Un livre Miniature / Minuscule

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Soir de grande fatigue (en passant je vous prie de m’excuser pour les mails auxquels je n’ai pas encore répondu)… aussi, une fois n’est pas coutume, je vous fais partager une récente acquisition, un peu particulière.
C’est un livre miniature, ou minuscule. Je n’ai a priori aucun goût pour ce genre d’ouvrages, qui a pour moi un peu du gadget, mais je n’ai pas résisté cette fois-ci: le livre est dans un bel écrin, c’est une petite prouesse.
L’ouvrage: La Sainte Bible, mise en vers par DU BOIS, 1782. La reliure est brodée, et le tout se loge dans un petit étui en maroquin noir, joliment et finement doré.
La taille du livre: 50 mm x 40 mm.
La taille de l’étui: 58 mm x 45 mm.

H

La lettre du bibliophile

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Marginalia diverses….

Marginalia diverses….

Amis Bibliophiles bonsoir,
Chaque bibliophile se trouve un jour confronté aux marginalia: parfois rédhibitoires, parfois fort intéressantes, parfois elles ajoutent même de la valeur à un livre ancien lorsqu’elles sont le fruit des réflexions de l’auteur (rare, mais cela arrive) ou plus fréquemment d’un lecteur célèbre. Nous avons tous en tête les marginalia de Montaigne dans un Lycosthènes déniché sur le puces de Toulouse.
C’est d’ailleurs un autre toulousain, Olivier, qui vous présente trois exemples intéressants de marginalia.
Le premier ouvrage est une copie manuscrite d’un ouvrage de 1675. Le livre est entièrement manuscrit et contient les visions, prédictions etc. d’une religieuse, mais Olivier ne connaît pas l’ouvrage d’origine. Le « copiste » a également utilisé la page de faux-titre et l’a rempli d’une écriture minuscule et serrée. Etait-ce à but décoratif? Le texte est curieux, et semble dédier l’exemplaire (mais à qui?). Si je déchiffre correctement le début : « chère ame pour gage de mon amour je vous laisse le souvenir amoureux & fréquent (?) de ma sainte passion ainsi que la dévotion & la confiance au mistere (?) de mon auguste sacrement. […] Dans ce mistere de mon incomparable amour quoi que fils de Dieu je me suis fait fils de l’homme […] De pasteur que je vous suis je me veux tous les jours l’agneau sur les autels pour vous engresser de ma substance divine et humaine ». Etonnant, non?
Le deuxième ouvrage est plus connu. Il s’agît de l’édition originale de la Folle Journée de Beaumarchais et dans ce cas, on se trouve face au cas typique du bibliophile encombrant, tellement content d’avoir l’édition originale qu’il la couvre de notes… avant de s’arrêter, fort heureusement juste avant la page de titre.
Le troisième ouvrage est daté de 1875 et il rassemble 49 vignettes à l’eau-forte pour illustrer le théâtre choisi de Molière chez Mame (1875-1879), elles sont de Foulquier et sont montées sur onglets et reliées en un in-folio. La reliure est simple mais parfaitement exécutée et rien ne fait particulièrement penser à un maître relieur. En fin une note au crayon précise qu’il a été relié par Chambolle-Duru. Il n’y a pas d’étiquette de relieur simplement une petite marque dont je ne sais si elle est un indice. C’est un exemple assez fréquent que je retrouve dans certains de mes ouvrages… en l’absence de signature ou d’étiquette du relieur, je considère en général que la reliure n’est donc pas signée. En effet, comment savoir si l’inscription manuscrite est celle de l’amateur qui a fait relier le livre, celle d’un libraire qui voulait en accroître la valeur, ou celle d’un autre amateur… Mais peut-on réellement parler de marginalia dans ce cas?
Le quatrième livre est de 1902. Il s’agît de l’édition originale du Temple enseveli, de Maeterlick, relié en demi-maroquin par Lavaux. Dans ce cas, nous avons affaire à un bibliophile sentencieux, qui a parsemé le volume de notes où il manifeste ses accords ou désaccords avec Maeterlinck.
Il semble être l’auteur d’une nouvelle intitulée Le Meurtre qu’il ne cesse de citer et de comparer au livre qu’il est en train d’annoter. Quelqu’un sait-il de qui il s’agit? Dans ce cas, il faut avouer que les marginalia, si elles sont cocasses, sont un peu ennuyeuses. Mais cela reste mon exemple préféré et vu le personnage, il doit être amusant de les lire.
Olivier & H

4 Commentaires

  1. Très joli livre ou très joli objet.
    je me suis fait quelques réflexions;
    -imprimé à Berlin sans nom d’imprimeur est-on en présence d’une adresse fictive et d’une édition clandestine?
    -on peut le croire vu la modeste facture de la page de titre, dans ce cas le format ne cherche pas a mettre en valeur la virtuosité du typographe mais à favoriser la clandestinité?
    – cette édition serait-elle protestante? probable.(J.P.J. Du Bois est aussi l’auteur d’une « vie des gouverneurs généraux avec l’abrégé de l’hitoire des établissements hollandais aux indes orientales »)
    – pour autant le propriétaire n’a pas regardé à la dépense!
    Lauverjat

  2. Bonsoir à tous,
    Une question de béotien, à partir de quand est-on minuscule ou miniature?
    J’ai un petit « Publius Virgilus Maro. Londini. Impensis GUL. Pickering. 31, LINCOLN’S INN FIELDS. 1821 » (283p.). Dont les dimensions sont 85mm x 48mm. Petit maroquin vert (dos orné de motifs géométriques(avec étui)). Rentre-je dans la catégorie? D’après mes recherches certains exemplaires ont été vendus lors de ventes de livres « miniatures », aussi ma question revient, quand devient-on minuscule?
    Bien à vous tous,
    Olivier

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