La physique du monde de Marivetz – Quelques Nouvelles et Questions.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose de retrouver ce soir un message de Bernard, le bibliophile scientifique, à moins que cela ne soit l’inverse, sur la Physique du Monde de Marivetz, l’un des ces fabuleux livres anciens scientifiques qui éblouissent les béotiens comme moi de leurs planches. Merci beaucoup à lui, il va me permettre d’aller me remettre au lit pour me soigner! En fin de message, quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens et les photos de reliure envoyées par Patrick en réponse au message de Lauverjeat.

La Physique du Monde est un ouvrage de physique étonnant, volumineux, plein de connaissances mal exploitées. L’auteur avait l’ambition d’expliquer tous les phénomènes physiques. Il a beaucoup lu mais mal compris … L’intérêt de l’ouvrage réside surtout dans ses vingt grandes planches dépliantes, conçues par Goussier et coloriées à l’époque.

Le baron Etienne Claude de Marivetz (1728-1794), fils d’un receveur des gabelles de Bourges, s’adonne de bonne heure à l’astronomie et à la physique. Louis Jacques Goussier (1722-1799), rédige quelques articles de l’Encyclopédie et en dirige la gravure des planches. Marivetz commence, avec Goussier, une géographie physique de la France, dont ils ne publient que l’introduction en 1779. Marivetz compose cette Physique du monde, plus volumineuse que remarquable, associé également à Goussier qui réalise les planches. .
PHYSIQUE DU MONDE. Paris, Quillau. 1780 -1787.5 tomes en 7 volumes in-4 ; (4), (4), (4), CXXXII, 248 pp ; 70 pp (dictionnaire des termes) – (4), (6), (2) pp, pp (V) à XIV, pp (15) à 318 ; (2), 210 pp (explication des planches) ; pp 74 à 114 (1er supplément au dictionnaire) – (4), (4), 24, XX pp, pp (21) à 392 ; pp (117) à 195 (2ème supplément au dictionnaire) – (4), (12), 554 pp ; pp (197) à 201 (3ème supplément au dictionnaire) ; 43 pp (explication des planches) – (4), IV, (4), XVI, 8, 65 pp, 1 pl, 92, 344, (2) pp. – (4) pp, pp (V) à XXXII, 468 pp. – (4) pp, pp (V) à XXIV, 398, (2) pp ; 49 pp, 1 tableau (table des planètes). Les superbes planches dépliantes, en couleurs, numérotées I à XX, sont reliées à la fin des volumes 3, 4 et 7.

Entre temps, Marivetz exploite une manufacture de glaces, où il perd la plus grande partie de sa fortune. A Langres, dès 1784, quelques mois seulement après les premières expériences des frères Montgolfier, il tente les premières ascensions aérostatiques. Arrêté à Langres sous la Terreur, il est envoyé à Paris et meurt sur l’échafaud révolutionnaire.

Cet ouvrage complet est très rare, une partie des exemplaires ayant été vendue à l’épicier, par suite du dérangement des affaires de Marivetz et ceux qui restaient chez Barrois le jeune à la mort de l’ auteur ayant été livrés à la nation par suite de la confiscation et envoyés à l’ Arsenal pour être employés à des gargousses.

Cet ouvrage, dit Lalande, n’est pas ce qu’il aurait été, si l’auteur s’en fût occupé dans sa jeunesse. Quelques-unes des opinions de Marivetz, qui croit pouvoir tout expliquer dans le système de Descartes comme dans celui de Newton, et qui calcule tout, dans sa physique, sans recourir à l’hypothèse du mathématicien anglais, ont été combattues par M. de Bernstolf ( Journal des savants, 1783), et soutenue dans une Réponse à l’Examen de la physique du monde parue en 1783.

La composition de l’ouvrage est assez compliquée :
Premier tome : Discours préliminaire – Préface – Lettre à M. Sennebier – Idée de l’ouvrage – Essai sur l’histoire de la Cosmogonie – Dictionnaire des termes peu usités dans le langage ordinaire et qui sont employés dans ce volume (70 pages).
Deuxième tome : Avant propos – Physique du monde : Première partie – Seconde partie : Explication des planches – Supplément au dictionnaire du volume précédent (pages 73 à 114).
Troisième tome : Observations des auteurs de l’ouvrage intitulé Physique du Monde, insérées dans le Journal de Paris du 2 juin 1782 – Lettre de M. le Baron de Marivetz à M. Bailly, de l’Académie des Sciences – Physique du Monde de la lumière – Supplément au dictionnaire du volume précédent ( pages 117 à 195).
Quatrième tome : Lettre de M. le Baron de Marivetz à M. le Comte de La Cépède … sur l’élasticité – Avant-propos – Physique du Monde : De la vision – Supplément au dictionnaire du volume précédent (pages 197 à 201) – Explication des planches.
Cinquième tome, Première partie : Avertissement – Avant-propos – Réponse à l’Examen de la Physique du Monde paru en 1783 – Explication des figures (1 planche) – Correspondance entre Marivetz et Sallier – Physique du Monde : Introduction ( Feu, Création du Ciel, de la Terre et Production universelle de tous les corps). 
Cinquième tome, Seconde partie : Physique du Monde : Du Feu et de la Chaleur.
Cinquième tome, Troisième partie : Physique du Monde : Théorie du Feu – Table des Planètes -Tableau dépliant.


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Les photos de Patrick:



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Bibliophilie et sciences: Pierre et Claude Perrault, frères de Charles Perrault

Bibliophilie et sciences: Pierre et Claude Perrault, frères de Charles Perrault

Amis Bibliophiles bonjour,
Saviez-vous que Charles avait deux frères? Bernard vous propose de les découvrir dans ce nouvel opus de son oeuvre « Bibliophilie et sciences ».
Charles Perrault (1628-1703), l’auteur indémodable des contes de notre enfance est bien connu : on lui doit La belle au bois dormant, le petit chaperon rouge, le chat botté, Cendrillon, le petit Poucet, etc. Il était le dernier d’une famille de sept enfants. Parmi ses frères Pierre Perrault (1611- 1680) et Claude Perrault (1613-1688) se sont distingués dans le domaine des sciences.
Le premier, commis de Colbert, devient receveur général des finances de Paris en 1664. Il doit vendre sa charge pour avoir truqué ses comptes… Il se tourne alors vers les Lettres et les Sciences et publie en 1674 un ouvrage fondateur de l’hydrologie moderne : De l’origine des fontaines. Il montre que, sur un territoire donné, seules les précipitations assurent le débit des rivières. Certains pensaient alors que l’eau pouvait revenir de la mer par voie souterraine, en abandonnant le sel en cours de route et rejaillir en forme de source.Le second était docteur en médecine, grand physicien et mathématicien, anatomiste et architecte. Il fut membre de l’Académie des Sciences dès sa création en 1666. On lui doit de nombreuses monographies sur des animaux. Il mène de pair avec ses travaux d’anatomiste une carrière d’architecte. C’est à lui et à Le Vau que l’on doit la colonnade du Louvre. On lui doit également l’Observatoire de Paris et l’Arc de triomphe du faubourg Saint-Antoine. Il a inventé diverses machines et fait des travaux de balistique.Je vous présente quelques ouvrages de ces deux frères.ESSAIS DE PHYSIQUE OU RECUEIL DE PLUSIEURS TRAITEZ TOUCHANT LES CHOSES NATURELLES.Paris, J.B. Coignard. 1680.3 volumes in-12 ; (24), 351 pp, 2 pl. – (16), 402 pp, 8 pl. – (12), 360 pp, 20 pl.Un quatrième volume a été édité en 1688. Cet ouvrage est plus d’anatomie que de physique au sens actuel du terme. Claude Perrault s’attache à démontrer l’influence de l’âme sur toutes les fonctions du corps. Les planches ont été gravées par Le Clerc.
ŒUVRES DIVERSES DE PHYSIQUE ET DE MECHANIQUE.Leide, Pierre Van der Aa. 1721. EO.2 volumes in-4 ; portrait, (4) pp, pp 3 à 78, 321 pp (avec pp 160 a,b,c,d), pl I à III, pl I à XI, VIII pl dans le texte – (4) pp, pp 325 à 876 (avec pp 328 a,b,c,d et 684 a à mn), pl IV à VI.On trouve dans cette première édition des œuvres de Claude et Pierre Perrault :
– Essais de Physique. Les traités ont pour titres : De la pesanteur des corps, de leur ressort et de leur dureté. Du mouvement péristaltique. De la circulation de la sève des plantes (découverte par Pierre Perrault). Du bruit. De la musique des anciens. De la méchanique des animaux. Des organes des sens. Des organes du mouvement. Des organes de la nourriture. De la génération. Des sens extérieurs.
– Recueil de plusieurs Machines de nouvelle invention dont la première parution date de 1700.[(Paris, J.B. Coignard. In-4 de (12), 44 pp, 11 pl]. Certaines de ces machines ont été inventées pour la construction des colonnades du Louvre. Perrault décrit également une machine à calculer inventée vers 1680 pouvant additionner, soustraire et multiplier.
– Traité de l’Origine des Fontaines de Pierre Perrault paru initialement chez Pierre le Petit en 1674.
MEMOIRES POUR SERVIR A L’HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUXCet ouvrage constitue le troisième tome, d’ Histoire puis mémoires de l’académie royale des sciences depuis son établissement en 1666 jusqu’en 1699. Paris, Compagnie des Libraires. 1733. 3 volumes in-4 : (24), 188 pp, 34 pl. – (6) pp, pp 191 à 422, 31 pl. – (7) pp, pp 428 à 670, (3) pp, 39 pl.Dès sa création l’Académie des Sciences décida de travailler sur l’anatomie animale. On y disséqua indistinctement les animaux, et particulièrement les espèces étrangères, au fur et à mesure que le hasard des décès dans le Jardin du Roi en fournissait. C’est ainsi que les premiers animaux décrits sont le lion, le caméléon, le chameau, l’ours, etc. Les descriptions de 5 animaux sont rapidement publiées [Paris, F. Leonard, 1669 : in-4 de 120 pp, 5 pl]. En 1671 – 1676 deux volumes in folio décrivent 32 animaux. En 1733, l’Académie publie en trois volumes la descriptions de 46 animaux. La première partie décrit 14 animaux, la deuxième 17 et la troisième 15. Les 105 planches dépliantes sont superbes.Claude Perrault décède d’infection en 1688, après avoir disséqué un chameau au Jardin des Plantes. Est-ce ce chameau le responsable ?
Merci Bernard,
H

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