Exposition de reliures III

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je sais que vous aimez les belles reliures, en voici quelques unes, personnelles, ou provenant de la collection de Martin. Si vous avez une question précise sur une reliure, j’ai indiqué l’heureux possesseur par l’initiale de son prénom (M ou H). Un vélin teinté du 18ème, assez étonnant, très rouge/rose. Ouvrage religieux (H)Tableau de la Croix, 1651, plein maroquin rouge à fermoirs, relieur en cours d’identification (H) Les Pseaumes de David, mis en vers par Marot, 1658, Atelier des Caumartin (H)Impression Vénitienne du 18ème, dans une reliure à la française, mosaïquée, « pointillée » (H)
Daphnis et Chloé de Longus, maroquin bleu de Lortic, mon relieur préféré (M)

L’éventail, par Octave Uzanne, 1882, reliure en maroquin lavallière signé Reymann, avec des éventails sur le dos et aux angles des plats (H).La Française du Siècle, par Octave Uzanne, 1886, maroquin rouge avec médaillon mosaïqué signé Densk. (H) Mérite des Femmes, maroquin rouge de Simier (M)
Les bijoux des neuf Soeurs, 1790, maroquin vert de Hardy (M)
Les Bains de Diane, 1770, maroquin vert de Thivet (M)
Le Temple de Gnide, 1725, maroquin bleu de Thibaron-Joly (M)
Zélis au bain, 1762, maroquin rouge de Reymann (M)
Superbe… Idylles de Berquin , relié par Chamboll-Duru (M)
Voilà! Et vous constatez que Martin a de somptueuses reliures (privilège de marchand?), et qu’il sait mieux prendre les photos que moi!
H
PS : je crée un album Picasa ce soir. Bientôt la Saint-Valentin, c’est le moment de vous faire offrir un livre de Martin!

La lettre du bibliophile

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La reliure: Georges Boutigny et le style rocaille

La reliure: Georges Boutigny et le style rocaille

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous continuons de courir contre la montre, le premier numéro de La Nouvelle Revue des Livres Anciens part chez l’imprimeur dans 8 jours. Il faut encore comparer les devis (si un mécène sommeille en vous, qu’il me contacte, nous avons les fonds nécessaires pour démarrer, mais un petit coup de pouce nous permettrait une jolie amélioration qui reste hors de notre portée financièrement), relire et relire encore les textes, créer le chemin de fer, ajouter les titres courants, etc, etc.

Fort heureusement, Gilles m’aide une nouvelle fois en vous proposant un message sur Boutigny et le style rocaille. Gilles, merci encore.Inspiré du style rococo en vogue pendant la première moitié du XVIIIe sous Louis XV, et présent sur les reliures françaises et italiennes de l’époque, le décor rocaille redevint à la mode pendant les années 1835-1850 en France.De nombreux relieurs utilisèrent des fers rocaille, parmi lesquels Duru, Vogel, Meslant, Bernard, Ginain… Ces fers chantournés sont associés par paire. Les grands fers permettaient, paraît-il, une dorure plus rapide de la reliure. Simier fils, relieur du roi, un des premiers utilisateurs de la presse, fait graver des plaques. Il réalise ainsi une reliure rocaille pour le « Paul et Virginie » de l’éditeur Curmer en 1838.

Précurseur, Boutigny se distingue par son activité semi-industrielle. Installé à Paris dès 1828, il exerce jusqu’en 1865. Il se consacre particulièrement à la reliure d’éditeur. Il fait un large usage de plaques et de la presse à balancier. Elles sont apposées à la fois sur les plats et sur les dos lisses, soit sur cuir soit sur percaline ou velours. Les plaques des plats et des dos sont associées différemment selon les ouvrages. Elles sont aussi utilisées « à froid » ou « à chaud » ce qui varie les décors et les combinaisons. Il est amusant de retrouver dans ces plaques la coquille du style Louis XV ici stylisée.Ses reliures ornent des livres de prix ou des keepsakes. Elles sont parfois signées en queue dans le décor et on retrouve son étiquette au verso de la garde antérieure dans le coin supérieur gauche. Elles adoptent la technique de l’emboîtage, qui permet de réaliser séparément le corps d’ouvrage et la couverture. Les tranches sont dorées.D’après « La Galerie des Arts » de 1842, « son emboîtage est infiniment préférable à celui des Anglais, mais encore ses prix sont très minimes comparativement aux leurs ».

Gilles,

Merci,
H

Photos:

– plat et dos d’une reliure de Boutigny, chagrin rouge sur « Jocelyn », Gosselin, Paris, 1841, in-4.-étiquette de relieur
-dos des « œuvres de Bernardin de Saint-Pierre », Lefèvre, Paris, 1836, 2 vol grand in-4
– dos et plat « Breviarum Sagiense » (erreur typographique du relieur), Sagii (Sées), Jules Valin, circa 1835, in-8, relié par Dubosq.
– dos « chansons de Désaugiers » édition Elzévirienne, Garnier frères, 1848, format in-16

2 Commentaires

  1. Oui, c’est bien l’édition illustrée par Marillier, de l’imprimerie de Quillau, exemplaire sur papier de Hollande avec les gravures avant les numéros. Pas tout à fait parfait, malheureusement. Les mors sont un peu faibles et on voit bien que la dorure est en partie oxydée. Dommage.

  2. C’est amusant Martin, j’ai eu il y a 2 ou 3 ans un exemplaire très proche de tes Idylles de Berquin (je suppose que c’est l’édition joliment illustrée Ruault 1775 ??), avec les 24 figures d’après Marillier ??

    Mon exemplaire était également relié par Chambolle-Duru, en bleu nuit aussi, avec dentelle intérieure seulement (pas sur les plats), mais avec (et ce n’était pas un des moindres atouts), un dessin original aquarellé de Marillier peint sur vélin… ce qui en faisait une pièce unique.

    Parfait état évidemment. Figures avant la lettre.

    Ce livre est parti pour le Danemark chez un ami à Tajan…

    Très belles reliures en tous les cas.

    Bonne soirée, amitiés, Bertrand.

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