Images autour du livre XVI: la première Bible imprimée en France, une biblia latina de 1476-77, par Crantz et Friburger, à Paris, au Soleil d’Or

Amis Bibliophiles bonjour,
Aujourd’hui, deux belles images proposées par Philippe M.Biblia latina, imprimée par Ulrich Gering, Martin Crantz et Michael Friburger à Paris, au Soleil d’Or entre le 22 juillet 1476 et le 21 juillet 1477. Cet atelier typographique parisien formé par trois imprimeurs d’origine allemande fut actif de 1470 à 1477-1478.

Cette bible st la première qui ait été imprimée en France.
Claudin, dans son « Histoire de l’imprimerie » (vol 1, 1900) et Y. Perrouseaux, dans « Histoire de l’écriture typographique » (vol. 1, 2005) considèrent « que cet ouvrage est la plus belle réalisation parmi ceux jusque là produits par ces trois prototypographes » ; le corps du texte est composé au moyen d’une gothique de forme arrondie, tandis que les capitales sont en caractères romains. Les titres courants sont manuscrits.

Les deux illustrations correspondent au début du “cantique des cantiques” et au “livred’Isaïe”).
Superbe!H

La lettre du bibliophile

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Le Bibliomane de François Kupka (1871 – 1958)

Le Bibliomane de François Kupka (1871 – 1958)

Amis Bibliophiles bonsoir,

La bibliophilie au Grand Palais n’est pas tout à fait terminée! Si vous êtes parisiens et que vous êtes sensible à la peinture, ne ratez pas l’exposition « Kupka, pionnier de l’abstraction », au Grand Palais, qui se tient du 21 mars au 30 juillet 2018.

František Kupka dit François Kupka est né le 22 septembre 1871, dans une petite ville de Bohême orientale, Opočno (aujourd’hui en République tchèque). Ayant montré de précoces inclinations artistiques, il prépare l’entrée à l’Académie des beaux-arts de Prague. Il y est inscrit en 1889, en classe de peinture historique et religieuse, avant d’intégrer, en 1891, la prestigieuse Académie de Vienne. De cette période datent d’ambitieux tableaux allégoriques, comme Le Dernier Rêve de Heine mourant (1893), dont le succès lui vaut quelques commandes de portraits dans l’aristocratie impériale.

En 1899, à 28 ans, il peint Le Bibliomane (1897 ou 1899 selon les sources), qui marque son adoption des conventions de la peinture claire et de plein air.

Kupka choisit de quitter Vienne pour Paris où il s’installe à Montmartre. Il est proche de son compatriote Mucha et gagne sa vie en donnant des caricatures aux journaux satiriques qui foisonnent à cette époque : Le Canard sauvage, Cocorico, Le Cri de Paris, La Plume, et Le Rire, mais aussi bien sûr L’Assiette au Beurre.

Kupka illustrera éaglement trois livres de bibliophilie: Les Érinnyes de Leconte de Lisle, la Lysistratè d’Aristophane et le Promètheus d’Eschyle.

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Mais revenons à ce « Bibliomane » peint en 1899, que les bibliophiles verront sans doute plus comme un simple « lecteur ».

Voici comme le tableau est présenté dans le formidable dossier pédagogique de l’exposition:

« Observer:

Réalisée dans une belle facture picturale, au dessin parfaitement maîtrisé, cette toile évoque un instant passé au jardin par une journée ensoleillée. Assis à l’ombre d’un arbre, un homme lit. Trois jeunes femmes, à moitié cachées par les frondaisons,
un brin facétieuses, l’observent. La scène peut sembler amusante. Cet homme est, en effet, regardé à son insu. Mais la composition du tableau souligne un fort contraste entre les deux groupes. L’homme est comme retiré du monde, happé par sa lecture, à l’abri de la niche de verdure qui l’enveloppe. Les jeunes filles, elles, sont en mouvement. Deux d’entre elles, vêtues de robes blanches, se penchent vraiment, tête en avant, pour mieux voir tandis que la troisième, attirante avec sa blouse rouge, se dérobe discrètement. L’ombrelle et les robes parsemées de taches de soleil témoignent du bonheur de vivre en harmonie avec la nature dont ces silhouettes féminines semblent surgir. Le peintre oppose vie contemplative et vie active.

Comprendre:

A écouter ce qu’en dit l’artiste c’est, en effet, une version très personnelle qu’il nous livre: « L’imbécile rat de bibliothèque dont j’avais si longtemps joué le rôle est assis sous un arbre, au milieu de la nature ensoleillée, à se casser la tête selon mon habitude. Les trois jeunes filles, qui l’épient à travers le feuillage sont censées représenter la vie, telle qu’elle doit être vécue dans la pratique, ce dont j’étais bien incapable.» L’artiste exprime son état d’âme, douloureux, un regret; il parle de son incapacité et pour le dire, il choisit la voie picturale. Ainsi, il quitte la simple scène de genre au profit d’une vision allégorique. Dans cette toile importante,
exposée au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts à Paris, la maîtrise de la technique, acquise à l’Académie, place le sujet traité au sein d’un paradoxe entre peinture d’histoire et symbolisme. Le choix délibéré de placer la scène en extérieur avec une forte présence de la nature correspond aussi aux préconisations de cette génération d’artistes sécessionnistes dont Kupka est issu.« 

H

1 Commentaire

  1. Bonour,
    Ces bibles incunables sont vraiment superbes!
    Belle piece!
    Je (re)lisais la premiere partie du catalogue La Valliere pendant ces vacances : il n'y avait pas moins d'une quinzaine de bibles incunables reliees pour la plupart en mar 18e!
    On reve un peu sous la grisaille, ca fait du bien…
    Cordialement

    Wolfi

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