La Reliure à l’Eventail

Amis Bibliophiles Bonjour,
Poursuivons aujourd’hui notre modeste découverte de la reliure, avec la Reliure à l’éventail. C’est un terme peu connu, sans doute parce que l’on croise assez rarement ce type de reliure apparu au 17ème siècle (comme pour la « fanfare », ou la « Du Seuil », on notera que l’on parle de reliure même s’il s’agît le plus souvent de dorures caractéristiques).La reliure « à l’éventail » se présente sous la forme d’une dorure particulière sur les plats, composée de roulettes ornées en bordure et d’un motif rayonnant depuis le centre des plats, d’une façon plus ou moins circulaire. On retrouve parfois le style du motif central dans les angles, en quart de cercle

Comme sur cette image, c’est un style qui sera également repris au 19ème par les grands relieurs.

H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Les différents types de reliure: la reliure à la médaille

Les différents types de reliure: la reliure à la médaille

Amis Bibliophiles bonsoir,
Le catalogue numéro 63 de la librairie Michel Bouvier offrait un bel et sobre exemple de reliure à la médaille.
Ce type de décor peu courant nous vient d’Italie où le royaume de France disputait ses intérêts. Il fut importé à Lyon tout d’abord, puis connut une vogue limitée au milieu du XVIe siècle, où il s’inscrivait dans le goût de l’antique.Martial, Lyon, 1553, Librairie Michel Bouvier, cat n°63.Les modèles les plus typiques représentent un portrait en buste de profil, doré dans un ovale serti au centre des plats de la reliure. L’effet recherché est celui d’une médaille ou d’un camée à l’antique. On note que les portraits gravés en frontispice adoptent à la même époque cette présentation, tout comme les médaillons en bas-reliefs de l’architecture.
Les médailles représentant Henri II sont les plus nombreuses. Hobson en dénombre onze variantes différentes sur 42 livres. Selon Devauchelle, Etienne de Laulne grava le modèle pour le relieur Claude de Picques.Médaille Henri II, Christie’s 7 octobre 2005La bibliothèque du château de Chantilly conserve les Coutumes de Sens de 1556 ornées de la médaille du roi. Un exemplaire figurait à la vente Michel Wittock du 7 octobre 2005, la reliure  peut être datée entre 1554 et 1569 (ou 1559 date de la mort du roi).Aemyle, Paris, 1550, Christie’s, Michel Wittock n°1, 7 octobre 2005Plus original, le livre de la librairie Bouvier porte une médaille qui pourrait représenter le poète Martial.
Cependant le sujet du médaillon n’est pas toujours un portrait, les reliures à l’effigie du roi Henri II présentent parfois au second plat une médaille du Triomphe de la France, Victoire ailée sur son char.  Les  reliures milanaises du début du XVIe siècle présentent des camées à sujets mythologiques, Jugement de Paris, Mucius Scaevola, nymphe et faune, etc.
La technique mise en œuvre est particulière et ne se contente pas d’un simple estampage du cuir. Une réserve est découpée au centre du plat et remplie d’un enduit ductile à base de plâtre et de colle (gesso). Cet enduit est estampé avec une matrice gravée en creux.  Après séchage l’estampage est recouvert de cuir et peint à l’or.La Loupe, Paris, 1560, catalogue Pierre Berès,
manuscrits & livres du quatorzième au seizième siècle.On utilise parfois le terme de reliure au médaillon mais ce terme est aussi utilisé  pour de simples estampages en forme de médaillons, d’autres incrustations (de parchemins ou d’ivoires peints) ou de simples mosaïques de cuir comme sur les reliures du XVIe siècle de la Librairie de Fontainebleau, pourvues des armes royales dorées sur une pièce de cuir mosaïquée, disposée en médaillon au centre des plats.
Toucher du doigt ce type de reliure reste exceptionnel. Pour vous consoler, vous pourrez, ces jours-ci, contempler un écho contemporain. Sous le numéro 62, la vente du 20 mars 2013 Binoche et Giquello, propose l’exemplaire “Les Chansons de Bilitis”   relié par Georges Mercier en 1930 et qui inclut au centre du premier contreplat une authentique médaille en bronze.Reliure doublée de Georges Mercier, Binoche et Giquello 20 mars 2013Lauverjat

78 Commentaires

  1. Bonsoir Gonzalo,

    Les tranches antiquées sont particulières aux XVe et XVIe siècles. Elles ne revinrent à la mode que vers 1830, jusque vers 1880. Ces tranches antiquées sont des tranches dorées et ciselées avec un petit burin gravé (donc pourquoi pas avec un fer, azuré ou autre ?), dont le motif répété et incrusté dans les feuillets dorés par de légers coups de marteau formait un dessin. Gros inconvénient : les ciselures transforment le bord du papier en dentelle !
    Un relieur pourrait probablement corriger et compléter tout ça, le Dictionnaire Encyclopédique du Livre et autres ouvrages de technique de reliure étant muets
    sur le sujet.

    Jean-Paul

  2. Bonsoir Gonzalo,

    Les tranches antiquées sont particulières aux XVe et XVIe siècles. Elles ne revinrent à la mode que vers 1830, jusque vers 1880. Ces tranches antiquées sont des tranches dorées et ciselées avec un petit burin gravé (donc pourquoi pas avec un fer, azuré ou autre ?), dont le motif répété et incrusté dans les feuillets dorés par de légers coups de marteau formait un dessin. Gros inconvénient : les ciselures transforment le bord du papier en dentelle !
    Un relieur pourrait probablement corriger et compléter tout ça, le Dictionnaire Encyclopédique du Livre et autres ouvrages de technique de reliure étant muets
    sur le sujet.

    Jean-Paul

  3. Je profite de la science de tous, et de celle de Jean-Paul en particulier. Il me semble que la question a déjà été évoqué il y a quelques mois, mais est-ce qu’un fer azuré peut faire des tranches guillochées? Est-ce que l’un correspond à l’autre?

  4. Bonsoir Bergamote,

    Un fer azuré est un fer à dorer utilisé pour pratiquer des ornements azurés, c’est-à-dire ornés de fines hachures, par analogie avec la représentation conventionnelle de la couleur bleue, dite « azur », en héraldique. Utilisés en France surtout de 1550 à 1590.

    Jean-Paul

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.