Les incunables sacrifiés de La Neuvième Porte : enquête sur le livre maudit de Polanski

par un adepte, et à la manière de Lucas Corso, arpenteur des marges bibliophiliques.

Amis bibliophiles, bonjour.

On m’avait parlé, il y a quelques années, d’un homme à Toulon qui possédait des feuillets latins du XVIIe siècle dont la provenance était trouble. Pas trouble au sens des bibliophiles ordinaires — pas une coupure douteuse de marges, pas une restauration intempestive. Trouble parce que ces feuillets, disait-il, venaient d’un livre qu’on avait démembré exprès pour fabriquer un autre livre, lequel n’avait jamais existé. J’ai noté le nom, j’ai rangé l’information dans la rubrique des choses à vérifier, et puis je l’ai oubliée. Jusqu’à ce que je revoie, l’autre soir, La Neuvième Porte de Roman Polanski.

Le film, sorti en 1999, adapte El Club Dumas d’Arturo Pérez-Reverte. Il raconte la quête d’un courtier en livres rares — métier que je connais bien — chargé d’authentifier l’un des trois exemplaires connus d’un livre nommé De Umbrarum Regni Novem Portis, Des Neuf Portes du Royaume des Ombres, prétendument imprimé à Venise en 1666 par un certain Aristide Torchia, et qu’on dit cosigné par le Diable lui-même. Torchia, brûlé par l’Inquisition, aurait laissé trois exemplaires identiques sauf pour neuf gravures qui, comparées entre elles, livreraient les clés d’invocation de Lucifer. Le livre n’existe pas, bien sûr. Pérez-Reverte l’a inventé pour son roman. Polanski l’a fait fabriquer pour son film. Et c’est là que l’histoire bibliophilique commence à devenir intéressante.

Trois faux livres, deux vrais sacrifiés

Le chef décorateur de La Neuvième Porte est Dean Tavoularis. C’est l’homme du Parrain, d’Apocalypse Now, de Bonnie & Clyde. Oscar 1975. À cette stature, il y a une équipe d’accessoiristes, et le chef accessoiriste du film s’appelle Gilbert Pieri. Pieri devait fabriquer trois exemplaires-héros de la Neuvième Porte : le Balkan, le Fargas et le Kessler. Trois reliures distinctes, neuf gravures par volume, et surtout — détail décisif — un texte intérieur latin censé avoir l’air vrai sous la caméra, en gros plan, ouvert sur les genoux de Johnny Depp.

Pieri n’a pas imprimé ce texte. Il a fait ce que tout bibliophile reconnaîtra comme une hérésie : il a acheté deux livres latins anciens authentiques, l’un de plus de cinq cents pages, l’autre de plus de huit cents, et il les a démembrés. Une vingtaine de feuillets des deux volumes ont été combinés, réinsérés dans les reliures fabriquées sur mesure, et redoublés pour les besoins des trois exemplaires du film. Le détail est connu des collectionneurs spécialisés, qui se le racontent sur les forums dédiés aux accessoires de cinéma. Certains affirment posséder des pages originales de ces deux livres, déchirées pendant la production et données à des membres de l’équipe. L’un d’eux a même fini par identifier le livre source en tapant une phrase latine du film dans Google : il s’agissait d’un ouvrage théologique et catholique latin de 1588, dont la production n’avait fait que retirer quelques mots pour donner l’illusion d’un texte codé.

Une vingtaine de feuillets d’un ouvrage de 1588 démembré pour figurer dans un film de Polanski — voilà qui devrait faire trembler tout amateur de papier ancien. On a immolé deux ouvrages réels au prétexte d’en fabriquer un troisième, plus rare encore, puisque inexistant.

Les gravures, ou la Hypnerotomachia travestie

Restent les neuf gravures. Elles sont, dans le roman de Pérez-Reverte comme dans le film, l’élément central — chaque exemplaire en contient neuf, mais trois d’entre elles diffèrent d’un volume à l’autre, et la comparaison des dix-huit images permet de découvrir le secret. Ces gravures aussi ont une histoire bibliophilique digne d’intérêt.

Particularité rare : les gravures existaient déjà dans le roman de Pérez-Reverte, où elles portent les initiales AT et LCF ; celles du film en reprennent le langage formel. Le langage formel de ces gravures, on le sait, s’inspire ostensiblement de la Hypnerotomachia Poliphili, ce roman allégorique imprimé par Alde Manuce à Venise en 1499, attribué à Francesco Colonna. C’est, on le sait, l’un des incunables les plus prestigieux jamais imprimés, célèbre pour ses cent soixante-douze bois gravés anonymes — eux-mêmes l’objet de cinq siècles de spéculation sur leur auteur. Un exemplaire est consultable en ligne sur Gallica (bpt6k587910) ; ceux qui veulent voir ce qu’un exemplaire parfait coûte aujourd’hui se souviendront qu’un Poliphile de grande reliure a dépassé les quatre cent mille euros en vente publique — Jean Grolier en posséda à lui seul cinq exemplaires.

Pour fabriquer son livre maudit, Pérez-Reverte a donc fait adapter le langage formel du livre le plus rare et le plus mystérieux de l’imprimerie occidentale. C’est un choix d’une élégance vertigineuse : un faux du XVIIe siècle qui imite un vrai de la fin du XVe. Les gravures du film ont été dessinées, gravées et imprimées comme de vraies estampes en taille-douce, neuf pour chaque exemplaire, soit vingt-sept estampes au total — sans compter les variantes que Polanski a fait redessiner. Ces estampes existent quelque part, encadrées chez Polanski ou chez Pieri, ou dispersées entre les membres de l’équipe.

Le marché et ses zones d’ombre

Côté ventes officielles, c’est plus pauvre que pour Le Nom de la Rose. Ni Christie’s, ni Sotheby’s, ni Bonhams, ni Heritage, ni Propstore n’ont vu passer d’exemplaire-héros de la Neuvième Porte. Les trois reliures fabriquées par Pieri sont, à ma connaissance, encore en collection privée — l’une figure dans la collection d’un certain « balkan.press », personnage discret qui anime un site spécialisé sur l’objet.

Mais le marché parallèle, lui, est foisonnant. Plus de quarante répliques officielles du livre sont répertoriées en ligne, vendues entre cinq cents et mille deux cents dollars selon la qualité. Toute une littérature bricoleuse circule, avec tutoriels de fabrication, polices reconstituées, calques des neuf gravures et de la dixième (celle qu’on appelle la « vraie neuvième porte », inscrite LCF). La Neuvième Porte est probablement le livre-accessoire le plus copié de l’histoire du cinéma.

Et puis il y a les feuillets. Ceux des deux livres sacrifiés. Ils circulent discrètement, parfois sur eBay, plus souvent dans des transactions privées entre collectionneurs. Le statut bibliophilique de ces objets est ahurissant : ce sont à la fois des fragments de livres anciens réels (l’ouvrage théologique latin de 1588), des accessoires de cinéma déposés par la production, et des reliques de tournage cosignées Polanski. Trois provenances pour un même feuillet — c’est, pour le collectionneur, un objet de troisième degré.

Je ne sais pas si l’homme de Toulon a vraiment des feuillets latins ayant traversé le tournage de La Neuvième Porte. Je n’ai pas pris la peine d’aller voir. Mais l’idée que de vrais livres anciens aient été détruits — consumés est le mot juste — pour fabriquer un livre fictif dont la valeur de marché atteint aujourd’hui plusieurs centaines d’euros en réplique, et incalculablement plus en exemplaire-héros, devrait nous donner à réfléchir.

Polanski et son équipe ont inversé l’équation bibliophilique. Là où le marché habituel paie le manuscrit ancien et méprise la copie moderne, leur film fait le contraire : il achète et détruit un livre théologique de 1588 pour fabriquer un faux moderne qui se revend plus cher que les pages dont il est tissé. Le livre maudit a fait son office. Le vrai ouvrage s’est effacé dans la matière du faux. Et les feuillets qui circulent désormais sont, comme dans le film, des fragments qu’il faut comparer entre eux pour deviner d’où ils viennent.

Les livres brûlés disparaissent, mais ceux qu’on enferme, eux, finissent toujours par revenir.

Cote Guilde : GBO-C/2 — Le Livre Démembré Document classé : diffusion restreinte — Bureau des accessoires litigieux.

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Le marché noir du livre ancien (1939–1950) : voyage d’un livre sans provenance

Par Olympe Marcelet, inspectrice des plateformes, des mots-clés emphatiques et des miracles tarifés du marché numérique bibliophilique.

Amis bibliophiles, bonjour.

D’ordinaire, j’inspecte des écrans : les notices d’eBay, de Catawiki, de Drouot Live, et l’écart, parfois vertigineux, entre ce qu’une annonce promet et ce qu’un livre est vraiment. Mais il est, sur ces notices, une mention dont presque personne ne se demande d’où elle vient — celle de la provenance. Pour comprendre pourquoi le marché la réclame aujourd’hui avec tant d’insistance, il faut quitter les écrans et descendre à la source : dans les années 1939-1950, dans le territoire le plus obscur de l’histoire du livre, son marché noir. Laissez-moi suivre un volume.

Il y a, ce matin, sur la table d’un libraire, un in-quarto que personne ne réclame. Reliure fatiguée, première garde marquée d’une trace pâle : un ex-libris arraché. Le marchand l’a acheté de bonne foi ; il le revendra de même. Et pourtant ce livre a voyagé plus qu’aucun de nous — wagons de nuit, caves de douane, valises sans nom. Son histoire n’est pas unique : c’est celle de milliers d’autres.

Avant la guerre, notre volume dormait dans une bibliothèque privée, à Paris. Pas une institution, pas un grand fonds célèbre : la collection d’un amateur, un de ces hommes discrets qui passaient leurs dimanches à confronter les éditions et notaient au crayon, sur la garde, la date et le prix de chaque achat. Une bibliothèque qui portait un nom de famille — et c’est précisément ce nom qu’on s’emploiera bientôt à effacer.

Le désordre vint d’abord de chez nous. Dès septembre 1939, la France déménage ses livres en hâte : Versailles expédie une partie de ses fonds à Autun, Strasbourg évacue vers Aubusson, Lille et Dunkerque entassent leurs caisses dans des dépôts improvisés. Convois mal surveillés : les archives de l’Instruction publique signalent la disparition de caisses entières dans les gares de triage de Dijon, de Nevers, de Tours. Avant même l’occupant, le chaos fabrique du commerce — des livres anciens circulent déjà sans contrôle.

Puis vinrent les Allemands, et avec eux la méthode. L’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg — l’ERR, du nom d’Alfred Rosenberg — quadrille Paris. À la Dienststelle Westen, Kurt von Behr organise ; Gerhard Utikal dirige, Hermann Bunjes fait l’interface des livres et des archives, Franz Six coordonne les fonds de bibliothèques. Les saisies sont méthodiques, et chiffrées : la bibliothèque russe Tourgueniev part dès l’automne 1940 — une centaine de milliers de volumes en plus de trois cents caisses, dont il ne restera qu’un dixième ; les bibliothèques des Rothschild livrent à elles seules quatre cent cinquante-huit caisses de livres pour les seules semaines d’août et septembre 1940. S’y ajoutent les grands fonds maçonniques de la Grande Loge et du Grand Orient, la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle, les archives de la librairie Fischl, et d’innombrables collections privées confisquées chez les particuliers — dont la nôtre. Les pièces remarquables prennent le train pour Francfort, vers l’institut que Rosenberg rêve d’ériger. Notre volume est du voyage — du moins en théorie.

Mais tout ne prenait pas le chemin de Francfort, ni celui de la Suisse. Une part s’écoulait à ciel ouvert, à Paris même, dans la plus respectable des institutions : l’Hôtel Drouot. La salle des ventes avait rouvert dès septembre 1940 ; à partir du 17 juillet 1941, un écriteau en interdit l’entrée aux Juifs — pendant qu’à l’intérieur on adjuge au marteau les biens de ceux que cet écriteau bannit. Les chiffres donnent le vertige : entre 1941 et 1942, près d’un million d’objets spoliés passent par Drouot ; rien qu’en 1942, on y compte environ cinq cents ventes de « biens israélites », soit près de 8 % de l’activité de la maison, avant que le rythme ne retombe de moitié en 1943 puis à trente-cinq ventes en 1944.

Car ces ventes avaient des noms d’hommes. Une cinquantaine de commissaires-priseurs s’y relayaient — Étienne Ader, Henri Baudoin, Robert Bignon, Roger Glandaz —, assistés d’experts qui étaient le plus souvent des marchands. Le seul Alphonse Bellier déclara six ventes de « biens israélites » sur une vingtaine pour la seule année 1942, secondé par l’expert André Schoeller ou par Jules Mathay, lequel orchestra le 13 mai 1942 l’une de ces liquidations dans la salle même. Ironie sombre : le dernier commissaire-priseur juif encore en exercice, Maurice Rheims, vit son étude « aryanisée » avant la fin de l’année.

Les livres n’y font pas exception. En octobre 1942, le registre des entrées de la Bibliothèque nationale enregistre près de quatre cents ouvrages dont l’origine tient en trois mots : « saisis Hôtel Drouot ». Des titres en hébreu et en caractères cyrilliques, des brochures sur le Bund et sur le Birobidjan, des guides de voyage des capitales, jusqu’à des albums pour enfants — une bibliothèque entière, anonymisée d’un coup de tampon, et versée sans façon dans une collection publique. Notre volume aurait pu finir ainsi : adjugé pour quelques francs à un amateur de passage. Car le marché du livre volé n’avait pas toujours besoin de l’ombre ; il lui suffisait parfois d’une salle bien éclairée, d’un commissaire-priseur et d’un catalogue.

Pour ceux qui préféraient l’ombre, tout se jouait entre la rafle et le wagon. Là dormaient les caisses intermédiaires, et il suffisait de peu : un manutentionnaire mal payé, un sous-officier curieux, une caisse mal close dans un entrepôt mal tenu. Notre livre quitte alors l’histoire officielle — celle des inventaires et des rapports — et glisse dans l’autre, l’économie parallèle, sans registre, où un volume rare vaut soudain de quoi vivre quelques mois.

Alors il prend la route. La plus fréquentée descend vers le sud : Paris, Lyon, Annemasse, et la frontière suisse à un jet de pierre, du côté de Genève. D’autres lots, ceux que l’ERR a portés « perdus », filent par Dijon puis Bregenz, et de là vers Saint-Gall et Zurich ; après 1943, les bibliothèques privées italiennes saisies descendront par Turin et Lugano. Aux postes frontières, les douaniers suisses ouvrent parfois des caisses où dorment, pêle-mêle, incunables, manuscrits hébraïques, ouvrages mystiques et correspondances — et certaines portent encore, au pochoir, le nom de la bibliothèque dont on les a tirées.

À chaque étape, des hommes. À Paris, des marchands très actifs sous l’Occupation : les rapports américains de l’OSS relient les noms de Martin Fabiani et de Raphaël Gérard à des bibliothèques et archives privées « d’origine juive » revendues en Suisse. De l’autre côté de la frontière, les courtiers attendent : August Laube, à Zurich, marchand d’autographes, acquiert des correspondances politiques venues de France ; l’orbite de Theodor Fischer, à Lucerne — déjà connu pour les ventes d’œuvres d’art spoliées —, voit passer imprimés et manuscrits. Walter Andreas Hofer lui-même, l’homme du bureau d’art de Göring, achète du livre. Aucun de ces noms n’est une rumeur : ils figurent dans les rapports de l’ALIU, de l’OSS, et dans l’historiographie qui a mis des décennies à en reconstituer le réseau.

Reste, pour vendre, à effacer la mémoire du livre. On arrache l’ex-libris — d’où la trace pâle sur notre garde —, on gomme l’estampille, on invente une origine neuve. Entre 1946 et 1949, les ventes suisses regorgent d’incunables hébraïques « sans provenance », de fonds de correspondance française, d’ouvrages maçonniques aux ex-libris mutilés, de manuscrits vaguement dits « d’Europe centrale ». À Munich, à Stuttgart, à Hambourg, des marchands écoulent des fonds spoliés sous des provenances reconstruites : « succession anonyme », « bibliothèque privée disparue », « provenance sud-allemande ». Des institutions américaines achètent alors de bonne foi. Le grand libraire Hans Peter Kraus, lui-même réfugié de Vienne, avouera dans ses mémoires avoir acquis en Suisse, entre 1946 et 1950, des livres « dont la provenance exacte restait confuse ».

Quand vint la paix, on voulut rendre. De 1947 à 1952, le Jewish Cultural Reconstruction s’efforce de redistribuer les volumes sans propriétaire : il récupère incunables, ouvrages talmudiques, manuscrits yiddish — et constate, impuissant, que des milliers d’autres se sont dissous dans le marché noir. Notre livre, lui, n’est pas rentré. Il dormait déjà sur un rayon étranger, sous un faux nom, attendant la table où il réapparaîtrait un jour.

De cette plaie est née une discipline. Avant 1940, la provenance n’était qu’un agrément d’érudit, une ligne facultative au catalogue. Après 1950, elle devient un soupçon, puis une exigence : tout livre rare sans origine est suspect. C’est là, exactement, que naît le réflexe que j’inspecte aujourd’hui sur les plateformes — cette ligne « provenance » que les bonnes notices affichent et que les mauvaises escamotent. Quand une annonce reste muette sur l’origine d’un bel exemplaire, ce n’est pas toujours de la négligence : c’est parfois la très longue ombre des wagons de 1942.

Voilà pourquoi, lorsqu’un volume sans provenance réapparaît — sur une table de libraire ou dans la colonne d’une plateforme —, je ne vois pas seulement un livre. Je vois une bibliothèque éteinte, une famille dispersée, un nom qu’on a gratté. Le marché noir n’a pas seulement dispersé des volumes : il a dispersé des mémoires, des adresses, des noms. Et c’est à nous, bibliophiles, de reconnaître leur trace lorsqu’elle remonte à la surface — et d’avoir le courage de la nommer.

Par Olympe Marcelet, inspectrice des plateformes, pour la Guilde des Bibliopolicés.

GUILDE · OM/PROVENANCES — Document classé : diffusion restreinte.

Pour aller plus loin : Martine Poulain, Livres pillés, lectures surveillées. Les bibliothèques françaises sous l’Occupation, Paris, Gallimard, 2008 ; Emmanuelle Polack, Le Marché de l’art sous l’Occupation, 1940-1944, Paris, Tallandier, 2019.

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