Curiosités pour bibliophiles: Le Livre de demain, Albert de Rochas

Amis Bibliophiles bonjour,
On connaît le « Livre de quatre couleurs » et les livres à la mode  Caraccioli (au sujet desquels j’avais commis un article http://bibliophilie.blogspot.fr/2007/11/des-livres-lhonneur-les-livre-la-mode.html), on connaît aussi ce livre recherché recensant les différentes sortes de papier, « Les oeuvres du marquis de Villette » (1786, in-16).
Mais connaissez-vous le « Livre de demain », de Albert de Rochas (Blois, Raoul Marchand, 1884, tiré à 250 exemplaires, numérotés et paraphés par l’auteur)? 

C’est un rare et très étonnant ouvrage de bibliophilie, dont le propos est d’explorer à travers le triple prisme du papier, de l’encre et de la couleur, les multiples possibilités qui s’offraient à la fin du XIXe siècle: il est imprimé sur différents papiers, avec différentes encres et couleurs, différentes typographie… en résumé c’est une forme d’exercice de style autour du travail de l’imprimeur.


Dans la préface Albert de Rochas explique ainsi que « ce qui est certain, c’est que le lecteur commence à se lasser de voir toujours du noir sur du blanc, et que le Livre de Demain ne ressemblera pas au Livre d’hier. J’ai essayé de montrer comment la couleur pouvait y être introduite, non-seulement pour l’orner mais encore pour servir d’auxiliaire à l’écrivain » 

Du point de vue du texte, Le Livre de demain rassemble dans sa seconde partie « Applications » des écrits anciens et moderne qui vont de Homère, Ronsard ou Tabourot, à Mistral ou Verlaine. Chaque texte est une occasion d’appliquer les techniques présentées dans les premiers chapitres: encres de couleurs différentes (or, bistre, argenté, bleu, vert, violet etc.), typographies diverses, lithographies, photlithographies, eaux-fortes, bois, etc. De nombreux types de papier sont utilisés: l’hortensia, l’azur ou l’ivoire de Renage, le japon, le parchemin végétal de Moirans, le granité rose et le gris-fourrure de provenance autrichienne, le vert de provenance anglaise, la pelure bleue et le soleil couchant d’Angoulême, etc.
Bibliophilesque! 
L’avez-vous déjà croisé, lui ou le Villette?
H

La lettre du bibliophile

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2 petites énigmes: identification d’initiales et le Maréchal marquis de Vieuville

2 petites énigmes: identification d'initiales et le Maréchal marquis de Vieuville

Amis Bibliophiles bonjour,
Deux lecteurs du blog aimeraient faire appel à vos talents:
1. Olivier possède cet ouvrage joliment relié dans lequel un précédent propriétaire a laissé un petit caillou permettant de remonter la piste de la provenance… mais pas jusqu’à identifier les initiales qui ornent les plats.Si l’on en croit la note manuscrite au dos d’un faire-part de mariage, le volume appartenait à la comtesse de Jouffroy-Gonsans (née Guigues de Moreton de Chabrillan [1855-1907]) mariée à Jehan de Jouffroy-Gonsans, et lui venait de sa mère. L’un de vous aurait-il une idée concernant les initiales PL compte-tenu de ce début de pédigrée…
2. Yohann a remarqué que lors de la vente du 27 mai prochain chez ALDE se vend un exemplaire du siècle de Louis XIV de 1752, dont il est mentionné qu’il est aux armes du Maréchal marquis de Vieuville, ou tout au moins que cela était mentionné ainsi dans le catalogue Rahir. Cette étrange tournure semi affirmative devait éveiller mon attention.
Il y a eu en effet un marquis de Vieuville contemporain de cette édition qui était Maréchal de camps, mais pas Maréchal de France comme laisserait supposer l’annonce. Ce Marquis apparemment aurait eu le droit d’utiliser les armes du Duc de la Vieuville, le blason je pense, mais assurément pas les attributs l’entourant.L’ennui c’est qu’il me semble que ces armes ne sont pas celles des Vieuville – une recherche internet le démontre rapidement.
Sur ces armes, on observe une couronne ducale et un manteau de pair ainsi qu’un cordon de l’ordre du St Esprit, un excellent site héraldique a identifié toutes les armes des différents chevaliers de l’ordre, or celles-ci n’y sont pas.
Je ne suis pas non plus parvenu a identifier le grade militaire représenté par les drapeaux et autres décorations entourant le blason.
J’ai pu par ailleurs retrouver 90-95% des armes des ducs et pairs sous Louis XV, et a nouveau ces armes sont absentes. La chose me parait bien étrange, peut-être qu’un lecteur saura m’éclairer.
Merci.
H

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