Des formats et de leur évolution…

Finalement, aujourd’hui, on peut mettre tous les ouvrages d’une bibliothèque sur un support numérique qui rentrerait dans une poche… Quelle évolution!

D’une certaine façon, c’est une parabole autour de l’évolution des formats connue par le Livre, et en particulier par le Livre Ancien, enfant chéri des bibliophiles.

J’ai déjà parlé dans un message des différentes appellations données au format (in-folio, in-4, in-12, etc.) des livres, mais sans réellement m’attacher à l’évolution de ces formats au fil du temps.

Au fil de mes lectures, j’ai lu plusieurs fois que pour le Livre ancien, en ce qui concerne les formats, tout a changé en 3 ou 4 siècles, avant que ne soit adopté le format qu’on lui connaît la plupart du temps aujourd’hui.

A l’origine, au Moyen-Age par exemple, le livre est un objet sacré, ou au moins sacralisé… Et d’une certaine façon sa rareté, sa valeur et le travail qu’il exige, justifient la taille qu’on lui donne alors le plus souvent, à savoir des in-folio, qui sont conservés à plat dans les scriptoriums et les bibliothèques, voire sur des lutrins (la physionomie des bibliothèques elles même évoluera d’ailleurs aussi significativement, de fait).

Jusqu’au 17ème, le livre (dans son format in-folio) est un signe de pouvoir, il est « monumentalisé », et n’est pas réellement pensé pour le lecteur, pour l’individu : peu aisé à transporter, encombrant, lourd, fragile, etc. Aussi il voyage peu, et son univers est statique : nombre de lecteurs limité, déplacements limités.

A partir du fin du 17ème siècle les choses changent, on commence enfin à voir apparaître des formats de taille in-8 ou plus petits, et si les grands formats perdureront un temps pour des raisons diverses, dont notamment la beauté des figures, le mouvement sera dès lors irrémédiable…

Les Elzevier, qui avaient lancé leurs petits formats pour des raisons d’économie furent bien sûr les précurseurs. Mais au 18ème, la tendance devient générale, et c’est le format in-12 qui s’impose très majoritairement, voire des formats encore plus petits, comme les Cazins.

Economie, société dans laquelle les idées s’échangent plus rapidement peut-être, mais aussi « démocratisation » de la lecture, et surtout nouvelles habitudes de lecture. En fait, avec le 18ème, le livre commence enfin à être pensé pour le lecteur.

La lecture devient personnelle, intime, et non plus rituelle et devant un auditoire comme quelques siècles auparavant, le lecteur même se déplace avec ses livres : il voyage, il les offre, il les lit dans les salons, il les revend… La vie de l’objet elle-même se fluidifie en fait, et justifie ces nouveaux formats, infiniment plus pratiques.

Pour ma part, même s’il me serait évidemment difficile de résister à un bel in-folio… je préfère les petits formats, notamment in-12 et in-8, probablement parce que je suis avant tout un lecteur (même les in-4 sont parfois un peu embarrassants je trouve, même si leur « noblesse » est évidente). Aussi, et comme nous tous, je pense, j’ai une relation très personnelle avec mes livres, et même s’il est difficile de transcrire cela en mots… cette intimité s’exprime plus volontiers avec ces petits formats maniables… qui souvent d’ailleurs n’ont rien à envier à la qualité des grands formats.Pour tout vous avouer, je pense que les livres in-folio qui sont dans ma bibliothèque, dont un sublime Racinet… sont ceux que j’ouvre malheureusement le moins souvent…Quoi qu’il en soit, je trouve que cette évolution du format des livres est vraiment intéressante… le passage du livre monumental à l’objet intime, évolution culturelle et historique qui se reflète dans les formats… Intéressant, non?

Et pour vous? La taille compte?

🙂

H
Images : un moine au travail, et une étudiante travaillant sur deux elephant-folio… pratique, non?

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

L’identification des cuirs utilisés en reliure

L'identification des cuirs utilisés en reliure

Amis bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose de poursuivre notre route sur le chemin de la reliure avec aujourd’hui un superbe article de Xavier, sur l’identification des cuirs utilisés en reliure. Merci beaucoup à lui pour ces précisions, si cela vous semble compliqué, c’est normal, pour les peaux, rien ne sert plus que de les avoir eu en main une fois pour les reconnaître ensuite.

Les parties en gras et en italiques ont été ajoutées par moi, simples transitions.
L'identification des cuirs utilisés en reliure Avant toute chose, il est nécessaire de maîtriser le vocabulaire spécifique de la reliure, je laisse la parole à Xavier :

Côté chair : Face intérieure de la peau qui adhérait à la chair de l’animal. Côté opposé à la fleur

Côté fleur : Face extérieure de la peau qui portait le poil de l’animal. Sur cette face se situent les follicules aidant à l’identification des peaux. On utilise également le terme « côté poil. »

Follicule : Petite formation arrondie au sein d’un tissu, d’un organe, délimitant une cavité ou une substance particulière

Tan : Ecorce de chêne pulvérisée utilisée pour la préparation des cuirs

Sumac : Mot Français d’origine Arabe, arbuste aux nombreuses variétés; sumac des teinturiers, des corroyeurs, vénéneux, radicant, vernis du Japon (fournissant une gomme-résine utilisée pour les vernis, la tannerie, etc.)

Noix de galle : Excroissance riche en tanin de la galle du chêne, utilisée pour la fabrication de teintures et d’encres.

Tannage : est l’opération qui consiste à transformer la peau en cuir grâce à des tanins, substances de différentes natures (végétale, minérale comme les sels de chrome, organique) qui permettent de passer d’une peau putrescible, sensible à l’eau chaude et très hydratée à une matière imputrescible, résistante à l’eau chaude et peu hydratée. La transformation des peaux se fait par les tanneurs quand il s’agit de vachette, de veau, de croco ou d’autruche… et par les mégissiers pour la chèvre et le mouton.

Galuchat : nom de l’inventeur, décédé en 1774, obtenu après traitement de la peau de certains poissons sélaciens (squales, raie)

Alun : Sulfate double de potassium et d’aluminium hydraté, utilisé en teinture, mégisserie, médecine (astringent et caustique). L’alun est tiré en partie de l’alunite

Comme pour les papiers, il y a une hiérarchie entre les cuirs , dont voici les principaux:

1 – Le maroquin L'identification des cuirs utilisés en reliure (2) Un maroquin2 – Le veau blond
3 – Le veau granité
4 – Le veau de couleur (violet, bleu)
5 – La basane
6 – Le cuir de Russie
7 – Le galuchat

Le mouton est communément appelé Basane. A l’ origine ce terme désignait seulement le mouton tanné au tan (écorce de chêne). Aujourd’hui tannées au sumac ou à la noix de galle. Sa fleur est unie, mais on y décèle des pores visibles et espacés; c’est une peau peu solide, à chair lâche, pour reliures ordinaires; elle a diverses présentations :
Mouton mat, de teinte uniforme L'identification des cuirs utilisés en reliure (3)Un chagrin
Mouton bigarré, raciné, moucheté, suivant l’aspect du coloriage.
Mouton chagriné et maroquiné, avec grainage artificiel à l’imitation de la chèvre (convient surtout à la reliure industrielle). L'identification des cuirs utilisés en reliure (4)Mouton (Basane)Peau sciée, s’obtient par le dédoublage en deux, trois ou quatre d’une peau pleine, en général de mouton. Le côté fleur est plus solide. Elle sert particulièrement aux pièces de titre, et, pour cet usage, est striée en largeur. Le côté chair, teint, en vert, s’utilise pour les coiffes de registre.
Agneau-velours, préparé pour être utilisée côté chair, en « daim »
L'identification des cuirs utilisés en reliure (5) Agneau-veloursLa chèvre a une fleur à grains et une chair serrée beaucoup plus résistante que celle du mouton, elle convient au travail de qualité; suivant les espèces, son grain peut-être rond, carré, du Levant, ou long après un traitement particulier.
Les peaux sont différentes :
Chagrin, chèvre de nos pays, la plus commune, à grains assez petits.
Chèvre Madras, d’origine exotique (Inde), très appréciée pour son petit grain régulier et serré. Se polit très bien.
Maroquin, a très gros grain, peau épaisse provenant d’animaux de grande taille. Importé naguère du Cap (Afrique du Sud) ou du Levant, il est réservé à la reliure de luxe; plus tard un maroquin à grain long d’origine anglaise, plus mince et plus facile à traiter tout en conservant une grande qualité aura tendance à le supplanter. L'identification des cuirs utilisés en reliure (6) Maroquin à gros grain Chèvre à grain long, (en chagrin ou maroquin aminci, passé au laminoir et présentant un grain allongé artificiel) réservé à la reliure de luxe.
Chevreau, plus fine que le Maroquin et à grains peu marqués. Elle convient à des plats auxquels on veut donner une certaine souplesse.
Oasis, chèvre du Niger à grains irréguliers, à l’épiderme élastique.

Le veau.
Peau solide, à fleur très lisse et mate, légèrement satinée, souvent veinée; On peut la rendre polie et brillante, beaucoup plus fine que celle du mouton; Elle sert aux reliures de qualités et est assez délicate à travailler. Il existe plusieurs formes de veau en reliure :
Le box, peau de veau tannée au chrome (et non selon le procédé du tannage végétal pratiqué avant 1890). Le box offre une surface lisse, souple et brillante qui convient à la confection de reliure de luxe. C’est le seul cuir imperméable. L'identification des cuirs utilisés en reliure (7) Un boxLe veau glacé, aspect lisse et luisant obtenu par pressage. L'identification des cuirs utilisés en reliure (8) Un veau racinéLe veau granité, la surface est criblée de très petites tâches noires rapprochées. La basane et le vélin pouvaient, particulièrement, au XVIIe siècle, recevoir le même traitement. L'identification des cuirs utilisés en reliure (9) Chagrin écraséLe veau velours : peau chamoisée, extrêmement souple, très en vogue actuellement pour doubler les reliures de luxe.
Le veau porphyre, peau à l’image du marbre de même nom, a été semée de fines tâches de diverses couleurs.
Le veau raciné, peau ornée de veinures rappelant en principe des racines, mais ressemblant plus souvent à des planches de bois sciées dans le sens des fibres. La marbrure est obtenue selon différentes recettes utilisant des teintures et des produits chimiques souvent corrosifs.
L'identification des cuirs utilisés en reliure (10) Un veau estampé à froidLe veau jaspé, a l’apparence du jaspe qui est une pierre colorée en brun, rouge ou vert. L'identification des cuirs utilisés en reliure (11) Un veau jaspéLe Parchemin.
Il provient ordinairement du mouton (de chèvre ou de veau). L’origine du mot est « Pergame », ville d’Asie mineure renommée dans l’antiquité pour la préparation spéciale des peaux destinées à l’écriture. Il a un aspect blanc et translucide. On l’a utilisé à toutes les époques pour recouvrir les livres.
Côté chair il ressemble à du papier, côté fleur on distingue les pores et des veines de la peau. Pour la reliure on préfère les plus minces. Se méfier des peaux plastifiées dans lesquelles sont imprimés de faux grain.
Mais le parchemin n’est pas à proprement dit un cuir, puisqu’aucune espèce de tannage ne fait partie de sa préparation. On appelle ainsi toute peau qui a été simplement nettoyée, épilée, débarrassée des parties inutiles, enfin étendue, égalisée et desséchée.

Le Vélin.
Il se présente comme un parchemin de belle qualité. Le vélin provient du veau (très jeune, ou mort-né) ou de la chèvre. Dans le parchemin et le vélin, le coté chair est plus lisse que le coté fleur; ce dernier plus dégraissé, se prête mieux à la décoration (peinture, enluminure, dorure ou mosaïque). L'identification des cuirs utilisés en reliure (12) Un vélin
Le vélin souple, répandu au XVII et XVIIIe siècle en Europe occidentale et particulièrement en Italie. La peau de vélin n’était pas collée sur carton, elle était fixée au dos et seulement doublée de papier sur les plats.

La peau de truie.
Peau de porc, elle n’est pas tannée par les moyens ordinaires qui la fragiliseraient, mais préparée à l’alun, substance qui lui conserve sa résistance naturelle. Elle offre une surface raboteuse et inégale, très élastique, on peut l’utiliser côté chair en « daim ».
Elle ne met pas la dorure en valeur; en revanche elle s’accommode très bien des frappes de motifs ou de plaques à froid.
Les pays de culture germanique l’ont privilégiée, particulièrement au XV et XVIe siècle pour les reliures monastiques.

Le cuir de Russie.
Le cuir de Russie se prépare avec de la peau de cheval, de veau et de chèvre. Pour la reliure, on emploie seulement les veaux minces et les chèvres. Pour matière tannante, on fait usage d’écorce de saule, de pin ou de bouleau, ou d’un mélange de ces trois écorces qui l’immunise contre les moisissures et les insectes. Quant à l’odeur qui le caractérise, on la lui communique en l’imprégnant, du côté de la chair, d’une huile empyreumatique provenant de la distillation de l’écorce de bouleau. Cette huile, qu’on appelle vulgairement huile de Russie, doit elle-même sa propriété aromatique à un principe particulier qui à reçu le nom de bétuline.
Enfin, la couleur roussâtre se donne avec une décoction de santal rouge et de bois de Brésil dans l’eau de chaux. Depuis plusieurs années, on imite à Paris, à Vienne et à Londres, le cuir de Russie, et les imitations sont quelquefois aussi belles et aussi durables que les produits d’origine russe, dont elles ont d’ailleurs les autres propriétés (selon Roret). C’est une matière de luxe.

Le galuchat.
C’est une peau de poisson, requin ou raie qui servait au XVIIIe siècle pour les reliures d’almanachs. Il redevint à la mode en 1925.

La Peau humaine. Introuvable en peausserie…et comme il n’y à plus de bourreau… pourtant la matière première ne manque pas et court les rues!
Les plus anciens livres connus reliés en peaux humaine ne remontent pas au-delà du XVIIIe siècle. L’Angleterre et l’Amérique sont également riches en spécimens de cette nature, mais c’est en Grande-Bretagne que se rencontrent les plus anciens, datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La B.N possède une bible du XVIIIe (fond de la Sorbonne), des manuscrits sur peaux de femmes et une Danse de la Mort d’Holbein relié primitivement par Mr Firmin-Didot avec la peau d’un matelot tatoué d’étranges histoires d’amour et des portraits de ses officiers, les coins recouverts avec ses deux seins et les plats avec la peau de sa poitrine.
Bref, de Crauzat consacre quinze pages à ce genre de reliures.

La peau humaine est proche de celle du cochon : le pore du porc (!) est triangulaire, tandis que celui de l’humain forme un quadrilatère, un examen à l’aide d’une loupe permet de les différencier. (Hugues : cette distinction a été apportée par Christian Galantaris lors d’une vente à laquelle j’ai assisté)
Un exemplaire relié en peau humaine est passé en vente en aout 2007, lors des quatre jours de vente à Montignac (je n’ai pas le résultat pour ce lot, l’estimation était de 2500e). (Hugues : j’ai enchéri deux fois sur ce lot, la première fois où il est passé en vente à Versailles et a été remporté par un libraire parisien, pour 1500 euros, la seconde fois lorsque le libraire l’a remis en vente à Montignac, mais je n’ai plus le montant d’ajudication).
Il s’agissait d’un manuscrit in-12 de 56 ff., relié type cuir de Russie havane, dos à nerfs orné, coupe filetés, dentelle intérieure, reliure de l’époque, 56 sentences contrecollés tirées pour la plupart de Sénèque, ou de l’imitation de Jésus-Christ, une étiquette manuscrite de l’époque indique que la reliure serait en peau humaine (Hugues : ayant l’ouvrage entre les mains, je précise que les sentences étaient sur les femmes, et qu’il était précisé très exactement : « reliure en peau de femme »… l’exemplaire parfait, si on ose dire).
A relire également sur le blog : http://bibliophilie.blogspot.com/2007/06/les-reliures-en-peau-brrr-humaine.html

Le chagrin.
C’est une peau de cheval, d’âne sauvage ou de mulet. Pour matière tannante, on se sert de tan de chêne ou d’alun. Enfin, on produit le grain d’une façon assez bizarre. Après avoir ramolli la peau, on l’étend dans un châssis, puis on répand, sur le côté de la chair ; la semence dure et noire de l’Arroche sauvage (Chenopodium album des botanistes), après quoi on la piétine pour y faire bien pénétrer les graines, et l’on fait sécher. Quand la peau est devenue sèche, on la secoue pour en faire tomber les semences ; elle paraît alors criblée de petites cavités produites par la pression des semences. Plus tard, à la suite de certaines manipulations, toutes ces parties déprimées augmentent de volume et, en se soulevant, donnent naissance aux tubercules que l’on veut produire. L'identification des cuirs utilisés en reliure (13)Un chagrinL'identification des cuirs utilisés en reliure (14)Un autre chagrin La fabrication du chagrin existe en Europe, notamment en France, depuis une cinquantaine d’années au moins, mais elle n’y a pris quelque importance qu’après 1830. Elle n’emploie, du moins pour la reliure, que des maroquins ou des moutons maroquinés.

L'identification des cuirs utilisés en reliure (15) Autre chagrinEnfin, il convient de rappeler que le veau est certainement le plus employé de tous les cuirs. Selon sa qualité, il a revêtu différentes apparences, du veau jaspé dont les tâches masquaient les imperfections au superbe veau de couleur de l’époque romantique, en passant par le veau blond, si prisé au XVIIIe siècle.

Des peaux exotiques peuvent êtres employées pour couvrir les livres : telles celle de serpent, de requin, autruche, lézard, phoque, saumon, esturgeon, buffle, caïman, perche du Nil, Julienne, …
L'identification des cuirs utilisés en reliure (16) Reliure en peau de serpentLe stockage des peaux se fait dans du papier, dans un local ni trop chaud ni…trop humide, les peaux grainées roulées côté fleur vers l’intérieur, les peaux lisses côté fleur vers l’extérieur, ou bien dans des tiroirs à plats.

Où acheter des peaux aujourd’hui? Chez des peaussiers, tanneurs, notamment Jullien (42, rue St Jacques, Paris) et Relma qui vend aussi du matériel de reliure (6, rue Danton, Paris)

Sources consultées :
Mme Wolf-Lefranc, Ch. Vermuyse (professeurs à l’école Estienne)-La reliure, J.B Baillière 1979, 3éme édition (il existe une 4éme édition)
Chistian Galantaris-Manuel de bibliophilie, partie dictionnaire, Ed. des Cendres, 1998
Henri Desmars-Histoire et commerce du livre, G.I.P.P.E, 1998
Annie Persuy et Sün Evrard-La reliure, Denoël, 1983
Et aussi, http://www.moulinduverger.com (manuel Roret en ligne)
Pour les reliures en peaux humaines : E.de Crauzat-La reliure Française de 1900 à 1925, 2 volumes Merci Xavier, H

Foire aux questions sur les cuirs de reliure

Comment reconnaître du maroquin ?

Le maroquin est un cuir de chèvre tanné au sumac, originaire du Maroc. On le reconnaît à son grain régulier en relief (petits points serrés et marqués), sa résistance et sa capacité à recevoir une dorure brillante. C’est le cuir noble par excellence des reliures de qualité du XVIIe au XIXe siècle.

Quelle différence entre la basane et le veau ?

La basane est une peau de mouton, plus fragile, à fleur peu marquée, souvent utilisée pour des reliures économiques. Le veau est un cuir plus dense, plus lisse, plus résistant, employé pour des reliures soignées. Le veau a une fleur très fine et mate, presque satinée.

Qu’est-ce qu’un chagrin en reliure ?

Le chagrin est une peau (généralement de chèvre, parfois d’âne) dont on a fait ressortir le grain par une opération mécanique (granitage). Le résultat est un cuir au grain rond et apparent, très utilisé au XIXe siècle.

Comment identifier le cuir d’une reliure ancienne ?

L’identification visuelle se fait sur trois critères : le grain (taille, régularité, profondeur), la texture au toucher (souplesse, granulation), et l’aspect général (mat, brillant, satiné). Avec l’expérience, on identifie un cuir au premier coup d’œil ; pour les débutants, la comparaison côte à côte est la meilleure méthode.

Pour aller plus loin

11 Commentaires

  1. J’aime beaucoup les livres en in-12. Je trouve que tous alignés dans ma bibliothèque, ils ont un certain style. Très faciles à prendre en main, contrairement aux in-8 et encore plus aux in-4°.
    Il n’empêche qu’un bel in-4° dans une bibliothèque, c’est toujours sympa. J’attends avec impatience mon premier in-folio!

  2. Bonjour et bravo pour ce blog que j’ai découvert la semaine dernière et que je visite quotidiennement.

    Pour ma part j’aime beaucoup les grands in-8°. J’ai une collection entière de Jules Verne dans ce format et je trouve qu’ils remplissent parfaitement les cases (IKEA) de ma bibliothèque. Ils sont malheureusement trop grands pour le reste de mes livres qui se trouvent dans une autre bibliothèque (faite maison). La taille n’est pas importante dans le choix de mes achats. Même si je n’aime pas trop les petits formats il m’arrive d’en acheter quand même notamment pour combler les trous de ma rangée de bibliothèque. En effet j’aime ranger mes livres par taille décroissante puis de nouveau par taille croissante : ça fait un effet de vagues sur mes étagères 🙂

    Plus sérieusement, je pense que les grands formats sont prisés car assez rares et avec forcément de plus grandes gravures : pourquoi un don quichotte 1780 édition Ibarra en 4 volumes in-4° vaut dix fois plus chère qu’un édition en 6 volumes in-12°beaucoup plus vieille ? (pardonnez si je dis une bêtise – je ne suis pas spécialiste).

    Amitiés,

    Thomas

  3. …les livres de ce format étaient appelés « libelli portatile » ce qui traduit bien l’esprit avec lequel ce format avait été conçu, pouvoir se déplacer avec son (ses ) livres.

    Tout à fait d’accord pour la majesté des in-folios 18e; les Métamorphoses de 1732 illustrées par Picart dans la traduction de l’abbé Banier (Amsterdam, R. et J. Wetstein et G Smith) sont sublimes.

    Ce format est malheureusement délicat à manipuler est à ranger, d’où la difficulté de le trouver en reliure d’époque et bien conservée (dans mon expérience tout au moins).

    Le même.

  4. Le IN-4° est l’empereur des livres ! Majestueux, parfois arrogant… Larges marges, planches aux dimensions idéales.
    Ave In-4° !

    Le 12°, lui, est une arme de poing. Maniable, dense, réhaussée de planches, chien de guerre des In 4°, il se glisse dans les contrées que le In 4° ne peut atteindre de par sa taille. Tomaisons ramassées, titre tronqué sur le dos, il se glisse dans la boue et endure le pire sans jamais plier… Il est le seigneur incontesté des corps à corps littéraires.

    Le 8° ne me semble pas franc du format. Hésitant, tantôt trop grand tantôt trop petit, il a la page entre deux chaises et, pour tout dire, n’a guère mes faveurs (quoi que je fasse une grosse nuance entre les « petits 8° » et les « grands »).

    Quant aux Cazins & autres, je les vois comme des curiosités sympathiques, du 22 mm. Efficace à très courte portée, idéale pour les femmes… 😀
    Le Derringer du bibliophile; il peut toujours etre utile, en effet, mais toujours en complément d’un 12°.

    Enfin, le Folio est le vecteur de la grandiloquence. Idéal pour les Bibles, me semble-t-il, qui invite ses proportions éléphantesques dans nos intérieurs sans courber l’échine face aux époques qui le voudraient révolu. Dignement drappé dans son combat perdu…

    TE

  5. Rendons hommage à Alde l’Ancien pour avoir introduit le format in-8. Ce format laissait respirer le texte renaissant en ne l’embarrassant plus dans la gangue proliférante des gloses et des commentaires qui réclamaient le format in-folio. L’in-8 s’est du reste rapidement propagé au reste de l’Europe. Il me semble que son apparition dès le début du 16e siècle marque le développement d’une lecture plus personnelle et concentrée sur le texte lui-même, pour ce qui concerne au moins les classiques.

    Festina lente

  6. Quand j’écris que ma préférence va aux formats in-8 et in-12, naturellement cela ne signifie pas que j’achète un livre parce qu’il est de ce format.

    Le format n’a pour moi aucune importance quand j’acquiers un nouveau livre. Ou alors si c’est pour acquérir la version in-4 d’un in-12 à planches que je possède déjà.

    C’est ensuite, dans la pratique que je trouve que les in-8 et les in-12 sont tout de même bien plus agréables.

    Pour revenir à ce que disait Bertrand, il est tout à fait vrai que les nobles in-4 et les in-folio ne se justifient plus que pour les livres à planches à partir du 18ème. D’ailleurs, si on regarde la production de ce siècle, les in-4 sans planches restent assez rares. Quant aux in-folio ils semblent… bizarres. 🙂

    J’ai quelques in-folio et comme je le disais… ont dirait vraiment des éléphants dans une bibliothèque!

    H

  7. Je n’ai strictement aucune préférence quant à la taille. Je préfère chercher les beaux papiers, les belles reliures et les autographes sur des livres d’auteurs qui me plaisent.

    Il faut dire aussi que mes moyens ne me permettent pas trop de toucher à l’ancien proprement dit, ma bibliothèque contient à 90% des livres entre 1850 et 1950, beaucoup plus accessibles pour l’étudiant que je suis

  8. Bonsoir,
    ma préférence va sans la moindre hésitation aux in-8.

    L’in-8, à la fois d’un format pratique pour la lecture et noble par la taille. C’est dans le format in-8 que l’on trouve les almanach royaux, les grands philosophes des lumières en EO (pas tous certes mais beaucoup).

    Ensuite je placerais l’in quarto ou in-4 pour sa majesté, sa noblesse comme le dit si bien Hugues. J’ai entre les mains l’EO de « De l’Esprit » d’Helvetius en in-4 en plein veau blond de l’époque… ce texte déjà mythique et fondateur à plus d’un titre pour l’histoire des idées au XVIIIè siècle, prend ici dans ce format toute sa force (enfin c’est ce que je ressens).

    L’in-12 est sans doute le plus commun des formats rencontrés, ancêtre de notre format dit « livre de poche », pratique à manier, facile à transporter, souvent très bie imprimés ils permettent une lecture itinérante agréable.

    Les in-folio ne se justifient à mon sens que pour les incunables et les livres à planches. Lire des traités de droit de Domat en in-folio aujourd’hui, quel sport ! Posés sur les genoux ou sur une table l’in-folio (hors du pupitre du scriptorium n’a pas vraiment de côté pratique). Par contre consulter de belles planches in-folio (scènes de batailles, botanique ou autres) est un vrai plaisir de bibliophile.

    L’in-32, très petit, trop à mon goût.

    Voilà mes préférences, et vous ?

    Amicalement, Bertrand

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