Exposition de Reliures IV

Amis Bibliophiles Bonsoir,
Comme promis, voici une première exposition de reliures. Une fois n’est pas coutume, elles sont plus modernes que celles que vous avez l’habitude de voir sur le blog. Plutôt que de faire une exposition d’une centaine de reliures, j’ai prévu d’en faire plusieurs pour éviter de ralentir trop le temps de chargement. Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des images, que je conserve précieusement et vous proposerai très bientôt. Pour cette première exposition, un immense merci à Michel pour ces superbes photos et des notices que j’ai envie de qualifier de… parfaites et très précises! Merci Michel!
Goncourt – Histoire de Marie-Antoinette. Edition ornée d’encadrements à chaque page par Giacomelli et de douze planches hors-texte, reproduction d’originaux du XVIII° siècle
Charpentier, Paris. 1878. In-4 Carré.
un des 15 exemplaires sur chine (n° 5), vi, 512 pp., 14 planches hors-texte dont la très rare planche du « Bol-Sein  » (le titre annonce 12 planches et la table 13) dont 4 rehaussées de couleurs et 2 sur doubles pages, toutes tirées sur chine fort, sauf la lettre sur vergé ; reliure signée G. Mercier successeur de son père en plein maroquin bleu roi, dos à 5 nerfs richement orné, plats ornés de filets et roulettes variées dorés avec fleurons d’angles, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin blanc cassé richement ornées de filets, roulettes et décors variés, couvertures et dos conservés, sous chemise et étui, ex-libris de Laurent Meus et Raoul Simonson

FLAUBERT
Salammbô, 2 vol.
Ferroud, Paris. 1900. In-8 Grand-Jésus.
un des 200 exemplaires sur japon ou grand vélin d’Arches (n° 37 sur japon), xxiv, 186 pp. + table, 232 pp. + table, 52 compositions de Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par Champollion : 2 vignettes de couvertures répétées sur les titres, 20 hors-texte dont 2 frontispices, 15 grands bandeaux, 15 culs-de-lampe ; enrichi d’une suite à l’eau-forte pure en noir avec remarques sur japon, et une suite à l’état définitif avant la lettre en noir avec remarques sur japon ; préface de Léon Hennique ; reliure signée Maylander en plein maroquin bleu marine, dos à 4 nerfs sautés orné de riches décors mosaïqués d’inspiration égyptienne, décors mosaïqués à l’identique sur les plats, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin vieux rose foncé orné de larges cadres arabisants en cuir colorés ou mosaïqués, couvertures et dos conservés, sous chemises et étuis

GARNIER
Histoire de la céramique, poteries, faiences et porcelaines chez tous les peuples depuis les temps anciens jusqu’à nos jours
Mame, Tours. 1882. In-8 Raisin.
2° édition, xv, 568 pp., 9 planches hors-texte sous serpentes légendées, dont 4 en chromolithographies, 179 figures in-texte, superbe reliure en plein maroquin brun, dos à 5 nerfs, caissons avec fleuron central encadré de double filets dorés, plats richement mosaïqués avec un listel vert d’encadrement bordé de roulettes et filets dorés, intérieur en maroquin prune avec triple entrelats de maroquin noir et bleu, motif central formé de 3 cercles de maroquin crème, le tout orné de motifs floraux, double filet doré sur les coiffes, roulette doré sur les coupes, doublure en maroquin vert avec guirlande de double motifs dorés encadrée de filets et roulettes dorées, toutes tranches dorées, reliure non signée mais pourrait être attribué au successeur de Cape

GATINEAU
Vie de Monseigneur Saint Martin de Tours
Mame, Tours. 1860. In-8 Cavalier.
édition limitée à 180 exemplaires, un des 60 sur vergé chamois, xvi, 184 pp., reliure signée A. Mame en plein maroquin vert lierre, dos à 5 nerfs orné de caissons dorés aux petits fers, plats ornés d’un décor d’entrelats de filets dorés avec fleurons dorés aux angles dans un triple encadrement de filets et roulettes dorés, doublure bord à bord de même maroquin à large dentelle dorée, garde de moire marron glacé, toutes tranches dorées, double filets dorés sur les coupes et coiffes

Anatole FRANCE
Thaïs – Librairie des Amateurs, Paris. 1909. In-8 Raisin
un des 85 exemplaires sur japon impérial (n° 118) avec deux états des eaux-fortes, dont l’avant lettre avec remarque, 229 pp. + table, 15 compositions dont un frontispice en couleurs par Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par E. Decisy, reliure signée Bernasconi en plein maroquin bordeaux.

BRIVOIS
Essai de bibliographie des oeuvres de M. Alphonse Daudet avec fragments inédits
Conquet, Paris. 1895. In-8 Ecu
édition originale, un des 10 exemplaires sur papier de Chine (n° 15), vii, 143 pages, reliure signée Lortic en plein maroquin grenat, dos à 5 nerfs, caissons ornés de filets s’entrecroisant, filet doré sur les plats encadrant deux réseaux de triples filets, le premier s’entrecroisant pour former des carrés aux angles, double filet sur les coupes et les coiffes, contreplats avec triple filets dorés s’entrecroisant et gardes en tissu grenat

COLLECTIF
Voyage de Chapelle et de bachaumont. Madrigaux de Monsieur de la Sablière. Conjuration du Comte de Fiesque par le Cardinal de Retz. Oeuvres choisies de Sarrazin.
Delangle, Paris. 1825/26. In-18 Carré
Collection de petits classiques françois imprimée à 500 exemplaires, LXXXIII, CLXXVI, CXXXI, CLV, lettrines et bandeaux noirs, reliures signées Bernard David en plein Maroquin vert, dos à 5 nerfs finement ornés de caissons, filets et roulettesdorées, filets dorés sur les coupes et coiffes, gardes décorées de dentelles, toutes tranches dorées, coiffes avec légers frottis, les quatre volumes dans un emboitage, ceux-ci représentent la moitié de cette très élégante collection imprimée en caractères Didot et publiée par Charles Nodier et Nicolas Delangle, également connue sous le nom de  » Collection de la Duchesse de Berry « 

Théodore de BANVILLE
Gringoire, comédie en un acte, en prose
Louis Conard, Paris. 1904. In-8 Carré.
tirage à 171 exemplaires numérotés et paraphés par l’éditeur, un des 150 sur papier vélin de Blanchet & Kléber (n° 76), ix, 116pp., 32 compositions d’Edmond Malassis gravées sur cuivre en couleurs par Louis Mortier, reliure signée Durvand en plein maroquin bleu, dos à 4 nerfs sautés orné de caissons, date en queue, double filet d’encadrement sur les plats, encadrement doré avec décor de feuilles mosaïquées, infime travail de vers en marge du 2° plat, doublure de maroquin mosaïqué, garde de soie, double filet doré sur les coiffes et coupes, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservées, ex-libris Lucien Cerceau

BANVILLE
Théodore de Gringoire, comédie en un acte, en prose
Conquet, Paris. 1899. In-8 Jésus
tirage à 250 exemplaires, un des 150 sur vélin du Marais (n° 205), portrait de l’auteur en frontispice, iv, 98 pp., 14 compositions de J. Wagrez gravées à l’eau-forte par L. Boisson, reliure signée Vermorel en plein maroquin brun, dos à 5 nerfs avec décors à froid encadré d’un filet doré dans les caissons, mosaïques de fleurs de lys sur maroquin rouge aux centres des caissons, large décor à froid estampés sur les plats avec double encadrement de filets dorés et mosaïques de fleurs de lys sur maroquin rouge aux quatres coins, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tête dorée, large décor doré sur bordure de maroquin brun sur les gardes, avec motif central en tissue de soie, couvertures et dos conservés, exemplaire enrichi du prospectus de souscription, du programme de représentation de retraite de Monsieur Georges Berr de la Comédie française du 30 avril 1926, de la liste dactylographiée des bus mis en services spécialement pour cette représentation, reliés in-fine, deux coupures de presse de l’époque sont également jointe, sous étui bordé de même maroquin.

BALZAC Honoré de Eugénie Grandet
Les Amis du Livre, Paris. 1883. In-8 Raisin.
tirage à 120 exemplaires, exemplaire n° 115 offert à M. Le Rat, 345 pp., suivi de la table des matières et de la liste des membres des Amis du Livre, ouvrage orné de huit sujets dessinés par M. Dagnan-Bouveret et gravés à l’eau-forte par M. Le Rat en deux états, reliure signée Chambolle-Duru en plein maroquin prune, dos à 5 nerfs orné d’entrelats de doubles filets dorés dans les caissons, plats décorés d’entrelats de filets dorés, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, doublure de maroquin lavalière mosaïqués avec décors de guirlandes dorées dans un double filets dorés d’encadrement, toutes tranches dorées, couvertures et dos conservées, sous chemise en demi maroquin prune, dos légèrement insolé, et étui bordé

BRILLAT-SAVARIN Physiologie du Gout
Furne et Cie, Paris. 1864. In-8 Raisin
précédée d’une notice par Alph. Karr, dessins de Bertall, 459 pages, nombreuses vignettes gravées sur bois et 7 planches hors-texte gravées sur acier dont une en frontispice, demi basane maroquinée rouge, dos lisse mosaïqué joliment orné, tête dorée, couvertures et dos conservées

ANONYME Chronologie des Seigneurs et Propriétaires du Domaine de Rouillac
s.d.. In-4 Raisin.
2 ff n ch., 1 ff.n.ch.(faux-titre), 1 ff n ch (titre), 43pp n ch. ornées de lettrines, de blasons et de culs-de-lampe peints à la main, le texte gothique est manuscrit, toutes les pages sur papier fort montées sur onglets, livre manuscript gothique enluminé par F. Fauconnet, effectué pour le Baron Haussmann, propriétaire du Domaine de Rouillac (Gironde) qu’il avait acheté en 1864. Ouvrage reprenant la généalogie des familles et leurs blasons et la chronologie des Seigneurs et propriétaires du Domaine de Rouillac. reliure en plein maroquin rouge cerise,dos à 5 nerfs orné d’encadrements de filets dorés, 1° plat aux armes du Baron Haussmann avec inscription Rouillac, double filets dorés sur les coupes et coiffes, large dentelle intérieure, garde en moire rouge, sous étui bordé
ANONYME
Madame la Duchesse d’Orléans. Lettres originales de Madame la Duchesse d’Orléans.
Michel Lévy Frères ; Magnin, Blanchard , Paris. 1859. In-8 Cavalier
édition spéciale tirée à 100 exemplaires sur vélin supérieur collé (n° 41), 239 pages, reliure signée Andrieux en maroquin bleu marine, dos à 5 nerfs orné de filets et couronnes, double filet d’encadrment sur les plats, chiffres couronnés aux angles, double filets sur les coupes et coiffes, dentelles intérieures, toutes tranches dorées (Andrieux était le relieur de la Maison d’Orléans,il exerça de 1837 à 1870 environ)
ARENE Paul Jean-des-Figues
Librairie Internationnale, Paris. 1870. In-12 Carré.
édition originale, 333 pp. + table, avec une eau-forte d’Emile Bénassit en frontispice, reliure signée Semet & Plumelle en plein maroquin corail, dos à 5 nerfs orné d’un fleuron répété mosaïqué de maroquin blanc dans les caissons entourés d’un listel de maroquin vert encadrés de filets dorés, plats ornés d’un encadrement de quatre filets dorés avec fleurons d’angle, le tout encadré d’un listel de maroquin vert encadrés de filets dorés, gardes doublées bord à bord de box vert, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise en demi maroquin corail à bandes sous étui bordé de même maroquin

Magnifiques, non?
Hugues

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Les papiers décorés

Les papiers décorés

Amis Bibliophiles Bonjour, J’espère que vous avez l’adsl! Je vous propose ci-dessous un superbe article de référence, écrit par Xavier pour le blog. Magnifique. Ce message compte pour vendredi! Il m’a donné un travail de mise en page important.
Les papiers décorés :

Les Chinois ont inventé le papier au début de notre ère, en 105 après J.-C. Il a d’abord été employé comme support pour l’écriture, puis il fut teinté en surface. Chaque couleur avait alors sa signification particulière : le jaune contenait une substance épicée censé éloigner les insectes (conservation). Ces premières expériences décoratives encouragèrent le développement de techniques de plus en plus sophistiquées. Et le raffinement de la société chinoise était tel qu’il n’aurait pas permis l’utilisation d’un matériau sans qualité décorative ni esthétique. Sont donc apparus les premiers motifs décoratifs imprimés, ces techniques deviendront par la suite de plus en plus raffinées ; on saupoudrait d’or ou d’argent les papiers. Vers le Xe siècle, d’autres procédés apparaissent : papier à la colle et papiers « tigrés » (les couleurs sont jetées et forment un semis de petites tâches)

C’est vers le VIIIe siècle que les Japonais apprirent des Chinois la technique de fabrication du papier. Très vite il devint un objet de culte et de tradition. Dans ce contexte, la décoration du papier a connu un essor vertigineux. Les tous premiers papiers marbrés se font au Japon, en appliquant et en agitant une couleur unique sur de l’eau pure ; le « suminagashi « était né et devenait l’apanage de la famille impériale. Les techniques de décorations se multiplièrent : les papiers pliés et teintés, les papiers « batik ».

L’art des nuages :
Au IXe siècle, le papier fut connu du monde islamique où il devint l’objet de soins très particuliers pour la décoration. La religion interdisant les représentations humaines et figuratives, les artistes, pour mettre en valeur les textes sacrés, devaient faire appel à leur imagination. Il y avait une recherche systématique d’harmonie entre le texte, la calligraphie, la mise en page et le papier décoré ; celui-ci était utilisé, soit comme support soit comme encadrement.

Ce n’est qu’au XVIe siècle qu’apparut la marbrure telle qu’on la pratique encore aujourd’hui. Les papiers marbrés étaient utilisés, soit comme support de calligraphie, soit comme encadrement de miniatures. Les motifs traditionnels étaient alors les cailloutés et les peignés ; certains marbreurs turcs du XIXe siècle ont développé un art très particulier avec des motifs figuratifs floraux.
Les papiers décorésManuscrit persan avec encadrement de papier marbré

Ce n’est qu’au XVe et XVIe siècle que ces techniques de décoration du papier sont apparues en Europe. Il s’agissait principalement de techniques d’impressions pour les papiers peints muraux. Les papiers à la colle étaient aussi très utilisés en France, en Italie et surtout en Allemagne où il existait des ateliers spécialisés dès le XVIe siècle. Au XVIIe et XVIIIe siècle la marbrure connut son apogée, elle est principalement utilisée dans les reliures et les cartonnages ; les principaux motifs étaient alors : les peignés, les coquilles et les cailloutés. En Allemagne, certains papiers étaient imprimés et dorés par gaufrage à chaud, de feuilles de cuivre ou d’argent sur un papier à la colle uni ou multicolore.
Les papiers décorés (2)Miniature indienne marbrée représentant une scène de chasse (musée national de New Dehli)

Au XIXe siècle, l’industrialisation et la mécanisation supprimèrent l’aspect artisanal de la décoration du papier. En marbrure, on remet au goût du jour les motifs traditionnels tout en développant les papiers à la colle.
Au XXe siècle, l’art de la marbrure subit un certain déclin ; il y a très peu d’artisans capables de reproduire les motifs traditionnels. Peu à peu, la marbrure fut délaissée par certains au profit de réalisations beaucoup plus modernes et originales. L’apparition de nouveaux produits, l’adaptation de certaines techniques du papier, permettent aujourd’hui une plus grande liberté de création et une plus large utilisation des papiers décorés.

Les papiers à la colle :

D’origine ancienne, ce procédé, permet des réalisations particulièrement originales. Les couleurs (en tube ou en poudre) ne se fixent pas au papier tant que la colle d’amidon n’est pas sèche.

La technique de la décoration « à la colle » est certainement antérieure à toutes les autres, du fait de sa préparation très simple : il s’agit en effet de mélanger des couleurs à une colle de farine, puis d’étendre directement ce mélange sur la feuille de papier, à l’aide d’une grosse brosse

Pour la réalisation des motifs, on se sert de peignes, de spatules, de grilles, de morceaux de bois…

Les papiers décorés (3)Les papiers décorés (4)Deux exemples de papiers à la colle

Les papiers décorés (5)Les papiers décorés (6)Les papiers tirés :

Même technique que pour le papier à la colle, mais on utilise de la colle de farine (plus ferme), les deux feuilles se détachent dans un mouvement régulier.

Ci dessous, un papier tiré, réalisation du papier tiré

Les papiers décorés (7)Les papiers décorés (8)La marbrure :

Le motif n’est pas exécuté directement sur un papier absorbant (oriental, chinois ou japonais de 130/150 g.) ; il est d’abord réalisé à la surface d’un liquide, puis transféré sur le papier. Il y a plusieurs techniques : sur eau, avec des peintures grasses (encres de typographie ou peinture à l’huile) ; sur gomme, avec des peintures grasses ou des encres de Chine.

La marbrure sur gomme

Née en Turquie au XVIe siècle, elle a pour base la gomme adragante, suc gommeux issu de l’incision de l’écorce de certains arbustes du genre astralagus. Ces végétaux poussent au Proche-Orient ou en Grèce. Au XIXe siècle, la gomme adragante a été souvent remplacée par le lichen carragheen, algue gommeuse qui donne en marbrure plus d’éclat aux couleurs et plus de précision au dessin.
Aujourd’hui comme hier, les couleurs traditionnelles sont des pigments minéraux (ocres, oxydes naturels, etc.) ou végétaux (indigo, bois de Brésil, etc.)

La pose des couleurs, les peignes, le peigné

Les papiers décorés (9)Les papiers décorés (10)Les papiers décorés (11)Les papiers décorés (12)Les papiers décorés (13)La feuille, le séchage des feuilles

Il y a trois grandes familles : les marbrés, peignés et les cailloutés

Les marbrés : Les papiers décorés (14)Les papiers décorés (15)Le marbré, très employé par les romantiques, est un caillouté dont la particularité principale est que chaque goutte est bordée par un anneau plus clair. L’Empire voit naitre un nouveau modèle qui annonce les marbrés romantiques, le fond est souvent bleu, noir ou rouge, et sur ces couleurs qui deviennent de fines veines, sont jetées des taches bleues parsemées de minuscules bulles blanches comme un bouillonnement et qui donnent un aspect poudreux.

Deux différents peignés droits, dits « non pareils » Les papiers décorés (16)Les papiers décorés (17)Le sens d’un papier peigné :

Jusqu’au XVIIIe siècle, ils étaient généralement disposés dans le sens de la largeur, pointes des motifs orientés vers la gouttière ; aujourd’hui certains papiers continuent à être marbrés ou imprimés de manière à respecter cet usage. Tel est le cas de la plupart des petits peignés aux motifs très serrés. Dans un souci de conformité avec les critères décoratifs des reliures couvrant cette période, de tels papiers sont tout à fait indiqués.
Avec les peignés larges on innove en employant le dessin dans le sens de la hauteur, c’est-à-dire, la pointe du motif dirigé vers la tête du livre.

Les cailloutés :
Les papiers décorés (18)Motif caillouté sur un ouvrage de 1840
Les papiers décorés (19)Les papiers décorés (20)Les scrotels, ou schroetel :
le scrotel romantique est un papier caillouté à une seule couleur, ils sont souvent utilisés comme gardes, alors que les plats étaient en œil de chat. La plupart des scrotels seront polis à la pierre d’agate.
Les papiers décorés (21) Les papiers décorés (22)La Révolution donne un coup d’arrêt au papier marbré, on se sert d’un papier à la colle marron, ocre rouge ou plus souvent bleu vif. Sous le Premier Empire, on emploie encore le papier à la colle, surtout pour les travaux courant.

Identification de quelques types de papiers marbrés

Les papiers décorés (23)Motif à chevrons

Les papiers décorés (24) Autre type de motif peigné, bouquet ou feuillage

Les papiers décorés (25)Les tourniquets, qui sont une évolution des peignés
Les papiers décorés (26)Motif coquille, milieu XVIIIe
Les papiers décorés (27)Les papiers décorés (28)Deux types de papiers flammés
Les papiers décorés (29) Les papiers décorés (30)Feuille de chêne, Peigné ondulé à quatre couleurs, dans le genre XVIIIe genre XVIIIe
Les papiers décorés (31)Papier ombré, XIXe (1825-30), marbré sur eau
Les papiers dominotés :

Il s’agit d’une technique particulière de décoration du papier qui est imprimé au moyen d’une planche de bois. La surface du bois qui crée l’impression est en relief, alors que le fond est creusé ; le dessin en relief est encré et imprimé sur le papier par une pression du bois tout entier.
Les papiers décorés (32) Les papiers décorés (33) Les papiers décorés (34)
Les papiers décorés (35)Tampons de bois pour la réalisation de papiers dominotés

Les papiers décorés (36)
Les papiers décorés (37)
Les papiers décorés (38)
Voilà! Merci Xavier pour ce superbe message, vraiment.HSources consultées :
– Bertrand, pour les trois premiers papiers dominotés
– Z1k, pour le dominoté de 1740 (sur l’histoire des Celtes)
Merci de votre aide.
– Google Books, qui numérise les pages de gardes en couleur
– Stéphane Ipert, Florent Rousseau-Le papier décoré, Dessain et Tolra, P., 1988
– Marie-Ange Doizy-De la dominoterie à la marbrure. Histoire des techniques traditionnelles de la décoration du papier, Arts et Métiers du livre, P., 1996, il existe une édition de tête, tirée à 200 ex. avec son portfolio contenant les échantillons de papiers décorés anciens et modernes d’une trentaine de marbreurs.
-Papier(s), Seuil, 2000
Métiers d’art, septembre 1991, n°44, La Reliure

10 Commentaires

  1. Bonsoir Jean-Marc,
    Les photos ont été prises pour certaines avec un flash : celles des livres de couleur sombre notamment. Les autres ont été prises sans flash, et en particulier les doublures des reliures. Les photos ont été prises vers 14 heures l’autre jour dans une pièce peu lumineuse…
    Bonne soirée, Michel

  2. Une question technique : comment avez-vous pris ces photographies ? Visiblement, vous n’utilisez pas de flash. Pour ma part, j’avoue ne pas avoir complètement résolu le problème de la photographie de reliure.L’usage du flash provoque des sur-brillances. La lumière naturelle est capricieuse. Merci pour un éclairage technique.

    Jean-Marc

  3. Bonsoir,
    C’est vraiment superbe.
    Je vais chipoter sur une coquille (probable) comment peut-on être l’exemplaire n°15 d’un tirage qui n’en comporte que 10 (pour le Daudet)???

    Cordialement,
    Olivier

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