Petit voyage au cœur de la bibliothèque de H.-F. Robert de Lamennais.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Bertrand étant j’en ai peur complètement insensible au talent de Van Nistelroy, il me rend un fier service ce soir en vous proposant un voyage au cœur de la bibliothèque de H.-F. Robert de Lamennais.

La Mennais à son bureau de travail en habit.

Il dut y avoir foule au 17 de la rue Vivienne à Paris ce lundi 2 janvier 1837 à 6 heures du soir.

Ce jour-là, c’était la bibliothèque d’un grand homme (1) qui allait partir à l’encan.

Pas moins de 2.208 ouvrages pour le catalogue principal et 143 pour le supplément.

Serait-ce à la bibliothèque d’un bibliophile, d’un homme de lettres, d’un homme politique, d’un religieux, ou plus encore à celle d’un polémiste, que le public aurait à faire ?

C’est ce que nous allons essayer de voir ensemble en flânant au gré des pages de ce catalogue qui vient de nous tomber entre les mains (2).

Mais commençons plutôt ce voyage initiatique …

Tout d’abord empruntons quelques lignes à l’avis du libraire placé en tête de ce catalogue :

« (…) à la lecture tant soit peu réfléchie de ce catalogue, on reconnaîtra tout d’abord la bibliothèque de l’illustre auteur de l’Essai sur l’indifférence en matière de religion, et la nombreuse réunion d’ouvrages de polémique religieuse qui s’y trouve, ne laisse aucun doute à cet égard. (…)
La théologie qui en fait la principale spécialité est complète dans toutes ses parties, et ferait honneur à une bibliothèque publique. Il s’y trouve une très-belle réunion de Bibles en langues, Hébraïque, Grecque, Latine et Française, et la plus riche collection qui existe peut-être des SS. Pères grecs et latins, la plupart éditions des Bénédictins. Sur la même ligne et comme seconde spécialité on remarque les auteurs classiques anciens, tel que : Hérodote, Thucydide, Xénophon, etc. pour l’histoire, et Aristophane, Euripide, Sophocle, etc. pour la littérature. Les exemplaires de ces divers auteurs sont des meilleures éditions et de la plus belle conservation. (…) Tous les ouvrages portent la signature autographe de M. de La Mennais, et quelques-uns, spécialement ceux de polémique religieuse, sont revêtus de notes manuscrites plus ou moins nombreuses. (…) »
Fragment de lettre autographe de La Mennais.

On aura compris qu’il s’agit ici avant tout d’une bibliothèque de travail, dont chaque ouvrage a été vraisemblablement lu et relu, avec comme objectif principal, l’accumulation de sources pour les nombreux écrits de l’auteur.

C’est ainsi que la très grande majorité des livres sont simplement reliés en veau ou en parchemin.

Par ailleurs très ouvert à d’autres courants de pensées que le sien, on note quelques ouvrages improbables dans la bibliothèque d’un philosophe catholique. En voici quelques-uns :

– Le Chou-King, un des livres sacrés des Chinois, recueilli par Confucius, 1770. 1 vol. in-4 dem. Bas.
– Zend-Avesta, ouvrage de Zoroastre, 1771, 2 vol. dem. Bas.
– La vie de Mahomet par Boulainvilliers, 1731, veau marbré.
– Apologie pour tous les grands hommes qui ont été accusés de magie, par Naudé, 1669, in-12, veau marbré.
– Recueil précieux de Maçonnerie Adonhiramite, 1786. 1 vol. petit in-12 en veau.
– Discours sur la liberté de penser par Collins, 1717, in-12, veau marbré.
– Examen et discussion critique de l’histoire des diables de Loudun et de la condamnation d’Urbain Grandier, 1747, in-12, veau racine.
– Système de la nature par Mirabeau (Holbach), 1770, 2 vol. in-8, basane.
On sait maintenant que La Mennais ne rechignait pas à lire le matérialisme exposé par ses fondateurs. Est-ce cette influence qui l’amena à publier en 1848 une feuille « socialiste » (le Peuple Constituant) ? On pouvait d’ailleurs lire dans la Revue Suisse de l’époque : « Béranger, Lamennais, Sand et Sue : les quatre puissances socialistes et philanthropiques de notre âge ».

Passons sur les sections « législation et jurisprudence », au contenu classique. On arrive aux « sciences et arts », section bien fournie, avec Pluche et son Histoire du ciel et son spectacle de la nature, une encyclopédie Diderot et d’Alembert incomplète (sans les planches et les tables) ; outre les philosophes anciens bien représentés (Cicéron, Plutarque, Platon, Epictète, etc.), on trouve les modernes (Bacon, La Bruyère, Descartes, Helvétius, La Mettrie, Newton, Leibniz, Montaigne, Vauvenargues, Charron, etc.)

Un Buffon (petite édition in-18) pour l’histoire naturelle, une Histoire générale des mathématiques par Charles Bossut (1810), etc.

L’étude des langues anciennes et étrangères est largement représentée, la philologie y tient une place de choix.

Rabelais est bien là, dans son édition de 1725 en 5 vol. in-12, relié en veau. Même Madame de Sévigné a eu les honneurs du polémiste (Lettres, 1786, 9 vol. basane époque).
Quelques livres de voyages, dont la Découverte des Indes occidentales par les espagnols, par Las Casas, 1697, relié en veau.

L’histoire ancienne et moderne est bien fournie. Les classiques y sont tous ou preque.

Pour toute bibliographie La Mennais possédait quelques titres seulement dont le Dictionnaire des ouvrages anonymes par Barbier dans son EO de 1806.

L’examen approfondi de ce catalogue ne nous a pas permis de trouver de livres luxueusement reliés en maroquin ou sortis d’ateliers de reliure de l’époque (Simier, Thouvenin, Bozerian, etc.). Visiblement M. de La Mennais n’était pas amateur de reliures d’art. Il semble avoir toujours privilégié le contenu au contenant.

« On peut généralement, à l’examen des livres d’une bibliothèque, prononcer sur les goûts et surtout sur la direction des études et des travaux de son fondateur » (extrait de l’avis du libraire). C’est bien le cas ici. On sent l’homme derrière ses livres. Tout transpire de manière assez limpide.

M. de La Mennais, né à St-Malo en 1782, a 55 ans lorsqu’il décide de vendre, de son vivant, la bibliothèque qui est dans son château de La Chesnaie en Bretagne. C’est sans aucun doute un besoin pressant d’argent qui l’y oblige. Il meurt à Paris en 1854 à 72 ans. On imagine que pendant les presque vingt dernières années de sa vie il réussit à reconstituer le fond de sa bibliothèque.
Le Château de La Chesnaie (commune de St-Pierre-de-Plesguen, I.-et. V.) ancien manoir des Lamennais. Les livres vendus étaient ici.

Je terminerai ce petit exposé par une belle page de Charles Nodier, prince des bibliophiles de son époque et qui s’exprimait ainsi dans le Bulletin du Bibliophile de 1836-1837 :

« M. de La Mennais vend ses livres, et il ne les vend probablement que parce qu’il a besoin de les vendre. Cette particularité restera dans la mémoire des hommes comme un des traits caractéristiques du siècle d’or que la révolution libérale et humanitaire nous a fait. (…) Je recommande la bibliothèque de M. de La Mennais aux amateurs de livres ; je la recommande aux hommes de cœur. Quiconque a une âme et un écu doit placer parmi ses livres un des livres qui ont appartenu à M. de La Mennais. » (Charles Nodier, Bulletin du Bibliophile, 1836).

Exemplaire en reliure pleine de l’époque de l’Essai sur l’indifférence en matière de religion, 4 volume in-8, 1817-1823.

Je ne sais rien des résultats d’adjudication pour cette vente de janvier 1837. Mon catalogue est vierge de toute annotation. Certaines pages étaient même encore non coupées lors de ma première lecture …

Je ne sais pas plus s’il y eut une nouvelle vente des livres de La Mennais après sont décès ?? Sans doute.

En espérant vous avoir fait découvrir un sentier méconnu,

Amitiés bibliophiliques, Bertrand Merci Bertrand,H

Notes :
(1) Hugues-Félicité Robert de Lamennais, né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) en 1782 et décédé à Paris en 1854, était un écrivain et philosophe français. Son nom de famille est Robert et c’est en s’inspirant du lieu-dit « la Mennais » où son grand’père possédait une métairie qu’il se nomma ainsi. Issu d’une famille pieuse de petite noblesse récente, il fut ordonné prêtre en 1816. Philosophe chrétien, connu pour être un personnage ultramontain, Lamennais peut être considéré comme le précurseur du catholicisme libéral, du catholicisme social, ainsi que de la démocratie chrétienne. (source Wiki).

(1) Catalogue de la bibliothèque de M. F. de Lamennais. (faux-titre). Catalogue de livres rares et précieux provenant de la bibliothèque de M. F. de Lamennais, dont la vente se fera le lundi, 2 janvier 1837, et jours suivants, à 6 heures du soir. Rue Vivienne, n°17. Par le ministère de MM. Bonnefond de La Vialle et Barbier, commissaires-priseurs. L’exposition aura lieu tous les jours, de midi à 4 heures, à partir du 15 décembre. Paris, Paul Daubrée et Cailleux, éditeur des œuvres complètes de M. F. de La Mennais. Rue Vivienne, n°17, 1836. 1 volume in-8 (21,5 x 13,5 cm) de (2)-iij-(3)-160-(4) pages, broché, non rogné, imprimé sur beau papier vergé fin. Localisation : Fonds ancien de la BM de Rennes. Cote 349014. BNF, Paris, cote FRBNF36558851. Peut-être en existe-t-il d’autres dans d’autre fonds mais ce sont les deux seuls exemplaires que nous avons répertorié. Ce catalogue semble fort rare. Sans doute n’a-t-il été tiré qu’à un très petit nombre d’exemplaires.

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

L’abbé Pourcher : un abbé pas comme les autres.

L’abbé Pourcher : un abbé pas comme les autres.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je laisse ce soir à la parole à Bertrand, qui vous propose un superbe message sur L’Abbé Pourcher:

Dans la liste des abbés insolites et remarquables ce ne sont pas les candidats qui manquent à l’appel.

Dans le genre mystérieux vous avez un certain abbé Béranger Saunière (1852-1917), que les amateurs de chasse aux trésors hypothétiques connaissent bien (votre serviteur en premier).

Dans le genre iconolaste et rebelle vous avez le célébrissime curé Meslier (1664-1729) qui laissa sur son lit de mort un copieux testament anticlérical bien connu des amateurs d’athéisme.

Dans le genre gaudriole les noms ne manquent pas, mais on évitera de les citer.

Il y a aussi ceux qui se déguisaient en fille durant le siècle de Louis XIV, mais là c’est une autre histoire…

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un abbé, qui une fois n’est pas coûtume, s’est transformé, pour les besoins de la propagande religieuse et la diffusion plus libre de ses écrits, en imprimeur à domicile.

Un abbé-imprimeur, rien de bien extraordinaire me direz-vous. Sans doute, mais suffisamment intéressant pour vous en faire le portrait et vous donner la liste de quelques unes de ses productions.

Car c’est ici l’histoire d’un homme connu pour un seul livre, de taille, sous le titre :

« Histoire de la bête du Gévaudan véritable fléau de Dieu, d’après les documents inédits et authentiques, par l’abbé P. Pourcher, curé de Saint-Martin-de-Boubaux. Chaldecoste-Mende, chez l’auteur. 1889. » NDLR (Hugues) : Sous le terme de « Bête du Gévaudan », on regroupe une série d’évènements qui eurent lieu du 30 juin 1764 au 19 juin 1767. Durant cette période, plusieurs dizaines d’attaques mortelles et de nombreuses autres, non mortelles, furent attribuées à un animal (considéré d’abord comme un loup) ou à plusieurs animaux, dans le Gévaudan, (centre de la France).Gravure coloriée du XIXè siècle montrant la bête du Gévaudan
L’abbé P. Pourcher ? Qui était-il ?

Pierre Pourcher est né au Mazet de Jullianges au nord de la Lozère en 1831 et décédé en 1915. Erudit local s’intéressant plus spécialement à sa région, la Lozère, il a du je pense mener une vie de curé de campagne tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec en plus cette envie non seulement de publier ses textes, notamment sur l’histoire de la bête du Gévaudan, mais sur divers sujets de théologie et de mysticisme.
Couverture de papier gris de l’ouvrage principal du Curé Pourcher Il publie son ouvrage sur la bête du Gévaudan en 1889, il a 58 ans. C’est chez lui, sur ses propres presses (à bras ?) qu’il imprime ce monumental ouvrage. Plus de 1.000 pages pour un format inhabituel, le petit in-12 mesurant environ 14 x 10 cm ! Ce qui donne un ouvrage très épais (voyez la photo).
Vue de dos de l’ouvrage de l’abbé Pourcher sur la bête du Gévaudan.
Volume d’une étonnante épaisseur ! Dimensions : 14 x 10 cm environ.
Cet ouvrage est très rare. Le curé devait imprimer ses ouvrages à petit nombre, voire à très petit nombre (200 exemplaires ? Peut-être 100 exemplaires, peut-être même encore moins).

La papier qu’il utilisait, si j’en juge par un exemplaire d’un autre de ses ouvrages que j’ai en mains, était d’assez mauvaise qualité (papier mat non encollé, de type papier buvard, non glacé, il absorbait visiblement beaucoup trop l’encre).
Couverture d’un autre ouvrage de l’abbé Pourcher
Antéchrist, 1880.
Quant à l’impression, franchement, ce n’est guère mieux ! Les caractères apparaissent sur le papier souvent flous, baveux, il y a souvent des traces d’encre en marge des feuilles (salissures des outils de l’imprimeur).
Quatrième de couverture de Antéchrist, 1880.
Publicité pour d’autres de ses ouvrages pieux.
Pourtant la correction typographique, l’orthographe et la mise en page sont bonnes. C’est seulement l’exécution matérielle qui semble laisser à désirer dans ses productions. Mais quel matériel possédait-il ? modeste ? usagé ? je ne le sais pas. Page de titre de Antéchrist, 1880.
Assez mal imprimée sur mauvais papier comme on peut le voir.
L’abbé est un mystique, si son principal ouvrage dont on vient de parler est passé à la postérité grâce au sujet traité qui suscite toujours l’engoûement pour le mystère, la plupart de ses autres ouvrages relèvent plutôt des illuminés chers à Blavier.

Voici une liste de quelques ouvrages écrits et imprimés par ses soins :

– Mois de Marie des pauvres paysans, 1 vol., 336 pages, 60 centimes.
– Devoirs de piété envers les morts (1882), 1 vol., 352 pages, 80 centimes.
– Heures pieuses pour les fidèles nobles et villageois, 1 vol. 336 pages, 45 centimes franco.
– Acta Sanctae Virginis Enimae, 1 vol., 192 pages.
– Merle et seize cents prêtres massacrés, 1 franc et 50 centimes.
– Antéchrist, son temps et ses œuvres d’après l’écriture sainte et les saints pères, 1880. 112 pages, 50 centimes.
– Saint-Sévérien, premier évêque de Mende et actes de Saint-Privat. 1 vol. in-18, 160 pages, 60 centimes.
– Saint-Pierre de Chavanon.

Les ouvrages cités ci-dessus sont tous mentionnés au contreplat du livre de 1889 sur l’Histoire de la bête du Gévaudan.

On a trouvé trace également d’un ouvrage intitulé :

– Essai historique sur la ville de Langogne, 1900 (reprint en vente sur le net).

et de ceux-ci grâce au catalogue collectif des bibliothèques de France (non exhaustif) :

– Dictionnaire explicatif de quelques maladies critiques et de prognostics dangereux rédigés en maximes, approuvé par la Faculté de Paris / mis en ordre par l’abbé P. Pourcher (1897).
– Histoire de la confrérie des cordonniers, savetiers, cuiratiers et marchands de cuir, suivie d’autres actes inédits concernant la ville d’Alais / par l’abbé P. Pourcher (1892).
– L’ Épiscopat français et constitutionnel et le clergé de la Lozère durant la Révolution de 1789, le tout tiré des authentiques. / par l’abbé P. Pourcher (1896).

Tous ces ouvrages, même ceux sans grand intérêt, sont aujourd’hui introuvables ou presque. La bibliothèque nationale n’en possède presque aucun. Peut-être la magie d’internet fera-t-elle ressortir du fond d’une cave lozérienne quelques exemplaires poussiéreux de l’Antéchrist ou de Saint-Sévérien ou des Prêtres massacrés ??
Page de Antéchrist très mal imprimée.
L’encrage n’est pas homogène et la netteté des caractères n’y est pas.

C’est ce qui m’est arrivé avec un exemplaire de l’Antéchrist, publié par ses soins en 1880, et dont voici quelques photos qui vous permettront de juger et de l’impression et du soin (ou plutôt du manque de soin) apporté à l’édition.
Tâches d’encre en bordure de page de Antéchrist.
De nombreuses pages sont ainsi maculées.

Il existe par ailleurs une petite plaquette de 30 pages publiée récemment par Guy Crouzet sur l’abbé Pourcher. Je ne la possède pas mais l’auteur dit qu’on y donne des documents retrouvés par l’auteur aux Archives de Mende qui nous révèlent l’attachante personnalité de ce « curé-imprimeur » hors du commun. On y trouve aussi des photos inédites du fusil avec lequel Jean Chastel tua la bête le 19 juin 1767.
Achevé d’imprimer de Antéchrist, 1880.
Imprimé à son domicile.

Je tiens à remercier particulièrement M. Hugues Rossignol pour m’avoir autorisé à publier sur ce blog les photographies de l’exemplaire qu’il possède de l’Histoire de la bête du Gévaudan. Les exemplaires de cet ouvrage en sont si rares et si recherchés que cela a été une rencontre fortuite qui m’a motivé pour vous donner cet article.
Page de titre et faux-titre de l’Histoire de la Bête du Gévaudan, 1889.

Il y a deux exemplaires de cet ouvrage à vendre actuellement sur les sites internet. L’un à 1.500 euros et l’autre à 950 euros. Deux exemplaires sont listés sur le CD-ROM Artprice Argus du Livre de Collection. L’un vendu en 1986 au prix de 1.600 francs soit 244 euros (reliure demi-chagrin vert) et l’autre en 1987 au prix de 1.000 francs soit 152 euros, broché.

Aucun exemplaire répertorié depuis. Je n’en ai pas trouvé d’autres disponibles actuellement chez les libraires. Cet ouvrage a fait l’objet d’une réimpression par les soins des Editions Jeanne Lafitte (1996), disponible au prix plus raisonnable de 75 euros.

C’est nettement moins cher ! Mais vous n’aurez pas l’originale et le véritable travail d’imprimeur du curé-imprimeur entre les mains.

Evidemment, tous ceux ici qui connaissent déjà le personnage et auraient de plus amples informations à son sujet sont invitées à nous les faire partager.

En espérant que vous avez pris autant de plaisir à lire cet article que j’en ai eu à vous le proposer.

Amitiés bibliophiliques, Bertrand. Merci Bertrand,H

11 Commentaires

  1. Du miel, Bertrand.

    La vente de sa bibliothèque ne serait-elle pas à mettre en relation avec cette affaire aventureuse et coûteuse ?

    D’autre part, on rencontre effectivement cette ambigüité sur le lieu de naissance de St-Victor entre Nantes et les Antilles.

    Raphael

  2. et encore :

    « Des debats engages devant le tribunal de commerce de Paris, au mois
    d’octobre 1831 (V. la Gazette des Tribunaux des 21 octobre et l er decem-
    bre), il resultea peu pres ceci : Tin M. Mercier, soi-disant cessionnaire, mais
    en realite prete-nom de M. dela Bouillerie, ex-intendant general de la lisle
    civile de Charles X, reclame le payementde!75,673 fr., montantd’obligations
    dont Lamennais est responsable envers M. dela Bouillerie. Les causes de ces
    obligations sont ainsi deduites en son nom : M. de Lamennais avait cree
    plusieurs entreprises de librairie, entre autres une Librairie Classique Ele-
    mentaire etablie a Paris, rue du Paon. Par acte sous seing prive du30 juin
    1825, il avait vendu a la maison Cor et Larigaudelle trois s^iziemes dans la
    Librairie Classique pour se liberer de plus de 200,000 fr. d’el’fets de toute na-
    ture souscrits ou endosses par lui au profit de cette maison. Le 19 mars
    1827, M. de Lamennais s’etait fait retroceder ces memes trois seiziemes, a
    la ^charge d’acquitter 175,673 fr. restant dus sur les effets dont il vient
    d’etre fait mention. Pour satisfaire a cet engagement, il avait remis a
    M. le baron de la Bouillerie, porteur des effets en question, pareille somme
    de 175,673 fr.. en obligations souscrites par la maison de librairie Belin » (extrait des Oeuvres posthumes de Lamennais – Correspondance).

    Bertrand

  3. Je vous livre l’intégralité de la fiche. Voir les sources à la fin (??).

    « Le Voyage Du Poète. Poëme par Saint Victor (j. Bins De).
    Paris, Collin, 1806.- Relié en tête : L’Espérance. Poëme. Cinquième édition. Paris, Barba, Impr. Didot l’aîné, 1803; 2 ouvrages reliés en 1 vol. petit in-8, demi-chevrette verte, dos orné de motifs dor. et à froid, non rogn. (Thouvenin). XVI, 80 pp. EDITION ORIGINALE du Voyage du poète. Dans ce volume on trouve, relié en tête l’Espérance du même Saint-Victor, un littérateur né au Cap Français dans l’île de Saint-Domingue en 1772. «?Le succès de ces deux poèmes, dit Quérard est dû surtout à l’élégance du style?». Vers 1820 St Victor fonda avec Lamennais une librairie à Paris spécialisée dans les livres classiques élémentaires. Une mauvais gestion, dont l’opinion publique accusa St Victor mit l’affaire en faillite et fit perdre une forte somme à Lamennais. Bel exemplaire, relié par Thouvenin, avec sur le faux-titre un envoi autographe de l’auteur « à M. Mahérault ». Voir Ménégault. Le Martyrologue littéraire p. 281.- Merlet. Tableau litter. Franç. 1800-1815, fait naître St Victor à Nantes en 1775 et le présente comme un royaliste ardent (p. 497-98). » 264 euros.

    Bertrand

  4. « Vers 1820 St Victor fonda avec Lamennais une librairie à Paris spécialisée dans les livres classiques élémentaires. Une mauvais gestion, dont l’opinion publique accusa St Victor mit l’affaire en faillite et fit perdre une forte somme à Lamennais. » (source à retrouver…)

    extrait d’une notice de libraire (comme quoi c’est utile les libraires… mais qui ne citent pas toujours leurs sources !! aïe ouille ! pas la tête…)

    Amitiés, Bertrand

  5. Au cours de la filature de Jacques-Benjamin-Maximilien Bins de Saint-Victor (Odes d’Anacréon,1810; Tableau historique et pittoresque de de Paris, 1808-1811), je croise à propos de ce dernier ouvrage cette note dans un catalogue du siècle dernier de L. Coulet :

    « L’auteur (Saint-Victor, donc) avait été l’associé malheureux de l’abbé de Lammenais dans l’exploitation d’une librairie ».

    D’autres échos ailleurs ?

  6. Article très intéressant, Bertrand !
    Erreur de frappe à corriger : patronyme ROBERT (et non Robertet).
    Le nom de La Mennais vient d’une petite terre située sur la commune de Pleslin-Trigavou, près de Dinan (Côtes d’Armor). Le père de Félicité l’a utilisé quand il fut anobli par Louis XVI en 1788. Félicité adopta l’orthographe Lamennais à partir de 1834, quand il devint démocrate.

  7. Devoir se séparer de sa bibliothèque… A-t-on des écrits de La Mennais postérieurs à cette vente qui y fassent allusion? Sait-on où se trouvent les livres actuellement? Je serais intéressé par le ou les Newton :-).
    Merci Bertrand

  8. Exact Intaglio !

    Je ne me sers que très peu du catalogue BN Opale Plus et je n’ai en effet pas regardé la colonne de droite (localisation des exemplaires).

    Il me semble qu’avant le site de la BNF n’était pas organisé de la sorte ??

    En tous les cas merci de cette précision.

    Amitiés, Bertrand

  9. Je me permets juste d’indiquer que la Bnf possède 5 exemplaires. La première cote est : DELTA-7140. Les numéros FRBNFxxx sont les numéros des notices et non les cotes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.