La Reliure: le porc-épic de Maupéou, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles I

Amis Bibliophiles bonjour,

Les bibliophiles de toutes les époques ont accordé une importance particulière à la personnalisation de leurs ouvrages. Pour la plupart, cette personnalisation s’exerce à l’intérieur des ouvrages par le biais d’ex-libris, qu’ils soient manuscrits ou plus élaborés (étiquettes gravées, cachet, etc.) ou de notes diverses qui permettent d’identifier le propriétaire d’un ouvrage (voir l’excellent article de Jean-Luc, sur les « Formulettes de possession: http://blog.100antiquebooks.com/index.php?post/2010/04/29/Formulettes-de-Possession-et-Inscriptions-sur-les-Livres). D’autres bibliophiles, généralement très prestigieux, choisissent de personnaliser la reliure de leurs ouvrages, soit par l’apposition d’un supra-libris, soit en faisant dorer leurs armes directement sur les plats ou le dos des reliures, les reliures aux armes.
Parmi ces reliures aux armes, il en est quelques unes qui attirent mon attention depuis de longues années maintenant pour leur originalité: les armes animalières, auxquelles je vais cette semaine consacrer quelques articles destinés à vous présenter les propriétaires de ces originales armes animalières, et qui eurent très souvent le bon goût d’être bibliophiles.
Un article par jour donc, pour vous présenter Maupéou et son porc-épic (qu’il partage avec Louis XII), François 1er et sa salamandre, Sartine et ses sardines, la Marquise de Pompadour et ses poissons, Fouquet et son écureuil, Colbert et son coluber… en laissant volontairement de côté les armes animalières « non personnelles », comme le bélier, souvent utilisé sur des ouvrages appartenant aux chevaliers de la Toison d’Or, ou le dauphin, utilisé sur les ouvrages destinés/appartenant aux Dauphins, mais aussi pour certaines familles du Dauphiné.C’est lors d’une exposition a Drouot que mon attention fût attirée pour la première fois par ce type de reliure, j’avais entre les mains une reliure aux armes de René-Nicolas Charles Augustin de Maupeou, symbolisant un porc-épic. Ma surprise venait notamment du fait qu’on ne trouve pas à ma connaissance de porc-épic en France.Fer de la famille Maupéou, qui sera vendu lors de la Vente de l’Atelier Simier.
René Nicolas Charles Augustin de Maupeou est un homme politique français né à Montpellier en 1714 ,mort à Le Thuit en 1792, Maupeou est le premier président du parlement de Paris de 1743 à 1757, garde des Sceaux de 1763 à 1768.Nommé chancelier de France en 1768 (dernier sous l’Ancien Régime) il contribue à la disgrâce de Choiseul.
Aidé de l’abbé Terray aux Finances et du duc d’Aiguillon aux Affaires étrangères, il entame la lutte contre l’opposition parlementaire.
Appuyé de Louis XV, Maupeou devant la résistance des parlements aux réformes financières de l’abbé Terray, condamne l’unité de corps des parlements, puis, devant leur refus de se soumettre à l’autorité royale, il les exile et confisque leurs charges aux parlementaires (1770-1771).
Il crée alors un nouveau parlement, dont les membres seront appointés et révocables. Malgré les protestations des anciens parlementaires et de l’aristocratie, la réforme est maintenue jusqu’à la mort de Louis XV. Louis XVI, dès son avènement en 1774 renvoi Maupeou et rappelle les parlementsSes armes sont « d’argent au porc-épic de sable ». Ce sont les armes de sa famille, et celles d’Ableiges. En fait, le porc-épic symbolise la valeur au combat, il fût également le symbole de Louis XII, Le Père du Peuple, dont voici une reliure:
H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

La restauration d’une Coiffe

La restauration d'une Coiffe

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose de retrouver les conseils avisés et quasi professionnels d’Eric en matière de restauration de reliure, avec ce soir, la question de la restauration des coiffes (après les coins et les mors).

Je lui cède la parole:

Avant toute chose, notez bien que plus encore que les autres opérations, celle-ci est délicate et je vous encourage donc fortement à vous entrainer sur des ouvrages de faible valeur.
La coiffe avant restauration
La coiffe après restauration
Restauration d’une coiffe :

Etape 1 : Recollage du cuir
Application d’Elasta N entre le cuir et le dos, puis serrage avec une sangle
Cuir décollé
Cuir recollé

– Etape 2 : Comblage des trous et démarcation du cuir ancien

A l’aide de pelure de cuir, je comble toutes les démarcations que l’on sent en passant le doigt. On ne doit rien plus rien sentir.
Petits comblages effectués

– Etape 3 : Réalisation de la tranchefile

Analyse de la tranchefile existante (si existante, sinon réalisation d’une tranchefile classique)

Tranchefile existante (sur l’autre coiffe)

Zut, il s’agit d’une tranchefile papier sur ficelle de chanvre. Vous allez échapper à l’explication de la confection d’une tranchefile brodée, mais si j’avais effectué cette analyse plus tôt, j’aurais pu coller de suite la tranchefile papier en même temps que le vieux cuir.

Je conserve tout è j’ai donc utilisé une bandelette de papier 18° pour réaliser la tranchefile
Tranchefile papier sur ficelle de chanvre
Collage de la tranchefile et vieillissement à la terre pourrie. Nouvelle tranchefile

Etape 5 : Elagage du cuir ancien (âmes sensibles, passer directement à l’étape suivante !)

On coupe, dans l’épaisseur du cuir. L’opération est délicate, amateurs s’abstenir. En effet, au dos, la lame du scalpel passe sous la dorure :

Elagage du cuir

Etape 6 : Préparation de la pièce de cuir

Découpe d’une pièce de cuir, puis parure. L’opération est là aussi délicate. En effet, il faut être plus fin qu’une feuille de papier au bord et conserver suffisamment d’épaisseur à l’endroit du bourrelet qui constituera la nouvelle coiffe.
Pièce de cuir parée

Etape 7 : Positionnement des « pattes » et incrustation du cuir

Le positionnement est là aussi délicat. Pour ce qui est de l’incrustation, même procédé que pour un mors. Désolé, j’ai oublié de prendre la photo de cette étape è je vous en propose donc une avec un autre livre
Dos incrusté

Etape 8 : Réalisation de la coiffe

Je vous montre juste le résultat final.

Vérification de la bonne ouverture et fermeture du livre.

Une seule précision pour les relieurs qui veulent se lancer de la restauration : de grâce ne faites pas d’« oreilles » à vos coiffes sur un livre ancien, cela ne se faisait pas à l’époque !
Coiffe restaurée, avant estompage

Etape 9 : Estompage de la restauration (dépend fortement de la nature du cuir)

Vieillissement et reprise de teinte pour retrouver le fond du cuir ancien et ajout de petites taches noires pour retrouver la tonalité exacte

Et voilà le résultat final :

Coiffe restaurée, coté droit

Allez je vous remets un avant/après :

AVANT :
Coiffe avant restauration, côté gauche

APRES :
Coiffe après restauration, côté gauche

Et pour finir, le livre, prêt à être consulté par son propriétaire :

Coiffe après restauration, de face

Pour toute question sur la restauration de livres anciens, vous pouvez me contacter à restauration@z1k.com .

Je réponds maintenant à celles que l’on me pose le plus souvent : combien ça coûte ???

Cela dépend bien sûr du livre, mais en gros 70 euros. Combien de temps cela prend ?

Une à deux demi-journée selon l’habileté du praticien!

Eric.
Bravo Maestro! H

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