Les différents types de reliure: la reliure brodée au XVIIIe

Amis Bibliophiles bonsoir,

Voici un livre qui entre largement dans les critères “bon marché” de Benoit, fruit d’une chine dans un déballage de fin de semaine “où je ne trouve jamais rien”.

Il s’agit d’un petit livre (94 mm x 60 mm) couvert d’une broderie sur soie vieux-rose. Les encadrements sont constitués de pièces métalliques rebrodées, les plats sont ornés d’un médaillon formé d’un miroir de mica étamé serti d’un galon doré et maintenu par la broderie argent des lambrequins, au dessus d’une corbeille dorée brodée. Les deux plats présentent le même décor, le miroir porte un monogramme CAD.  Le dos à faux nerfs brodés porte l’inscription “ANE 1779″. Les tranches sont dorées, deux signets de soie, l’un rouge l’autre bleu sont cousus dans la coiffe. Les contre-plats sont recouverts d’un papier marbré imprimé d’un motif doré. Un petit étui de carton couvert d’un papier gaufré à l’imitation du tissu et bien dans le style des papiers d’Augsbourg protège le livre.

Le  sujet du livre “Les bonnes étrennes utiles aux chrétiens” à Paris chez Valade, ne nous surprend pas. La seconde moitié du XVIII e siècle marqua un réel engouement pour les petits almanachs en tous genres.  Nous ne comptons plus les Calendriers, Almanachs, Etrennes Mignonnes, Etrennes Nouvelles, Etrennes spirituelles etc, dont John Grand-Carteret a publié un inventaire à Paris en 1896. Ces petites publications bénéficient assez souvent de reliures à décor.

Leurs reliures de soie brodée, s’ornent sur les plats d’un médaillon  peint armorié ou d’une miniature ou d’une gravure, parfois sous mica ou d’un miroir, ou de compositions brodées multicolores ou or et argent.
Quelques exemplaires sont passés en vente Chez Alde le 24 avril 2008 (bibliothèque Claude L.) ou chez Thierry de Maigret le 6 avril denier.

Pour finir sur ce livre le “Calendrier pour l’année bissextile MDCC.LXXX.” enserre l’unique cahier du livre. Ainsi les premières pages du calendrier ouvrent le livre et les dernières le ferment. Bon, je retourne au maroquin…
Lauverjat

La lettre du bibliophile

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La Bibliophilie est cosa mentale… et affaire de langage: quelques expressions bibliophiles peu connues

La Bibliophilie est cosa mentale… et affaire de langage: quelques expressions bibliophiles peu connues

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici quelques uns des mots insolites et originaux qui font le quotidien d’un bibliophile, qu’ils servent à qualifier la couleur d’un maroquin (sable, citron, taupe, violine, etc.), la qualité d’un papier, ou un livre même (chopin, etc.). C’est je trouve un grand plaisir de la bibliophile que de (re)découvrir ces termes, que nous sommes peut-être les seuls ou les derniers à employer…

En voici un florilège, collectés dans un petit carnet au cours de lectures (chacun ses manies!)… En connaissez-vous d’autres?
Faire du cul: cette expression est employée par Dudin (L’art du relieur-doreur de livres, 1772) pour désigner un livre qui est plus rogné vers l’ouverture que vers le dos (mais je n’ai jamais personnellement croisé cette expression dans les délicats catalogues de maisons de ventes.)
Faire de la pointe: c’est le contraire, l’expression est employée pour désigner un livre qui présente le défaut d’être plus rogné vers le dos.
Livre truffé, expression qui n’est pas rare mais que j’aime beaucoup: ce dit d’un livre dans lequel on a incorporé des documents (portraits, dessins originaux, états intermédiaires de gravure, prières d’insérer, lettres, etc.). A retenir, quand c’est bien truffé, cela se vend en effet au prix de la truffe.
Défouetter: pratiquer le défouettage, à savoir débarrasser un livre du fouet qui le serre sur un ais ou entre deux ais.
Dents de rat: expression employée pour désigner les décors de reliure qui se présentent sous la forme d’une succession de petits triangles plus ou moins détaillés.
Moustache: tranchefile sur ficelle en reliure.
Lavron: groupe de feuilles qui n’ont pas été ouvertes ou « coupées », ni par le relieur, ni par un lecteur et qui restent donc fermées.
Farci: en codicologie, ce mot désigne un volume manuscrit dans lequel on a inséré des feuillets portant un autre texte entre les pages.
Biblioklepte: voleur de livres, évidemment.
Bibliocapèle: du grec bibliokapelos, désigne un libraire vendant des ouvrages au détail.
Le très élégant « astéronyme » qui désigne un ensemble d’astérisques employées pour masquer un nom que l’on veut conserver anonyme. Ce procédé a beaucoup servi au 18ème siècle pour les ouvrages anonymes justement.
Le regrettable « caviarder » qui signifie couvrir d’encre un passage d’un livre que l’on veut rendre illisible.
Bouquineur: celui qui aime rechercher et lire des bouquins ou des « vieux livres ».
Et l’expression que j’aime plus que les autres peut-être: « désirable ». Je crois que cette expression est de M. Jammes (à vérifier), utilisée pour désigner un livre… elle veut tout dire et résume ce que je ressens souvent face à un ouvrage.
H

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