Miscellanées de Monsieur H.: les cartonnages romantiques, les secrets des fonds anciens et deux armes à identifier

Amis Bibliophiles bonsoir,
Je profite d’un moment calme pour revenir sur le blog que l’ami Bernard Mamy consacre aux cartonnages romantiques: http://cartonnagesromantiques.blogspot.fr/. Si vous n’êtes pas familier de ce type d’ouvrages c’est l’endroit idéal pour développer vos connaissances.

Les derniers articles sont consacrés aux oeuvres de Béranger, à Edouard de Beaumont et au fameux Musée pour Rire. N’hésitez pas à vous y rendre régulièrement ou à poser vos questions à Bernard lorsque vous calez face à un cartonnage romantique.
Que se passe-t-il dans les fonds anciens des bibliothèques?
Bonne question assurément à laquelle la Bibliothèque Diderot de Lyon a entrepris de répondre à travers une exposition présentant quelques aspects des problèmes auxquels sont confrontés en permanence les bibliothécaires qui travaillent sur les documents patrimoniaux: quelles sont les différentes atteintes qui peuvent affecter un livre au cours de son existence ? Comment les prévenir et les minimiser ? Comment conserver en bon état le plus longtemps possible ? Comment redonner une seconde vie à des ouvrages en mauvais état ?


La bibliothèque a choisi de montrer un certain nombre de ses ouvrages en mauvais état, ceux que l’on hésite en général à exposer, ceux qui ont subi des outrages divers au fil des ans, ceux qui posent le plus de soucis par leur nombre ou l’ampleur de leurs dégradations. Pour remédier à ces usures causées par le temps, les hommes, les insectes, les champignons etc., il existe des gestes à faire et ne pas faire, des matériaux à utiliser ou à proscrire, des surveillances à effectuer. Parfois, pour des ouvrages plus rares, il est possible de se lancer dans des entreprises de reliure ou de restauration mais toujours avec grande prudence. Le tour d’horizon se termine en exposant certains de ces livres précieux à plus d’un titre qui sont parvenus jusqu’à nous en très bon état et qui constituent, avec tous les précédents, la richesse de nos fonds.
Cette exposition est accessible aux horaires d’ouverture de la bibliothèque (9h-19h du lundi au vendredi, 9h-17h le samedi). Des visites commentées et des démonstrations auront lieu les mardis et jeudis après-midi à 15h. Bibliothèque Diderot de Lyonwww.bibliothèque-diderot.fr5, parvis René Descartes – Lyon 7eme.04 37 37 65 00
Enfin, un peu de science héraldique pour les spécialistes: deux lecteurs du blog cherchent en effet à identifier les armes suivantes:
Celles d’Eric, début XXe, sur une reliure d’Affolter:

Et celles de Jean-Luc (sur une reliure de Dunezat, vers 1870, d’un marquis semble-t-il dont la base pourrait être de la famille de Laage (Bellefaye, ou de Meux, etc…): D’azur, au chevron d’or acc. en chef de deux roses du même tigées et feuillées de sinople et en pointe d’une main gantelée d’argent posée en fasce supportant un faucon au naturel. Supports deux lions d’or. Q’en dites-vous?

Merci pour eux,H

La lettre du bibliophile

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Les salons sont-ils l’avenir de la librairie: retour sur le Salon du Grand Palais

Les salons sont-ils l’avenir de la librairie: retour sur le Salon du Grand Palais

Amis Bibliophiles bonsoir,
Au lieu de vous proposer un énième compte-rendu du Salon du Grand Palais: « c’était bien mais », « j’ai aimé ceci mais pas cela », « j’ai acheté ceci, oh regardez comme c’est beau »…, « c’est trop cher », et j’en passe… je me suis dit que j’allais me plutôt demander pourquoi j’allais à ce salon et ce qu’il apporte, ce qu’il m’apporte.
En réalité j’achète assez peu souvent au Grand Palais, une année sur deux je dirais, j’arrive à résister à la fièvre acheteuse lié à l’événement, ou plutôt je ne croise pas de livre qui me tente assez. En fait, avec le temps je me suis rendu compte que je n’allais presque plus au Salon pour acheter mais pour d’autres raisons, très diverses.

Parce que c’est au Grand Palais: oui, c’est tout bête, mais j’aime cet endroit, c’est un « faire venir » essentiel. J’aime l’idée de voir les livres rassemblés dans un temple aussi Auguste (et encore plus cette année), et ne serait-ce que pour avoir le plaisir de venir bibliophiler sous la grande verrière, et bien je viens. Je ne vais plus tellement dans les autres salons, Champerret se bunkerise et se cartepostalise, Olympe de Gouges c’est un peu pareil, à croire que le bibliophile s’épanouit dans les espaces souterrains, sans fenêtres. Terrible. Je n’aimais pas la Mutualité, pour la même raison d’ailleurs.
Parce que j’y retrouve des amis bibliophiles: c’est traditionnellement l’occasion d’improviser un repas de bibliophiles, de partager nos trouvailles, d’évoquer des achats futurs ou passés, de poser des questions, de découvrir de nouveaux types d’ouvrages, d’apprendre; des amitiés solides se sont nouées au fil du temps.
Parce que c’est à mon sens le plus grand rassemblement, et le plus beau, autour du livre ancien. C’est là que sont les plus livres, c’est là qu’on peut en voir le plus en aussi peu de temps, et surtout croiser des exemplaires parfaits, uniques…
Enfin, et c’est le sujet du titre de ce poste, parce que je me demande de plus en plus sérieusement si les salons ne sont pas l’avenir de la librairie. Je m’explique: 
1. Je n’ai plus le temps de fréquenter les librairies, et il faut bien l’avouer pas toujours l’envie. Le « cérémonial » me pèse, l’accueil parfois calme toute envie. Le salon est une occasion unique de déambuler librement dans une petite centaine de librairies, sans pression, face à des libraires qui sont souvent ici plus accueillants que dans leur antre 🙂 
2. La profusion de l’offre, qui est étourdissante et offre un véritable choix, bien plus que quand on entre dans une librairie. C’est aussi l’occasion de comparer des exemplaires proches, à quelques mètres les uns des autres pour dénicher celui qui nous plaît le plus. 
3. La possibilité de déambuler avec un ou plusieurs amis, et de leur demander conseil ou avis, ce qui serait probablement incongru dans une librairie.
4. La possibilité d’échanger et de s’enrichir auprès de nombreux libraires, de sortir de ses petites habitudes, d’en découvrir de nouveaux, qui viennent de province ou de l’étranger où je n’aurai matériellement pas le temps de me rendre en un week-end.
5. C’est peut-être le seul endroit où on peut voir en aussi peu de temps autant de livres sans avoir à cliquer sur une souris. 
Des bémols, et bien je n’en vois pas. Et vous?
H
P.S.: au fait, je n’ai rien acheté. 

7 Commentaires

  1. Merci beaucoup de votre réponse Textor. A ce prix là (environ 20€), ce serait dommage de s'en priver.
    J'avais une autre petite question, est-ce-que ce "L'aventure Du Livre – Du Manuscrit Médiéval À nos jours" (2001) est une sorte de mise à jour de "Le livre des livres" paru en 1994 par le même auteur.

    Merci encore de votre aide

    Adrien B.

  2. Bonjour,
    Désolé d'écrire un commentaire qui n'est pas en rapport direct avec l'article de Hugues, néanmoins, nécessitant votre aide, cela me semblait être l'endroit le plus judicieux.
    J'aimerais me documenter sur l'histoire du livre des origines jusqu'à nos jours, mais je ne sais pas quel livre prendre tant le choix est vaste. Je cherche une oeuvre plus axée sur le côté bibliophilique que purement littéraire. L'un d'entre eux m'intéresse particulièrement : L'aventure Du Livre – Du Manuscrit Médiéval À nos jours (J.-P. Fontaine).

    Auriez-vous d'autres livres à me proposer sur le sujet ?

    Merci d'avance de vos réponses

    Cordialement

    Adrien B.

  3. Merci Messieurs
    pour cette information très précise.
    Décidément le vocabulaire, codes langagiers et les représentations symboliques restent bien hermétiques pour un béotien.
    Eric
    NB: je n'avais pas acheté ce livre superbe pour les armes … d'autant qu'il y a un superbe emboîtage

  4. Jean Louis Napoléon Eugène Régnier quatrième duc de Massa (noblesse d'Empire) (1875- 1946) et Odette de Boutray son épouse

    Mi-parti, au 1 (Régnier) d'hermine à la fasce de sable, chargée de trois alérions d'or
    , au 2 (de Boutray) : D'argent, au bouc passant de sable ; au chef d'azur, chargé de deux flèches d'argent passées en sautoir.

    Lauverjat

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