Amis Bibliophiles Bonsoir,
Ah qu’il est doux de pouvoir se reposer sur un ami un soir de grande fatigue. Rémi vous propose ce soir un article sur Pierre Moreau,
Pierre Moreau paraît dans l’histoire typographique comme un météore : brillant, éclatant même, mais éphémère. Issu de la calligraphie, il ne viendra à la typographie qu’à la fin de sa carrière. Mais reprenons son parcours depuis le début :
Moreau est issu d’un milieu aisé. En 1626, il publie un traité de calligraphie gravé en taille-douce : Les vrais caracthères de l’écriture financière. Ce premier traité ne nous est connu que par des références, et aucun exemplaire semble avoir survécu.
À la suite de ce premier essai, Moreau publie deux autres traités calligraphiques :
– Les œuvres de Pierre Moreau, Parisien, 1627 ou 1628, un seul exemplaire (incomplet) connu.
– Original des pieces escrites et burinees par P. Moreau, 1633, deux exemplaires recensés.

Les manuels de calligraphie de Pierre Moreau ne comprennent que quelques planches, assez élégantes, d’écritures italiennes (bâtardes et rondes) ou de financière. Outre ces trois traités, Moreau publie aussi des livres de dévotion, entièrement gravés : Les Saintes prières de l’âme chrestienne (1631, 8°, 106 ff.), les Devotes prières (1634) et les Heures chrestiennes (réemploi du texte gravé des Saintes Prières).
Après ces débuts dans l’écriture manuscrite, Moreau se lance dans un projet encore plus ambitieux. Conscient que les pratiques manuscrites ont changé depuis le XVe siècle et que l’italique et le romain ne sont plus en phase avec l’écriture de l’époque, Moreau décide d’imiter les écritures cursives françaises de son temps. Il grave donc les poinçons de cinq fontes typographiques : deux rondes (moyen et petit modules) et trois bâtardes (gros, moyen et petit modules).
Ses caractères sont parmi les plus étonnants, les plus innovants et les plus beaux de l’époque. Les écritures sont superbes, bien équilibrées. Aux cinq corps de caractères sont associés un certain nombre d’ornements supplémentaires : arabesques flottantes, fleurons de traits « entortillés », grandes lettrines gravées sur cuivre.
Conscient de la valeur de sa création, Moreau se protège de la contrefaçon en obtenant un privilège du roi pour les « caractères de son invention ». Ce privilège sera respecté, et Moreau sera seul à utiliser ses nouvelles « lettres », ce qui limitera considérablement leur diffusion. Entre 1644 et 1648, date de la mort de l’imprimeur, Moreau n’aura le temps de produire que 33 impressions (dont plusieurs petites brochures). À sa mort, ses caractères tomberont dans l’oubli, et ne seront ressuscités qu’éphémèrement par Fournier dans son Manuel typographique (1764), comme représentants de la « Ronde ». Quelques uns des poinçons originaux sont conservés, aux côtés des « Grecs du Roi », dans le cabinet des poinçons de l’Imprimerie nationale.
Les photographies qui accompagnent cet article sont tirées de l’Énéide de Virgile (1648, in-4°), dernier livre imprimé par Pierre Moreau et avec ses caractères. L’édition bilingue est dédiée à Mazarin, avec une carte dépliante et un frontispice. Ce livre est un véritable bijou bibliophilique : trois artistes importants du XVIIe siècle s’y croisent. D’abord, Pierre Moreau, notre calligraphe/imprimeur de talent. Ensuite, Pierre Perrin, poète un peu oublié, mais assez talentueux, théoricien de l’opéra avant Lully et Quinault, qui donne ici la traduction du texte. Enfin, Abraham Bosse qui inaugure chaque chapitre avec une gravure en demi page. Pierre Moreau n’aura malheureusement pas le temps d’achever cette publication, et seul le premier tome, contenant les six premiers chants, paraîtra avant sa mort. Le deuxième tome ne sera publié que dix ans plus tard, en 1658, chez Loyson, avec la suite des gravures d’Abraham Bosse, mais dans une typographie en romain, Loyson n’étant pas parvenu à obtenir les caractères de Pierre Moreau.

Mon exemplaire, photographié ici, ne comporte que le tome 1 seul, auquel il manque le majestueux frontispice (il reste, maigre consolation, la page de titre et la carte dépliante). Je m’en contente, et j’espère que les photographies vous aideront à me comprendre !
PS/ Cet article est basé sur l’excellent livre d’Isabelle de Conihout, publié par la bibliothèque Mazarine : Poésie et Calligraphie imprimée à Parisau XVIIe siècle, Paris, Editions Comp’Act, 2004. L’ouvrage comprend un fac similé de la Chartreuse de Pierre Perrin, imprimée par Moreau, suivie de plusieurs études sur Pierre Moreau, ses caractères, Pierre Perrin et la calligraphie gravée. C’est un superbe ouvrage, à la fois passionnant par son contenu et élégant par sa mise en page, qui se vend pour la modique somme de 35 euros.
Merci Rémi,
H
Good day I am so delighted I found your webpage, I really found you by accident, while I was looking on Google for something else, Anyways I am here now and would just like to say thanks for a fantastic post and a all round entertaining blog (I also love the theme/design), I don’t have time to look over it all at the moment but I have book-marked it and also added your RSS feeds, so when I have time I will be back to read a great deal more, Please do keep up the great jo.|
Hi every one, here every one is sharing such know-how, therefore it’s nice to read this website, and I used to go to see this webpage everyday.|
Unquestionably believe that which you stated. Your favorite reason appeared to be on the net the easiest thing to be aware of. I say to you, I definitely get irked while people think about worries that they plainly do not know about. You managed to hit the nail upon the top and also defined out the whole thing without having side effect , people can take a signal. Will likely be back to get more. Thanks|
Simply want to say your article is as amazing. The clarity to your post is just spectacular and that i can assume you are an expert in this subject. Well along with your permission allow me to take hold of your feed to keep up to date with drawing close post. Thank you 1,000,000 and please keep up the enjoyable work.|
This design is wicked! You most certainly know how to keep a reader entertained. Between your wit and your videos, I was almost moved to start my own blog (well, almost…HaHa!) Fantastic job. I really enjoyed what you had to say, and more than that, how you presented it. Too cool!|
Oups en plus j'ai fait une erreur… 16ème pas 15ème.
oui je viens d'aller faire un tour;
C'est très beau
Bien à vous
Sandrine
En fait Sandrine, tout était dit là:
http://bibliophilie.blogspot.com/2007/12/les-reliures-i-la-reliure-la-fanfare.html
H
Fanfare, fanfare… C'est Nodier qui demanda à Thouvenin de lui réaliser un décor imitant le style en vogue fin 15 ème. "Fanfares et courvées abbadesques des roule-Bontemps de la haute et basse cocquaigne" 1613 Chambéry
Depuis on parle de fanfare autant pour les décors de la fin 15ème que poue pour ceux que vous montrez…
Roulement de tambours pour les roule-bontemps.
Bien à vous.
Sandrine
Quand je dis au hasard, c'est bien sûr que ces ouvrages ne sont pas les uns à côté des autres dans ma bibliothèques… et non pas que j'ai 300 ouvrages de la sorte. 🙂
H
Surtout pas Pierre!
Olivier
Le hasard est heureux… Magnifiques ouvrages, Hugues. Et puis, les contreplats ne sont jamais insolés ni ne présentent pas d'usure par frottement.
Il faudrait inventer des reliures réversibles… Pierre
"Au hasard des rayonnages"!!!!!!! fichtre!
Contrairement à Hugues qui a un faible pour Lortic, je préfère Capé pour la finesse de ses reliures. Il faisait beaucoup travailler à façon le doreur Marius Michel (Jean Michel) le père, très inspiré des reliures XVIe. Le père s'associa à Marius Michel (Henri Michel) le fils en 1866. Les Michel adjoignirent un atelier de reliure à la dorure en 1876. J'ai lu que Marius Michel fils avait été en apprentissage chez Capé?. D'après Fléty, il avait appris la dorure chez son père et suivi l'Ecole des Arts Décoratifs puis l'Ecole Nationale des Beaux Arts. En tous cas il a parfois réutilisé des décors éprouvés chez Capé.
Quand à Georges Canape, il succède à son père en 1894. Personnellement je placerai quelques livres "au hasard" entre le sien et les deux autres.
Lauverjat