Images autour du Livre XX: une minuscule bibliothèque de minuscules

Amis Bibliophiles bonjour,
Le message de David sur sa minuscule édition de Paul et Virginie fait sortir de l’ombre l’un des plus fidèles lecteurs du blog, si ce n’est le plus fidèle, qui vous présente les quatre minuscules de sa bibliothèque.
Ceci est une orange. 
Non, il s’agît en fait de mes quatre seuls ouvrages minuscules. Oui, vu avez bien vu/lu: quatre. 
Le premier, le plus ancien « La Sainte Bible, mise en vers françois par J. P. J. Dubois, à Berlin, 1782 » est reliée dans une très jolie petite reliure entièrement brodée de fils d’or (53 x 40 mm), le tout dans un emboîtage d’époque en plein maroquin noir aux écoinçons.


Le deuxième est un joli petit almanach de poche, le mignon almanach de poche pour l’année 1809, à Vienne, chez Jos. Riedler, relieur des livres dans le Kramer gäschen, n°679. Il se présente sous la forme d’un minuscule portefeuille de maroquin rouge (50 x 34 mm). Il est finement colorié à l’époque.
 Le troisième et le quatrième sont contenus dans cet unique emboîtage que je n’ai jamais recroisé ailleurs, signé de l’un des plus grands ateliers de reliure du XIXe siècle, Bauzonnet-Trautz. 



L’emboîtage, très délicat est assez classique, mais il constitue en fait un trompe l’oeil contenant deux ouvrages miniatures, eux aussi reliés en plein maroquin par Bauzonnet-Trautz: les oeuvres d’Horace, chez Didot (77 x 49 mm) et les Maximes de la Rochefoucauld (70 x 45 mm), également chez Didot, tous deux reliés en maroquin bleu, avec un important décor sur les plats.
H
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Des tirages au 17ème siècle…. près d’un million par an en 1644

Des tirages au 17ème siècle…. près d'un million par an en 1644

Amis Bibliophiles bonjour,

On évalue le nombre des incunables qui sortirent des presses à un total compris entre 15 et 20 millions d’ouvrages… Difficile aujourd’hui de se représenter les tirages des livres anciens, qui nous semblent désormais toujours trop rares (sauf si on aime Massillon et Bourdaloue!).

Au fil de mes pérégrinations bibliophiles, que le blog rend de plus en plus nécessaire, pour nourrir vos appétits insatiables et gourmets, au fil de mes pérégrinations donc, je suis tombé sur un texte concernant les tirages qui étaient communément pratiqués au cours du 17ème siècle.

A votre avis, combien d’exemplaires d’un ouvrage étaient imprimés au milieu du 17ème siècle à Paris? dix exemplaires, cent, mille, dix mille, plus? C’est une question que je me suis souvent posée.

Une étude effectuée sur la base des privilèges accordés, et qui étaient obligatoires pour mettre un livre sous presse, pour l’année 1644 à Paris, nous apprend qu’en fait environ 1000 privilèges furent accordés. Un nombre important pour un monde de l’édition parisienne alors en plein prospérité. Songez ainsi que l’on est passé de 164 ouvrages différents en 1600 à ces 1000 obtenus pour l’an 1644.

En fait, pour ces 1000 éditions, le tirage variait à chaque fois entre 1000 et 1500 exemplaires…. On peut en tirer deux enseignements à titre privé :

1. Pour 1644 uniquement, et seulement à Paris, c’est près d’un million d’exemplaires qui furent imprimés… Le chiffre laisse rêveur et permet également d’imaginer la part importante de ces volumes qui ne résistèrent pas aux aléas de l’histoire.

2. Plus simplement, si vous possédez un ouvrage de cette période… vous pouvez également considérer qu’il n’a qu’un bon millier de frères de la même édition. Pour les ouvrages qui ne furent jamais réédités, cela devient vertigineux et assez intéressant si on veut mettre en perspective l’âge d’un livre, sa valeur éventuelle, sa rareté et tout ce qui a pu lui arriver aux cours des 4 derniers siècles.

Sur le plan historique, cela signifie également que le marché était capable d’absorber ce million d’exemplaires par an…ce qui n’est pas rien… Je n’ai pas de chiffres pour 1650, mais songez qu’il n’y avait que 194 liseurs/lecteurs à Paris entre 1500 et 1600.

Quand une nouvelle acquisition vient rejoindre ma bibliothèque, il n’est pas rare que je la garde longuement entre les mains, essayant d’imaginer sa vie : qui l’a achetée pour la première fois, a-t-elle voyagé, comment a-t-elle survécu aux affres de la Révolution et de la Terreur, puis aux guerres Napoléoniennes, mondiales, etc. Aussi je suis assez avide de tout type d’information pouvant replacer le livre dans son contexte historique… je rêve d’une traçabilité en fait!

H
Images : deux acquisitions récentes : les Liaisons Dangereuses, 1782, rien à voir!

12 Commentaires

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  4. ce qui est grand est charmant
    ce qui est petit est jolie…….
    Les Trautz-Bauzonnet sont tout simplement minsuculement magnifiques……
    possèdent-ils des illustrations ?
    David

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