Amis Bibliophiles bonjour,
Je suis (encore) en voyage… et c’est Lauverjat qui prend ce soir la relève pour vous présenter la reliure de conservation « second empire ».
Ce type de reliure succède aux reliures romantiques puis aux reliures plagiant les décors anciens ou mieux d’interprétation historiciste.
Le style est sobre et élégant, particulièrement sur des petits ouvrages anciens au format petit in-8 qu’il recouvre le plus souvent.
La reliure de maroquin à petit grain de couleur éclatante, rouge, citron, verte, violette, bleue … présente un dos rond à cinq nerfs pincés, des plats fins harmonieusement cambrés. Les deux entre-nerfs supérieurs sont polis pour recevoir dans un encadrement de filets dorés, en haut le titre, en bas la date de l’édition ancienne. Quatre autres caissons, rigoureusement identiques, dorés d’arabesques fines décorent le reste du dos ainsi que deux roulettes en pied et en tête.Les plats sont encadrés de trois filets dorés. Les coupes s’ornent de deux filets dorés, les coiffes sont guillochées.
Au contre-plat, les chasses présentent de larges roulettes dorées, où se dissimule en queue la signature dorée du relieur. Les tranches sont le plus souvent dorées voire dorées sur marbrure (cas des trois reliures pleines présentées), la tranchefile est faite en chapiteaux, de deux ou trois couleurs différentes. Les gardes se couvrent de papier peigne
Une version un peu moins luxueuse en demi-reliure à coins, filet doré sur les plats, se rencontre aussi.
Tous les grands noms de la reliure de cette époque ont pratiqué ce style: Trautz, Lortic, Capé, Thibaron, David, Cuzin, etc.
Les quatre reliures présentées ici sont signées Allô, Quinet, Hardy-Mennil et Chambolle-Duru. À vous de rendre à César ce qui lui appartient…
Que dire des bibliophiles qui firent ainsi relier des éditions anciennes? Peut-être auraient-ils pu parfois restaurer une reliure d’époque?. En tous cas ils ont sûrement préservé élégamment nombre de livres.
Lauverjat.
Merci, H
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Reliure, Bergeron, Sickles, un véritable livre de bibliophile

L’ouvrage est le suivant : Jules LAFORGUE, Les Complaintes, avec le Lithographies originales de Gabriel Dauchot. Edité par la Société Normande des Amis du Livre, en 1957. Format très grand in-4.
La reliure est une reliure de maroquin rouge, qu’on pourrait qualifier d’irradiante, avec des jeux de filets concentriques (centrifuges pour être exact) dorés et à froid sur les plats. A l’intérieur on trouve un large encadrement intérieur du même maroquin, les gardes et les contregardes sont en daim gris. Elle est signée Bergeron.
Il s’agît en fait d’un ouvrage qui me semble assez typique des ouvrages réalisés par/pour les Sociétés de Bibliophiles. Celui-ci est un tirage unique à 130 exemplaires sur Rives. Il est enrichi de l’aquarelle originale signée ayant servi au frontispice, de deux suites, l’une sur Chine, l’autre sur Auvergne, et du menu du repas de la Société Normande des Amis du Livre du 2 février 1957. C’est l’exemplaire n°60, imprimé pour Emmanuel Costil.
Autre point intéressant, c’est le colonel Daniel Sickles, l’un des plus grands bibliophiles du 20ème siècle, qui était je l’imagine membre de cette société, qui fût le commissaire du Livre. Né en 1900 d’un père américain et d’une mère française, Daniel Sickles fût élu en 1956 à la Société des Bibliophiles Français. Il demeurait dans un hôtel particulier bordant le Champ de Mars. Il était connu pour avoir bâti une bibliothèque avec le Clouzot en mains, mais pour être assez pingre dans tous les autres aspects de sa vie, en dehors des livres… Dans son Manuel de Bibliophilie, Christian Galantaris raconte qu’il a vu Sickles « se bourrer de bonbons pour se couper l’appétit et sauter un repas, …, et se laisser couper l’électricité pour avoir tarder à payer les factures ». Mais je reparlerai de Sickles plus en détails prochainement.
Bergeron, le relieur, est pour ce que j’en sais l’un des grands relieurs québécois, mais il a également vécu en France. Je n’en sais pas beaucoup plus. Pour le clin d’oeil, je viens de découvrir que l’un des autres grands relieurs québécois portait le patronyme de votre serviteur.
Enfin, voici ce livre… Il est là, mais pourquoi? Sourire.
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