Amis Bibliophiles bonjour,
Poursuivons, si vous le voulez bien, notre petite découverte des armes utilisant les animaux symboles de leurs propriétaires, et que ces derniers employèrent sur leurs reliures.
Après le porc-épic du Chancelier Maupéou, remontons le temps pour retrouver l’une des grandes figures du siècle de Louis XIV, le très distingué Nicolas Fouquet, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle… et son écureuil.
Armes des Fouquet – Ex-libris de Fouquet
Nicolas Fouquet, né à Paris, baptisé le 27 janvier 1615, mort à Pignerol le 3 avril 1680, était un homme d’État français. Il est le second fils de François IV Fouquet, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes de l’hôtel du roi puis conseiller d’État, et associé de la Compagnie des îles d’Amérique, et de Marie de Maupéou…. aïeule du chancelier. Procureur général du parlement de Paris, surintendant des finances de Louis XIV pendant la minorité de ce dernier, il devient fabuleusement riche et protège de nombreux écrivains, artistes et courtisans.
Le soupçonnant de malversations, le jeune roi, conseillé par Colbert, donne ordre de l’arrêter en 1661 (c’est D’Artagnan qui s’en charge). Au terme d’un procès qui dura trois ans devant une cour spéciale composées de membres des parlements, il est condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement du royaume. Sa peine sera commuée par le roi en prison à perpétuité, dans la sinistre forteresse de Pignerol.
Eminent bibliophile et protecteur des lettres, Nicolas Fouquet avait réuni l’une des plus belles bibliothèques de l’époque, et finançait également par ailleurs la bibliothèque du collège des Jésuites de Paris.
A ma connaissance, on peut croiser plusieurs types de reliures portant les marques de Fouquet: les livres de sa bibliothèque personnelle d’une part et les livres dont il fît don aux Jésuites. Dans les deux cas, on retrouvait le plus souvent son animal symbole, l’écureuil (rampant à senestre) sur les plats et sur le dos alternant avec son chiffre de bibliophile, la lettre grecque Phi, doublée. Les ouvrages des jésuites, quant à eux, portaient également les initiales de l’ordre, IHS.
Les armes des Fouquet sont D’argent à l’écureuil rampant de gueules. Les ouvrages de cette provenance sont évidemment très recherchés. Pourquoi l’écureuil? Et bien parce qu’en breton semble-t-il fouquet signifie écureuil.
H
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Une reliure de Charles de Valois-Angoulême, le Theatrum Chemicum

Pour autant, pour beaucoup d’entre nous, la question reste ouverte, et Georges, notre ami qui avait une bible à « l’R bizarre » (http://bibliophilie.blogspot.com/2008/12/identificationentraide-et-faire-part.html et http://bibliophilie.blogspot.com/2008/12/sos-flty-reliure-amateur-et-r-bizarre.html), aimerait avoir votre avis sur l’ouvrage suivant, pour en quelque sorte compléter un peu notre discussion sur les incomplets.
Georges et l’heureux propriétaire du tome 2 du Theatrum Chemicum, imprimé en 1602 par L.Zetzner, probablement le plus intéressant des trois imprimés à cette date. Il vient d’une très belle bibliothèque, puisque c’est celle de Charles de Valois-Angouleme, fils batard de Charles IX et Marie Touchet.
Il est dans sa reliure d’origine, en parfait état, aux armes et chiffres de Charles de Valois, et porte (comme il faut!) l’ex-libris du Couvent de La Guiche.
Alors voilà: les trois tomes de 1602 de Theatrum Chemicum sont introuvables (la BNF n’a que le tome 1), les reliures aux armes de Charles de Valois(presque)introuvables… donc impossible de compléter cet incomplet!
Je comprends mieux pourquoi nos écureuils contemporains se retrouvent aux Fouquet's pour s'assurer de mettre leurs noisettes à l'abri… 🙂
Olivier
Sa devise "quo non ascendet" (jusqu'où ne montera-t-il pas)…
plus dure fut la chute!
Lauverjat