Portrait de Bibliophile : Olivier.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose ce soir le portrait d’un bibliophile, universitaire et Toulousain, qui intervient régulièrement sur le blog, Olivier.
Bonjour Olivier,

Pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?
Eh bien je suis universitaire et toulousain depuis 3 ans. A vrai dire ma bibliothèque (de livres anciens) a débuté avec mon arrivée à Toulouse. L’abondance de livres anciens et les prix (souvent) modiques qui y sont pratiqués m’ont incité à « sauter le pas ». Etudiant, j’avais dévoré les
livres de Roger Chartier, d’Elisabeth Eisenstein, de Robert Darnton, de Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, etc. J’étais donc fasciné par ces livres mais (longuement [je parle aux thésards membres actifs de ce blog qui me comprendront]) étudiant et avec un pouvoir d’achat limité je n’en avais jamais acheté qu’un (un volume du théâtre de Thomas Corneille). A Toulouse, j’ai découvert de nombreux libraires mais aussi de nombreux livres (y compris dans des vide-greniers) à des prix très modiques. Aussi (pardonnez moi mon père) j’ai beaucoup pêché et ai acquis (dans un premier temps) de nombreux incomplets qui ont longtemps suffi à mon bonheur. Aujourd’hui je m’en sépare ce qui me sert à financer mes nouveaux achats. Enfin, pour expliquer la croissance rapide de ma bibliothèque (entre 80 et 100 volumes en moins de deux ans, je n’ai jamais compté…) mon bureau se situe à quelques mètres de deux salles des ventes qui organisent régulièrement des ventes de livres (y compris dans des ventes dîtes « de brocante »). Ce qui tend à confirmer que les livres anciens sont (relativement) abondants à Toulouse (si quelqu’un a une explication?? On m’a parlé des belles bibliothèques protestantes, de l’enclavement de Toulouse pendant longtemps, etc…).

Depuis quand la passion de la bibliophilie s’est-elle emparée de vous?
Comme je l’ai dit elle remonte à mes années d’étudiant, à mon goût pour l’histoire et, plus largement, pour les objets anciens (mobilier, céramique, etc.). Evidemment en étant universitaire, on développe un rapport familier aux livres, une partie du travail consistant à les faire se parler entre eux et à restituer ce « dialogue » aux étudiants. Cette disposition d’esprit me semble propice à la bibliophilie. Surtout, lire un livre ancien c’est se laisser happer par une époque, et ce qui me passionne c’est de tenter de percevoir ce que celui qui écrivait et celui qui lisait ces volumes avaient en tête.
Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de coeur?
Eclectique elle fût. Elle l’est moins. J’aime les livres historiques et politiques, les pamphlets. J’ai une prédilection pour les ouvrages révolutionnaires mais il me semble difficile de les trouver dans un état correct (la période n’était sans doute pas propice à la qualité des reliures et des impressions). L’entreprise éditoriale que représente l’Encyclopédie me fascine mais, n’ayant pas les moyens de m’acheter (ni la place d’accueillir) l’ensemble de l’Encyclopédie, je me suis néanmoins offert les deux premiers volumes pour bénéficier des frontispices et, par ailleurs, j’ai une jolie édition de « L’Esprit de l’Encyclopédie ». Dans mes achats de livres je me rends compte que je suis influencé par… mes lectures. Je viens de terminer le Peyrousseaux ce qui m’a conduit à acheter un fort in-folio des oeuvres de Saint-Jérôme (saint patron des libraires et des traducteurs…) édité par Christophe Plantin. Le volume, règlé, ne contient que 5 des 10 livres initiaux mais il suffit à mon bonheur d’avoir une impression plantinienne. J’avais déja un Henri Estienne et un Charles Estienne et un Gryphe vient d’arriver, aussi je suis comblé. Le cours de la vie peut aussi influer. Ma compagne est enceinte, aussi j’ai acheté le traité des maladies des femmes grosses et de celles qui sont accouchées de Mauriceau pour le cas où j’aurais (Dieu m’en garde) à prendre « les choses en mains »;-)). L’avantage des livres de médecine anciens c’est qu’à la différence des modernes, on peut les comprendre…;-) Enfin, les ouvrages étranges (auxquels ce blog fait une large place ce qui me ravit) ou amusants m’intéressent (Le tableau de l’amour conjugal de Venette, le traité des signes de Costadeau, le traité des superstitions font partie des livres que j’aime feuilleter).

Où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?
Mes lieux d’achat sont principalement les libraires, les ventes, les salons (même s’ils sont peu nombreux). J’achète peu sur Ebay. D’abord parce que j’ai du mal à acheter un livre que je n’ai pas vu, soupesé, feuilleté. Ensuite parce que les descriptions sont souvent… peu satisfaisantes ou fantaisistes (je pèse mes mots). Enfin parce que j’ai tendance à les acheter moins cher ailleurs. Je ne suis pas radin mais j’avoue aimer « faire un bon coup », dénicher un livre, profiter de l’incompétence d’un libraire (il en est). Bref le côté « chasse » me plaît. Alors quand le bois est giboyeux…

Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?
Hugues le sait je « veux » un Paré. J’ai eu l’occasion d’en feuilleter lors de ventes et cela n’a fait qu’accroître mon désir. Malheureusement, pour le moment les prix atteints sont restés dissuasifs (de peu certaines fois). Le livre que j’aime le plus dans ma bibliothèque est L’Epithome du Thresor des Antiquitez c’est à dire pourtraits des vrayes médailles des emp. tant d’Orient que d’occident, 1553, de Jacques de Strada, traduit par Jean Louveau d’Orléans. D’abord parce que c’était mon premier « 16ème ». Pour ses 270 bois ensuite (reproduction des monnaies romaines suivies de notices biographiques). Enfin, parce que c’est un livre que j’ai littéralement « déniché » dans un carton, aux puces chez un vendeur d’affiches qui en demandait 180 euros en croyant qu’il s’agissait d’un, je cite, « début 17ème » et a fini par me le vendre… 40 euros. Alors il n’est pas exempt de défauts (quelques feuillets manquants) mais tant son contenu que les conditions de son achat (et un ex-libris d’un bibliophile normand [ma patrie d’origine] du 19ème siècle), en font un livre cher à « ma » bibliophilie.
Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, autre chose qui touche à la bibliophilie?
Alors je ne sais pas si l’on reste dans le domaine de la bibliophilie mais j’ai acheté dans un vide-grenier un parchemin daté de 1475. A l’origine je l’ai acheté pour un faux (et au prix d’un faux, une dizaine d’euros) pour ses très jolis sceaux. Le temps de rentrer chez moi et d’examiner le papier de plus près et je me rends compte que le papier est probablement d’époque (le passage des fils de laiton). Ce que me confirme un libraire. Quelques mois plus tard je relisais L’apparition du livre de Febvre et Martin qui mentionnent un papetier de Saint-Quentin (si ma mémoire est bonne) nommé Le Bé qui officiait entre 1470 et 1490 et qui filigranait son papier… d’un B. Je reprends le
document, l’approche de la lampe et (vous l’aurez deviné) le papier est filigrané d’un B… Les personnages nommés sont eux aussi concordants avec la date. Pour le moment et en attente d’être détrompé je le prends désormais pour un vrai. Last but not least, le document est un petit morceau d’histoire de France. Un rattachement d’un territoire (du Sieur de Montossé, Montossez, l’orthographe varie) à la couronne de France et la création, dans la foulée d’un nouveau pays des « quatre vallées ». Je n’ai pas identifié le lieu mais je compte sur un médiéviste lecteur du blog pour m’aider. Le plus amusant est au dos du parchemin. On y trouve un plan et un petit texte (du 18ème ou du 19ème siècle). Le plan est celui du chateau de Montossé et le texte dit en substance : « la légende de Montossé résolue. Il n’y a point de trésort à Montossé ». Indiana Jones quoi (le trésor en moins)! Je fournis une photo haute définition à qui veut m’aider.

Enfin, vous êtes un visteur fidèle du blog… qu’en attendez-vous?

Qu’il continue! J’apprécie ce rendez-vous quotidien avec la bibliophilie (évidemment un mensuel ne peut rivaliser). J’apprécie l’intelligence collective que permet internet (cette soirée sur les claies m’avait impressionnée). Bref ce blog est devenu mon second quotidien (un le matin et un le soir). Bravo et merci!!

Merci Olivier
Hugues

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Un grand bibliophile du XIXe siècle : Joaquim Gomez de La Cortina

Un grand bibliophile du XIXe siècle : Joaquim Gomez de La Cortina

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Excellente nouvelle, c’est un nouveau contributeur qui rejoint le blog en la personne de Guillaume, qui nous propose ce soir un portrait de Joaquim Gomez de La Cortina. Je lui laisse la parole.

« Je me propose de vous présenter à grands traits la figure d’un des plus illustres bibliophiles du XIXe siècle, mort tragiquement sous les coups de ses propres livres, qui récompensèrent là bien mal le culte qu’il leur voua sa vie durant.
Né en 1808 au Mexique, le jeune Joachim Gomez de la Cortina, futur marquis de Morante, est rapidement envoyé en Espagne par son père au moment où les troubles pour l’indépendance de la colonie se déclarent. Il y réalise des études brillantes, puique après avoir obtenu deux doctorats successifs – en droit canon puis en droit civil -, il devient recteur de la prestigieuse Universitas Complutensis de Madrid, avant d’exercer différentes fonctions politiques et juridiques. Il se dégage bientôt de toutes ces charges pour se consacrer à la réelle passion qui l’anima jusqu’à son dernier souffle : les livres, comme le montre sa devise hora fallitur legendo, aposée sur les nombreux ouvrages qu’il donnait à relier aux ateliers parisiens les plus réputés.

Doté d’une aisance matérielle certaine après la liquidation des biens reçus en héritage, il a dès son plus jeune âge consacré une part non négligeable de sa fortune à ses livres, puisque d’après ses registres de comptes, certaines années, les deux tiers de ses revenus étaient consacrés à l’achat de nouveaux ouvrages, à leur reliure ou à leur restauration. Aussi sa bibliothèque est-elle remarquable par trois aspects au moins :

* le nombre d’abord, puisqu’il réunit près de 120.000 volumes, total presque inédit pour un particulier.

* la qualité ensuite, puisqu’on compte de très nombreux ouvrages uniques, et que tous sont en excellente condition ; on peut signaler qu’il redore là le blason national, l’Espagne passant à l’époque pour n’abriter pratiquement aucun bibliophile, tout au plus quelques érudits qui s’accommodaient de livres délabrés et mangés par les vers.

* l’élégance enfin puisque, outre les belles reliures anciennes (sortant des bibliothèques de Thou ou de Grolier, quand elles n’ont pas été pas réalisées par Clovis Ève), il fait relier de nombreuses acquisitions en plein maroquin ou en veau fauve (ce qui n’exclut pas du demi-chagrin, voire de la demi-basane pour des ouvrages de pure consultation) par de grands artisans, Duru étant, d’après une anecdote ayant circulé dans Paris, son favori.

Passionné par l’Antiquité classique, il avait construit sa bibliothèque, sublimement logée dans de vastes salles dallées de marbre, autour de trois grands domaines :

— les classiques latins, avec des éditions de Virgile, Horace ou Cicéron par dizaines ; esthète raffiné, il pouvait posséder plusieurs exemplaires de la même édition. Il détenait aussi quelques manuscrits anciens de ces auteurs.

— les poètes latins modernes, prolongement logique de son premier centre d’intérêt.

— les ouvrages hétérodoxes, traitant de la Réforme ou d’hérésies plus confidentielles et plus exotiques…

Il publia lui-même un catalogue en 8 volumes de ses livres, limité à 500 exemplaires, preuve qu’il n’était ni bibliomane ni simple amateur de reliures (que Bergamotte et autres bibliopégomanes m’excusent) ; il fut d’ailleurs l’auteur d’un Dictionnaire étymologique latin et espagnol, Leipzig, 1867.

Malgré l’indication qu’il faisait frapper sur les plats de ses ouvrages (J. Gomez de la Cortina et amicorum, c’est-à-dire, « appartenant à J. Gomez de La Cortina et à ses amis »), jamais il ne prêtait ses ouvrages : mais n’est-ce pas à cela qu’on reconnaît le vrai bibliophile (cf. le Ite ad vendentes ! de Scaliger et toutes les anecdotes que répètent à l’envi les manuels de bibliophilie).
En dehors de ses livres, le loisir essentiel de ce célibataire endurci consistait en des discussions philologiques, tous les soirs, avec ses amis ; il détestait ne pas avoir le dernier mot, et son caractère passait, en vérité, pour difficile (serait-ce une autre caractéristique des bibliophiles ? Brunet, Quérard – certes bibliographes avant tout – avaient un caractère insupportable. Ce n’est pourtant pas l’impression que donne ce site !).

Malgré tous ces mérites, c’est pour sa mort, frappante il est vrai, et survenue en 1868, que l’on connaît surtout le marquis de Morante : il est en effet décédé en tombant du haut de l’échelle de sa bibliothèque (et non sous le poids de ses livres, comme on le dit trop souvent, et comme je l’ai moi-même honteusement prétendu au début de cet article, pour appâter le lecteur !), rejoignant en cela d’autres amateurs de livres.

L’essentiel de sa bibliothèque fut acquise et reliée en France ; c’est là aussi qu’elle fut dispersée, le catalogue ayant été réalisée par Paul Lacroix, alias le Bibliophile Jacob. Étant donné la masse de cette bibliothèque – dont une petite partie est maintenant entreposée à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm – il n’est pas difficile de trouver aujourd’hui quelques exemplaires dans le commerce, à condition de ne pas viser, bien sûr, une édition aldine reliée en plein maroquin bleu par Lortic, revêtue de la griffe d’Alde Manucce et agrémentée de quelques annotations d’Érasme…

Pour conclure, voici trois exemplaires qui m’ont fait particulièrement rêver quand j’ai parcouru les pages du seul premier volume du catalogue de vente réalisé par le Bibliophile Jacob – même si ce ne sont sans doute pas, objectivement, les plus précieux :

N° 774 : Horace Poemata – Paris, ex. off. Rob. Stephani, 1544 – in-8, mar. r., dent. int., tr. dor., avec notes manuscrites originales de Robert Estienne (Lortic)

N° 1488 : Scaliger (Joseph) Opus de emendatione temporum – Leyde, Plantin, 1598 – in-fol., mar. r., fil. tr. dor., aux armes de J.-A. de Thou, avec deux lignes autographes de J. Scaliger

N° 1616 : Tacite Opera omnia quæ extant. Iust. Lipsius denuo castigavit et recensuit – Lyon, Ant. Gryphe, 1584 – in-12, mar. r., comp. doré en plein lis, et marguerites sur les plats, tr. dor., aux armes de Marguerite de Valois, dite la Reine Margot (Clovis Ève)

Merci beaucoup Guillaume,

H

Bibliographie sommaire (plus de références dans l’ouvrage de P. Hummel) :

Fr.-A. Barbieri, « Notice biographique sur D. Joach. Gomez de La Cortina, marquis de Morante », dans Catalogue de la bibliothèque de feu M. le marquis de Morante, ancien recteur de l’Université de Madrid, sénateur du Royaume d’Espagne – Paris, Bachelin-Deflorenne, 1872 – vol. I, p. III-XVII

J. Gomez de la Cortina, Catalogus librorum doctoris D., Joach. Gomez de la Cortina, marquis de Morante, qui in ædibus suis extant – Madrid, Dusebius Aguado, 1845-1870 – 8 vol. in-4 + 1 vol. de suppléments

J. Guigard, Nouvel armorial du bibliophile. Guide de l’amateur des livres armoriés – Paris, E. Rondeau, 1890 – t. II, p. 372-375

P. Hummel, Regards sur les études classiques au XIXe siècle : le fonds Morante de l’É.N.S. – Paris, Presses de l’École Normale Supérieure, 1990 – 259 p.

Photographie : Quicherat (Louis, Marie) Vocabulaire des noms géographiques, mythologiques et historiques de la langue latine – Paris, Hachette, 1846 – Gr. in-8, pl. v. fauve glacé, double fil. droit sur les pl., dos lisse à fil. dor., aux armes sur les deux pl. de J. Gomez de la Cortina et amicorum, avec sa devise Fallitur hora legendo, VIII-176 p.

Description des armes de J. Gomez de La Cortina, empruntée à Guigard : « Coupé d’un et parti de 3, ce qui fait 8 quartiers : au premier, d’argent, à 3 fasces de gueules, à la bordure de sinople, chargée de 8 sautoirs d’argent, 3 en chef, 2 aux flancs et 3 en pointe ; au second, de sinople, à une cotice et un filet d’argent en bordure, accompagné de 2 croix vergetées du même, 1 en chef et 1 en pointe ; au trois, de gueules, au pélican de sinople en sa piété, à la bordure componée de sinople et d’azur ; au quatre, de même que le 2 ; au cinq, de gueules, à 3 fleurs de lis en fasce, une tour d’argent maçonnée de sable et donjonnée du même, en chef une cannette d’or repose sur une placette du même ; au six, de sinople à 5 étoiles d’argent, 2, 1 et 2 ; au sept, de même qu’au 1 ; au huit et dernier, coupé : au 1, d’azur à 1 tour d’argent surmontée de 3 étoiles du même mise en fasces ; au 2, de sinople, au taureau d’argent »

25 Commentaires

  1. Cher amis , j'ai l'honneur de vous annoncer que je suis l'authentique auteur et propriétaire de ce faux document que j'ai réaliser en 2003 , sur du vieux papier …
    je l'avais prêter à un amis pour rigoler , domicilié à Lannemezan , dans les Hautes pyrénées .
    Je m'aperçoit ce soir avec stupéfaction de son escroquerie !
    En effet , ce dernier s'est permis de le vendre à je ne sais qui , ( pour je ne sait quoi ) … sans me le dire !
    Bref , désolé de vous décevoir cher ami .
    mais ce document n'a aucune valeur , j'ai fait le tampon avec un porte clef fleur de lys , et les écrit a l'encre de chine . bref , un vulgaire faux ! d'ailleurs , au XVe , on écrivait sur des parchemins ! j'espère retrouver le cour de cette scandaleuse escroquerie !

  2. Je suis de l’avis de Jean-Paul,
    l’encre, l’écriture même, le papier même, les cachets et les tâches (trop belles pour être vraies) me font pencher pour un faux XXè s. Le papier mériterait d’être regardé de près ainsi que l’encre utilisée (les traces laissées par l’encre suite aux mouillure sont importantes – les encres anciennes ne donnent pas les mêmes coulures qu’une encre moderne « fraîche ». En clair il faudrait avoir le document en mains et la chose serait vite débattue.

    Amitiés, Bertrand

  3. Pilou,
    Je croyais cette affaire classée…
    Malheureusement, pas un paléographe ne se serait fait prendre : tout (support, écriture, cire), même sur cette photo, montre un vrai XXe s.

  4. En fait, après avoir lu le texte, je pense qu’il s’agit plutôt d’un palimpseste XIXe s. comme j’en ai fait part à Olivier. Mais, encore une fois, ce ne sont que des spéculations, et il est tout à fait possible que ce soit un vrai document XV s!

  5. Sans rentrer dans le débat, notamment parce que je suis tout un connaisseur sur ce sujet, la piste du « jeu de rôles » ne me semble pas réellement sérieuse.
    Le niveau de détail est trop important. Je penche plutôt vers des modifications ou des ajouts successifs au document.
    H

  6. Ne croyez surtout pas que parce que l’intrigue décrite dans le document a une réelle complexité historique que cela en fait forcément un document authentique.

    Ne sous-estimez pas les MDJ au risque d’être condamné à errer dans les cavernes de La Moria pour l’éternité.

    Un MDJ c’est justement celui qui est censer se creuser le méninges pour trouver un scénar indétectable…

    Mais là, on s’éloigne de la bibliophilie.

    Amitiés, Bertrand

  7. Je confirme Olivier, les MDJ sont de grands malades… pour en avoir été un. Rescapé d’une période où l’on a tendance à croire que Spiderman est un pote et qu’on peut assaillir la forteresse du Mordor avec 4 fantassins abreuvés à la bière blonde.

    Mais qui n’a pas eu 18-25 ans ???

    Amitiés, Bertrand.

  8. Je ne doutais pas de la nature du document, qui me parait ancien effectivement. En effet, Montossey ou Montossé semble être l’ancien nom du seigneur du château, nom modifié après le XVIIIe siècle. Ce sont uniquement les cachets qui me semble plus récents, peut-être XIXe ou XXe siècle.

  9. Ultime réflexion qui n’est pas un plaidoyer pro domo (ce n’est pas comme si j’avais payé un exemplaire de Baudelaire des centaines de milliers d’euros qui n’en serait pas un…;-))), s’il s’agit d’une production pour un jeu de rôle, les grands maîtres sont de grands malades (ce qui ne m’étonne pas pour en avoir côtoyé certains). Quelques clics sur google plus loin et je tombe sur une référence aux événements et aux personnages auxquels fait référence le document (en note de bas de page sur le « googlebook » ci-dessous).
    http://books.google.com/books?id=-4z2SmqG2cwC&pg=PA141&lpg=PA141&dq=lavedan+1475&source=web&ots=Kz_jy9YfIW&sig=MN2B2bLL8gEYWi7Y9pnFm0NGAFY
    Bien à vous tous,
    Olivier

  10. Pierre, énergumène était-il le terme approprié à définir les Indiana Jones du Blog ?

    # (Théologie) Celui qui est possédé du diable.

    Exorciser un énergumène.

    # (Figuré) Se dit de Celui, de celle qui se livre à des mouvements excessifs d’exaltation, de colère, qui parle et s’agite avec violence.

    Quel ton d’énergumène!
    Crier, s’agiter comme un énergumène.

    Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

    Cependant on trouve aussi cette définition qui en fait me plairait plutôt bien :

    « Personne qu’agite un enthousiasme déréglé ou une vive passion.
    Qui est exalté et a un comportement agité. »

    et pour finir je ne peux m’empêcher de citer le Prince des philosophes franco-suisses :

    « L’hypocrite sourit, l’énergumène aboie. » (Voltaire).

    Sur ce,

    Amitiés énergumènatiques, Bertrand

  11. Olivier,

    Il est facile de déchanter avec de pareils énergumènes! (catégorie Indianna Jones)
    Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
    Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots.
    Sourire quand même. Pierre

  12. Oups,
    Je suis allé voir le site et en effet le plan ne laisse guère de doute. Je vais mettre une étiquette (AD&D) pour que dans un siècle personne n’ai de doutes ;-))Je vais contacter la fédération de Haute-Garonne pour qu’ils me disent où il sont récupéré ce papier…
    Olivier

  13. Bonjour à tous,
    Tout à fait d’accord avec l’ensemble des commentaires. N’était le papier (peut-on s’en procurer?) je ne me poserais même pas la question. Lorsque je l’ai acheté, l’encre me semblait bien nette (même si la lettrine rouge est, elle, quasiment effacée) et j’ai pensé à un jeu de piste élaboré. Reste qu’on est parfois surpris par la fraîcheur de l’encre sur des incunables. Pour les sceaux, le flash a eu aussi tendance à les « moderniser »… Bref je n’en sais rien mais cela m’amuse sur certaines choses (hors bibliophilie) de faire le pari de Pascal.
    Quant à la jolie pucelle son format minuscule la rend encore plus sympathique (par parenthèse si j’en ai fourni la photo c’était parce qu’il s’agit de mon premier achat en salle des ventes…).
    Bien cordialement à tous,
    Olivier

  14. Effectivement Pilou, le R est totalement de style XVIIè et pas du tout XVè, quant à la fleur de lis elle est trop belle pour être vraie de l’époque.

    Ne nous en voulez pas Olivier mais j’ai bien peur que ce document soit autre chose qu’un document du XVè s.

    Je me risque à vous donner mon sentiment. Dans une autre vie (au temps de Cazin et du Président de Thou, n’est-ce pas JP), j’ai été maître de jeu pour AD&D (les connaisseurs reconnaîtront… ça rajeunit pas tout ça !!), bref tout ça pour dire que lorsque l’on faisait une campagne de jeux de rôles avec un nouveau scénario, j’étais chargé de créer un document, un plan, un mystère, bref une énigme qui emmenerait les players dans les limbes du cosmos intergallactique pour voir si des fois Aragorn et Bilblo n’y seraient pas… et dans ces temps anciens, je dois bien l’avouer (à genoux, voir à quatre pattes…), j’ai crée des faux de ce type…

    Donc… Warning !!

    Amitiés, Bertrand

  15. J’ai trouvé, il me semble, le château en question. Je suis tombé sur une ville du nom de Montoussé en Bigorre près Lannemezan. En « Google Earthisant » la chose, j’ai découvert une forme plus ou moins approchante à flan de colline du dessin inscrit au dos du parchemin. Si vous voulez vérifier, coordonnées spatiales 43°03’44″N. 0°24’52″E. Je pense qu’il s’agit de ça. Mais je peux me tromper.

  16. Je vais vous sembler bien suspicieux mais les cachets de cire rouge ne me disent rien qui vaille… en parfait état alors que le document est fortement tâché, plié, et que l’on peut supposer qu’il a été malmené pendant des siècles…

    Peut-être suis-je dans l’erreur mais aussi la cire me semble trop rouge vif, de même que la ficelle bleue que l’on voit prise dedans qui ne ma parait pas très ancienne.

    Encore une fois je ne veux pas vous décourager dans votre quête ni émettre un trop gros doute sur l’authenticité de ce document… mais j’ai déjà eu en mains des documents du XVè siècle qui ne ressemblaient pas vraiment à cela.

    J’aimerais me tromper.
    A suivre…

    Votre Pucelle en plein maroquin olive à dentelle sur les plats est exquise. Des pucelles comme cela on en voudrait tous les jours…

    Amitiés, Bertrand

  17. Bien volontier! Il faudrait que j’essaie de retrouver le coin, mais ça me dit quelque chose. N’y a-t-il pas une affaire aragonaise ou navarraise également en jeu derrière ce texte?

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