La vente de Jean-Esutache Peuvret, franc-maçon: 2400 ouvrages consacrés aux sciences occultes.

Amis Bibliophiles bonsoir, Comme prévu voici des informations concernant la vente de 2400 volumes dédiés à l’ésotérisme et aux sciences occultes. Elle se tiendra le 30 octobre, à la maison Sylvestre, au numéro 30 de la Rue des Bon-Enfans, ou plutôt devrais-je dire elle s’est tenue, puisque pour préserver toutes mes chances, je ne vous ai as donné la bonne date.  La vente a déjà eu lieu… le 30 octobre 1817 en fait, à la même adresse. Me voici désormais obligé de vous aider à vous remettre de vos émotions en vous donnant quelques détails: c’est l’excellent ouvrage de Pierre Mollier « Curiosités maçonniques » (éditions Jean-Cyrille Godefroy) et dont je ferai la présentation prochainement sur le blog, qui m’a permis de découvrir cette vente étonnante qui eu lieu au début du XIXe. Il est probable que cette vente concernait la dispersion de la bibliothèque d’un franc-maçon érudit, le Frère Peuvret, et Pierre Mollier propose une analyse convaincante.  Reste la vente elle-même, étonnante à plusieurs titres: la qualité des ouvrages, bien sûr, qui donne le vertige aux amateurs que nous sommes (et j’en veux pour preuve les sms, messages et emails que vous m’avez envoyés depuis dimanche pour avoir plus de précisions…), mais aussi la façon dont la vente s’est déroulée. Elle ne proposait en fait que six lots: cinq lots dédiés au ouvrages concernant les sciences occultes, rassemblant respectivement 150, 200, 300, 200 et 300 volumes, et un sixième lot consacré à une collection de « 80 grades de la France Maçonnerie hermétique – philosophique; et 879 tableaux recueillis et exécutés avec le plus grand soin, par M. Peuvret, 6 vol in-4, reliés par Bozerian« . 

 Voici les pages du court catalogue , reproduites dans l’excellent ouvrage de Pierre Mollier. Faites votre choix 🙂 H

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L’alchimie à livres ouverts, en quête des secrets de la matière. Livres et manuscrits du XVIe au XXe siècle à Blois

L’alchimie à livres ouverts, en quête des secrets de la matière. Livres et manuscrits du XVIe au XXe siècle à Blois

Amis Bibliophiles bonjour,

Un des grands amis du blog ouvre sa collection précieuse dans une exposition visible à la Bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois jusqu’au 27 septembre. Frédérick a, depuis bien des années, recherché avec passion, opiniâtreté et ténacité,  les livres d’alchimie ou d’ésotérisme. Au fil du temps, il a pu réunir des pièces exceptionnelles qui forment un ensemble cohérent. Quelques ouvrages issus des collections publiques, la volonté de l’équipe de la bibliothèque de Blois et la compétence scientifique de Didier Kahn concouraient finalement à réaliser une exposition et un catalogue qui feront date.

Il fallait tout d’abord remettre cette science, connaître la matière et transformer les métaux en or, dans son contexte historique, antérieur aux découvertes de Lavoisier.

Dans leurs langages et leurs traités, les alchimistes usent (et abusent) de références imagées ou mythologiques, d’emblèmes, de paradoxes, d’énigmes et d’allégories. Il en résulte une illustration riche et étonnante ; ainsi le frontispice et les planches de Atalanta fugiens de Michael Maie, publié en 1617, gravé par Matthieu Mérian ou l’Amphitheatrum Sapientiae Aeternae de Heinrich khunrath publié à Hanau en 1609.

Le travail de l’alchimiste également est illustré, la pratique dans son laboratoire, la compréhension et la description des éléments, l’étude des traités forts abscons qui ouvrent à discussions et discordes comme le représente cette querelle d’expert (turba philosophorum) du Rosarium philosophorum de 1610.

Rosarium philosophorum (Turba Philosophorum)
Rosarium philosophorum (Turba Philosophorum)

La langue des alchimistes, volontairement obscure pour préserver les secrets, favorise aussi les charlatans et les récits apocryphes comme ce livre du pseudo Nicolas Flamel, Le Livre des figures hiéroglyphiques, publié à Paris en 1659, qui suscita d’autres ouvrages faux comme Le Livre d’Abraham le Juif, manuscrit inventé puis retrouvé et à son tour copié ! L’alchimie interfère aussi pour certains de ses auteurs ou de ses partisans avec la médecine  (Paracelse, Joseph du Chesne) et la religion (Khunrath qui fut condamné par la Sorbonne et dont  la Censura de 1625 est exposée).

Le précieux don de Dieu (XVIIe), Recueil de diverses recettes de médecine et de chimie (XVIIe), etc.
Le précieux don de Dieu (XVIIe), Recueil de diverses recettes de médecine et de chimie (XVIIe), etc.

Les manuscrits présentés dans cette exposition sont d’une rare richesse, Le précieux don de Dieu (XVIIe), Recueil de diverses recettes de médecine et de chimie (XVIIe), etc.ainsi  Le Précieux don de Dieu, XVIIe siècle, manuscrit illustré en couleurs, représente symboliquement les matières dans leurs fioles ou Le Rosarium philosophorum manuscrit de « l’Atelier à l’arbre blessé », dont un dessin en couleur est reproduit sur l’affiche et la couverture du catalogue de l’exposition.

Les merles blancs  font l’émerveillement du bibliophile, ainsi le Mutus Liber d’Isaac Baulot, imprimé à La Rochelle en 1677, livre quasiment muet, tiré à quelques dizaines d’exemplaires et dont toutes les pages ont été reproduites et exposées.

Mutus Liber
Mutus Liber

Plus récente, mais plus rare est cette suite de gravures de la fin du XVIIIe siècle,  La génération et opération du grand œuvre,  seul exemplaire connu d’une impression de dessins originaux de 1620, conservés à la bibliothèque de Lyon.

L’exposition se termine sur la survivance confidentielle de l’alchimie, en France surtout, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, autour en particulier du mystérieux Fulcanelli et de son héritier Eugène Canseliet.

Daniel Stolz von Stolzenberg, Viridarium Chymicum, Francfort, 1624
Daniel Stolz von Stolzenberg, Viridarium Chymicum, Francfort, 1624

L’alchimie ; une science certes énigmatique, mais tolérée et intégrée au paysage culturel depuis le moyen-âge jusqu’au XVIIIe siècle, pratiquée par François Hotmann ou encouragée par Gaston d’Orléans.

Cette exposition, mieux que ma présentation vous fera connaître ce qu’était réellement l’alchimie et le bonheur qu’il peut y avoir à découvrir les livres qui en parlent. Merci Frédérick.

Lauverjat

4 Commentaires

  1. Ps : Pierre Bergé vend ses livres, sept vacations si j'en crois ce qu'on m'a dit. A vos chéquiers messieurs… Le Montaigne, le Cendrars/Delaunay, le Flaubert… Parmi les plus beaux… Moins beaux que ceux de la vente rue des bons enfants en 1817, mais tout de même…
    B.

  2. Pour une fois, j'avais compris la mystification de H ! Bravo pour ce teaser, c'est bon pour réveiller les lecteurs du blog ! Je gage que de nombreux "lecteurs silencieux" habituellement, ont voulu en savoir plus… Las, nous ne sommes pas en 1817 et ne pouvons que rêver à une telle vente… Quoique… ! Peut-être s'agit'il d'un teaser pour la vente, bien réelle cette fois, de la "Bibliothèque ésotérique et curieuse de Mr. H. et à divers autres" ???
    B.

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