Un Livre à l’honneur : l’Histoire du Diable de Defoe

Amis Bibliophiles Bonsoir,
(message en musique pour ceux qui le souhaitent, ou la vision du Diable par Mick, Keith et les autres : Daniel Defoe l’aurait écouté, c’est sûr!)

Lorsque l’on pense à Daniel Defoe, c’est l’image de Robinson Crusoe qui nous vient immédiatement à l’esprit, comme s’il n’avait écrit que cela, comme si on ne devait retenir que Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, ou plus réducteur encore, Manon Lescaut comme unique texte de l’Abbé Prévost.
En réalité, Daniel Defoe écrira toute sa vie, il est journaliste, et il produira un grand nombre d’autres ouvrages dignes d’intérêt (dont Capitaine Singleton, Lady Roxana, ou l’Histoire des Pirates Anglais, écrite sous le pseudonyme de Charles Johnson). On ignore néanmoins le plus souvent que l’homme s’est également intéressé à d’autres sujets, moins romanesques, dont l’ésotérisme.

Il a en effet écrit deux ouvrages bien connus des amateurs du genre dont une étude sur les apparitions, et le livre qui nous intéresse aujourd’hui, l’Histoire du Diable, contenant un détail des circonstances où il s’est trouvé, depuis son bannissement du ciel, etc.

La première édition française du livre date de 1729 (2 volumes in-12, Amsterdam, aux dépens de la Compagnie) et l’ouvrage sera mis à l’index en 1743.
L’ouvrage est à la frontière du religieux et du surnaturel et est en fait une satyre comique dans laquelle Defoe tourne en dérision la bêtise humaine et l’imagerie populaire qui entoure le Diable. Il en profite au passage pour égratigner les croyances religieuses héritées du Moyen-Age et que l’église met toujours en avant.

En fait, son procédé est assez original, puisqu’il se place dans le contexte d’un retour sur terre du Diable après des centaines d’années et celui-ci découvre que sans lui l’Humanité a continuer à agir de façon diabolique et même souvent plus diabolique qu’il ne l’aurait lui-même fait. Et, ce qui est cocasse, est que malgré son absence, les hommes ont continué de le blâmer pour leurs agissements.

Au final, c’est ce paradoxe que Defoe met en avant : le Diable existe, son but est bien de semer le chaos et le désordre, mais son action est démultipliée par l’hypocrisie humaine, qui agît de façon inconséquente et égoïste, tout en se dédouanant et en attribuant ses errances à l’action du Malin.
L’ouvrage se compose de deux parties, la première dans laquelle Defoe présente le Diable (qui a deux caractéristiques majeures : il est croyant, et il craint Dieu. Il peut prendre la forme qu’il souhaite et il a de multiples noms, Satan, Lucifer, Le Dragon Rouge, etc.) et son influence sur les hommes. Et une seconde partie dans laquelle Defoe démontre que le Diable a étendu son influence aux institutions et aux modes de gouvernement, et qu’il est un proche des pouvoirs catholiques en place en Europe… On gage que c’est cette partie qui aura le plus déplut à l’Eglise et engendrera l’interdiction !

H

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D’Artagnan, Courtilz de Sandras et Alexandre Dumas…

D'Artagnan, Courtilz de Sandras et Alexandre Dumas…

En fait, la relecture estivale de Club Dumas m’a donné envie de relire les Trois Mousquetaires, que je viens de terminer…

Saviez-vous qu’il y a en fait trois d’Artagnan : le vrai, celui de Courtilz de Sandras et celui rendu célèbre dans le monde entier par Alexandre Dumas.
Le vrai d’Artagnan, de son vrai nom Charles de Batz-Castelmore vécût au 17ème (1615 – 1673). Il est né dans le Gers et débuta sa carrière militaire dans la compagnie des gardes de M. des Essarts. Il participa ensuite à diverses opérations militaires, effectua comme ses « confrères » un voyage à Londres, puis entra dans les fameux mousquetaires, sous la protection de Mazarin. Pendant la Fronde Mazarin lui confiera d’ailleurs plusieurs missions. Par la suite, il montera plutôt rapidement en grade, occupant diverses fonctions et cotoyant les puissants. C’est d’ailleurs lui qui arrêta Fouquet à Nantes avant de le conduire à Pignerol. Enfin, il devient gouverneur de Lille en 1673, mais tombe à Maastricht en juin 1673 alors qu’il est sous les ordres de Vauban et du Roi. Colbert écrivît de lui qu’il était l' »une des créatures de Mazarin ».
Dès 1700, Courtilz de Sandras (1644 – 1712) publiera les Mémoires de Monsieur D’Artagnan, capitaine lieutenant de la Première Compagnie des Mousquetaires du Roi. Contenant quantité de choses particulières & secrettes qui se sont passées sous le règne de Louis le Grand (chez Pierre Marteau). Courtilz de Sandras fût lui aussi mousquetaire et il fort probable qu’il entendît parler du vrai d’Artagnan à la fois au cours de ces années militaires, mais aussi parce qu’il fût embastillé avec un ami proche de Charles de Batz-Castelmore. Après 18 ans chez les mousquetaires, il devînt polygraphe et on lui doit plusieurs ouvrages. Le récit de Sandras mêle le vrai au faux, certains passages sont purement inventés (arrivée à Paris), mais d’autres sont crédibles et de nombreux personnages ont réellement existé, dont Tréville Jussac ou Milady de Winter (Mme de Miramion). Le livre est très intéressant, parce qu’écrit par un contemporain de d’Artagnan, qui était assez au fait de la vie « quotidienne » d’un Mousquetaire du roi. Il n’est pas rare, mais reste recherché.
C’est Dumas qui fît de d’Artagnan l’un des plus grands héros de notre temps. Son histoire est naturellement plus romancée, et le d’Artagnan de Dumas arrive à Paris bien avant le vrai, ce qui lui permet d’être mêlé à l’affaire des ferrets de la Reine ou au siège de la Rochelle. En réalité, Dumas en fait un acteur des grands moments de l’époque et lui fait « croiser le fer » avec Richelieu, quand le véritable sera plus proche de Mazarin. Il décédera malgré tout dans les mêmes circonstances que son inspirateur.

Une conclusion… Les trois méritent assurément d’être connus et les deux livres sont des classiques pour tout bibliophile passionné par ces thèmes. Ce n’est pas mon cas, mais comme je passe bientôt un examen d’entrée au Club Dumas, avec mon vin d’Anjou sous le bras… il m’a bien été nécessaire de me/vous rafraîchir les idées!

H

Un bien beau personnage que ce d’Artagnan, comme dirait une grand scientifique américain « Le plus fort, le plus rapide, en un mot, le meilleur », Oscar Goldman.

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