SIgaud de La Fond, Bibliophilie et physique au delà de Nollet

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Mon temps libre se réduit à mesure que mon déménagement approche… Aussi, quelques uns d’entre vous continuent de m’envoyer des messages à poster pour m’aider. Merci beaucoup à eux et en particulier à Bernard, qui vous propose de découvrir ce soir Sigaud de la Fond, dont les bibliophiles croisent régulièrement les ouvrages.

Sigaud de Lafond (ou de la Fond)

Il y a quelque temps déjà, je vous ai parlé de l’abbé Nollet, l’initiateur de la physique expérimentale en France. Son successeur, Sigaud de Lafond, est moins connu ; je lui consacre ici quelques lignes.Joseph-Aignan Sigaud de Lafond (1730-1810) fait ses études au collège des Jésuites de Bourges. Il est reçu docteur à la faculté de médecine de Bourges, puis va à Paris où il est un auditeurs assidus de l’abbé Nollet, professeur royal de physique au collège de Navarre. Nommé répétiteur de philosophie et de mathématiques au collège des jésuites Louis-le-Grand. il crée un cabinet de physique. En 1756 il améliore les machines électriques alors en usage. En 1759 les Jésuites le nomment démonstrateur de physique expérimentale au collège Louis-le-Grand. En 1760, il assume la succession au collège de Navarre de l’abbé Nollet. Il est chargé de conseiller et de procurer du matériel de physique en France mais aussi dans toute l’Europe éclairée. En 1775, paraît son ouvrage le plus célèbre: Description et usage d’un cabinet de physique expérimentale. Par brevet du 2 novembre 1786, Louis XVI le nomme détenteur de la chaire de physique expérimentale créée au collège royal de Bourges. Passant à travers la tourmente révolutionnaire, il est nommé professeur de physique et de chimie expérimentale en 1795 dans ce qui est devenu l’École Centrale. Enfin, les Écoles centrales cèdent leur place aux lycées napoléoniens. Un décret de 1803, à l’instigation de Fourcroy, ancien élève de Sigaud, institue ce dernier premier proviseur du lycée de Bourges, fonction qu’il occupe jusqu’en 1808. Il meurt le 26 janvier 1810 au lendemain d’un incendie ayant endommagé son riche cabinet.

Voyons maintenant quelques ouvrages de Sigaud de Lafond.

Leçons de physique expérimentale…
Paris, Des Ventes de la Doué. 1767. EO.
2 volumes in-12 ; (2), XV, (1), 424, (2) pp, 12 pl. – (4), 501, (1), (2bl), (4) pp, 6 pl.

Traité de l’électricité dans lequel on expose et on démontre par expérience…
Paris, Des Ventes de la Doué. 1771. EO.
1 volume in-12 ; (2), XXX, 413, (3) pp, 12 pl.
Cet traité est destiné à servir de suite aux leçons de physique parues en 1767. Il contient une mise au point des connaissances sur l’électricité. L’auteur adopte les vues de Benjamin Franklin.

Description et usage d’un cabinet de physique expérimentale.
Paris, P.F. Gueffier. 1775. EO.
2 volumes in-8 ; (2), XXIV, 342 pp, 23 pl. – (4), 456 pp, 28 pl.
Cet ouvrage est orné de très belles planches qui décrivent précisément les instruments de physique, d’optique, de chimie et de météorologie en usage dans un cabinet de la fin du XVIIIème siècle. Sigaud de Lafond avait ouvert chez lui des cours de physique destinés aux
« gens du monde » et aux amateurs de sciences.

Elémens de physique théorique et expérimentale…
Paris, P.F. Gueffier. 1777. EO.
4 volumes in-8 ; XII, 677, 3 pp, 7 pl. – (4), 565 pp, 10 pl. – (4), 550, 29 pp, 4 pl. – (4), 632 pp, 4 pl.
L’auteur développe ici ses leçons de physique expérimentale éditées en 1767 en deux volumes. Cet ouvrage est destiné à « servir de suite à la Description et l’usage d’un cabinet de physique expérimentale.»Essai sur différentes espèces d’air qu’on désigne sous le nom d’air fixe.
Paris, P.F. Gueffier. 1779. EO.
1 volume in-8 ; (8), XVI, 400 pp, 5 pl.
Cet ouvrage tient lieu de suite et de supplément aux Elémens de Physique. Sigaud de Lafond découvrit avec Macquer que la combustion de l’hydrogène produit de l’eau.

Précis historique et expérimental des phénomènes électriques depuis l’origine de cette découverte jusqu’à ce jour…
Paris, Rue et Hôtel Serpente. 1781. EO.
1 volume in-8 ; XVI, 742, (2) pp, 9 pl.
Ce Précis constitue une mise au point des connaissances sur l’électricitéDictionnaire de physique.
Paris, Hôtel Serpente. 1781-1782. EO.
5 volumes in-8 ; XII, 704 pp, 3 pl. – 658 pp, 3 pl. – 651 pp, 4 pl. – 629, (3) pp, 2 pl. – XII, 559 pp, 5 pl.
Bibliothèque universelle des dames. physique générale et particulière.
Paris, Rue et Hôtel Serpente. 1788-1788-1789-1790-1792.
5 volumes in-12 ; XXXII, 286 pp, 1 pl. – (4), 326, (1) pp, 2 pl. – (4), 347, (1) pp. – (4), 311 pp. – (4), 312 pp.
« Pendant plus de trente ans que j’ai professé la physique expérimentale à Paris, les dames ont presque toujours fait la majeur partie de mes auditeurs, et toujours elles se distinguèrent par leur assiduité et l’attention particulière dont elles m’honorèrent constamment. Ici j’embrasse un plan beaucoup plus vaste, j’embrasse toute la physique, et je traite plusieurs questions dont je n’ai pas cru devoir faire mention dans mes Elémens ».

Merci.H

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Bibliophilie et Sciences: Mairan, un académicien du siècle des Lumières

Bibliophilie et Sciences: Mairan, un académicien du siècle des Lumières

Amis Bibliophiles bonjour,

J’ai assisté jeudi, à l’Observatoire de Paris,  à une journée consacrée à Dortous de Mairan. Cela m’a donné l’idée de ce  petit billet pour le blog.
Portrait gravé dessiné par Charles Nicolas Cochin fils (1715-1790) en 1768 et gravé par     Simon-Charles Miger (1726-1838).
Jean-Jacques Dortous de Mairan (1678-1771), physicien, mathématicien et littérateur, est élu membre de l’Académie des sciences en 1718. Il devient, après Fontenelle, secrétaire perpétuel de cette compagnie en 1740. Aujourd’hui oublié, il a pourtant été  incontournable dans la première moitié du 18e siècle. Il a obtenu trois fois le prix de l’Académie de Bordeaux en 1715,  1716 et 1717. Je vous ai parlé de ces trois dissertations dans un billet précédent. Je vous présente quelques autres ouvrages de ce physicien.

DISSERTATION SUR L’ESTIMATION ET LA MESURE DES FORCES MOTRICES DES CORPS.Paris. 1728. EO.1 volume in-4 ; portrait, 50 pp.
Cette Dissertation est extraite des Mémoires de Mathématique et de Physique tirés des registres de l’Académie Royale des Sciences de l’année 1728. Dans ce mémoire fondamental, de Mairan s’oppose aux Principes des Forces Vives de Leibniz. Cette dissertation est à l’origine d’une controverse avec la Marquise du Châtelet. Le portrait est du au graveur Pierre-Charles Ingouf (1746-1800) d’après le tableau de Louis Tocque, (1696-1772).           

 LETTRE… À MADAME… (MARQUISE DU CHATELET) SUR LA QUESTION DES FORCES VIVES… DISSERTATION SUR L’ESTIMATION ET LA MESURE DES FORCES MOTRICES DES CORPS. NOUVELLE RÉFUTATION DE L’HYPOTHÈSE DES FORCES VIVES.Paris, Ch. A. Jombert. 1741.1 volume in-12 ; (2), 52, IV pp, pp 5 à 107 – IX, (2) pp, pp 12 à 145, (1) p, 1 pl.  Ce volume regoupe trois textes. Le premier traite de la controverse sur la «force vive» en réponse aux Institutions de Physique de la Marquise du Châtelet qui critiquait la dissertation de Mairan parue en 1728. Le second est la réédition de cette dissertation. Le troisième est dû à l’abbé Deidier (1696-1746), docteur en médecine, ami de Mairan; il est extrait de sa Mécanique.
Dans une lettre à Maupertuis datée du 26 juin 1741, la marquise du Châtelet écrit: «Avez-vous lu une brochure sur les forces vives qui a paru le même jour que la lettre de Mairan? Ce sont ses troupes auxiliaires, car il en a pris. Cela est d’un abbé Deidier; le livre est moitié contre M. de Bernouilli, et moitié contre moi. Il n’y a qu’un Deidier qui puisse faire un tel assemblage, et je crois que M. de Bernouilli en sera un peu choqué: car, comme vous voyez, je me fais justice; c’est une pièce curieuse que cette brochure.»
En 1744, dans sa Courte réponse aux longs discours d’un docteur allemand, Voltaire écrit: «Quant à la dispute sur la mesure de la force des corps en mouvement, il me paraît que ce n’est qu’une dispute de mots; et je suis fâché qu’il y en ait de telles en mathématiques. Que l’on exprime comme l’on voudra la force, par mv, ou par mv2, rien ne changera dans la mécanique: il faudra toujours la même quantité de chevaux pour tirer les fardeaux, la même charge de poudre pour les canons; et cette querelle est le scandale de la géométrie.»
La Marquise a répondu à Mairan dans Réponse de Madame la Marquise du Chastelet à la lettre que M. de Mairan secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences, lui a écrite, le 18 février 1741, sur la question des forces vives. [ Brussels, Foppens, 1741, 37 pp]

DISSERTATION SUR LA GLACE.Paris, Imprimerie Royale. 1749.1 volume in-12 ; frontispice, XXIX, (10), 384, XX pp, 5 pl.

Cette édition est un développement de la dissertation qui fut couronnée par l’Académie de Bordeaux en 1716. Elle est en particulier augmentée d’une longue préface que l’auteur avait lue à la séance de l’Académie des Sciences le 13 novembre 1748.           
TRAITÉ PHYSIQUE ET HISTORIQUE DE L’AURORE BORÉALE.Paris, Imprimerie Royale. 1754. 2ème édition.1 volume in-4 ; (12), 570, XXII pp, 17 pl.  Une grande aurore boréale fut observée en France le 19 Octobre 1726. Devant l’effroi provoqué l’Académie Royale demanda à J.J. Dortous de Mairan d’expliquer le phénomène. Mairan  eut, le premier, l’intuition remarquable de l’existence du vent solaire en mettant en évidence une relation entre certains phénomènes solaires (intensité de la lumière zodiacale et taches solaires) et l’apparition d’aurores. Il en conclut que les aurores étaient produites par l’apport de matière solaire dans les hautes couches de l’atmosphère. Cette nouvelle édition est considérablement augmentée par rapport à la première parue en 1733, l’auteur ayant ajouté les nouvelles observations recueillies depuis cette date, qui occupent les pages 299 à 570. Mairan décrit la plus grande aurore boréale jusqu’alors observée en France, celle du 19 octobre 1726, celle de Montpellier en décembre 1727, et celle de la fin 1750 visible dans tout l’Europe.

Pour finir un petit billet signé de Dortous de Mairan.
Merci Bernard,H

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