Bibliophilie et Sciences: Camille Flammarion et Les Terres du Ciel, où pourquoi dépenser des sommes fabuleuses pour aller sur la lune

Amis Bibliophiles bonjour,

Pourquoi dépenser des sommes fabuleuses pour aller sur la lune ?Déjà au XIXe siècle on réalisait des photographies époustouflantes de la surface lunaire – photo 1, extraite de l’ouvrage de Camille Flammarion, « Les Terres du Ciel », édition 1877 (photo 3). En fait on pourrait presque dire qu’il s’agit d’un canular. En partant d’une carte dessinée de la lune, l’astronome Nasmyth reproduisit des régions lunaires en relief sur des maquettes en plâtre. En photographiant ces maquettes, il obtint des images extraordinaires de précision plus vraies que les vraies photos. Aujourd’hui, on dirait qu’il s’agit de « faux », d’autant que le relief lunaire était très exagéré.Par contre la photo 2 montre bien une photographie réelle de la lune prise au télescope.Il ne s’agit pas de photographies argentiques mais de tirages réalisés par le procédé photo-mécanique de la Photoglyptie ou Woodburytypie, la mention Goupil en est du reste la preuve. La qualité de ce procédé, aujourd’hui abandonné, est telle qu’on peut facilement prendre les tirages pour des photos classiques.Ces ouvrages comportant des « Photos collées » sont très appréciés par les amateurs à la fois bibliophiles et photophiles.
RenéH

La lettre du bibliophile

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Deux livres de Sebastien Le Clerc

Deux livres de Sebastien Le Clerc

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Reprenons nos bonnes habitudes avec un article de Bernard, qui explore pour nous les mondes de la bibliophilie scientifique. Il vous propose aujourd’hui de découvrir deux ouvrages de Sébastien Le Clerc. Merci beaucoup Bernard. Pouvez-vous l’aider à identifier les armes?

Sébastien Le Clerc (1637-1714), graveur renommé, fut l’élève de Charles Lebrun célèbre peintre et décorateur auprès de Louis XIV. Attaché au service du roi, il enseigna à la manufacture des Gobelins. Féru de géométrie et des techniques de perspective qu’il enseigna à l’Académie de peinture, on lui doit un traité de géométrie (1699) et un traité d’architecture (1714).
Louis XIV reçu à l’Académie des Sciences par Sébastien Le Clerc (1667)

Je vous présente deux ouvrages peu courants dans lesquels Le Clerc aborde la physique.
Nouveau système du monde conforme à l’écriture sainte…
Paris, Giffart. 1706.
1 volume in-8 ; (16), 99, (3) pp, 29 gravures dont certaines recto-verso.

Qui peut me dire à qui appartiennent ces armes ?

Pour l’auteur, le soleil n’occupe pas le centre du « système solaire » ; il tourne circulairement avec les six planètes connues à l’époque, autour d’un même point, centre de notre monde. Le Journal des Sçavans du lundy 24 janvier 1707 consacre dix pages à cet ouvrage : « M. le Clerc, sans s’engager dans de profonds raisonnemens de physique, expose en peu de mots ses nouvelles idées, et les preuves dont il les appuye ; et comme il est excellent graveur, on s’imagine bien que le nouveau rôle de physicien qu’il veut jouer icy, se trouve soutenu de tous les secours qui se peuvent emprunter de l’Art, dont il fait son capital ; c’est à dire, que les figures ne sont point épargnées dans ce petit ouvrage, où l’on en rencontre presque à chaque feuillet. M. le Clerc établit d’abord, pour première hypothèse, que le firmament n’est autre chose, qu’une vaste étendue d’eau, qui environne de tous côtez notre tourbillon avec une infinité d’autres, dans chacun desquels est renfermée une étoile ou un corps lumineux, comme le soleil est contenu dans le nôtre. Il prouve cette supposition par l’autorité de la Genèse, où il est dit, que Dieu créa le Firmament au milieu des eaux ; ce qu’il a soin d’éclaircir par un exemple familier et à la portée des moins intelligens, en mettant sous nos yeux, par le moyen d’une figure, un petit enfant, qui en soufflant avec une paille dans de l’eau de savon, y produit quantité de petites bouteilles : image naïve de la naissance des tourbillons dans les eaux du Firmament, et qui est mise dans tout son jour, par une Vignette placée à la tête du livre, dans laquelle on nous représente Dieu le Père au milieu des Tourbillons, qu’il semble former par le soufle de sa bouche seule, au lieu que le petit enfant se sert d’un chalumeau pour enfler les siens ».
Système de la vision fondé sur de nouveaux principes.
Paris, Florentin Delaulne. 1712. EO.
1 volume in-8 ; (10), 151 pp.
Ce petit ouvrage est inspiré par les leçons de perspective que Le Clerc avait données . Les principes de la vision développés sont contaires à ceux de Descartes : « les principes de mes règles qui se tirent de la vision, se trouvant contraires et opposéz aux principes et aux maximes de M. Descartes, m’attiraient souvent des objections, qui m’étant faites par des personnes d’esprit, m’engagèrent insensiblement à faire une étude toute particulière de la manière dont on voit les objets ». Parmi les trente chapitres du livre : Que tout ce que l’on voit distinctement on ne le voit que d’un œil – Que l’œil gauche voit seulement ce que le droit ne peut voir – Qu’un point n’est vu que par un seul rayon, etc.
Merci beaucoup Bernard, une pensée amicale. H

5 Commentaires

  1. Vaste programme, Pierre, je ne sais pas si je suis vraiment qualifié pour le mener à bien. Il y a certainement des lecteurs du Blog plus aptes que moi à composer quelque chose de cohérent, ou à nous indiquer des sites Internet utiles.

    René

  2. Je me perds dans tous ces procédés de photographie, René, d'autant que les résultats sont souvent identiques. Il faudra, un jour, nous expliquer tout ça par écrit ;-)) Pierre

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