Un grand bibliophile du XIXe siècle : Joaquim Gomez de La Cortina

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Excellente nouvelle, c’est un nouveau contributeur qui rejoint le blog en la personne de Guillaume, qui nous propose ce soir un portrait de Joaquim Gomez de La Cortina. Je lui laisse la parole.

« Je me propose de vous présenter à grands traits la figure d’un des plus illustres bibliophiles du XIXe siècle, mort tragiquement sous les coups de ses propres livres, qui récompensèrent là bien mal le culte qu’il leur voua sa vie durant.
Né en 1808 au Mexique, le jeune Joachim Gomez de la Cortina, futur marquis de Morante, est rapidement envoyé en Espagne par son père au moment où les troubles pour l’indépendance de la colonie se déclarent. Il y réalise des études brillantes, puique après avoir obtenu deux doctorats successifs – en droit canon puis en droit civil -, il devient recteur de la prestigieuse Universitas Complutensis de Madrid, avant d’exercer différentes fonctions politiques et juridiques. Il se dégage bientôt de toutes ces charges pour se consacrer à la réelle passion qui l’anima jusqu’à son dernier souffle : les livres, comme le montre sa devise hora fallitur legendo, aposée sur les nombreux ouvrages qu’il donnait à relier aux ateliers parisiens les plus réputés.

Doté d’une aisance matérielle certaine après la liquidation des biens reçus en héritage, il a dès son plus jeune âge consacré une part non négligeable de sa fortune à ses livres, puisque d’après ses registres de comptes, certaines années, les deux tiers de ses revenus étaient consacrés à l’achat de nouveaux ouvrages, à leur reliure ou à leur restauration. Aussi sa bibliothèque est-elle remarquable par trois aspects au moins :

* le nombre d’abord, puisqu’il réunit près de 120.000 volumes, total presque inédit pour un particulier.

* la qualité ensuite, puisqu’on compte de très nombreux ouvrages uniques, et que tous sont en excellente condition ; on peut signaler qu’il redore là le blason national, l’Espagne passant à l’époque pour n’abriter pratiquement aucun bibliophile, tout au plus quelques érudits qui s’accommodaient de livres délabrés et mangés par les vers.

* l’élégance enfin puisque, outre les belles reliures anciennes (sortant des bibliothèques de Thou ou de Grolier, quand elles n’ont pas été pas réalisées par Clovis Ève), il fait relier de nombreuses acquisitions en plein maroquin ou en veau fauve (ce qui n’exclut pas du demi-chagrin, voire de la demi-basane pour des ouvrages de pure consultation) par de grands artisans, Duru étant, d’après une anecdote ayant circulé dans Paris, son favori.

Passionné par l’Antiquité classique, il avait construit sa bibliothèque, sublimement logée dans de vastes salles dallées de marbre, autour de trois grands domaines :

— les classiques latins, avec des éditions de Virgile, Horace ou Cicéron par dizaines ; esthète raffiné, il pouvait posséder plusieurs exemplaires de la même édition. Il détenait aussi quelques manuscrits anciens de ces auteurs.

— les poètes latins modernes, prolongement logique de son premier centre d’intérêt.

— les ouvrages hétérodoxes, traitant de la Réforme ou d’hérésies plus confidentielles et plus exotiques…

Il publia lui-même un catalogue en 8 volumes de ses livres, limité à 500 exemplaires, preuve qu’il n’était ni bibliomane ni simple amateur de reliures (que Bergamotte et autres bibliopégomanes m’excusent) ; il fut d’ailleurs l’auteur d’un Dictionnaire étymologique latin et espagnol, Leipzig, 1867.

Malgré l’indication qu’il faisait frapper sur les plats de ses ouvrages (J. Gomez de la Cortina et amicorum, c’est-à-dire, « appartenant à J. Gomez de La Cortina et à ses amis »), jamais il ne prêtait ses ouvrages : mais n’est-ce pas à cela qu’on reconnaît le vrai bibliophile (cf. le Ite ad vendentes ! de Scaliger et toutes les anecdotes que répètent à l’envi les manuels de bibliophilie).
En dehors de ses livres, le loisir essentiel de ce célibataire endurci consistait en des discussions philologiques, tous les soirs, avec ses amis ; il détestait ne pas avoir le dernier mot, et son caractère passait, en vérité, pour difficile (serait-ce une autre caractéristique des bibliophiles ? Brunet, Quérard – certes bibliographes avant tout – avaient un caractère insupportable. Ce n’est pourtant pas l’impression que donne ce site !).

Malgré tous ces mérites, c’est pour sa mort, frappante il est vrai, et survenue en 1868, que l’on connaît surtout le marquis de Morante : il est en effet décédé en tombant du haut de l’échelle de sa bibliothèque (et non sous le poids de ses livres, comme on le dit trop souvent, et comme je l’ai moi-même honteusement prétendu au début de cet article, pour appâter le lecteur !), rejoignant en cela d’autres amateurs de livres.

L’essentiel de sa bibliothèque fut acquise et reliée en France ; c’est là aussi qu’elle fut dispersée, le catalogue ayant été réalisée par Paul Lacroix, alias le Bibliophile Jacob. Étant donné la masse de cette bibliothèque – dont une petite partie est maintenant entreposée à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm – il n’est pas difficile de trouver aujourd’hui quelques exemplaires dans le commerce, à condition de ne pas viser, bien sûr, une édition aldine reliée en plein maroquin bleu par Lortic, revêtue de la griffe d’Alde Manucce et agrémentée de quelques annotations d’Érasme…

Pour conclure, voici trois exemplaires qui m’ont fait particulièrement rêver quand j’ai parcouru les pages du seul premier volume du catalogue de vente réalisé par le Bibliophile Jacob – même si ce ne sont sans doute pas, objectivement, les plus précieux :

N° 774 : Horace Poemata – Paris, ex. off. Rob. Stephani, 1544 – in-8, mar. r., dent. int., tr. dor., avec notes manuscrites originales de Robert Estienne (Lortic)

N° 1488 : Scaliger (Joseph) Opus de emendatione temporum – Leyde, Plantin, 1598 – in-fol., mar. r., fil. tr. dor., aux armes de J.-A. de Thou, avec deux lignes autographes de J. Scaliger

N° 1616 : Tacite Opera omnia quæ extant. Iust. Lipsius denuo castigavit et recensuit – Lyon, Ant. Gryphe, 1584 – in-12, mar. r., comp. doré en plein lis, et marguerites sur les plats, tr. dor., aux armes de Marguerite de Valois, dite la Reine Margot (Clovis Ève)

Merci beaucoup Guillaume,

H

Bibliographie sommaire (plus de références dans l’ouvrage de P. Hummel) :

Fr.-A. Barbieri, « Notice biographique sur D. Joach. Gomez de La Cortina, marquis de Morante », dans Catalogue de la bibliothèque de feu M. le marquis de Morante, ancien recteur de l’Université de Madrid, sénateur du Royaume d’Espagne – Paris, Bachelin-Deflorenne, 1872 – vol. I, p. III-XVII

J. Gomez de la Cortina, Catalogus librorum doctoris D., Joach. Gomez de la Cortina, marquis de Morante, qui in ædibus suis extant – Madrid, Dusebius Aguado, 1845-1870 – 8 vol. in-4 + 1 vol. de suppléments

J. Guigard, Nouvel armorial du bibliophile. Guide de l’amateur des livres armoriés – Paris, E. Rondeau, 1890 – t. II, p. 372-375

P. Hummel, Regards sur les études classiques au XIXe siècle : le fonds Morante de l’É.N.S. – Paris, Presses de l’École Normale Supérieure, 1990 – 259 p.

Photographie : Quicherat (Louis, Marie) Vocabulaire des noms géographiques, mythologiques et historiques de la langue latine – Paris, Hachette, 1846 – Gr. in-8, pl. v. fauve glacé, double fil. droit sur les pl., dos lisse à fil. dor., aux armes sur les deux pl. de J. Gomez de la Cortina et amicorum, avec sa devise Fallitur hora legendo, VIII-176 p.

Description des armes de J. Gomez de La Cortina, empruntée à Guigard : « Coupé d’un et parti de 3, ce qui fait 8 quartiers : au premier, d’argent, à 3 fasces de gueules, à la bordure de sinople, chargée de 8 sautoirs d’argent, 3 en chef, 2 aux flancs et 3 en pointe ; au second, de sinople, à une cotice et un filet d’argent en bordure, accompagné de 2 croix vergetées du même, 1 en chef et 1 en pointe ; au trois, de gueules, au pélican de sinople en sa piété, à la bordure componée de sinople et d’azur ; au quatre, de même que le 2 ; au cinq, de gueules, à 3 fleurs de lis en fasce, une tour d’argent maçonnée de sable et donjonnée du même, en chef une cannette d’or repose sur une placette du même ; au six, de sinople à 5 étoiles d’argent, 2, 1 et 2 ; au sept, de même qu’au 1 ; au huit et dernier, coupé : au 1, d’azur à 1 tour d’argent surmontée de 3 étoiles du même mise en fasces ; au 2, de sinople, au taureau d’argent »

La lettre du bibliophile

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Portrait de Bibliophile: l’abbé de Rothelin

Portrait de Bibliophile: l’abbé de Rothelin

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Gilles/Lauverjeat, que vous connaissez bien pour ses identifications héraldiques, vous propose ce soir un message sur Charles d’Orléans de Rothelin dit l’abbé de Rothelin, grand bibliophile du 18ème siècle.

Fils puîné de Henri d’Orléans marquis de Rothelin et de Gabrielle Eléonore de Montault, Charles d’Orléans Rothelin naît le 5 août 1691. Il est le petit fils de Henry Auguste d’Orléans marquis de Rothelin et de Marie Le Bouteiller de Senlis. Orphelin de père à l’âge de deux mois puis de mère à l’âge de sept ans. Sa soeur aînée Suzanne comtesse de Clère veillera sur lui. Il étudie au collège d’Harcourt. Il sera prêtre, puis docteur en théologie de la faculté de Paris à l’âge de 25 ans. Assistant et protégé du cardinal de Polignac il accompagne celui-ci à Rome en 1723, pour le conclave de l’élection de Benoit XIII. Il est nommé abbé de Cormeille près de Lisieux, ce qui restera son seul bénéfice. En revanche il avait hérité de la duchesse d’Elbeuf, sa tante en 1717.

Frontispice du catalogueElu membre de l’Académie Française le 12 juin 1728 il participe à la rédaction du Dictionnaire. Il est élu à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres le 11 décembre 1733 avec le soutien fidèle du cardinal de Polignac. Le marquis René Louis d’Argenson est élu en même temps que lui. Ce dernier, aussi bibliophile est le père du marquis de Paulmy fondateur de la bibliothèque de l’Arsenal. Il dit de l’abbé de Rothelin qu’il “a plus d’ennemis que d’amis parce qu’il se mêle dit-on de trop de choses”.

Il faisait partie de la société du “Soupers des Quinze livres” nommée ainsi car il n’était pas permis d’y dépenser plus que cette somme. Madame Marie-Anne Doublet femme de lettre en était l’animatrice. Cette société comptait encore le peintre Charles Antoine Coypel, l’auteur dramatique, antiquaire et graveur amateur le comte de Caylus, Hélvétius, Marivaux, Madame Lemarchand auteur, la comédienne Mademoiselle Quinault, Louis Fagon, conseiller d’Etat et bibliophile, Rigaud, Larguillière, de Clavière, de Mirabeau, de Foncemagne, et Fréret secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il compta aussi parmi ses amis le comte d’Hoym, bibliophile.

Il est l’auteur d”observations et détails sur la collection des grands et petits voyages “ publiée en 1742. Il s’agit d’une étude sur les soixante opuscules publiés de 1590 à 1634 par de Bry et Merian que l’abbé de Rothelin étudie et réunit sous le titre “Collectiones perigrationes in Indiam Orientalem & in Indiam Occidentalem”

Il meurt le 17 juillet 1746. Son ami Fréret écrit son éloge. Son frère recueille son héritage. Il a dû soustraire à la vente quelques manuscrits familiaux dont l “ Histoire de la maison des Bouteillers de Senlis” exemplaire de prestige et de commande enluminé écrit par du Chesne en 1636.
Eglise de Moussy-le-Vieux, armes des Rothelin et monument des premiers comtes de MoussyComme beaucoup de lettrés de son temps, l’abbé de Rothelin alliait ses deux passions pour les monnaies et médailles d’une part et pour les livres d’autre part. Sa passion pour les livres remontait à l’enfance “étant encore écolier, (il) y employait tout l’argent dont il pouvait disposer”. Son intérêt pour les monnaies et médailles naquît pendant son séjour à Rome. Je suppose que ses collections demeuraient en sa résidence près de Paris à Moussy-le-Vieux.

Il avait réuni 8 000 médailles et augmenté la collection primitive du duc de Maine. A sa mort, la collection de ses monnaies fut vendue en bloc au roi d’Espagne pour 87 000 livres et les grands bronzes au marquis de Beauvau pour 40 000 livres. Il avait auparavant donné sa collection de médailles impériales de petits bronzes, forte de 9000 pièces, à M. Le Beau.

Son extraordinaire bibliothèque dont il tenait le catalogue et dont il était peu avare, fut mise en vente du 14 avril au 17 juin 1749. Un catalogue original de vente fut rédigé par le libraire Gabriel Martin, rue Saint-Jacques et publié en 1747 (format in-8 de XII, XXIV, et 618 pp). Il comporte un portrait gravé de Jacques-Nicolas Tardieu d’après Coypel en frontispice. La division du catalogue allait servir d’exemple. S’y succèdent dans l’ordre: Théologie, Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire. Le catalogue précise que les livres y sont de “condition très belle…beaucoup de grand papier, lavés et réglés” “et qu’un grand nombre de reliures soit en veau soit en maroquin sont des fameux relieurs Boyet, du Seuil, Pasdeloup, et Anguerran”
Ex-libris de l’abbé de RothelinLe catalogue compte 5036 numéros. Les 1159 premiers ne concernent que la théologie. Une liste in fine permet de retrouver 262 manuscrits. Parmi eux nous trouvons la Bible historiée de Jean de Bruges présentée par Jean Vaudetard au roi Charles V, un des fleurons du musée Meermanno-Westreenianum de la Haye aujourd’hui et le “Missale Anglicanum” de l’abbaye de Sherborne. Daté de 1400-1405, il appartint pendant près de deux siècles aux duc de Northumberland avant de rejoindre la British Library en 1998 seulement. Ces deux ouvrages font l’objet d’un article particulier en début de catalogue. Notons encore un livre de prières pour Jeanne de Laval in-folio avec fermoirs d’argent et parmi les 85 recueils de pièces historiques manuscrites, une épître de Jean Juvénal des Ursins aux Etats de Blois en 1433.

Chemin faisant nous découvrons quatre éditions et un manuscrit des oeuvres de Rabelais, dont une édition de 1552 et l’édition sur grand papier illustrée par Picart en 3 volumes et en maroquin rouge de 1741.Nous trouvons encore, toujours sur grand papier, les oeuvres de Molière de 1734 en six volumes in-4. Les oeuvres de Joachim du Bellay et de Desportes sont présentes, mais pas celles de Ronsard! Le Roman de la Rose est bien représenté, un manuscrit sur vélin in folio et un imprimé avec figures sur bois en gothique, plus les éditions de 1521 et 1529 et 1735. Au chapitre des sciences nous retenons les oeuvres d’astronomie de Maupetuis, les “elemens de la philosophie d’Isaac Newton” par Voltaire en 1738 et les institutions de Physique par la marquise du Chastelet de 1740. Parmi les livres d’histoire figure La chronique Martinienne en incunable : Chronica ex S Hieronymo , Eusebio & ailiis excerpta per Martinum Polonum , 1477, Taurini, J. Fabri. La collection de livres de théologie compte également plusieurs incunables, le Montbritius de 1480 par exemple, ou un Saint-Augustin imprimé à Rome en 1470, in folio, grand papier, en maroquin rouge! Numéro d’ordre de la bibliothèque de l’abbé
La vente rapporta 83 000 livres. La bnf conserve sous la cote delta 10 937 un exemplaire du catalogue en plein maroquin aux armes royales avec les prix d’adjudication notés en marge. Cette année, au Grand Palais, un libraire proposait une copie manuscrite du catalogue également agrémentée des résultats. Superbe! Merci Gilles.H

16 Commentaires

  1. 5 commentaires en 1 :

    Le triste sort réservé à ce bibliophile (1- Joachim Gomez de la Cortina) me rappelle à ma pathétique pusillanimité et à ma légitime prudence lorsqu’il s’agit d’escalader l’échelle qui mène aux ouvrages les plus élevés de ma bibliothèque.
    Je dis « élevé » mais je devrais dire les plus « hauts » ! En fait, m’étant précocement spécialisé dans le metrage, je possède à la fois d’imposants pans de murs ornés de nombreux ouvrages du plus bel effet et de nombreux ouvrages du plus bel effet mais d’une qualité peu élevée !
    Ce constat démoralisant étant posé, je dois avouer que je l’ai doublé d’un très mauvais investissement dans le matériel nécessaire à l’accès aux hauts ouvrages pas très élevés… (du plus bel effet mais je crois que je l’ai déjà dit…).

    Il m’arrive de penser que cette échelle cédera un jour sous mon poids. Le premier barreau cassé, le deuxième accueillera inévitablement mes attributs génitaux qui par écrasement assureront désormais la seule fonction urinaire qui leurs subsistera. Un cri s’échappera de ma gorge rapidement étouffé par le barreau supérieur qui fracassera ma mâchoire ouverte. Je tenterai, par pur réflexe imbécile, un rétablissement qui verra alors ma jambe se prendre dans l’échafaudage (c’était pas mon jour !). Ensuite, l’admirable cliché pré-opératoire montrera malheureusement une fracture multi-esquilleuse qui ravira la pupille des connaisseurs (Jean-Paul).

    Plus tard, j’aurai tout loisir, au cours d’un très long et très aléatoire rétablissement, à m’extasier devant les beaux articles proposés par Xavier (2- les papiers décorés, un must !) ou par Guillaume.

    Pour éviter que pareille chose ne se reproduise et pour faire fuir les curieux, j’apposerai sur la porte de ma bibliothèque une inscription piochée dans la dernière liste des citations offerte par Hugues (3- citations ) ou bien celle-ci, libellée sur une plaque émaillée achetée cet été en Espagne (traduction simplifiée)
     » Chaque livre de cette bibliothèque est une partie de la vie de ses propriétaires. N’empruntez pas la vie d’autrui car on en oublie la sienne, le diable fait commerce de l’absence de mémoire et l’oubli est la négation de l’amitié ! »

    Enfin ! Tout ceci n’est peut-être qu’un cauchemar comme en font tous les bibliophiles, me direz-vous (4- le cauchemar et autre). Je vais quand même chercher un escabeau plus stable et plus solide dans les excellentes annonces du blog (5 – Annonces-contacs-agendas) ! On ne sait jamais…

    Cordialement. Pierre

  2. Eric, je suis à peu près du même avis qu’Hugues. En dehors de la confusion payant/gratuit, votre article est agréable à lire, bien écrit, mais ce n’est simplement pas ce que je recherche dans le Magzazine du Bibliophile, qui est un magazine spécialisé.

    Puisque vous en parlez, vos articles me font plus penser aux chroniques de Clémentine P K, que vous semblez connaître, dans le Nouvel Obs. Mais ils sont trop éloignés du petit monde des bibliophiles, ce qui ne signifie pas que je n’ai pas eu de plaisir à le lire.

    Tristan.

  3. Plus cher maintenant :

    Un des deux seuls exemplaires de ce post-incunable parisien, de la bibliothèque de Gomez de la Cortina

    Tractat[us] d[e] arte bene vivendi et bene moriendi.
    Paris, Jean Lambert pour Denis Roce, 1504, 17 octobre.

    In-8 demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches dorées [Rel. du milieu du XIXe siècle].

    6 500,00 Euros

    36 ff.n.ch. sign. a-d8, e4, marque au titre, car. goth.
    Edition parisienne de la plus grande rareté de cet art de bien vivre et de bien mourir. Un seul autre exemplaire en est connu, à l’University Library de Cambridge (Moreau, I, 1504, n° 8).
    Grande marque au titre du libraire Denis Roce, aux gryphons affrontés et à la devise « A l’aventure, tout vient à point qui peut attendre ».
    Exemplaire provenant de la célèbre bibliothèque de Joachim Gomez de la Cortina, marquis de Morante (son ex-libris armorié de maroquin rouge au contre-plat), un des plus grands collectionneurs espagnols. Ce fameux bibliophile (1808-1868) fut victime de sa passion : il périt en tombant de l’échelle de sa bibliothèque. (proposé sur le net par la librairie Chamonal).

    Amitiés, Bertrand

  4. Pas cher effectivement pour le Linguet à 230€. Un essai rare de l’auteur, toujours très intéressant (bien que parfois, le « polémiste » s’écoute parler). Je pense sincèrement que c’est un très bon prix pour un excellent auteur, qui me semble trop peu reconnu (alors qu’il fut très influent, au moins du point de vue de la politique extérieure dans la dernière partie de l’Ancien Régime.

  5. Merci Eric pour ces précisions nécessaires et bienvenue sur le blog.

    Une question qui mérite d’être posée néanmoins, c’est de savoir si un article peut être payant pour certains (abonnés au magazine), et gratuit pour d’autres, même s’il paraît plus tard sur le net. Mais ne soyons pas chagrins.

    En ce qui concerne votre article, que j’avais donc déjà lu sur votre blog, je pense comme pour le précédent (sur Voltaire) qu’il est très bien écrit, très intéressant mais que sa place n’est pas forcément dans le magazine du bibliophile. Il trouve par exemple parfaitement sa place dans votre blog, qui n’est évidemment pas consacré à la bibliophilie.

    Idem pour l’article sur Voltaire, qui est plus pour moi un article « culturel » voire littéraire, plus que « bibliophilique ». Il serait sans doute plus à sa place dans Lire par exemple, enfin, à mon humble avis de bibliophile et d’abonné.

    Je ne vous en fait évidemment pas le reproche, c’est plutôt le choix éditorial du Magazine du Bibliophile qui comme souvent est extrêmement déconcertant pour ses abonnés.

    H

  6. Les hasards d’une recherche ce jour :

    (LINGUET.)
    Essai philosophique sur le monachisme.

    « Paris. s. n. 1776. 1 vol. in-12, pleine basane verte, dos à nerfs orné, armes au centre des plats, encadrées d’un double filet. [2] ff ; 172 pp. -Histoire critique du monachisme que l’auteur découpe en trois périodes : chez les chrétiens orientaux, l’introduction des moines en Occident et les Fondations des Mendiants. «  »Cet ouvrage n’est autre chose que les vingt-quatre premiers chapitres de L’Histoire impartiale des Jésuites, par le même auteur.î Aux armes de J. Gomez de la Cortina. Barbier II, 223. Quérard V, 316. »

    * EUR 230.00 > other currencies
    * ordernr.: 112

    * bookseller: Librairie Prévost (FRANCE)

    Pas très cher il me semble.

    Amitiés, Bertrand

  7. Chers amis bibliophiles,

    Je me nomme Éric Poindron et je suis l’auteur, dans le dernier numéro du Magazine du Bibliophile de l’article sur « Le Cénacle Troyglodyte, une société bibliophilique et secrète ».

    Vous faites remarquer, avec justesse, que mon texte a paru, sur un blog avant sa publication imprimé. L’erreur ne vient aucunement du Magazine mais de moi puisqu’il s’agit de mon propre blog Le cabinet de curiosités de Eric Poindron.J’ai en effet eu la maladresse de le diffuser avant la parution dudit numéro, ce qui, comme vous l’avez fait remarquer, pourrait faire croire à une tromperie. Je suis simplement allé un peu vite en besogne afin de passer « à autre chose ».

    Acceptant de contribuer à une revue, étant écrivain, éditeur et critique littéraire, vous devez sans peine imaginer ce que représente pour moi la trace écrite.

    Aussi à l’avenir, la duperie ne se reproduira plus.

    J’aimerais toutefois savoir – et il n’y va pas de mon ego, il s’ait seulement de toujours s’améliorer – ce que vous pensez de cette rubrique intitulé « Biblionomadie » qui n’est pas une exploration bibliophilique, mais une détente défini ainsi par mon ami Jean-paul Fontaine : itinérance à travers les livres.

    Enfin, je vous encourage à visiter mon cabinet de curiosités, à me laisser vos commentaires si besoin. Vous verrez aussi que je me suis fait un devoir de référencer dans les liens amis – et que je crois incontournable – votre blog rigoureux et passionnant.

    En attendant de converser avec vous, veuillez accepter mes amitiés.

    Éric Poindron

    http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/

  8. Trop jeune, certes, mais belle mort pour un bibliophile, non ?
    120 000 livres… Ca fait rêver. En même temps, je suis assez contente (et fière) de pouvoir dire que j’ai lu chaque livre que je possède, et que je les « connais » tous.
    Bergamote (qui n’a même pas 120 volumes, loin de là 😉

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