Plaisir de Bibliophile en direct…

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La vie est bien faite. J’évoquais hier les plaisirs de la bibliophilie, et j’en vis un aujourd’hui… j’ai ouvert le colis il y a deux heures. C’est une de ces surprises que les achats à distance réservent… voici ce que j’ai acheté, sur la base de ces photos (on a connu plus nettes):

Et voici ce que j’ai reçu…
C’est un Almanach Royal de 1704 dans une reliure en vélin de l’époque au semé de fleurs de lys, avec les armes de France au centre des plats et des L couronnés sur le dos. Etat parfait. Il a été mis dans une étonnante chemise composée d’une scène de chasse sur une sorte de coussin matelassé, elle même insérée dans un étui, début 20ème. Le prix payé est à la hauteur des premières photos. Pas d’un niveau très élevé. Quand j’ai ouvert le colis ce soir, je dois vous avouer que j’ai jubilé, je n’étais vraiment pas certain de la qualité de l’ouvrage ou du fait que la reliure était bien d’époque. Un petit miracle. Un plaisir de bibliophile en somme. H

La lettre du bibliophile

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Le Merle blanc et le Bibliophile

Le Merle blanc et le Bibliophile

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ca y est! Il est passé de l’autre côté de la barrière, de commentateur expert, Jean-Paul est enfin devenu rédacteur d’un message sur le blog. Ca fait plaisir.

Comme souvent avec Jean-Paul, l’action se déroule en Champagne… et nous partons avec lui sur les traces de son merle blanc personnel. Pour faire court, un « merle blanc » est un ouvrage extrêmement recherché.
« Le 30 octobre 1653, en l’église Saint-Crépin de Château-Thierry, eut lieu le baptème de Charles, fils qui restera unique de Jean de La Fontaine et de Marie Héricart. François Maucroix, chanoine de Reims, fut son parrain.

De l’année suivante date le privilège de la première impression lafontainienne parvenue jusqu’à nous : « L’Eunuque », traduction plutôt médiocre de la comédie de Térence, fut éditée à Paris par Augustin Courbé, libraire au Palais, en la petite salle appelée aussi galerie des merciers, à l’enseigne de la Palme. L’achevé d’imprimer est du 17 août 1654. Il s’agit d’un in-4° de 4 feuillets et 152 pages, les trois dernières non chiffrées. Des en-têtes, des initiales et des ornements typographiques marquent les actes et les scènes.

Le bibliographe Jean-Albert Fabricius, dans sa « Bibliotheca latina », ne cite que cette édition parisienne.

Mais Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris et contemporain de Jean de La Fontaine, est formel : la première édition est de Reims, la même année et dans le même format. C’est ce qu’il écrit vers 1725 dans son « Histoire de la vie et des ouvrages de M. de La Fontaine », éditée seulement en 1811 par Renouard (Paris, in-12, vi-132 p.).

Il paraît en effet étonnant qu’un jeune auteur champenois puisse être édité d’emblée par un des tout premiers libraires parisiens de l’époque, éditeur de Ménage, Chapelain, Scudéry, Voiture, Corneille, … On sait d’ailleurs que l’ouvrage n’eut pas de succès.

L’édition de Reims précéda donc celle de Paris, la même année. En 1654, l’impression a pu être réalisée à Reims par la veuve de François Bernard, active de 1650 à 1660, ou par Jean Multeau, actif de 1652 à 1693, ou plus certainement par Augustin Pottier, actif de 1650 à 1659. Mais aucun exemplaire n’est connu!

Depuis maintenant plus de 25 ans, je le traque, cet exemplaire! Qui de nous n’est pas prisonnier de cette espèce d’obsession?!

Si vous le trouvez, n’oubliez pas de me le faire savoir! »

Merci Jean-Paul, tu étais seul sur sa piste, c’est maintenant une meute qui va le pourchasser!

H

13 Commentaires

  1. Quelques informations supplémentaires : évidemment, la reliure est strictement d’époque. C’est bien un vélin doré. Le semis a été appliqué à la main, et non pas via une plaque : les écartements entre les fleurs de lys sont irréguliers.
    Dans la dentelle, on trouve un petit oiseau.
    Si l’un de vous a envie de le voir à Brassens demain matin, ce sera possible, je vais lui offrir une petite sortie en plein air.
    H

  2. Vu Raphaël !

    Exact, sans doute la veuve d’Houry éditrice de ce best seller pour la cour de France à l’époque, vendait-elle X exemplaires en reliure identiques de ce type.

    Une sorte de reliure éditeur avant l’heure en somme.

    Très certainement réservée à une élite, probablement faite à quelques dizaines voire centaines d’exemplaires seulement cependant.

    Amitiés, Bertrand

  3. Cette reliure m’intrigue je dois l’avouer.

    On y distingue des coutures apparentes en haut et en bas du dos, aux mors, ce qui, si je ne me trompe pas, serait plutôt l’indication d’une reliure hollandaise ??, le semis de fleurs de lis et le L couronné en long indique une provenance ou une destination de l’entourage royal, cependant, comme il s’agit d’un almanach royal (dont la connotation royale est jusque dans le titre), ce peut être une décoration de pure « esthétisme » ??

    Qu’en pensez-vous ? Jean-Paul ?

    Amitiés, Bertrand

  4. Bonjour,
    Ainsi c’est vous Hugues qui l’avez acheté?
    Quant à notre ami italien, la télévision italienne a déjà généralisé le principe du « tete culo » . Autrement dit s’il y avait une émission sur la bibliophilie sur une chaîne italienne elle serait présentée par la bimbo de la roue de la fortune (dont le nom m’échappe).
    Amicalement,

  5. Comment disiez-vous déjà ?

    Bibliophilie : plaisir de soupeser de beaux volumes et de caresser une belle peau sur un dos lisse ?

    Je me sens diablement bibliophile, ce soir !

  6. Tout ceci n’est que tristesse Bernard…

    hum hum…

    je disais cela avant d’avoir vu la dernière photo tout en bas de l’annonce, qui certes n’a rien à voir avec l’amour livresque, mais redonne un bon coup de fouet (si j’ose) en cet après-midi pluvieux…

    Dieu que les chirurgiens font des miracles !!

    Amitiés, Bertrand

  7. Je les trouve plutôt doux et soyeux, je pense que Bertrand a mal regardé ces belles images.
    Bernard : bon coup d’oeil, on reconnaît l’ancien spécialiste du physique. pardon, de la physique.
    H

  8. Que faire avec ce lot de vieux livres Bernard ?

    Epaves d’un temps où ils furent tous beaux, complets et bien reliés…

    Tout ceci n’est que tristesse…

    Amitiés, Bertrand

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