« Le mois dernier je me promenais sur un vide grenier situé au pied du château d’une ville située en face d’Avignon quand je suis tombé en arrêt sur un lot de gravures dont la propriétaire m’assurait qu’il s’agissait de belles reproductions qu’on lui avait offert et qu’elle n’avait pas eu le temps d’encadrer… En fait, le papier vergé filigrané et les traces de déchirure au niveau des fils m’ont fait pensé qu’il s’agissait d’originaux bêtement séparés de l’ouvrage de référence. Tous les dessins encadrés sont au même format 31/21 mais 7 feuilles correspondent à un in quarto et deux feuilles 40/29 présentent des coutures en leurs centres. La qualité des gravures me semble moyenne et le papier a peut-être été lavé tant il est propre. Ces gravures représentent les fameuses leçons d’hippologie de Monsieur de Pluvinel mais je ne sais assurer de quel ouvrage de référence elles proviennent. Quand je suis passé dans l’après-midi, il ne restait plus que ces 9 dernières estampes. Le reste était parti au petit bonheur dans la matinée… «
Je penche pour L´instruction du Roy en l´Exercice de monter a cheval de Pluvinel (Paris Pierre Recolet 1627), et vous?
H
La lettre du bibliophile
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Amis Bibliophiles bonjour, Posséder une reliure armoriée valorise le livre, outre pour l’attrait du décor mais aussi bien sûr pour sa provenance. L’identification de ces armoiries et donc de la provenance des livres est essentielle. Il existe pour l’aide à cette recherche de nombreux armoriaux et des nobiliaires qui recensent les armes des familles. Or pour recenser ces armoiries l’héraldiste partage avec ses pairs un langage spécifique qui facilite les échanges mais reste obscure au non initié. La science des armoiries obéit à des règles précises et utilise un langage propre. Ainsi ne parle t-on pas d’un canard, d’un moineau ou d’un oiseau mais de merlette. Si vous désignez cette merlette d’un tout autre nom, les tables des armoriaux resteront muettes et les armoriaux ne vous seront d’aucun secours. L’identification d’armoiries passe d’abord par leur lecture, avant de consulter les armoriaux il faut savoir ce qu’on y cherche. Trésor héraldique, Ségoing, Paris, 1657L’héraldique utilise une juxtaposition de teintes, nommées couleurs et métaux, ensemble appelées émaux. Une fois pour toutes, le nombre d’émaux est déterminé. On ne peut donc pas parler de couleurs indistinctement. Les couleurs sont au nombre de 3 principales : azur (bleu), gueules (rouge) et sable (noir) et de quelques accessoires : sinople (vert), pourpre (violet). Les métaux sont au nombre de deux, or (jaune) et argent (blanc). Aux couleurs et métaux s’ajoutent les fourrures assimilées à des émaux. Les fourrures sont des compositions stylisées qui évoquent les pelleteries d’autrefois. Les deux plus fréquentes sont l’hermine, où la figure stylisée de sable est semée sur fond d’argent et le vair où les figures stylisées d’azur et d’argent en forme de « clochette » sont posées tête-bèche en rangées superposées et décalées! Le blason le plus simple sera donc un blason d’un émail uni on dirait, par exemple, plein azur.La distinction des couleurs et des émaux revêt une importance particulière. On ne pose pas un émail sur un autre ou une couleur sur une autre. Cette dernière règle souffre quelques exceptions. Notable entre toutes, le royaume de Jérusalem et partant, Godefroy de Bouillon et ses successeurs portent d’argent (c’est à dire sur champ d’argent) à la croix potencée d’or, à quatre croisettes de même (c’est à dire aussi d’or). Toutefois, ces armes sont très anciennes et la règle n’était peut-être pas encore très établie. cliché typographique (à l’envers) aux armes « d’azur au chevron d’or à trois (roses d’argent ?) 2 en chef une en pointe » de la ville de Clamart.La bibliophilie s’intéresse surtout aux livres imprimés. En imprimerie la couleur est restée longtemps coûteuse et difficile, le noir et blanc est demeuré longtemps la règle. Un code a donc été adopté pour signifier les émaux et les couleurs. Au XVIIe siècle ce code était encore changeant. Aujourd’hui, des hachures noires verticales signifient de gueules, un champ de pointillés représente l’or, des rayures horizontales d’azur, des rayures combinées horizontales et verticales de sable, le blanc évidemment représente l’argent, des hachures obliques de bas en haut et de gauche à droite en regardant l’écu signifie sinople. Retenez pour moyens mnémotechniques que l’azur évoque le ciel et l’horizon, la trame est donc horizontale. Le sang (rouge) coule verticalement, la combinaison des trames verticales et horizontales rend sa traduction typographique effectivement la plus noire (sable). Ce code a finalement été unanimement utilisé en imprimerie, parfois en menuiserie ou dans la pierre. En reliure, en revanche, les fabricants de fers à dorer en ont fait hélas trop souvent fi. L’interprétation des émaux à partir d’un fer doré sur cuir est le plus souvent difficile. Armoiries de Tallemant des Réaux(Voir en illustration les armes de Gédeon Tallemant des Reaux, auteur des historiettes sur un in-16 en maroquin (Source ebay) où le chevron inversé et l’aigle apparaissent tous deux dorés et sa représentation enluminée sur un manuscrit héraldique). Lauverjat
Amis Bibliophiles bonsoir,1. Olivier vient d’acquérir un ouvrage. C’est un petit volume manuscrit dont le dos a été rafait et qui semble antérieur au 17ème siècle. Il est entièrement réglé, toutes tranches dorées. C’est un […]
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5 Commentaires
Je vois le dossier ce soir : les caractéristiques visibles sur ces photos signent des retirages XIXe sans équivoque.
Ce que je n’arrive pas à élucider c’est si ces planches proviennent, comme les traces de déchirures et de piqures le montrent, d’un ouvrage (retirage) du XIXeme siècle et lequel. Le retirage d’ouvrages phares du XVIIeme au XIXeme siecle, sorte de fac-similé de l’époque dans un papier d’époque était-il de pratique courante ?
Merci, de toute façon, pour votre aimable sollicitude. Cordialement. Pierre
Le trait noir qui entoure vos gravures, n’est pas ce qu’on appelle la cuvette. La cuvette est une simple dépression du papier correspondant à la pression de la plaque de cuivre sur la feuille légèrement humide. Par ailleurs ce filet noir aux coins arrondis ne me dit rien qui vaille pour des estampes censés du XVIIè s. Ce serait plutôt XIXè ça. D’ailleurs ce pourrait être des retirages gillotés de la fin du XIXè s. ce qui expliquerait la médiocrité des détails des gravures.
Le trait noir qui entoure les planches présente en effet sur certaines estampes ce devers caractéristique. A y regarder de près, le papier est bien un beau vergé filigrané sur certaines pièces (2 fois, une sorte d’étoile des mers à deux yeux et une fois une cloche). Mais, comme vous, la qualité ou plutôt le manque de qualité des planches tout relatif, m’intrigue. Un lavage peut-il provoquer cet effet pernicieux ? Existe-t’il de jolis faux utilisant des techniques anciennes ? En fait, je voulais m’assurer que, dans le cadre de vos jeux de rôle prépubères, vous ne vous étiez pas personnellement essayé à cet habile subterfuge… et particulièrement en Provence. (sourires) Je parierai quand même (pas cher) pour des estampes d’époque. Une idée pour l’ouvrage de référence ? Cordialement. Pierre
Pierre, pouvez-vous nous dire s’il y a une « cuvette » autour de la planche imprimée (marque en creux laissée par la plaque de cuivre).
Les gravures de Pluvinel sont des eaux-fortes sur cuivre si je ne me trompe pas, hors je ne distingue par le fini habituel des gravures sur cuivre. Quant au papier, je n’arrive pas à me faire une idée si c’est un vergé chiffon ancien ou un papier plus moderne ??
A vrai dire cela n’est pas aisé à dire avec des photos si petites, il faudrait une meilleure définition de l’image et un zoom sur certaines parties des gravures.
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Je vois le dossier ce soir : les caractéristiques visibles sur ces photos signent des retirages XIXe sans équivoque.
Vous avez sans nul doute raison.
Ce que je n’arrive pas à élucider c’est si ces planches proviennent, comme les traces de déchirures et de piqures le montrent, d’un ouvrage (retirage) du XIXeme siècle et lequel.
Le retirage d’ouvrages phares du XVIIeme au XIXeme siecle, sorte de fac-similé de l’époque dans un papier d’époque était-il de pratique courante ?
Merci, de toute façon, pour votre aimable sollicitude.
Cordialement. Pierre
Le trait noir qui entoure vos gravures, n’est pas ce qu’on appelle la cuvette. La cuvette est une simple dépression du papier correspondant à la pression de la plaque de cuivre sur la feuille légèrement humide. Par ailleurs ce filet noir aux coins arrondis ne me dit rien qui vaille pour des estampes censés du XVIIè s. Ce serait plutôt XIXè ça. D’ailleurs ce pourrait être des retirages gillotés de la fin du XIXè s. ce qui expliquerait la médiocrité des détails des gravures.
A vous de me dire,
Bertrand
Bertrand,
Le trait noir qui entoure les planches présente en effet sur certaines estampes ce devers caractéristique.
A y regarder de près, le papier est bien un beau vergé filigrané sur certaines pièces (2 fois, une sorte d’étoile des mers à deux yeux et une fois une cloche).
Mais, comme vous, la qualité ou plutôt le manque de qualité des planches tout relatif, m’intrigue. Un lavage peut-il provoquer cet effet pernicieux ? Existe-t’il de jolis faux utilisant des techniques anciennes ?
En fait, je voulais m’assurer que, dans le cadre de vos jeux de rôle prépubères, vous ne vous étiez pas personnellement essayé à cet habile subterfuge… et particulièrement en Provence. (sourires)
Je parierai quand même (pas cher) pour des estampes d’époque. Une idée pour l’ouvrage de référence ?
Cordialement. Pierre
Pierre, pouvez-vous nous dire s’il y a une « cuvette » autour de la planche imprimée (marque en creux laissée par la plaque de cuivre).
Les gravures de Pluvinel sont des eaux-fortes sur cuivre si je ne me trompe pas, hors je ne distingue par le fini habituel des gravures sur cuivre. Quant au papier, je n’arrive pas à me faire une idée si c’est un vergé chiffon ancien ou un papier plus moderne ??
A vrai dire cela n’est pas aisé à dire avec des photos si petites, il faudrait une meilleure définition de l’image et un zoom sur certaines parties des gravures.
Amitiés, Bertrand