Bibliophilie et Sciences: Ampère et ses ouvrages sur l’électricité

Amis Bibliophiles bonsoir,
Bernard (que j’espère croiser au déjeuner des bibliophiles), vous propose ce soir un article sur le physicien Ampère, et ses ouvrages sur l’électricité.
André Marie Ampère (1775-1836), physicien, chimiste, mathématicien et philosophe français est bien connu par le nom de l’unité d’intensité électrique. Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire des sciences, mais vous présenter quelques ouvrages d’Ampère. Ampère est nommé professeur de mécanique à l’Ecole polytechnique en 1809. Il est admis à l’Académie des sciences en 1814. De 1824 à 1836, il enseigne la physique au Collège de France. Les travaux d’Ampère portent tout d’abord sur les mathématiques puis sur la chimie. Mais c’est pour ses découvertes en physique qu’il est aujourd’hui reconnu. Les écrits d’Ampère se trouvent essentiellement dans les Annales de chimie et de physique, le Bulletin des sciences par la Société philomatique de Paris, le Journal de physique, de chimie, d’histoire naturelle et des arts, le Journal de l’Ecole Polytechnique, les Mémoires de l’Académie des Sciences, etc. L’étude détaillée et chronologique des travaux d’Ampère sur l’électricité se trouvent dans l’ouvrage de Christine Blondel paru en 1982 et intitulé : « A.M. Ampère et la création de l’électrodynamique (1820-1827) » et sur le site : http://www.ampere.cnrs.fr/?lang=fr.D’abord un achat récent sur ebay, deux cahiers manuscrits de notes prises au cours d’Ampère à Polytechnique. Il s’agit des leçons d’analyse et de mécanique données à l’Ecole en 1823 – 1824. Ces leçons n’ont jamais été imprimées.C’est entre le 18 septembre 1820 et le 15 janvier 1821 qu’Ampère fait à l’Académie les douze communications qui fondent la nouvelle théorie électromagnétique. Ces mémoires successifs n’ont pas été publiés séparément et un mémoire récapitulatif est publié dans les Annales de chimie et de physique. Le mémoire d’Ampère occupe les pages 59 à 76 et 170 à 218. Il est illustré de cinq planches.Ampère écrit: « Je sais bien que mon mémoire n’est pas rédigé assez clairement ; cela vient de ce que je l’ai écrit avec une hâte extrême et par morceaux détachés que j’ai ensuite réunis comme j’ai pu ».
De l’action mutuelle de deux courans électriques.Paris, Cochard. Annales de Chimie et de Physique, 2ème série, tome 15. 1820.1 volume in-8 ; (5) pp, pp 6 à 448 pp, 5 pl.Ampère publie à nouveau son travail sous le titre Mémoires sur l’Action mutuelle de deux courans électriques, sur celle qui existe entre un courant électrique et un aimant ou le globe terrestre, et celle de deux aimans l’un sur I’autre. Sur la page de titre de cette publication de 68 pages et 5 planches, il est écrit «Extrait des Annales de Chimie et de Physique». Pourtant le texte présente quelques différences avec celui du tome 15 des Annales.En 1822 paraît un résumé de ses travaux dans le Supplément à la traduction française de la 5ème édition du système de chimie de Thomson publié par Riffault. Ce résumé se trouve entre les pages 163 et 256, sous le titre : Exposé des nouvelles découvertes sur le magnétisme et l’électricité. (Paris, Méquignon Marvis. 1822. (4), VIII, 547, (1) pp.)Enfin Ampère publie en 1822/23 son « Recueil d’observations électro-dynamiques contenant divers mémoires, notices, extraits de lettres ou d’ouvrages périodiques sur les sciences… »Paris, Crochard. (4) pp, pp (3) à 250, pp 252 à 378, (6) pp, 10 pl.Ce recueil est formé par la réunion de tirages à part des premiers articles relatifs à l’électrodynamique parus, soit dans les Annales de Chimie et de Physique, soit dans la Bibliothèque Universelle de Genève. On trouve, au début, le mémoire fondamental d’Ampère : « De l’action exercée sur un courant électrique, par un autre courant, le globe terrestre ou un aimant ». Ampère y a joint des mémoires de Faraday, de la Rive, Savary, Davy, etc. L’ouvrage a paru initialement sous le titre : Recueil de Mémoires, Notices, Extraits de Lettres ou d’Ouvrages périodiques sur les Sciences, relatifs a l’Action mutuelle de deux courans électriques, sur celle qui existe entre un courant électrique et un aimant ou le globe terrestre, et celle de deux aimans l’un sur l’autre. Paris: Crochard, 1822. (4) pp, pp (3) à 124, pp 169 à 250, pp 252 à 344, 9 pl. Il existe, à la même date, deux autres états incomplets de ce recueil : (2), 222 pp, pp 237 à 250, pp 252 à 344, 9 pl. et (2), 360 pp, 9 pl.
Ampère complète ce Recueil en 1824 en publiant son « Précis de la théorie des phénomènes électrodynamiques. pour servir de supplément à son recueil d’observations électrodynamiques et au manuel d’électricité dynamique de m. Demonferrand. »Paris, Crochard et Bachelier. (67 pp, 1 pl).Enfin l’Académie des sciences publie en 1827 le bilan de tous les travaux d’Ampère dans le tome VI de ses mémoires sous le titre : « Mémoire sur la théorie mathématique des phénomènes électrodynamiques uniquement déduits de l’expérience… » Paris, F. Didot. [(6), CLXXVI, 612 pp, 2pl.]Le mémoire d’Ampère occupe les pages 175 à 388, il est accompagné de 2 planches. Un tiré à part a paru en 1826 chez Méquignon Marvis (226 pp, 1p errata, 2 pl)
Enfin si vous voulez voir quelques vidéos d’expériences historiques sur l’électricité, allez à l’adresse : http://www.ampere.cnrs.fr/parcourspedagogique/accesauxvideos.php
Merci Bernard,H

La lettre du bibliophile

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Bibliophilie et Sciences: Newton, Musschenbroek et s’Gravesande

Bibliophilie et Sciences: Newton, Musschenbroek et s’Gravesande

Amis Bibliophiles bonsoir,
Le bibliophile du Blog du Bibliophile étant en vacances, c’est Bernard qui vous propose ce soir un nouvel opus de sa désormais célèbre saga « Bibliophilie et Sciences ». Aujourd’hui Newton, Musschenbroek et s’Gravesande.
Les idées de Newton ont été enseignées en Hollande avant de l’être en France. Les cours de physique les plus célèbres sont ceux de deux professeurs, Musschenbroek et s’Gravesande. Leurs ouvrages ont rapidement été traduits en français et ont été utilisés en même temps que ceux de Nollet.
En 1726, Musschenbroek fait paraître en latin ses Elémens Physico Mathématiques. Cet ouvrage est réimprimé en 1734 avec quelques légers changements. Il en donne une version hollandaise en 1736, réimprimée en 1739. La première traduction française est due à Pierre Massuet (1698-1776), naturaliste et historien, qui étudia la médecine à Leyde et s’établit à Amsterdam.
Essai de Physique. Leyden, Samuel Luchtmans. 1739. 2 volumes in-4 ; portrait, XXV, (3), 502 pp, 12 pl ( I à XI avec V*). – (2) pp, pp 503 à 914, (30) pp, 18 pl ( XII à XXIX) – 63 pp, 4 pl – 8, (2) pp. Cet ouvrage a été réédité en 1751.
Essai de physique. Leyden, S. Luchtmans. 1751. 2 volumes in-4 ; portrait, XXIII, 3, 495 pp, 12 pl. – (3) pp, pp 494 à 882, (26) pp, 18 pl, 60, 8 pp, 4 pl, 1 carte.
Musschenbroek fait réimprimer en 1741 ses Elémens de Physique, avec quelques changements et quelques corrections. Il donne encore en 1748 les Institutions de Physique avec un abrégé des nouvelles découvertes. En 1760 il décide de faire imprimer un ouvrage plus ample. La partie mécanique est considérablement augmentée. Les plus grands changements se trouvent dans le chapitre sur l’électricité. Musschenbroek meurt le 19 septembre 1761 ; l’édition est terminée par un disciple, Jean Lulolfs, en 1762, sous le titre Introductio ad philosophiam naturorum . Cet ouvrage est le dernier état du cours de Musschenbroek. Il a été traduit en français par Sigaud de La Fond. Le premier volume est précédé de l’édition originale du Discours sur la meilleure manière de faire des expériences de Deslandes, lu à l’Académie d’Utrecht le 17 mars 1730.
Cours de physique expérimentale et mathématique… Paris, Ganeau, Pineau. 1769. 3 volumes in-4 ; XLVIII, (4), 472 pp, 26 pl. – (4), 510 pp, 16 pl, 1 tableau – (4), 503, (1) pp, 22 pl, 1 carte.
 Wilhelm Jacob s’Gravesande (1688-1742), savant hollandais, fait en 1715 un voyage en Angleterre pendant lequel il se lie avec les savants de ce pays. Il devient, en 1717, professeur à l’Université de Leyde où il enseigne successivement les mathématiques, l’astronomie et la philosophie. Il est l’un des premiers à adopter et à propager les théories de Newton.
S’Gravesande entreprend une adaptation des Principia afin que l’œuvre de Newton soit accessible à l’enseignement et au grand public. Cette adaptation implique l’ajout de démonstrations empiriques antérieures à l’explication théorique, mathématique des phénomènes. La première édition de Physices Elementa Mathematica, Experimentis Confirmata, date de 1720-1721. La première traduction française, de la troisième édition latine de 1742, est due à Elie de Joncourt (1697-1765), professeur de philosophie et de mathématique. Cette édition est très augmentée par rapport à la première.
Élémens de physique démontrez mathématiquement et confirmez par des expériences, ou introduction à la philosophie newtonienne. Leide, Jean Arn Langerak, Jean et Herman Verbeek. 1746. 2 volumes in-4 ; (4), LXXIII, 534 pp, 52 pl. – (14), 460, (18) pp, pl 53 à 127.En 1747 paraît une autre traduction due à Charles François Roland de Virloys (1716-1772), architecte, professeur de physique et de mathématique. Cette traduction est moins estimée que la précédente et les planches sont moins belles.
Élémens de physique ou introduction à la philosophie de newton… Paris, C.A. Jombert. 1747.2 volumes in-8 ; (8), IV, 356, (2) pp, 25 pl. – (2), IV, 478, (2) pp, 25 pl.
HMerci Bernard,On trouve en fin de volume : « Description de nouvelles sortes de machines pneumatiques tant doubles que simples. Avec un recueil de plusieurs expériences, curieuses et instructives que l’on peut faire avec ces machines par Mr Jean van Musschenbroek, qui fait lui-même ces pompes à Leiden » puis la « Liste de diverses machines de physique, de mathématiques, d’anatomie, et de chirurgie qui se trouvent chez Jean van Musschenbroek à Leyden. »Pieter van Musschenbroek (1692-1761), physicien hollandais, exerçe d’abord la médecine, puis est successivement professeur de philosophie, de mathématiques et de médecine à Duisburg, à Utrecht, et enfin à Leyde en 1740. Il est l’élève et l’ami de Willem Jacob Gravesande. Il contribue puissamment par ses leçons, ses découvertes et ses ouvrages à introduire en Hollande la philosophie expérimentale et le newtonianisme ; on estime surtout ses recherches sur l’électricité, la cohérence des corps, le magnétisme, la capillarité, le pyromètre. En 1746 il réalise la célèbre expérience de la bouteille de Leyde, ancêtre du condensateur, ce qui accélère les recherches sur l’électricité.

1 Commentaire

  1. Je voyais le 19eme siècle comme le siècle de la vapeur et je réalise que l'énergie électrique avait déjà ses racines en lui.

    Merci Bernard pour ce coup de projecteur sur les travaux d'Ampère. Pierre

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