Des gravures du Pluvinel?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pierre aimerait bénéficier de vos avis…

« Le mois dernier je me promenais sur un vide grenier situé au pied du château d’une ville située en face d’Avignon quand je suis tombé en arrêt sur un lot de gravures dont la propriétaire m’assurait qu’il s’agissait de belles reproductions qu’on lui avait offert et qu’elle n’avait pas eu le temps d’encadrer… En fait, le papier vergé filigrané et les traces de déchirure au niveau des fils m’ont fait pensé qu’il s’agissait d’originaux bêtement séparés de l’ouvrage de référence.
Tous les dessins encadrés sont au même format 31/21 mais 7 feuilles correspondent à un in quarto et deux feuilles 40/29 présentent des coutures en leurs centres. La qualité des gravures me semble moyenne et le papier a peut-être été lavé tant il est propre.
Ces gravures représentent les fameuses leçons d’hippologie de Monsieur de Pluvinel mais je ne sais assurer de quel ouvrage de référence elles proviennent.
Quand je suis passé dans l’après-midi, il ne restait plus que ces 9 dernières estampes. Le reste était parti au petit bonheur dans la matinée… « 

Je penche pour L´instruction du Roy en l´Exercice de monter a cheval de Pluvinel (Paris Pierre Recolet 1627), et vous?

H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Marginalia diverses….

Marginalia diverses….

Amis Bibliophiles bonsoir,
Chaque bibliophile se trouve un jour confronté aux marginalia: parfois rédhibitoires, parfois fort intéressantes, parfois elles ajoutent même de la valeur à un livre ancien lorsqu’elles sont le fruit des réflexions de l’auteur (rare, mais cela arrive) ou plus fréquemment d’un lecteur célèbre. Nous avons tous en tête les marginalia de Montaigne dans un Lycosthènes déniché sur le puces de Toulouse.
C’est d’ailleurs un autre toulousain, Olivier, qui vous présente trois exemples intéressants de marginalia.
Le premier ouvrage est une copie manuscrite d’un ouvrage de 1675. Le livre est entièrement manuscrit et contient les visions, prédictions etc. d’une religieuse, mais Olivier ne connaît pas l’ouvrage d’origine. Le « copiste » a également utilisé la page de faux-titre et l’a rempli d’une écriture minuscule et serrée. Etait-ce à but décoratif? Le texte est curieux, et semble dédier l’exemplaire (mais à qui?). Si je déchiffre correctement le début : « chère ame pour gage de mon amour je vous laisse le souvenir amoureux & fréquent (?) de ma sainte passion ainsi que la dévotion & la confiance au mistere (?) de mon auguste sacrement. […] Dans ce mistere de mon incomparable amour quoi que fils de Dieu je me suis fait fils de l’homme […] De pasteur que je vous suis je me veux tous les jours l’agneau sur les autels pour vous engresser de ma substance divine et humaine ». Etonnant, non?
Le deuxième ouvrage est plus connu. Il s’agît de l’édition originale de la Folle Journée de Beaumarchais et dans ce cas, on se trouve face au cas typique du bibliophile encombrant, tellement content d’avoir l’édition originale qu’il la couvre de notes… avant de s’arrêter, fort heureusement juste avant la page de titre.
Le troisième ouvrage est daté de 1875 et il rassemble 49 vignettes à l’eau-forte pour illustrer le théâtre choisi de Molière chez Mame (1875-1879), elles sont de Foulquier et sont montées sur onglets et reliées en un in-folio. La reliure est simple mais parfaitement exécutée et rien ne fait particulièrement penser à un maître relieur. En fin une note au crayon précise qu’il a été relié par Chambolle-Duru. Il n’y a pas d’étiquette de relieur simplement une petite marque dont je ne sais si elle est un indice. C’est un exemple assez fréquent que je retrouve dans certains de mes ouvrages… en l’absence de signature ou d’étiquette du relieur, je considère en général que la reliure n’est donc pas signée. En effet, comment savoir si l’inscription manuscrite est celle de l’amateur qui a fait relier le livre, celle d’un libraire qui voulait en accroître la valeur, ou celle d’un autre amateur… Mais peut-on réellement parler de marginalia dans ce cas?
Le quatrième livre est de 1902. Il s’agît de l’édition originale du Temple enseveli, de Maeterlick, relié en demi-maroquin par Lavaux. Dans ce cas, nous avons affaire à un bibliophile sentencieux, qui a parsemé le volume de notes où il manifeste ses accords ou désaccords avec Maeterlinck.
Il semble être l’auteur d’une nouvelle intitulée Le Meurtre qu’il ne cesse de citer et de comparer au livre qu’il est en train d’annoter. Quelqu’un sait-il de qui il s’agit? Dans ce cas, il faut avouer que les marginalia, si elles sont cocasses, sont un peu ennuyeuses. Mais cela reste mon exemple préféré et vu le personnage, il doit être amusant de les lire.
Olivier & H

5 Commentaires

  1. Vous avez sans nul doute raison.

    Ce que je n’arrive pas à élucider c’est si ces planches proviennent, comme les traces de déchirures et de piqures le montrent, d’un ouvrage (retirage) du XIXeme siècle et lequel.
    Le retirage d’ouvrages phares du XVIIeme au XIXeme siecle, sorte de fac-similé de l’époque dans un papier d’époque était-il de pratique courante ?

    Merci, de toute façon, pour votre aimable sollicitude.
    Cordialement. Pierre

  2. Le trait noir qui entoure vos gravures, n’est pas ce qu’on appelle la cuvette. La cuvette est une simple dépression du papier correspondant à la pression de la plaque de cuivre sur la feuille légèrement humide. Par ailleurs ce filet noir aux coins arrondis ne me dit rien qui vaille pour des estampes censés du XVIIè s. Ce serait plutôt XIXè ça. D’ailleurs ce pourrait être des retirages gillotés de la fin du XIXè s. ce qui expliquerait la médiocrité des détails des gravures.

    A vous de me dire,

    Bertrand

  3. Bertrand,

    Le trait noir qui entoure les planches présente en effet sur certaines estampes ce devers caractéristique.
    A y regarder de près, le papier est bien un beau vergé filigrané sur certaines pièces (2 fois, une sorte d’étoile des mers à deux yeux et une fois une cloche).
    Mais, comme vous, la qualité ou plutôt le manque de qualité des planches tout relatif, m’intrigue. Un lavage peut-il provoquer cet effet pernicieux ? Existe-t’il de jolis faux utilisant des techniques anciennes ?
    En fait, je voulais m’assurer que, dans le cadre de vos jeux de rôle prépubères, vous ne vous étiez pas personnellement essayé à cet habile subterfuge… et particulièrement en Provence. (sourires)
    Je parierai quand même (pas cher) pour des estampes d’époque. Une idée pour l’ouvrage de référence ?
    Cordialement. Pierre

  4. Pierre, pouvez-vous nous dire s’il y a une « cuvette » autour de la planche imprimée (marque en creux laissée par la plaque de cuivre).

    Les gravures de Pluvinel sont des eaux-fortes sur cuivre si je ne me trompe pas, hors je ne distingue par le fini habituel des gravures sur cuivre. Quant au papier, je n’arrive pas à me faire une idée si c’est un vergé chiffon ancien ou un papier plus moderne ??

    A vrai dire cela n’est pas aisé à dire avec des photos si petites, il faudrait une meilleure définition de l’image et un zoom sur certaines parties des gravures.

    Amitiés, Bertrand

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.