Des gravures du Pluvinel?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pierre aimerait bénéficier de vos avis…

« Le mois dernier je me promenais sur un vide grenier situé au pied du château d’une ville située en face d’Avignon quand je suis tombé en arrêt sur un lot de gravures dont la propriétaire m’assurait qu’il s’agissait de belles reproductions qu’on lui avait offert et qu’elle n’avait pas eu le temps d’encadrer… En fait, le papier vergé filigrané et les traces de déchirure au niveau des fils m’ont fait pensé qu’il s’agissait d’originaux bêtement séparés de l’ouvrage de référence.
Tous les dessins encadrés sont au même format 31/21 mais 7 feuilles correspondent à un in quarto et deux feuilles 40/29 présentent des coutures en leurs centres. La qualité des gravures me semble moyenne et le papier a peut-être été lavé tant il est propre.
Ces gravures représentent les fameuses leçons d’hippologie de Monsieur de Pluvinel mais je ne sais assurer de quel ouvrage de référence elles proviennent.
Quand je suis passé dans l’après-midi, il ne restait plus que ces 9 dernières estampes. Le reste était parti au petit bonheur dans la matinée… « 

Je penche pour L´instruction du Roy en l´Exercice de monter a cheval de Pluvinel (Paris Pierre Recolet 1627), et vous?

H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Miscellanées de Monsieur H.: une énigme, un écho scientifique…l’Accademia del Cimento

Miscellanées de Monsieur H.: une énigme, un écho scientifique…l'Accademia del Cimento

Amis Bibliophiles bonsoir,
1. Olivier vient d’acquérir un ouvrage. C’est un petit volume manuscrit dont le dos a été rafait et qui semble antérieur au 17ème siècle. Il est entièrement réglé, toutes tranches dorées. C’est un recueil de textes divers en latin majoritairement, mais aussi en grec et en français. Olivier a sa petite idée avec son « latin de cuisine », mais il continue de me poser trois questions toutes simples : 1) c’est quoi; 2) c’est de quand; 3) c’est à/de (la main de) qui?





Pensez-vous pouvoir l’aider?
2. René, inspiré par l’un des derniers articles de Bertand, vous propose une petite suite ou plutôt un « antécédent » consacré à une importante manifestation de l’esprit scientifique au XVIIe siècle…. je lui laisse la parole….

Après le temps des « ingénieurs » -mot signifiant dans son sens initial « inventeur de machines »-, on assiste à la  fin du XVIe et au XVIIe siècle, dans les domaines de la physique et en astronomie, au développement des « méthodes scientifiques » basées sur l’observation, l’expérience et le calcul.  
L’ACCADEMIA DEL CIMENTO (Accademia dell’esperimento), est la première société savante scientifique à mettre en pratique la méthode expérimentale galiléenne.Elle est fondée à  Florence en 1657 (cinq ans avant la Royal Society de Londres et neuf ans avant l’Académie des Sciences de Paris) à l’initiative des principaux disciples de Galilée, Evangelista Torricelli et Vincenzo Viviani, et sous le patronage de Ferdinand II de Médicis et de son frère le prince Léopold. Leur but était de compléter les travaux de Galilée par des expériences  mettant en évidence la supériorité des nouvelles théories. Cette société se devait d’observer les principes suivants :- L’expérimentation (examen des causes des phénomènes scientifiques) et la publication des résultats.- La réfutation des spéculations non fondées,- La création des instruments scientifiques de laboratoire,- Les définitions des unités de mesure,Les membres effectuent donc de nombreux expériences, principalement dans les domaines de la thermométrie, de la barométrie et de la pneumatique,  à l’aide d’instruments de leur invention et de nouvelles méthodes de recherche.
Les travaux de cette institution servirent de modèle aux laboratoires du XVIIIe siècle. Après une existence assez éphémère, les activités de l’Accademia s’arrêtèrent en 1667 sur la publication en 1666 par  le secrétaire Lorenzo Magalotti des résultats des travaux, texte rédigé en langue vulgaire (italien) sous le titre « Saggi di Natvrali Esperienze fatte nell’Accademia del Cimento sotto la protezione del Serenissimo Principe Leopoldo di Toscana e descritte dal Segretario di essa Accademia ». Une seconde édition paru en 1691.  Des éditions en langue anglaise et en langue latine furent publiées jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
C’est le compte-rendu des expériences menées par Torricelli et plusieurs autres savants, dans ce que nous appellerions aujourd’hui le premier laboratoire de recherche. On y trouve des chapitres sur la chaleur et le froid, l’humidité de l’air, la mesure du temps (pendule), la lumière et le son, l’aimant,   l’électrostaticité de l’ambre et le plus important sur la compressibilité de l’air. Les textes sont accompagnés de nombreuses planches gravées par Modiana, en autres, le tube barométrique de Torricelli, illustration que l’on trouve encore de nos jours dans les traités de physique élémentaire. Cet ouvrage, dans sa seconde édition de 1691,  est un volume in-folio relié plein vélin d’époque, comportant 1 f.bl., faux titre, titre, portrait de Cosme III Grand Duc de Toscane, 6 ff. dédicace et avis au lecteur, 269 pp. de texte, 9 ff. de tables , 75 planches gravées, à pleine page, la plupart répétées, bandeaux, lettrines et culs-de-lampe. Rappelons les noms des principaux savants de l’époque que nous venons d’évoquer :Copernic (1473 – 1543) –  Tycho-Brahé  (1546 – 1601) –  Galilée (1564 – 1642) -Kepler  (1571 – 1630) –  Descartes (1596 – 1650) –  Pascal  (1623 – 1662) –  Newton (1643 – 1727)

H

5 Commentaires

  1. Vous avez sans nul doute raison.

    Ce que je n’arrive pas à élucider c’est si ces planches proviennent, comme les traces de déchirures et de piqures le montrent, d’un ouvrage (retirage) du XIXeme siècle et lequel.
    Le retirage d’ouvrages phares du XVIIeme au XIXeme siecle, sorte de fac-similé de l’époque dans un papier d’époque était-il de pratique courante ?

    Merci, de toute façon, pour votre aimable sollicitude.
    Cordialement. Pierre

  2. Le trait noir qui entoure vos gravures, n’est pas ce qu’on appelle la cuvette. La cuvette est une simple dépression du papier correspondant à la pression de la plaque de cuivre sur la feuille légèrement humide. Par ailleurs ce filet noir aux coins arrondis ne me dit rien qui vaille pour des estampes censés du XVIIè s. Ce serait plutôt XIXè ça. D’ailleurs ce pourrait être des retirages gillotés de la fin du XIXè s. ce qui expliquerait la médiocrité des détails des gravures.

    A vous de me dire,

    Bertrand

  3. Bertrand,

    Le trait noir qui entoure les planches présente en effet sur certaines estampes ce devers caractéristique.
    A y regarder de près, le papier est bien un beau vergé filigrané sur certaines pièces (2 fois, une sorte d’étoile des mers à deux yeux et une fois une cloche).
    Mais, comme vous, la qualité ou plutôt le manque de qualité des planches tout relatif, m’intrigue. Un lavage peut-il provoquer cet effet pernicieux ? Existe-t’il de jolis faux utilisant des techniques anciennes ?
    En fait, je voulais m’assurer que, dans le cadre de vos jeux de rôle prépubères, vous ne vous étiez pas personnellement essayé à cet habile subterfuge… et particulièrement en Provence. (sourires)
    Je parierai quand même (pas cher) pour des estampes d’époque. Une idée pour l’ouvrage de référence ?
    Cordialement. Pierre

  4. Pierre, pouvez-vous nous dire s’il y a une « cuvette » autour de la planche imprimée (marque en creux laissée par la plaque de cuivre).

    Les gravures de Pluvinel sont des eaux-fortes sur cuivre si je ne me trompe pas, hors je ne distingue par le fini habituel des gravures sur cuivre. Quant au papier, je n’arrive pas à me faire une idée si c’est un vergé chiffon ancien ou un papier plus moderne ??

    A vrai dire cela n’est pas aisé à dire avec des photos si petites, il faudrait une meilleure définition de l’image et un zoom sur certaines parties des gravures.

    Amitiés, Bertrand

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