Occulta / Vente du 30 Octobre avec 2400 volumes sur la Philosophie occulte, la Magie, les Songes, l’Alchimie, etc. dont un Khunrath, les Arcana Arcanissima

Amis Bibliophiles bonjour, Une fois n’est pas coutume, le Blog du Bibliophile se fait l’écho d’une belle vente consacrée aux sciences occultes.  Cette vente, le 30 octobre à Paris dans le 1er arrondissement, proposera des ouvrages bien connus, tels que les trois tomes de l’Auriferae Artis dans l’édition de 1610 (3 volumes en maroquin vert), la Kabbala Denudata (1617 et 1684, 3 Vol. in-4, fig.), les œuvres de Fludd ou Glauber…  
 Plus loin au catalogue on retrouve le H. Khunrath Amphitheatrum Sapientae aeternae (1602, complet), les Arcana Arcanissima de Maïer, le Pilote de l’onde vive (Paris, 1678) ou le classique Theatrum Chimicum, l’Artia Kabbalisticae de 1621, la Polygraphie de Trithème en grand papier… et de nombreux ouvrages consacrés à l’atsrologie.  D’autres lots intéressants de la vente: – La restitution de Pluton, 1640- Rerum Chimicarum libri III, 1599- Le règne de Saturne, changé en siècle d’or, 1780- Tableau de l’inconstance des mauvais anges et démons, 1612etc. Il est d’ailleurs étonnant de constater que la vente proposera des lots conséquents regroupant parfois jusqu’à 200 ouvrages du XVIe au XVIIIe consacrés à l’ésotérisme en un seul lot. Une vente hors du commun donc, mais c’est vrai que de très belles bibliothèques passent actuellement en vente. A suivre, j’ai hâte d’y être.  H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Le bon, la brute et le truand, ou en mode bibliophile l’écrivain, l’amateur et l’éditeur: le retour du manuscrit du Marquis de Sade

Le bon, la brute et le truand, ou en mode bibliophile l’écrivain, l’amateur et l’éditeur: le retour du manuscrit du Marquis de Sade

Amis Bibliophiles bonsoir,
1785, le Marquis de Sade est détenu à la Bastille. En un peu plus d’un mois et pour éviter la confiscation, le Marquis couvre d’une écriture minuscule des petits feuillets de 12 centimètres de largeur avant de les assembler en un rouleau de 12,10 mètres de long. Il cache ensuite le rouleau entre les feuilles de sa cellule. Il y restera plus de trois jusqu’à la prise de la Bastille par les parisiens. Hélas Sade n’est plus dans la prison, il a été transféré quelques jours avant le 14 juillet à l’asile de Charenton, nu, laissant ses effets dans la forteresse, mais également le précieux rouleau. 

La Bastille est détruite et le Marquis croit son manuscrit perdu. Il en sera encore convaincu à sa mort en 1814. En réalité, le rouleau a été récupéré et vendu au marquis de Villeneuve-Trans. Sa famille le conserve avant de le vendre à la fin du XIXe à un psychiatre berlinois, Iwan Bloch. Celui-ci en publiera une version en 1904. 25 ans plus tard, Charles et Marie-Laure de Noailles, une descendante du marquis de Sade par sa mère, achètent le manuscrit au psychiatre allemand et en proposent une édition en souscription pour éviter la censure.

Le manuscrit reste dans ensuite dans la famille jusqu’en 1982, date à laquelle la fille de Charles et Marie-Laure de Noailles, Nathalie de Noailles, prête le précieux rouleau à son ami l’éditeur Jean Grouet. Celui-ci le vole, purement et simplement, rendant aux Noailles un étui vide… Et pour cause, le voleur l’a vendu au Suisse Gérard Nordmann, grand bibliophile et amateur de Curiosa pour 300 000 francs. C’est là que l’histoire romanesque de ce manuscrit devient moins sympathique. 
En effet, Nordmann, que certains bibliophiles louent, ne pouvait ignorer que le manuscrit avait été volé. Il l’a donc acheté en toute connaissance de cause. En juin 1990, la justice française met fin à une longue bataille judiciaire: le manuscrit a été volé et doit être restitué à la famille de Noailles. Oui mais voilà, alors que tout le monde sait que Nordmann, en spécialiste du Curiosa, ne pouvait ignorer la provenance douteuse du document… le tribunal fédéral hélvétique conclue en 1998 que le bibliophile a acquis légalement le document, sa « bonne foi est constituée »
Dans l’intervalle Nordmann est décédé et ses héritiers décident de vendre l’objet du délit… Curieusement, le manuscrit ne sera pas proposé lors de la vente de la bibliothèque Nordmann en 2011 à Paris, sans doute parce qu’il ne pouvait être sorti de Suisse. Il a d’ailleurs été inscrit il y a quelques moins dans la base de données des biens volés de l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels et d’Interpol.
Un manuscrit mythique donc, qui n’est pas supposé pouvoir sortir de Suisse. Oui mais voilà, il y a quelque temps, le libraire parisien Jean Claude Vrain, proche de Nordmann dont il fut l’un des fournisseurs, a proposé le manuscrit à Gérard Lhéritier, de la société Aristophil… pour une somme estimée autour de 4 millions d’euros. Aristophil s’est porté acquéreur, au nez de la Bibliothèque Nationale. 
Le manuscrit, volé aux Noailles, inscrit à l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels, supposément bloqué en Suisse est donc aujourd’hui en France, propriété d’Aristophil, qui semble avoir dédommagé la famille de Noailles. De ce côté là , tout semble être réglé donc. Du côté plus patrimonial, le Parisien nous apprend que:

« Gérard Lhéritier l’a acheté à Serge Nordmann, fils du collectionneur suisse Gérard Nordmann. « Une part des 7 millions d’euros est revenue à la famille Nordmann, détentrice légale du rouleau, selon la justice helvétique, l’autre à Carlo Perrone, héritier de Nathalie de Noailles, propriétaire légitime du manuscrit, selon la justice française », explique-t-il.
« Auparavant, la situation était totalement bloquée. J’ai signé un accord avec Carlo Peronne qui a fait une levée auprès des autorités judiciaires. Sans cela, impossible de le rapatrier, il aurait été aussitôt saisi… ».

Maintenant, « je vais le faire classer « Trésor national » afin qu’il reste en France et revienne peut-être un jour à la Bibliothèque nationale de France ». « J’avais d’ailleurs proposé de garder le rouleau cinq ans et d’en faire don à la BNF mais le ministère de la Culture n’a pas donné suite », affirme M. Lhéritier.
La BNF avait aussi approché le vendeur suisse qui a préféré traiter avec un acheteur privé. « L’important, c’est que le manuscrit revienne en France et que son statut soit clarifié », estime-t-on à la BNF, qui ne désespère pas de l’accueillir plus tard dans ses collections. »

Un complément utile donc, et on se félicite en lisant les mots de M. Lhéritier, quand il évoque la BNF.

Tout est bien qui finit bien?
H
P.S.: en ce qui concerne « le truand » Grouet, si j’avais le temps je me pencherais sur son cas… mais j’ai pas. 🙂

17 Commentaires

  1. Hugues, pour une fois que vous faites la publicité pour une vente …elle n'est pas publique … En fait, c'est uniquement pour rendre envieux les pauvres non-invités que nous sommes ! 🙂
    Philippem

  2. C'est un nouveau concept ? la vente publique privée, j'avais toujours entendu dire que les (9e) portes devaient rester ouvertes lors des ventes publiques aux enchères ?

  3. Il s'agit là d'une vente privée sur invitation dont je ne peux dévoiler ici les modalités d'attribution, tel était le souhait du possesseur de la bibliothèque qui passe en vente. Aucun libraire n'est invité à cette vente, ce qui était un autre souhait.

    Si vous n'avez ni invitation ni catalogue, c'est que vous ne comptez, hélas, pas dans les invités.

    Frère D.

  4. Je suis au bureau et je n'ai pas le catalogue devant moi, mais de mémoire c'est rue des Bons Enfants.
    Plus d'infos ce soir ou demain soir sur le Blog, dès que j'ai le temps 🙂
    Hugues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.