Coup de projecteur sur un site: la Bibliothèque Dauphinoise

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Si internet est un vaste monde, que les libraires occupent de plus en plus (et c’est tant mieux), les bibliophiles qui prennent la parole sur la Toile sont assez rares, et ceux qui apportent quelque chose à la bibliophilie encore plus. Jean-Marc est de ces derniers, et en plus c’est un ami, ce qui fait au moins deux bonnes raisons de vous présenter ce soir son univers bibliophilo-numérique: un site, un blog, une page perso…
Jean-Marc a lancé son site http://www.bibliotheque-dauphinoise.com il y a deux ans maintenant, il y décrit avec une grande précision ses ouvrages sur les Hautes-Alpes et le Dauphiné. A l’heure actuelle, vous pourrez y trouver 165 notices, avec des illustrations. J’apprécie particulièrement la façon dont Jean-Marc a conçu ses « fiches », avec un ensemble de rubrique qui constitue un modèle pour les bibliophiles: description de l’exemplaire, notes sur l’exemplaire, notes sur l’ouvrage, commentaire personnel et références, le tout avec comme je le disais, quelques photos.
Le site est doublé d’un blog, sur lequel Jean-Marc donne l’actualité de mon site : www.bibliotheque-dauphinoise.blogspot.com, que je visite régulièrement et qui révèle parfois de belles surprises, comme cette semaine, où Jean-Marc a eu « l’honneur » de voir son exemplaire de Zizimi, prince Ottoman (http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/Zizimi.html), cité dans la Gazette de l’Hotel Drouot. Il est d’ailleurs amusant de constater que le rédacteur de l’article de la gazette semble s’être inspiré de la description de Jean-Marc sur son site. Au final, c’est un très bel ensemble (blog + site) que propose Jean-Marc aux bibliophiles et de manière générale aux lecteurs. J’insisterai sur trois points pour terminer: la beauté simple du site, son organisation efficace qui associe parfaitement descriptions et images, et la très grande qualité des notices.
Jean-Marc peut se targuer, dans son domaine, d’apporter une pierre magnifique à l’édifice de la bibliophilie et d’occuper une belle place dans la toute petite communauté des bibliophiles amateurs qui interviennent par passion sur internet. D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur Jean-Marc, vous pouvez aussi consulter son portrait sur le blog: http://bibliophilie.blogspot.com/2008/03/portrait-de-bibliophile-jean-marc.html

H

PS. : Jean-Marc, je me suis permis de capturer une image de ton Zizimi, exemplaire de Nodier, chers amis!

La lettre du bibliophile

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Bibliophilie et Sciences: Fourcroy, un chimiste entre Révolution et Empire

Bibliophilie et Sciences: Fourcroy, un chimiste entre Révolution et Empire

Amis Bibliophiles bonsoir,
Un autre voyage au pays de Sangorski et Suttcliffe m’a tenue éloigné du blog. Je rentre à peine, et c’est pour vous proposer un nouvel article de notre scientifique bibliophile, Bernard, sur Fourcoy.
Après des études de médecine, Antoine François de Fourcroy (1755-1809), enseigne la chimie au Jardin des Plantes à partir de 1784. Il devient le professeur de chimie le plus couru de Paris. Maurice Daumas parle son enseignement en ces termes: « Fourcroy, maître de tous ses moyens, plus brillant que jamais, séduit son auditoire par ses dons d’orateur : élégance des termes, justesse et richesse d’expression… Et lui, certain de sa puissance, fait la roue avec ostentation ; il joue de la prunelle, module ses inflexions, place au bon moment le trait qui détend, qui séduit, s’acharne à sa démonstration jusqu’à ce que le plus stupide des élèves ait compris ».
Il entre à l’Académie des Sciences en 1785. Il adopte la nouvelle chimie de Lavoisier en 1786 et participe avec Lavoisier, Morveau et Berthollet à la publication de la nouvelle nomenclature chimique en 1787. En 1789 il fonde avec Guyton de Morveau, Lavoisier, Berthollet, Fourcroy, Monge, de Dietrich, Hassenfratz et Adet les Annales de Chimie contre le Journal de Physique resté adepte des théories anciennes.
Dès 1789, il adhère sans réserve aux idées révolutionnaires et propose d’exclure de l’Académie tous les membres « notoirement contre-révolutionnaires ». Membre du Comité d’Instruction Publique, directeur de la Commission des armes et des poudres, il est aussi l’un des principaux fondateurs de l’Ecole Polytechnique. En 1793, il découvre le procédé qui permet d’extraire le cuivre du bronze des cloches pour la fabrication des canons… En 1795, il est parmi les premiers membres du tout nouvel Institut. Proche de Bonaparte, il est directeur général de l’Instruction Publique et Conseiller d’État, puis comte d’Empire un an avant sa mort.
Fourcroy a beaucoup écrit. Voici quelques ouvrages :
Principes de chimie. Bibliothèque universelle des dames.Paris, Rue et Hôtel Serpente. 1787. 2 volumes in-16 ; XXIII, 212, (3) pp. – (4), 214, (2) pp.Ce petit traité de la nouvelle chimie est destiné aux Dames qui « partagent depuis quelques années, ce goût général (des sciences) ; il est heureusement reconnu, pour le bonheur commun, qu’elles sont capables des efforts nécessaires pour cultiver avec succès les sciences » (Qu’en pense le professeur Bergamote ?). L’ouvrage est un abrégé des Eléments d’histoire naturelle et de chimie, dont la deuxième édition en quatre volumes avait paru en 1786. La Bibliothèque Universelle des Dames comportait 154 volumes répartis en 10 classes. La physique a été rédigée par Sigaud de Lafond.
Philosophie chimique, ou vérités fondamentales de la chimie moderne…Paris, Du Pont. An III (1795). 2ème édition. 1 volume in-8 ; 174 pp.Seconde édition, qui ne contient que de très-légères corrections par rapport à la première de 1792. Elle est imprimée par le physiocrate Dupont de Nemours qui, avec le concours financier de son ami Lavoisier, fonda une imprimerie en 1791, et ouvrit une librairie. Cette édition comporte la signature de Fourcroy au verso du titre. L’ouvrage résume avec clarté les principes de la théorie antiphlogistique de la nouvelle chimie. Son succès fut énorme. L’auteur indique dans son avertissement : « C’est là ce que j’appelle Philosophie Chimique. Tous les énoncés qui en font l’ensemble ont été imprimés dans le Dictionnaire de Chimie Encyclopédique, à l’article Axiomes ; j’ai cru faire une chose utile aux amateurs de cette science, en les présentant séparés de cet ouvrage, et sous un format commode ».
Tableaux synoptiques de chimie pour servir de résumé aux leçons données sur cette science dans les écoles de paris.Paris, Baudouin. An VIII. EO. 1 volume in-folio ; (5) pp, pp 6 à 11, 12 tableaux dépliants.La grande rareté de cet ouvrage est certainement due au fait que les tableaux étaient destinés à être affichés dans les salles de cours du Muséum d’Histoire naturelle, de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole de Médecine où Fourcroy enseignait la chimie. Ils servaient à la compréhension de son touffu Traité des Connaissances Chimiques paru l’année suivante. Une seconde édition a paru en 1805.« La seconde édition diffère de la première, 1°. Par la correction de quelques fautes qui avaient échappé soit dans la rédaction primitive, soit dans l’impression ; 2°. Par l’addition de plusieurs découvertes faites depuis cinq années, soit parmi les matières salines, soit parmi les substances métalliques, etc. ; 3°. Par quelques légères modifications dans l’ordre des corps, ou dans leur classification ; quoique ces changements soient peu considérables, ils suffisent pour présenter la science dans son état actuel, et pour ne point laisser les tableaux en deçà des connaissances acquises. »
Système des connaissances chimiques et de leurs applications aux phénomènes de la nature et de l’art…Paris, Baudoin. Ans IX et X. 1ère édition. 11 volumes in-8.Le plus grand monument élevé à la chimie au XVIIIème siècle. Cette édition in-8 a probablement été imprimée avant l’édition in-4 en six volumes.
Cahiers de notes prises aux cours de chimie et de physique à l’Ecole Polytechnique.[Paris], An X. 1 volume de 610 pp.Fourcroy enseigna la chimie à l’Ecole Polytechnique de 1794 à 1809. Cet exceptionnel manuscrit d’un polytechnicien, Louis Léger Vallée (1784-1864), regroupe les notes prises aux cours de Fourcroy et Hassenfratz pendant l’an X. Les notes de chimie remplissent huit cahiers, celles de physique, cinq cahiers. Ces deux cours n’ont pas été édités.Hassenfratz dirigea quelque temps le laboratoire de Lavoisier. Il a été membre du club des Jacobins et membre de la Commune. Il enseigna la physique à l’Ecole Polytechnique de 1794 à 1814. Arago, dans ses mémoires, s’est beaucoup amusé à ses dépens; il l’a représenté comme un des professeurs de l’Ecole Polytechnique au-dessous de sa tâche et partant sans autorité ni crédit auprès des élèves. Emmanuel Grison, professeur honoraire à l’Ecole Polytechnique dit de lui : « Meilleur sans-culotte que professeur, c’est probable, et qui dut sans doute sa nomination d’ instituteur à l’Ecole polytechnique bien moins à ses qualités pédagogiques qu’à l’enthousiasme et à l’efficacité dont il fait preuve en l’an II pour aider le Comité de Salut public à forger les armes de la victoire.»
Encore un petit cours d’histoire des sciences. Bientôt un contrôle surprise ???
Merci Bernard,H

1 Commentaire

  1. Bonsoir à tous,
    Si Internet est immense, le monde de la bibliophilie est petit…

    Je vais abonder dans le sens d’Hugues à propos de l’efficacité du site de Jean-Marc.

    Je m’explique : j’ai visité plusieurs fois le site de Jean-Marc (signalé dès les débuts du blog) avec plaisir.

    Récemment, un « drôle de lot » (il faudra que je m’en explique plus longuement) m’est tombé entre les mains : des photographies (et bien d’autre choses : reliures, manuscrits, enluminures) de l’entreprise (démentielle) de l’abbé Sire de traduire la bulle « Ineffabalis Deus » dans toutes les langues de la terre.

    Comme je cherchais des renseignements sur cette entreprise (qui fut considérable à la fin du 19ème siècle) je suis tombé très rapidement sur une notice de Jean-Marc…

    Comme l’a dit Hugues, les descriptions y sont fort complètes et exhaustives (au point d’inspirer les experts parisiens si j’ai bien compris la private joke?)

    Il y a très peu d’informations disponibles sur internet à propos de cette mobilisation autour de l’abbé Sire…
    Aussi s’il est de bonnes âmes susceptibles de m’indiquer des balises sûres…

    Amicalement à tous et encore bravo à Jean-Marc pour son site,
    Olivier

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