape et d’épée! Plus généralement, je tiens à exprimer le plaisir que m’offre la lecture quotidienne de ce blog. Bibliophile débutant mais lecteur boulimique, j’apprends énormément sur l’univers du livre ancien! Cordialement
Autant le club Dumas ma passionné, autant la règle de quatre ma laissé dubitatif ; il est vrai que je n’ai pas fréquenté la continent Nord américain et certains codes m’échappent ; mais quand on possède un Poliphile sa lecture ne peut être qu’un pur délice ;-). S’il vous reste quatre ou cinq euros lisez donc Le tableau du Maître flamand du même Perez-Reverte, le livre ancien n’est pas le pivot mais l’intrigue est bien construite : un livreidéal pour les vacances.
PS : Avez-vous lu les différents articles de Grasset D’Orcet ? Le songe de Poliphile y est décrypté d’une manière bien particulière ; mais après avoir feuilleté les bigarrures du Seigneur des accordz (Estienne Tabourot), sa théorie ne le classe pas obligatoirement dans la catégorie des fous littéraires
Je l’ai également lu… Si vous me permettez de faire mon snob… je ne suis allé au bout de l’ouvrage que parce que j’avais mon exemplaire du Poliphile (in4, Guillemot, 1660, avec les bois de Kerver) dans la main gauche…
Et même avec cela, j’ai peiné, la lecture est laborieuse, les références à l’ouvrage innombrables…
Je l’ai lu, mais honnêtement, j’ai trouvé ça long et pas très bien écrit. Je l’ai fini uniquement parceque le sujet est l’Hypnerotomachia poliphili, mais je ne le conseille à personne… Plongez vous plutôt dans l’original (en version française bien entendu). Philipem
j’ai retrouvé la référence via internet (merci Google) :
La règle de quatre Ian Caldwell, Dustin Thomason éd. MICHEL LAFON Trad. de l’américain par Hélène Le Beau et François Thibaux. 365 pages 21,5 € 141,03 FF
Voici d’ailleurs le résumé du site internet :
Les aventures mouvementées de quatre étudiants de Princeton aux prises avec un mystérieux manuscrit de la Renaissance: Dan Brown fait des émules
Livres Romans étrangers Critique
L’Express du 14/02/2005 L’énigme du Poliphile
par Thierry Gandillot
Les aventures mouvementées de quatre étudiants de Princeton aux prises avec un mystérieux manuscrit de la Renaissance: Dan Brown fait des émules
Sur le bandeau rouge qui entoure ce gros livre, le romancier Nelson DeMille affirme: «Si Scott Fitzgerald, Umberto Eco et Dan Brown s’étaient réunis le temps d’un roman, ils auraient écrit La Règle de quatre.» C’est peut-être pousser le bouchon marketing un peu loin, mais il ne fait aucun doute que Ian Caldwell et Dustin Thomason s’inscrivent dans la lignée de Da Vinci Code. On leur souhaite de rencontrer un succès équivalent à celui de Dan Brown, qui a explosé la barre des 20 millions d’exemplaires!
Texte obscur. L’action se déroule à l’université de Princeton, quelques jours avant les vacances de Pâques. On va suivre les aventures mouvementées de quatre étudiants, aventures provoquées par le mémoire de l’un d’eux, Paul Harris, consacré à un manuscrit de la Renaissance, Le Songe de Poliphile, publié en Italie, sous le titre Hypnerotomachia Poliphili, en 1499. A mesure que les compères avancent dans leur quête, crimes et catastrophes s’abattent sur le campus. Pourtant, rien n’arrêtera leur marche en avant, jusqu’à la découverte du secret du Poliphile…
Depuis des siècles, des chercheurs, des écrivains ou des artistes tentent d’apprivoiser ce texte obscur, boursouflé, ésotérique, à la fois traité savant d’architecture et parcours initiatique à travers ruines, temples, villas, tombeaux, jardins et pyramides. Paul Harris, aidé de ses amis, progresse dans le déchiffrage d’énigmes plus complexes les unes que les autres. Du genre: «Combien de bras de tes pieds à l’horizon? Que peuvent avoir en commun un coléoptère aveugle, un oiseau de nuit et un aigle au bec déformé? Quelle est la plus petite harmonie d’une grande victoire? Où se rencontrent l’âme et le sang?» Etc. Précisons que ces devinettes ont été inventées par les auteurs, comme l’indique Gilles Polizzi, professeur à l’université de Mulhouse, éditeur du Songe de Poliphile à l’Imprimerie nationale (disponible pour la modique somme de 29 euros) et auteur d’une thèse intitulée «Emblématique et géométrie: l’espace et le récit dans Le Songe de Poliphile».
La mode étant aux commentaires tous azimuts de Da Vinci Code, gageons que La Règle de quatre n’échappera pas aux tentatives de décryptage. Il faut dire que l’ouvrage s’y prête. Sa naissance d’abord, mystérieuse. Qui se cache derrière Le Songe de Poliphile? On sait que l’impression des 500 premiers exemplaires a été financée par Leonardo Grasso, protonotaire apostolique à Vérone, et que François Ier, Charles Quint, Philippe II et Henri VIII en possédaient un.
Esthétique de l’énigme. On s’interroge aussi sur les motivations de l’imprimeur, le Vénitien Alde Manuce, éditeur d’Erasme, spécialisé d’ordinaire dans les classiques grecs et latins. Quant à l’auteur, il fut rapidement démasqué grâce à l’acrostiche formé par les initiales des chapitres: «Poliam frater Franciscus Columna peramavit», c’est-à-dire «Frère Francesco Colonna aima Polia d’un grand amour». Si l’on ignore qui était Polia – personne réelle ou allégorie – les spécialistes hésitent encore entre deux Francesco Colonna: un moine vénitien, maître de rhétorique à Trévise, ou un prince romain. De toute façon, on ne sait pas grand-chose de l’un ni de l’autre.
Le songe allégorique était un genre fort prisé au XVe siècle. Mais ce qui a attiré l’attention sur l’Hypnerotomachia, c’est sa langue (mélange de syntaxe italienne et de lexique latin, parsemé d’hébreu, de grec, d’arabe, et même de hiéroglyphes), la complexité de ses songes et son esthétique de l’énigme («J’étais nu si la bête ne m’eût couvert»). Ces mystères ont inspiré, au cours des siècles, des artistes aussi divers que Jean de La Fontaine, Salvador Dali, Georges Perec, Gérard de Nerval, Roman Polanski ou Rabelais. Au-delà de toutes ces interrogations, une chose est sûre: ce songe n’a pas fini de faire rêver.
je sais qu’il existe un livre assez récent (américain je crois) qui tourne autour du decryptage de l’Hypnerotomachia poliphili ou Songe de Poliphile, livre du XVè hautement réputé pour son contenu plus que mystérieux et ses gravures.
Malheureusement, je ne me rappelle plus le titre de cet ouvrage ni son auteur. D’ailleurs lorsque je l’avais croisé sur les rayonnages d’une grande librairie de ville je n’avais pas osé l’acheter de peur d’être déçu et entrainé bien malgré moi dans les enièmes avatars du Da Vinci Code…
Si quelqu’un connait cet ouvrage, l’a lu, peut nous en faire une petite critique, je suis preneur.
Bonsoir, Reste t’il quelques bloggers pas encore partis en congés ? Les commentaires se font rares … Entièrement d’accord ave Hugues sur les qualités du roman de Perez Reverte. Le film qui en a été tiré n’a pas la même richesse avec la double intrigue, mais il présente d’autres intérêts (Emmanuelle seignier, …). Dans une autre veine, mais aussi agréable à lire, connaissez vous « Le maître de Garamond » d’Anne Cuneo (Stock 2003)? Bien cordialement Philippem
Trois chroniques par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d’archives, quelques milliers de lecteurs.
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J’ai retrouvé le titre du film: « Tristan », mais franchement, il ne vaut pas le détour… (à mon avis); la bibliophilie joue un rôle somme toute secondaire, et l’intrigue est invraisemblable.
ok, je ne lirai donc pas La règle de Quatre mais essaierai plutôt de trouver un bel exemplaire de l’édition aldine du songe de Poliphile… sans trop y croire…
Merci à tous pour ces avis et ces échanges, comme quoi tout le monde n’est pas en vacances…
Amicalement, Bertrand
Merci pour vos commentairess.
Bertrand, tout le monde est du même avis, La Règle de 4 ne vaut pas les 7 euros qu’il coûte en format de poche!!!
Je vais lire l’Anatole France et le Cuneo de ce pas…
Mais je n’ai pas trouvé trace du film que Guillaumus évoque dans la filmographie officielle de M. Seigner.
Il va falloir que je me mette sérieusement à un scenario sur notre sujet de prédilection, que nous soyons également représentés dans le 7ème art!
Hugues
Bonjour,
Même avis que les autres lecteurs pour « La règle de quatre », livre cousu de fil blanc qui a les défauts de ce genre de thrillers au parfum ésotérique, sans en avoir les qualités; j’ai vu le film avec J. Depp (fort bien), sans avoir lu le livre, mais à lire ces messages, la lacune sera vite comblée.
Puis-je recommander Le crime de Silvestre Bonnard d’A. France, sans être tout à fait ringard ? La bibliophilie n’est pas vue sous un jour technique, et reste un peu à l’arrière-plan, mais le tout est vraiment très drôle.
Guillaumus
P.S.: Je me rappelle aussi d’un (mauvais) film avec Mathilde Seigner; le père de M. Seigner était bibliophile, et le principal suspect, courtier en livres anciens, mais cet aspect n’était pas vraiment développé…
Bonjour,
La coïncidence entre ma lecture de ce livre (terminée mardi dernier!) et la publication d’un message le concernant m’incite à écrire! J’avais vu le film il y a longtemps, mais le livre m’a semblé bien meilleur. Pour ceux qui n’ont lu que ce roman de Perez Reverte, je les invite à se précipiter sur tous les autres ouvrages qu’il a écrit. Les aventures du capitaine alatriste (5 titres pour l’instant) raviront les amateurs de roman de cape et d’épée!
Plus généralement, je tiens à exprimer le plaisir que m’offre la lecture quotidienne de ce blog. Bibliophile débutant mais lecteur boulimique, j’apprends énormément sur l’univers du livre ancien!
Cordialement
Autant le club Dumas ma passionné, autant la règle de quatre ma laissé dubitatif ; il est vrai que je n’ai pas fréquenté la continent Nord américain et certains codes m’échappent ; mais quand on possède un Poliphile sa lecture ne peut être qu’un pur délice ;-).
S’il vous reste quatre ou cinq euros lisez donc Le tableau du Maître flamand du même Perez-Reverte, le livre ancien n’est pas le pivot mais l’intrigue est bien construite : un livreidéal pour les vacances.
PS : Avez-vous lu les différents articles de Grasset D’Orcet ?
Le songe de Poliphile y est décrypté d’une manière bien particulière ; mais après avoir feuilleté les bigarrures du Seigneur des accordz (Estienne Tabourot), sa théorie ne le classe pas obligatoirement dans la catégorie des fous littéraires
Cordialement
Je l’ai également lu… Si vous me permettez de faire mon snob… je ne suis allé au bout de l’ouvrage que parce que j’avais mon exemplaire du Poliphile (in4, Guillemot, 1660, avec les bois de Kerver) dans la main gauche…
Et même avec cela, j’ai peiné, la lecture est laborieuse, les références à l’ouvrage innombrables…
Bref, je ne le conseille pas.
Hugues
Je l’ai lu, mais honnêtement, j’ai trouvé ça long et pas très bien écrit. Je l’ai fini uniquement parceque le sujet est l’Hypnerotomachia poliphili, mais je ne le conseille à personne… Plongez vous plutôt dans l’original (en version française bien entendu).
Philipem
j’ai retrouvé la référence via internet (merci Google) :
La règle de quatre
Ian Caldwell, Dustin Thomason
éd. MICHEL LAFON
Trad. de l’américain par Hélène Le Beau et François Thibaux.
365 pages
21,5 €
141,03 FF
Voici d’ailleurs le résumé du site internet :
Les aventures mouvementées de quatre étudiants de Princeton aux prises avec un mystérieux manuscrit de la Renaissance: Dan Brown fait des émules
Livres Romans étrangers Critique
L’Express du 14/02/2005
L’énigme du Poliphile
par Thierry Gandillot
Les aventures mouvementées de quatre étudiants de Princeton aux prises avec un mystérieux manuscrit de la Renaissance: Dan Brown fait des émules
Sur le bandeau rouge qui entoure ce gros livre, le romancier Nelson DeMille affirme: «Si Scott Fitzgerald, Umberto Eco et Dan Brown s’étaient réunis le temps d’un roman, ils auraient écrit La Règle de quatre.» C’est peut-être pousser le bouchon marketing un peu loin, mais il ne fait aucun doute que Ian Caldwell et Dustin Thomason s’inscrivent dans la lignée de Da Vinci Code. On leur souhaite de rencontrer un succès équivalent à celui de Dan Brown, qui a explosé la barre des 20 millions d’exemplaires!
Texte obscur. L’action se déroule à l’université de Princeton, quelques jours avant les vacances de Pâques. On va suivre les aventures mouvementées de quatre étudiants, aventures provoquées par le mémoire de l’un d’eux, Paul Harris, consacré à un manuscrit de la Renaissance, Le Songe de Poliphile, publié en Italie, sous le titre Hypnerotomachia Poliphili, en 1499. A mesure que les compères avancent dans leur quête, crimes et catastrophes s’abattent sur le campus. Pourtant, rien n’arrêtera leur marche en avant, jusqu’à la découverte du secret du Poliphile…
Depuis des siècles, des chercheurs, des écrivains ou des artistes tentent d’apprivoiser ce texte obscur, boursouflé, ésotérique, à la fois traité savant d’architecture et parcours initiatique à travers ruines, temples, villas, tombeaux, jardins et pyramides. Paul Harris, aidé de ses amis, progresse dans le déchiffrage d’énigmes plus complexes les unes que les autres. Du genre: «Combien de bras de tes pieds à l’horizon? Que peuvent avoir en commun un coléoptère aveugle, un oiseau de nuit et un aigle au bec déformé? Quelle est la plus petite harmonie d’une grande victoire? Où se rencontrent l’âme et le sang?» Etc. Précisons que ces devinettes ont été inventées par les auteurs, comme l’indique Gilles Polizzi, professeur à l’université de Mulhouse, éditeur du Songe de Poliphile à l’Imprimerie nationale (disponible pour la modique somme de 29 euros) et auteur d’une thèse intitulée «Emblématique et géométrie: l’espace et le récit dans Le Songe de Poliphile».
La mode étant aux commentaires tous azimuts de Da Vinci Code, gageons que La Règle de quatre n’échappera pas aux tentatives de décryptage. Il faut dire que l’ouvrage s’y prête. Sa naissance d’abord, mystérieuse. Qui se cache derrière Le Songe de Poliphile? On sait que l’impression des 500 premiers exemplaires a été financée par Leonardo Grasso, protonotaire apostolique à Vérone, et que François Ier, Charles Quint, Philippe II et Henri VIII en possédaient un.
Esthétique de l’énigme. On s’interroge aussi sur les motivations de l’imprimeur, le Vénitien Alde Manuce, éditeur d’Erasme, spécialisé d’ordinaire dans les classiques grecs et latins. Quant à l’auteur, il fut rapidement démasqué grâce à l’acrostiche formé par les initiales des chapitres: «Poliam frater Franciscus Columna peramavit», c’est-à-dire «Frère Francesco Colonna aima Polia d’un grand amour». Si l’on ignore qui était Polia – personne réelle ou allégorie – les spécialistes hésitent encore entre deux Francesco Colonna: un moine vénitien, maître de rhétorique à Trévise, ou un prince romain. De toute façon, on ne sait pas grand-chose de l’un ni de l’autre.
Le songe allégorique était un genre fort prisé au XVe siècle. Mais ce qui a attiré l’attention sur l’Hypnerotomachia, c’est sa langue (mélange de syntaxe italienne et de lexique latin, parsemé d’hébreu, de grec, d’arabe, et même de hiéroglyphes), la complexité de ses songes et son esthétique de l’énigme («J’étais nu si la bête ne m’eût couvert»). Ces mystères ont inspiré, au cours des siècles, des artistes aussi divers que Jean de La Fontaine, Salvador Dali, Georges Perec, Gérard de Nerval, Roman Polanski ou Rabelais. Au-delà de toutes ces interrogations, une chose est sûre: ce songe n’a pas fini de faire rêver.
J’aimerais l’avis d’un bibliophile qui l’a lu…
Dans l’attente,
Amicalement, Bertrand
Bonsoir,
je sais qu’il existe un livre assez récent (américain je crois) qui tourne autour du decryptage de l’Hypnerotomachia poliphili ou Songe de Poliphile, livre du XVè hautement réputé pour son contenu plus que mystérieux et ses gravures.
Malheureusement, je ne me rappelle plus le titre de cet ouvrage ni son auteur. D’ailleurs lorsque je l’avais croisé sur les rayonnages d’une grande librairie de ville je n’avais pas osé l’acheter de peur d’être déçu et entrainé bien malgré moi dans les enièmes avatars du Da Vinci Code…
Si quelqu’un connait cet ouvrage, l’a lu, peut nous en faire une petite critique, je suis preneur.
Amicalement, Bertrand
Bonsoir,
Reste t’il quelques bloggers pas encore partis en congés ? Les commentaires se font rares …
Entièrement d’accord ave Hugues sur les qualités du roman de Perez Reverte. Le film qui en a été tiré n’a pas la même richesse avec la double intrigue, mais il présente d’autres intérêts (Emmanuelle seignier, …).
Dans une autre veine, mais aussi agréable à lire, connaissez vous « Le maître de Garamond » d’Anne Cuneo (Stock 2003)?
Bien cordialement
Philippem