Nous avons souvent débattu de la définition de la bibliophilie et du bibliophile. Débats vains… jusqu’à aujourd’hui où je crois pouvoir affirmer qu’une nouvelle fois, c’est grâce au blog que la vérité va éclater. Le bibliophile, vous en conviendrez tous, vous dont la modestie n’a d’égale que l’avidité à remplir vous rayonnages, le bibliophile est homme (ou femme) de goût. Le bibliophile, tout en s’en défendant, n’est souvent qu’à un demi-pas de la bibliomanie et autres névroses. Pourquoi? Car face au livre, il ne sait plus faire preuve de discernement.
Alors voilà, au contraire du bibliomane, le bibliophile saura choisir, et plutôt que de s’encombrer de volumes inutiles, il saura faire preuve de goût et s’entourer des objets suivants…. Ce n’est pas votre cas? Vous n’en possédez aucun, mais vous avez 37 éditions différentes des Fables de La Fontaine…. Aïe, mille regrets…
H
La lettre du bibliophile
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Après les reliure de Jean Grolier, je vous propose de retrouver un message posté sur le blog il y a plus de 3 ans….
Titien, Vecellio, Pillone et Bérès, quatre grands noms pour les amateurs d’art et les bibliophiles, quatre grands noms pour un ensemble unique dans l’histoire de la Bibliophilie : la bibliothèque Pillone.
La bibliothèque ou collection Pillone est l’expression consacrée pour qualifier les quelques cent soixante volumes appartenant à la famille Pillone dont les reliures fûrent peintes par Vecellio. Dans l’Italie du 16ème siècle, les livres étaient rangés dans le sens inverse de celui que nous utilisons aujourd’hui: ils présentaient leurs tranches de gouttière, et non leurs dos au lecteur faisant face à la bibliothèque (c’est en fait la phase de transition entre les ouvrages rangés à plat et le rangement actuel). La particularité des Pillone, est que Odorico, Giorgio et Antonio Pillone poussèrent l’extravagance vénitienne de l’époque jusqu’à faire peindre, de façon quasi systématique, la tranche de gouttière de leurs ouvrages. En réalité, on parle bien là d’un projet bibliophilo-artistique unique.
Cette tâche extraordinaire fût confiée à Cesare Vecellio (1521 – 1601), neveu ou cousin de Titien (qui s’appelle en fait Tiziano Vecellio), dont les Pillone étaient les protecteurs et mécènes. Cesare Vecellio qui fît ses classes chez Titien peignît également les églises de Belluno, la ville où résidaient les Pillone (Vénétie, à 80 km au nord de Venise). Titien lui-même était d’ailleurs un habitué de la maison des Pillone.
Si l’idée de peindre les tranches n’est pas unique (voir par exemple les nombreux « fore-edge » anglais du 19ème siècle, ou quelques ouvrages français de la fin du 18ème représentant des scènes bucoliques), l’ensemble constitué par les Pillone était lui sans égal. Une oeuvre de Vecellio à BellunoD’une part, les Pillone furent semble-t-il les seuls de leur époque à faire exécuter ces travaux et d’autre part, les 168 (ou au moins 170 disent d’autres sources) livres ainsi peints étaient regroupés dans un cabinet spécifique. On devine qu’il devait produire un effet particulièrement impressionnant sur ses visiteurs. Quel effet chromatique, et quelle majesté…
En 1875, le bibliophile Tessier, qui eût l’occasion de contempler la bibliothèque Pillone dans la villa même de Belluno en parlait en ces mots «…ceci vous rend extatique, vous pensez vous trouver devant un ensemble d’objets d’art, et vous vous retrouvez non seulement devant une merveilleuse bibliothèque, mais également devant une sublime et abondante collection de tableaux ». Plus loin, il affirme que ce moment aura « dépassé ses attentes ».
Les décors peints par Vecellio représentaient soit des animaux, soit des personnages, souvent les auteurs des ouvrages eux-mêmes d’ailleurs, comme celui ci-dessous. C’est Odorico qui le premier commanda ces œuvres à Vecellio. On a retrouvé quelques une de ses notes destinées au peintre, le plus souvent sur le contreplat. Il y donnait des détails précis sur ses souhaits.
Ce qui est assez unique également, est que cette collection, formée au 16ème siècle par les Pillone nous est parvenue sans trop de dommages au fil des siècles… Enfin, jusqu’à ce qu’elle croise la route de Pierre Bérès, dans la seconde partie du 20ème siècle. Geographie de Strabon, 26 août 1480, orné d’un portrait de Strabon, Vente Bérès décembre 2006
En 1837, on trouve ainsi dans le contrat de mariage d’un descendant des Pillone que le marié apporte « une précieuse collection de livres anciens de grande valeur et d’une grande rareté, et dont l’état de conservation remarquable se double de l’honneur d’être enrichis de miniatures de Vecellio ».
Les volumes seront ensuite vendus en janvier 1875 pour permettre aux descendants de faire face à divers revers de fortune et achetés en bloc par le bibliophile anglais Sir Thomas Brooke qui les déplaça à Londres. Il dressa d’ailleurs la liste de cette « bibliothèque de Venise ». Il fît également fabriquer une bibliothèque d’ébène sur le fronton de laquelle fût gravé en lettres d’or « Libros hic summa repositos cum Diligentia collegit Odoricus Pillonius Venetus, ornavit eximia art Vecellius César. »
Le neveu et héritier de Brooke confia la vente des ouvrages à Alan Keen et c’est en 1957 que Pibi, Pierre Bérès, acheta l’intégralité de la collection, même si trois ouvrages disparurent mystérieusement entre Londres et Paris.
Bérès inventoria la collection, écrivît un ouvrage, proposa des expositions, mais l’acquisition des Pillone par le grand libraire parisien signa également et malheureusement leur dispersion au fil des ventes. Certains d’entre eux furent d’ailleurs vendus lors des grandes ventes Bérès de 2007 et 2008.
Monument de la Bibliophilie, les Pillone ne sont désormais plus « un », puisque l’unité de la collection a été rompue, mais ils restent d’immenses ouvrages, rares, avec des textes prestigieux et, chose peu commune, porteurs pour chacun d’entre eux d’une œuvre unique, une création de Vecellio. Leurs prix se comptent aujourd’hui en dizaines, voire en centaines de milliers d’euros.
On trouve dans les Pillone un petit nombre de livres allemands issus de l’héritage d’un ancêtre des Pillone, qui s’était engagé sous les ordres de Charles Quint, et qui mourût au siège de Metz en 1553. Les chercheurs divisent généralement les Pillone en quatre grandes parties, dont tous les volumes furent peints : Seneque, Epistolae ad Lucillium, Rome, 1er février 1475. Vente Bérès 2007
– Les volumes du 15ème siècle : ils furent tous publiés en Italie, sauf de lo Speculum Aureum praeceptorum de Enricus Herf imprimé à Nuremberg en 1481: quarante-quatre à Venise, cinq à Trévise, quatre à Brescia quatre, trois à Vérone, trois à Vicenza, trois à Rome, trois à Bologne, deux à Parme, etc.
– La deuxième partie est composée de seize volumes publiés de 1503 à 1520. Dix furent imprimés à Venise, un à Paris, un à Milan, deux à Bâle, un à Naples et un à Lyon.
– La troisième partie est composée de livres entre 1522 a 1547, soit 59 volumes, publiés principalement en Suisse, en Allemagne et en France.
– La quatrième partie contient 30 volumes imprimés entre le milieu du XVIe siècle et 1591.
Naturellement, il ne s’agît que d’une partie de la bibliothèque des Pillone, qui étaient des notables de Belluno, notamment des juristes, et qui possédaient également d’autres nombreux livres, mais dont les tranches ne furent pas peintes, et qui ne furent pas inventoriés.
On pense aujourd’hui que les Pillone firent peindre les volumes qui n’avaient pas trait à leur travail ou à leurs études, mais qu’ils avaient rassemblés pour leur rareté, leur beauté et par passion. L’ensemble des reliures peintes en effet assez hétérogène, regroupant des ouvrages classiques en grec et en latin, des ouvrages scientifiques, des chroniques, des ouvrages de tacttique militaire ou même de voyages.
Je vous ai demandé si l’un de vous avait un exemplaire Rahir… je ne vous demande pas si vous avez un Pillone ! Sourire.
Hugues
Pour en savoir plus, vous pouvez notamment consulter :
Pierre Bérès : Cesare Vecellio et la bibliothèque Pillone. Paris, P. Berès, 1957. 1 volume in-8
Pierre Bérès : catalogue n°67, un groupe de livres Pillone
Anthony Hobson : the book collector, 1958
Cesare Vecellio fit des études approfondies sur l’habillement de l’époque avec des descriptions et dessins :
Corona delle nobili e virtuose dame (1591/1598) trilogia di Cesare Vecellio
Degli habiti antichi et moderni di diverse parti del mondo (1589).
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33 Commentaires
Ces panneaux de faux livres sont, à mon avis, un symbole très révélateur de l’ambigüité de la bibliophilie. D’un côté, une bibliophilie ouverte, illustrée par notre hôte, de l’autre une façon d’exhiber son savoir et son statut social.
Ces fausses reliures me rappellent cette phrase de Hugo, trouvée dans le Galantaris » il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques un harem ».
Je crois ainsi que tout amateur de livre se doit d’en posséder un rayonnage de faux livres, comme un rempart à la tentation du snobisme bibliophile.
Et en avant pour le 4e du nom… J’ai acheté il y a assez longtemps un volume des Aventures de Télémaque, sur ebay. Après avoir remporté l’enchère, le vendeur me dit « Bah en fait, le livre est « un peu » abimé. Je vous envoie des photos, Si vous voulez, je vous le fait à 10€ au lieu de 24. » Soit, je regarde les photos, gentiment, et pour ne pas le froisser je prends le livre. A l’arrivée, je crois qu’il s’agit du livre le plus ignoble que j’ai, sale, sans titre, avec des gribouillis partout. J’ai même hésité à l’envoyer à la poubelle. Et au final, j’ai perdu 10€, déjà beaucoup trop. Ca m’apprendra à être trop gentil (trop con?)
Va pour le n°3, si vous m’acceptez : j’ai acheté en vente publique (sur ordre) les « Imagines Mortis » d’Holbein, « bien complet de toutes ses gravures » selon « l’expert ». Ce que ce dernier a omis de préciser c’est qu’il n’y avait que les gravures… Philippem
Je croyais au contraire qu’on allait tous bien discuter de nos belles affaires, de nos déconvenues, de ne joies, de nos peines, bref de tout ce qui fait la dûre vie d’un bibliophile, qu’il soit en herbe, en bois ou en acier…
M’est avis qu’aucun lecteur sérieux du blog croira qu’on peut ne serait-ce que deux minutes se moquer de nos participants du blog.
S’il y a eu un peu de dérision à propos d’une annonce Ebay et la suggestion d’un bêtisier Ebay, c’est seulement parce que comme tu les domaines, la bibliophile prête parfois à dérision… et c’est tant mieux !
Tenez, je m’inscris en Con n°2 après Hugues ce soir.
J’ai reçu aujourd’hui un exemplaire de De l’Esprit d’Helvetius acheté sur Ebay…
Une épave ! Enfin, disons pour être juste, un peu moins qu’une épave…
Comme m’a dit Hugues : « Mais tu le voyais pourtant ! ».
Bah oui, mais quand ont est c.. on est c… qu’est-ce que vous voulez que je vous dise.
Voir un De l’Esprit d’Helvetius, 1758, EO de second tirage (rare) partir à vil prix, même s’il n’est pas très beau… ça me défrise (ah oui, j’avais oublié de vous dire que je suis frisé).
Alors comme dit l’autre : « J’ai craqué chef ! »
Evidemmen je ne l’ai pas payé cher, moins cher que ma nuit d’hôtel et mon TGV pour aller vous rejoindre lundi et mardi à Bérès… Mais tout de même… Quand je l’ai eu entre les mains, au bout de 10 minutes (c’est pour les reptiliens mégalosaurus le temps qu’il faut pour que l’info aille des yeux au cerveau… je sais c’est long !!), je me suis dit : Mais que t’es c… mon pauv’ garçon (et là j’ai invoqué mon demi-dieu de la bibliophilie alias JPF que tout le monde connait ici pour son posé et son sérieux en l’affaire… qui me disait il y a peu encore… « sors-toi d’là gamin » (enfin je traduis).
Je vais y penser Jean-Paul. Donc sur le podium pour ce soir,
con n°1 déclaré : Hugues con n°2 déclaré : Bertrand
qui osera s’affubler du titre tant envié de con n°3 ?
Allez, sur ce, à lundi à Bérès (et là, promis, des c… y’en aura…)
Amitiés complètement tapées d’avoir acheté un Helvetius démembré, Bertrand
Merci G. pour ce commentaire aussi utile qu’élégamment signé.
Pour résumer les choses, mais vos interventions fréquentes sur le blog tendent à montrer que vous le fréquentez régulièrement, ce que vous suggérez ou le fait que vous puissiez imaginer que je vois les choses ainsi est totalement hors-sujet.
Ce n’est pas l’esprit que j’ai voulu insuffler au blog, et je ne le laisserai pas partir dans cette direction. Si vous avez lu une seule chose de ce genre sur le blog, vous l’avez mal interprêtée.
Et pour vous en donner l’exemple, je suis le premier à remplir le bétisier en avouant que j’ai un jour acheté par correspondance et un peu rapidement les mémoires d’un certain Laffite (Belge), en pensant acheter les mémoires du flibustier.
Donc voilà, le con, c’est moi, mais je vous en prie, vous êtes toujours le bienvenu au dîner de lundi, enfin, si on arrive à en savoir un peu plus sur vous.
En effet, l’idée du bétisier est meilleure… c’est bien pour cela que je vous l’ai déjà proposée il y a une quinzaine de jours, en vous demandant vos contributions! Et oui! Sourire. Hugues
En regardant le site des reliures postiches pour bibliothèques, Louis XVI avait dans son cabinet de lecture du château de Versailles, exactement la même chose. Une porte dérobée, menant à sa salle de billard, complètement cachée par une fausse bibliothèque pleine de reliures en maroquin rouge aux armes de France, toutes plus fausses les unes que les autres. Bon, le reste de la bibliothèque est vrai par contre…
Vous pouvez, si vous le souhaitez, acheter des panneaux entiers de fausses reliures, pour habiller vos murs. Ca doit se vendre au mètre carré j’imagine:
Très bonne journée à tous ! Si vous voulez la commencer par un éclat de rire, rendez-vous sur ebay : « Histoire de Gil Blas de Santillane par Mr Le Sage »….
C’est amusant Jean-Paul, car justement, je suis allé voir une exposition de reliures de Daniel Knoderer dans une Galerie d’art près de chez moi il y a quelques mois de cela.
Déconcertant ! Le mot est même souvent faible. Pour en faire un petit compte rendu rapide je dirais que ce sont des reliures faites de matières très modernes (plastiques, résines diverses, mais aussi cuir et carton, des couleurs très criardes, vivantes et gaies, une forme qui n’a q’un lointain rapport avec le livre relié traditionnel… il faut savoir que 8 livre sur 10 ne peuvent être posés debout sur une table (leur forme étrange ne leur permet pas…)
Impression globale : Le texte est interprété façon « art contemporain », il « sublimé » on va dire… à tel point que le texte imprimé (je veux dire papier, typo, etc), est, à mon goût, totalement zappé ou alors je n’ai pas bien compris le message (c’est fort possible en vieux « tradi » de 36 ans que je suis…).
Pour vous faire une idée sur les reliures-objet de Daniel Knoderer voici quelques liens :
On aime, on aime pas. Ca ne laisse pas indifférent. Est-ce de la bibliophilie ? Les anglophones dénomme Knoderer a « French Book Artist » … le mot relieur n’apparait pas… est-ce un signe ?
Valérie, soyez la bienvenue, un bibliopégimane est un amateur de reliures. Non, ce n’est pas une wishlist (!), et je ne sais pas si ces objets sont des trompe-l’oeil ou de vraies reliures, mais les objets sont amusants. Ce détournement de livres anciens n’est pas une nouveauté, il est probable que cela existe depuis le 18ème, et pour ma part, je trouve cela amusant, même si évidemment je considère que c’est à part, par rapport à la bibliophilie. H
Au moins, chez Ikea, ils mettent de vrais livres dans leurs bibliothèques (d’accord, écrits en suédois, mais tout de même, de vrais livres) 😉 Ces objets font-ils partie d’une « wishlist », Hugues ? Blague à part, j’ai découvert ce blog récemment, et je le lis quotidiennement depuis. Qu’est-ce qu’un « bibliopégimane » ?
Otez moi un doute Hugues : il s’agit de reproductions en résine ou de vrais reliures? En tous cas, si un jour je suis lassé de mes ouvrages, sait on jamais, un coup de folie, je retiens les nombreuses suggestions, toutes plus heureuses les unes que les autres… J’ai personnellement un faible pour le range-télécommande : enfin la rencontre de la littérature et de la technologie, je savais que c’était possible… En tous cas Merci beaucoup pour ces trouvailles. Philippem
Je suis trop respectueux du livre pour l’amputer de son contenu (phrases, style, illustrations) ou de son enveloppe. Par contre, j’aime détourner certains objets afin de le mettre en valeur. Par exemple, j’ai peint dans ma « bibliotheque-librairie » un meuble bas à deux battants (de faible valeur, je précise pour les amoureux du beau bois…) de telle façon que chaque porte représente le premier plat caractéristique de deux ouvrages de la NRF… Ce meuble cache une chaine audio et ses enceintes inesthétiques. Dans le même style « kitch », j’ai les inévitables serre-livres en forme de livre, la petite boite range-tout avec dos orné façon cuir et ses approximatives dorures… Bertrand, quand je vous dis que je suis le dernier de la classe !(lol)
Par contre, il m’arrive d’envoyer de nombreux livres au pilon dans le cadre d’une de mes activités bénévoles. C’est toujours avec un pincement au cœur ! Alors, une horloge ? Pourquoi Pas ?
On se détend mes lapins. Un peu de légèreté ne fait jamais de mal. Car naturellement, vous avez bien vu (est-ce bien certain?) que j’étais totalement sérieux… Hugues
Pour moi, les objets montrés ci-dessus, comme d’ailleurs tout objet dont le but final est de montrer un livre dont à la fois son enveloppe extérieure et son contenu sont détournés de sa fonction primaire, à savoir la reliure ne sert plus à protéger le livre et le contenu (texte ou/et illustrations) ne sont plus lisibles, ces objets disais-je relèvent uniquement de la bibeloterie. Je mets évidemment les livres évidés pour en faire des caches ou des boîtes à cigares dans le même lot…
Tels les livres ouverts laqués et couverts de fleurs séchées…
Tels les livres anciens dont le pourtour est brûlé pour faire ambiance « grimoire » (j’en ai vu).
Tout ces objets ne relèvent en aucune façon, ni du bibliophile, ni même du bibliomane, qui je le crois, même s’il accumule les livres sans toujours les lire veut toujours en garder la possibilité et avoir des livres « intacts ».
Quelle belle plaisanterie Hugues pour les bibliophiles et bibliomanes que cet article !
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Ces panneaux de faux livres sont, à mon avis, un symbole très révélateur de l’ambigüité de la bibliophilie.
D’un côté, une bibliophilie ouverte, illustrée par notre hôte, de l’autre une façon d’exhiber son savoir et son statut social.
Ces fausses reliures me rappellent cette phrase de Hugo, trouvée dans le Galantaris » il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques un harem ».
Je crois ainsi que tout amateur de livre se doit d’en posséder un rayonnage de faux livres, comme un rempart à la tentation du snobisme bibliophile.
Et en avant pour le 4e du nom… J’ai acheté il y a assez longtemps un volume des Aventures de Télémaque, sur ebay. Après avoir remporté l’enchère, le vendeur me dit « Bah en fait, le livre est « un peu » abimé. Je vous envoie des photos, Si vous voulez, je vous le fait à 10€ au lieu de 24. » Soit, je regarde les photos, gentiment, et pour ne pas le froisser je prends le livre. A l’arrivée, je crois qu’il s’agit du livre le plus ignoble que j’ai, sale, sans titre, avec des gribouillis partout. J’ai même hésité à l’envoyer à la poubelle. Et au final, j’ai perdu 10€, déjà beaucoup trop. Ca m’apprendra à être trop gentil (trop con?)
Va pour le n°3, si vous m’acceptez : j’ai acheté en vente publique (sur ordre) les « Imagines Mortis » d’Holbein, « bien complet de toutes ses gravures » selon « l’expert ». Ce que ce dernier a omis de préciser c’est qu’il n’y avait que les gravures…
Philippem
Un dîner de con ? Voilà bien une drôle d’idée.
Je croyais au contraire qu’on allait tous bien discuter de nos belles affaires, de nos déconvenues, de ne joies, de nos peines, bref de tout ce qui fait la dûre vie d’un bibliophile, qu’il soit en herbe, en bois ou en acier…
M’est avis qu’aucun lecteur sérieux du blog croira qu’on peut ne serait-ce que deux minutes se moquer de nos participants du blog.
S’il y a eu un peu de dérision à propos d’une annonce Ebay et la suggestion d’un bêtisier Ebay, c’est seulement parce que comme tu les domaines, la bibliophile prête parfois à dérision… et c’est tant mieux !
Tenez, je m’inscris en Con n°2 après Hugues ce soir.
J’ai reçu aujourd’hui un exemplaire de De l’Esprit d’Helvetius acheté sur Ebay…
Une épave ! Enfin, disons pour être juste, un peu moins qu’une épave…
Comme m’a dit Hugues : « Mais tu le voyais pourtant ! ».
Bah oui, mais quand ont est c.. on est c… qu’est-ce que vous voulez que je vous dise.
Voir un De l’Esprit d’Helvetius, 1758, EO de second tirage (rare) partir à vil prix, même s’il n’est pas très beau… ça me défrise (ah oui, j’avais oublié de vous dire que je suis frisé).
Alors comme dit l’autre : « J’ai craqué chef ! »
Evidemmen je ne l’ai pas payé cher, moins cher que ma nuit d’hôtel et mon TGV pour aller vous rejoindre lundi et mardi à Bérès… Mais tout de même… Quand je l’ai eu entre les mains, au bout de 10 minutes (c’est pour les reptiliens mégalosaurus le temps qu’il faut pour que l’info aille des yeux au cerveau… je sais c’est long !!), je me suis dit : Mais que t’es c… mon pauv’ garçon (et là j’ai invoqué mon demi-dieu de la bibliophilie alias JPF que tout le monde connait ici pour son posé et son sérieux en l’affaire… qui me disait il y a peu encore… « sors-toi d’là gamin » (enfin je traduis).
Je vais y penser Jean-Paul. Donc sur le podium pour ce soir,
con n°1 déclaré : Hugues
con n°2 déclaré : Bertrand
qui osera s’affubler du titre tant envié de con n°3 ?
Allez, sur ce, à lundi à Bérès (et là, promis, des c… y’en aura…)
Amitiés complètement tapées d’avoir acheté un Helvetius démembré, Bertrand
Merci G. pour ce commentaire aussi utile qu’élégamment signé.
Pour résumer les choses, mais vos interventions fréquentes sur le blog tendent à montrer que vous le fréquentez régulièrement, ce que vous suggérez ou le fait que vous puissiez imaginer que je vois les choses ainsi est totalement hors-sujet.
Ce n’est pas l’esprit que j’ai voulu insuffler au blog, et je ne le laisserai pas partir dans cette direction. Si vous avez lu une seule chose de ce genre sur le blog, vous l’avez mal interprêtée.
Et pour vous en donner l’exemple, je suis le premier à remplir le bétisier en avouant que j’ai un jour acheté par correspondance et un peu rapidement les mémoires d’un certain Laffite (Belge), en pensant acheter les mémoires du flibustier.
Donc voilà, le con, c’est moi, mais je vous en prie, vous êtes toujours le bienvenu au dîner de lundi, enfin, si on arrive à en savoir un peu plus sur vous.
Hugues.
Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.
Traquer l’imbécile plutôt que le malhonnête, c’est pas sûr que ce soit vraiment plus sympathique.
Ca fait un peu dîner de c…, votre affaire.
G.
En effet, l’idée du bétisier est meilleure… c’est bien pour cela que je vous l’ai déjà proposée il y a une quinzaine de jours, en vous demandant vos contributions!
Et oui!
Sourire.
Hugues
L’idée du « bêtisier » de Xavier est plus sympathique que « à éviter sur ebay ».
Jean-Paul
Hughes, juste une suggestion, et pour faire suite à Louis XVIII, si l’on faisait une section « bétisier » ?
Xavier
En regardant le site des reliures postiches pour bibliothèques, Louis XVI avait dans son cabinet de lecture du château de Versailles, exactement la même chose. Une porte dérobée, menant à sa salle de billard, complètement cachée par une fausse bibliothèque pleine de reliures en maroquin rouge aux armes de France, toutes plus fausses les unes que les autres. Bon, le reste de la bibliothèque est vrai par contre…
Ne vous moquez pas !
Il faut éduquer Jean-Paul, envoyez un mail à ce brave vendeur et dites lui que Louis XVIII ne fait rien à l’affaire.
Quand je pense que j’ai un livre sous les yeux marqué MD C VI, ne serait-ce Louis VI le gros mon fillot ?
Les perles de ce type sont légions.
Il y a deux jours j’ai lu une annonce avec marqué :
« reliure très certainement en peau de bête. »
Sympa non ?
Amitiés, Bertrand
Magnifique Jean-Paul…
http://cgi.ebay.fr/Histoire-de-Gil-Blas-De-Santillane-par-Mr-Le-Sage_W0QQitemZ360002390445QQihZ023QQcategoryZ34188QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
Et vive Louis XVIII!
Hugues
Des bibliothèques entières en fausses belles reliures…
Le summum de l’anti-bibliophilie…
Dire qu’il y en a qui, pour obtenir le même effet visuel (ou presque) sont prêts à dépenser des millions !!!
Quelle bande de fous furieux nous faisons tout de même !
Amitiés, Bertrand
Vous pouvez, si vous le souhaitez, acheter des panneaux entiers de fausses reliures, pour habiller vos murs. Ca doit se vendre au mètre carré j’imagine:
http://www.manorbindery.co.uk/replica_infopage.htm
(pour les amateurs de livres-bibelots, ne pas hésiter à se balader sur le site).
Très bonne journée à tous !
Si vous voulez la commencer par un éclat de rire, rendez-vous sur ebay : « Histoire de Gil Blas de Santillane par Mr Le Sage »….
Jean-Paul
A voir sur le sujet pour les plus curieux…
http://cgi.ebay.fr/ANCIEN-COFFRET-A-CIGARES-BOITE-LIVRES-EN-CUIR-1920-40_W0QQitemZ220182258973QQihZ012QQcategoryZ78982QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
http://cgi.ebay.fr/Boite-en-bois-de-livre-de-miroir-en-cuir-tibetain-rare_W0QQitemZ180190791730QQihZ008QQcategoryZ121372QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
http://cgi.ebay.fr/LIVRE-BOITE-SECRETE-XVIII_W0QQitemZ370003199073QQihZ024QQcategoryZ114180QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
http://cgi.ebay.fr/PETITE-BOITE-LIVRE-ANCIEN-RELIURE-CUIR-MARQUE-JONQUET_W0QQitemZ120193935880QQihZ002QQcategoryZ114180QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
http://cgi.ebay.fr/BOUTEILLE-A-ALCOOL-EN-VERRE-CACHEE-DANS-FAUX-LIVRE_W0QQitemZ230202085199QQihZ013QQcategoryZ78993QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
http://cgi.ebay.fr/GOGOTINE-FAUX-LIVRE-10-AMPOULES-WHISKY-Remede-de-cheval_W0QQitemZ170177216047QQihZ007QQcategoryZ17818QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
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Pour tous les goûts… même les plus mauvais…
Amitiés nocturnes, Bertrand
C’est amusant Jean-Paul, car justement, je suis allé voir une exposition de reliures de Daniel Knoderer dans une Galerie d’art près de chez moi il y a quelques mois de cela.
Déconcertant ! Le mot est même souvent faible. Pour en faire un petit compte rendu rapide je dirais que ce sont des reliures faites de matières très modernes (plastiques, résines diverses, mais aussi cuir et carton, des couleurs très criardes, vivantes et gaies, une forme qui n’a q’un lointain rapport avec le livre relié traditionnel… il faut savoir que 8 livre sur 10 ne peuvent être posés debout sur une table (leur forme étrange ne leur permet pas…)
Impression globale : Le texte est interprété façon « art contemporain », il « sublimé » on va dire… à tel point que le texte imprimé (je veux dire papier, typo, etc), est, à mon goût, totalement zappé ou alors je n’ai pas bien compris le message (c’est fort possible en vieux « tradi » de 36 ans que je suis…).
Pour vous faire une idée sur les reliures-objet de Daniel Knoderer voici quelques liens :
Knoderer et quelques autres.
http://www.2wisted.co.uk/pimpernel/artofthebook/
http://www.loustal.net/actu/trouvailles.htm
On aime, on aime pas. Ca ne laisse pas indifférent. Est-ce de la bibliophilie ? Les anglophones dénomme Knoderer a « French Book Artist » … le mot relieur n’apparait pas… est-ce un signe ?
Amitiés dubitatives, Bertrand
Plus sérieusement : pour les bibliopégimanes aux goûts discutables, il y a les reliures de « Kno », alias Daniel Knoderer !
Jean-Paul
Une Bibliopégimane! Génial!
Valérie, pourriez-vous avoir la gentillesse de me contacter par email?
blog.bibliophile@gmail.com
Merci
Hugues
Alors j’étais (je suis) une bibliopégimane sans même le savoir !
Bonsoir Valérie,
Ce pourrait être l’énigme du jour !?….
Réponse dans quelques jours, aux Editions des Cendres ……
Jean-Paul
Valérie, soyez la bienvenue, un bibliopégimane est un amateur de reliures.
Non, ce n’est pas une wishlist (!), et je ne sais pas si ces objets sont des trompe-l’oeil ou de vraies reliures, mais les objets sont amusants.
Ce détournement de livres anciens n’est pas une nouveauté, il est probable que cela existe depuis le 18ème, et pour ma part, je trouve cela amusant, même si évidemment je considère que c’est à part, par rapport à la bibliophilie.
H
Au moins, chez Ikea, ils mettent de vrais livres dans leurs bibliothèques (d’accord, écrits en suédois, mais tout de même, de vrais livres) 😉
Ces objets font-ils partie d’une « wishlist », Hugues ?
Blague à part, j’ai découvert ce blog récemment, et je le lis quotidiennement depuis.
Qu’est-ce qu’un « bibliopégimane » ?
Otez moi un doute Hugues : il s’agit de reproductions en résine ou de vrais reliures? En tous cas, si un jour je suis lassé de mes ouvrages, sait on jamais, un coup de folie, je retiens les nombreuses suggestions, toutes plus heureuses les unes que les autres…
J’ai personnellement un faible pour le range-télécommande : enfin la rencontre de la littérature et de la technologie, je savais que c’était possible…
En tous cas Merci beaucoup pour ces trouvailles.
Philippem
Je pense que l’on peut être bibliophile ou bibliomane ET fétichiste, ce n’est pas incompatible.
Quant à avoir du papier toilette au motif « incunable » imprimé en fac-similé… pourquoi pas mais je n’irais pas jusque là.
Par contre utiliser de vieilles feuilles XVIIIè siècle issues d’une épave de livre sans intérêt pour habiller un abbat-jour IKEA pourquoi pas ??!
Amitiés, Bertrand
Merci, Hugues, de nous faire sourire…
Je suis trop respectueux du livre pour l’amputer de son contenu (phrases, style, illustrations) ou de son enveloppe. Par contre, j’aime détourner certains objets afin de le mettre en valeur. Par exemple, j’ai peint dans ma « bibliotheque-librairie » un meuble bas à deux battants (de faible valeur, je précise pour les amoureux du beau bois…) de telle façon que chaque porte représente le premier plat caractéristique de deux ouvrages de la NRF… Ce meuble cache une chaine audio et ses enceintes inesthétiques.
Dans le même style « kitch », j’ai les inévitables serre-livres en forme de livre, la petite boite range-tout avec dos orné façon cuir et ses approximatives dorures… Bertrand, quand je vous dis que je suis le dernier de la classe !(lol)
Par contre, il m’arrive d’envoyer de nombreux livres au pilon dans le cadre d’une de mes activités bénévoles. C’est toujours avec un pincement au cœur ! Alors, une horloge ? Pourquoi Pas ?
Cordialement. Pierre
Pas de soucis. On avait bien senti le côté « provoc » !!
Amitiés bibelotières, Bertrand
On se détend mes lapins.
Un peu de légèreté ne fait jamais de mal.
Car naturellement, vous avez bien vu (est-ce bien certain?) que j’étais totalement sérieux…
Hugues
Hors-sujet, Hugues. Copie à refaire.
Jean-Paul
Pour moi, les objets montrés ci-dessus, comme d’ailleurs tout objet dont le but final est de montrer un livre dont à la fois son enveloppe extérieure et son contenu sont détournés de sa fonction primaire, à savoir la reliure ne sert plus à protéger le livre et le contenu (texte ou/et illustrations) ne sont plus lisibles, ces objets disais-je relèvent uniquement de la bibeloterie. Je mets évidemment les livres évidés pour en faire des caches ou des boîtes à cigares dans le même lot…
Tels les livres ouverts laqués et couverts de fleurs séchées…
Tels les livres anciens dont le pourtour est brûlé pour faire ambiance « grimoire » (j’en ai vu).
Tout ces objets ne relèvent en aucune façon, ni du bibliophile, ni même du bibliomane, qui je le crois, même s’il accumule les livres sans toujours les lire veut toujours en garder la possibilité et avoir des livres « intacts ».
Quelle belle plaisanterie Hugues pour les bibliophiles et bibliomanes que cet article !
Amitiés, Bertrand
Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.
Génial !
« Vos livres éternels ne me contentent pas,
Et hors un gros Plutarque à mettre mes rabats,
Vous devriez brûler tout ce meuble inutile… »
Chrysale