N’espérez pas vous débarrasser des livres

Amis Bibliophiles bonsoir,
J’ai déjà eu l’occasion de présenter l’excellent ouvrage d’Eco et Carrière dont j’emploie ici le titre… N’espérez pas vous débarrasser des livres… En effet, soit mon oeil est particulièrement aiguisé, soit plus simplement comme dans un ouvrage de Swift, les livres me pourchassent: voici à quoi ressemble le quotidien d’un bibliophile qui se promène innocemment dans les rues de la capitale de livres (et des Gaules).

Les livres anciens semblent exercer un attrait particulier sur le chaland, puisque pas moins de trois boutiques présentaient des « livres anciens » dans leur vitrine et semblaient m’inviter à entrer (à moins que le chemin n’ait été balisé simplement pour moi…).
Je vous le dis, amis bibliophiles, vous êtes furieusement tendance!

Plus loin, cette curieuse chose, qui m’a rappelé une chaise d’aisance faite de volumes de l’Encyclopédie que je regrette encore 3 ans après de ne pas avoir achetée…
Et enfin, ce matin, cette malle de relieur, objet que je n’avais encore jamais croisé. 
Elle contenait des outils, mais aussi un livre complet de feuilles de garde de divers styles. Superbe (450 euros… je l’ai laissée, je préfère acheter un livre à ce prix là. Désolé pour la photo de faible qualité).

H

La lettre du bibliophile

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Un conte pour bibliophile ou le Béranger de Noël (aka, les libraires sont sympas)

Un conte pour bibliophile ou le Béranger de Noël (aka, les libraires sont sympas)

Amis Bibliophiles bonjour, 

Les libraires sont sympa. On devrait éditer ce genre d’autocollant que l’on collait à l’arrière des voitures il n’y a pas si longtemps que cela.
C’est l’histoire d’un bibliophile et d’un libraire. L’un achète souvent chez lui et y passe avec une régularité de métronome. L’autre ne vous chasse pas à coups de balai et vous sort toujours toujours des livres de derrière les fagots.
Lors de la visite hebdomadaire du bibliophile, le libraire lui glisse que « lundi prochain à 14h » (jour habituellement de fermeture) il inaugurera sa vitrine de Noël et d’ajouter : « Je ne le dis pas à tout le monde » . Une vente privée, sur invitation en quelque sorte. Redoutable.  Et il paraît que le marketing s’enseigne à Bac+5…

Que croyez-vous qu’il se passât ? Le bibliophile (qui avait, justement, à faire à proximité) passa sur les coups de 15h. La vitrine était alléchante. C’était à coup sûr Noël.  
Pourtant c’est à l’intérieur que le bibliophile trouvât ce qui (comme on dit) « lui fît son Noël » car il cherchait depuis longtemps un beau Béranger. Et quand l’exemplaire est beau et qu’en plus il contient un billet où Béranger parle de livres…

« Vous me comblez, mon cher Fayot, et ma bibliothèque s’enrichit à vos dépens. Si c’est comme cela que vous croyez réparer vos affaires, je vous prédis une ruine complète (?). Je n’en suis pas moins très heureux d’avoir une part de vos dépouilles.A vous de cœur, Béranger6 Xre (1830) »

Quant à l’exemplaire qui contient cette lettre: 8 volumes in-12 relié en plein maroquin à longs grains par Thouvenin Jeune. A noter que cet ensemble comprend 2 tomes 3… ou du moins deux tomaisons identiques (la musique pour accompagner les chansons des 3 premiers volumes ?). Un fleuron légèrement différent au dos du tome 6 également.
1821, Chansons, Par M.J.P Béranger à Paris chez les marchands de nouveautés (Imprimerie Firmin Didot) (2 tomes)1825, Chansons nouvelles par M.J.P »Béranger à Paris chez les marchands de nouveautés (Imrimerie Plassan)S.D., Airs anciens et nouveaux des Chansons de Mr PJ de Béranger publiés par A. Guichard-Printemps, à Paris (Hentz Jouve, Ciorréard, Guichard)Décembre 1821, Procés fait aux chansons  de P-J Béranger avec le réquisitoire de Me Marchandy ; Le plaidoyer de Me Dupin ; L’Arrêt de renvoi, et d’Autres pièces, Paris chez les marchands de nouveautés.1828, Chansons inédites de M. P-J de Béranger, Paris Baudouin frères1833, Chansons nouvelles et dernières de P.J. De Béranger dédiées à M. Lucien Bonaparte, Paris, Perrotin1822, Procès fait à messieurs de Béranger et Baudouin, Paris, Baudouin frères.
A qui s’adresse Béranger? Sans doute au Fayot cité dans sa correspondance : http://books.google.fr/books?id=4Xz1-SWLi50C&pg=PA3&lpg=PA3&dq=fayot+b%C3%A9ranger+1830&source=bl&ots=X4-3hRpebq&sig=hL6g_fL8tP77s2NZa1os-0OeT5c&hl=en&ei=I_ToTrqpApD0-gaVx527Cg&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=fayot%20b%C3%A9ranger%201830&f=false
Sans doute (?) ce Fayot Alfred Charles François né en 1797 journaliste et pamphlétaire surtout connu pour ses publication sur la Pologne : http://books.google.fr/books?id=4Xz1-SWLi50C&pg=PA3&lpg=PA3&dq=fayot+b%C3%A9ranger+1830&source=bl&ots=X4-3hRpebq&sig=hL6g_fL8tP77s2NZa1os-0OeT5c&hl=en&ei=I_ToTrqpApD0-gaVx527Cg&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=fayot%20b%C3%A9ranger%201830&f=false
Reste que Béranger réputé sans bibliothèque (je ne parle pas de bibliophilie… mais lui parle de sa bibliothèque) venait sans doute de recevoir un don (ou une vente à vil prix?) d’un certain nombre d’ouvrages. A la suite de quel événement ?
Amusant, non ?
Olivier.

11 Commentaires

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  2. Le livre quand il est beau est souvent associé au luxe et au confort.

    Une célèbre librairie ancienne de Marseille a détourné une partie de ses locaux pour y installer un restaurant fort sympathique, en y laissant les rayonnages de la boutique. La propriétaire ne se cache pour dire que la librairie attenante est bien moins rentable que le restaurant…

    L'avantage est qu'on y retrouve les mêmes clients aux tempes grisonnantes. La surprise est de constater que certains déjeunent avec de charmantes jeunes femmes qui pourraient être leurs filles. Tout les membres du personnel arrivent, avec beaucoup d'élégance, à faire croire à ces derniers qu'ils le croient ;-)) Pierre

  3. Je connais un (très correct) restaurant où la tapisserie a été remplacée par des pages de livres. Les bouquinistes vendent aussi souvent à des décorateurs (2 euros le volume de Bourdaloue, cela doit mettre le mètre à 60 euros ce qui n'est objectivement pas cher).
    L'avantage de la bibliophilie c'est que c'est (aussi) décoratif, joli, présentable. Et je ne parle pas du côté socialement accepté de ce genre de passion. Cela simplifie les choses auprès des compagnes/compagnons dont "c'est (aussi) la maison/l'appartement…";-)
    J'imagine qu'il est des collections plus difficiles à intégrer dans un intérieur (les boites de camembert? les capsules de champagne?).
    Olivier

  4. j'avais remarqué ce genre de décoration… mais ce n'est pas trop efficace sur un biblio-quelque chose : comme pour vos photos, je remarque les livres, mais rien du tout du magasin. Je ne sais même pas s'il s'agit d'une chaîne de vêtements ou d'une épicerie.

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