Les différents styles de reliure: La reliure de conservation bibliophile “second empire”

Amis Bibliophiles bonjour,
Je suis (encore) en voyage… et c’est Lauverjat qui prend ce soir la relève pour vous présenter la reliure de conservation « second empire ».
Ce type de reliure succède aux reliures romantiques puis aux reliures plagiant les décors anciens ou mieux d’interprétation historiciste.Le style est sobre et élégant, particulièrement sur des petits ouvrages anciens au format petit in-8 qu’il recouvre le plus souvent.
La reliure de maroquin à petit grain de couleur éclatante, rouge, citron, verte, violette, bleue … présente un dos rond à cinq nerfs pincés, des plats fins harmonieusement cambrés. Les deux entre-nerfs supérieurs sont polis pour recevoir dans un encadrement de filets dorés, en haut le titre, en bas la date de l’édition ancienne. Quatre autres caissons, rigoureusement identiques, dorés d’arabesques fines décorent le reste du dos ainsi que deux roulettes en pied et en tête.Les plats sont encadrés de trois filets dorés. Les coupes s’ornent de deux filets dorés, les coiffes sont guillochées.
Au contre-plat, les chasses présentent de larges roulettes dorées, où se dissimule en queue la signature dorée du relieur. Les tranches sont le plus souvent dorées voire dorées sur marbrure (cas des trois reliures pleines présentées), la tranchefile est faite en chapiteaux, de deux ou trois couleurs différentes. Les gardes se couvrent de papier peigne
Une version un peu moins luxueuse en demi-reliure à coins, filet doré sur les plats, se rencontre aussi.Tous les grands noms de la reliure de cette époque ont pratiqué ce style: Trautz, Lortic, Capé, Thibaron, David, Cuzin, etc.Les quatre reliures présentées ici sont signées Allô, Quinet, Hardy-Mennil et Chambolle-Duru. À vous de rendre à César ce qui lui appartient…
Que dire des bibliophiles qui firent ainsi relier des éditions anciennes? Peut-être auraient-ils pu parfois restaurer une reliure d’époque?. En tous cas ils ont sûrement préservé élégamment nombre de livres.
Lauverjat.
Merci, H

La lettre du bibliophile

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Le Gascon, le relieur inconnu

Le Gascon, le relieur inconnu

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pour beaucoup, il fût le plus grand relieur du 17ème siècle, si ce n’est de toute l’histoire de la reliure et on lui doit certaines innovations importantes. Le paradoxe, c’est que de ce génie, on ne connaît que le surnom : Le Gascon.

Qui fût le Gascon ? On sait de lui qu’il fût actif dans la première moitié du 17ème siècle et que de son vivant déjà il était extrêmement renommé.
Comme je l’ai dit, on lui doit plusieurs innovations telles que le pointillé, dont j’ai déjà parlé, mais il semble également qu’il fût le premier à couvrir les gardes intérieures des reliures.

On garde de lui l’image d’un relieur-doreur d’une maîtrise absolue, dont les entrelacs et les filets composés de fers pointillés dessinent des décors d’une finesse exquise.

Reste à savoir qui fût Le Gascon. Il y a plusieurs hypothèses, Gruel notamment émît l’hypothèse que La Gascon était en fait Florimond Badier, un gascon, effectivement. Cette hypothèse fût ensuite réfutée quand on découvrît que Le Gascon était actif dès 1622. En effet, à cette époque, Badier n’avait pas encore débuté son apprentissage. D’autres hypothèses suggèrent que Le Gascon fût un temps un doreur de l’atelier des Eve, dont certaines créations sont proches.

Je ne sais pas si la question a été finalement tranchée, mais j’avoue que j’ai de l’affection pour la théorie de Roger Devauchelle. Celui-ci évoque en effet la piste de Florimond Badier, mais simplement comme un indice. En effet, Badier, gascon de naissance, fût accueilli par un relieur de sa région, gascon lui aussi, dont il épousera la fille. Ce relieur se nomme Jean Gillede. Ce qui est intéressant c’est de constater que des comparaisons ont montré que les reliures attribuées à Le Gascon et celles de Badier furent exécutées avec des outils de dorures issues du même atelier, et comme Badier n’avait pas encore débuté sa carrière quand Le Gascon était déjà reconnu, cela nous met naturellement sur la piste de Gillede.

Roger Devauchelle rejoint cette thèse et la développe dans une direction intéressante : en effet Gillede fût reçu maître en 1615, ce qui coïncide avec les premiers éléments sur sa bonne réputation, et qui datent de 1622… mais surtout en 1622, dans le registre de la Confrérie des relieurs, apparaît un détail qui mérite d’être noté : le nom de Gillede y figure en surcharge d’un « L », comme si Gillede, entraîné par son habitude avait commencé à écrire « Le Gascon »… Hypothèse séduisante, non ?
H

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