« Pour en finir » avec les reliures en peau humaine? Epilogue.

Amis bibliophiles bonjour,

Les reliures dites « en peau humaine », si elles soulèvent notre curiosité, notre répulsion ou au contraire un très inexplicable attrait, engendrent trois questions primordiales : est-ce réellement de la peau humaine ? Quelles solutions pour en déterminer la nature ? Est-ce si important de savoir ? Il me suffisait de saisir l’un de mes livres auréolé de cette incertitude et sentir entre mes doigts le grain d’une peau étrange. Invariablement, mon imagination divaguait autour du noyau formé par ces trois questions:

Valait-il mieux le ranger et garder comme un trésor cette possibilité que peut-être, il s’agissait bien de peau humaine – et alors quelle curiosité fantastique ! – ou devais-je en acquérir la certitude ? Sans aucune hésitation, je préférais garder le mystère. C’est d’ailleurs l’ADN de ma bibliothèque…

Deux livres de mes rayonnages sont peut-être reliés en peau humaine. J’achetais le premier à un libraire français en 1998. Une note apposée au dernier feuillet assure que,   « selon les précédents propriétaires de l’ouvrage, il serait relié en peau humaine (traitée à la façon de la peau de truie) ». Ce livre de Jean Wier s’intitule : Histoires, disputes et discours des illusions et impostures des diables et date de 1579. La reliure me semble du dix-neuvième siècle et, en effet, elle n’est pas d’apparence ordinaire.

Le second est une acquisition plus récente, en 2016 à San Fransisco : Edgar Poe, le scarabée d’or, 1892. Le relieur, G. Rykers, a signé sa reliure avec cette intéressante précision : « relié en peau humaine ». Vous relirez avec intérêt l’article consacré à ce livre (https://bibliophilie.com/une-histoire-inedite-de-poe-scarabee-dor-et-reliure-en-peau-humaine-2/). Et aussi (https://bibliophilie.com/connaissance-de-la-reliure-des-reliures-en-peau-humaine-mise-a-jour/).

L’intérêt porté par les bibliophiles via ce blog avait permis d’avancer un peu sur cet épineux sujet. On s’était quitté mieux éclairé : dans la mesure où les pores de la peau sont visibles, on avait conclu que les groupes de trois points formant un triangle appartiendraient au porc, les groupes de quatre formant un losange, à l’humain. On se rangeait derrière cette observation, photos à l’appui. D’autres voies, minoritaires, affirmaient au contraire : trois, c’était pour les humains, quatre : pour les porcs (Je précise qu’ici, on ne balance personne…). Je m’en retournais dans ma bibliothèque, une délicieuse incertitude pour compagne.

Mais voilà que le démon du savoir surgit il y a quelques mois au hasard d’une vente de province où sommeillait un petit grimoire du dix-neuvième siècle : Le triple vocabulaire infernal de Frinellan (anagramme de « l’infernal »). J’avais vu le livre sans remarquer à quel point sa reliure ressemblait à mon exemplaire du Jean Wier. Sébastien Vatinel de la librairie « Les portes sombres » avait été plus attentif à ce détail. On entrait en contact, tout exalté par la perspective d’un nouvel exemplaire relié en peau humaine.

Le Frinellan, tout comme le Jean Wier, est recouvert d’une peau dont on distingue aisément le dessin des pores par groupe de trois. A priori, s’en tenant à notre théorie, elles n’étaient pas humaines. Le doute subsistait pourtant. Il ne s’agissait que d’une théorie et ce n’était nullement le signe certain d’une quelconque appartenance.

Sébastien a décidé de partir à la recherche d’une réponse. Qui pouvait nous donner la clef? Et comment ? Son expérience scientifique l’a naturellement guidé vers des laboratoires français. Un seul a été enthousiasmé par le projet, mais il n’a plus donné de nouvelles. La réponse se trouvait de l’autre côté de l’atlantique.

L’équipe américaine de l’ « anthropodermic books project » (lien) est spécialisée dans l’analyse de la peau, et elle est capable, en très peu de temps, d’en déterminer avec certitude sa nature. Nous aurions bien aimé faire travailler les français, mais les américains étaient au point et nous tendaient leurs bras. Très vite, Sébastien centralisait les informations et nous décidions de tenter l’aventure.

Le mot n’est pas trop fort. Comment s’arracher à la douceur du doute pour la brutalité d’une certitude ? La démarche est innovante et douloureuse : n’oublions pas que l’opération s’effectue avec un scalpel des plus tranchants ! Il faut se résoudre à prélever un morceau de cuir sur un livre qui n’a connu que les caresses, une très grande délicatesse (l’un de nos amis n’ouvre aucun livre à un angle supérieur à 10 degrés), les chiffons imprégnés de cire, et d’incalculables regards émerveillés. Trancher ainsi dans le vif ! Impossible. Et pourtant, il a bien fallu faire ce sacrifice. N’imaginez pas cependant un carnage bibliophilique. C’est bien plus acceptable qu’il n’y paraît. L’infime morceau de fibre à prélever est de l’ordre du millimètre, peut-être plus petit et il y a toujours des endroits invisibles où commettre l’opération.

Un jour, un paquet arrive à la maison : des tubes de prélèvement numérotés, une paire de gants en plastique afin de prévenir tout risque de contamination, une lame de scalpel. Le livre est endormi, posé sur mon bureau. Deux prélèvements doivent être effectués pour chacun. Je choisis l’intérieur d’un plat. Tout se passe très rapidement (je passe l’affreuse bien qu’infime mutilation pour les âmes sensibles). Les tubes sont rebouchés, les fiches documentées, des photographies prises et le paquet est renvoyé vers le laboratoire de Dan Kirby, le cœur battant.

S’il n’est pas bloqué quelques jours à la frontière comme ce fut notre cas, deux petites semaines suffisent à obtenir les résultats. Durant cette période, j’ai essayé de comprendre comment tout cela fonctionne. Grâce à Sébastien et à quelques recherches personnelles, je me propose de vous exposer simplement ce que j’ai pu comprendre du mécanisme d’analyse.

La peau est majoritairement composée de collagène, une protéine fibreuse. Cette protéine est constituée de briques élémentaires, les acides aminés, formant une chaîne parfois très longue.
La méthode analytique, appelée PMF (Peptide Mass Fingerprinting) est marquée par deux étapes. Dans un premier temps, il s’agit d’obtenir un matériau convenable à l’analyse et de « fendre » les protéines afin d’obtenir des segments plus courts appelés peptides. Pour information, les différentes appellations désignent d’abord une distinction de taille.
(protéines >polypeptides>peptides>acides aminés).

Les enzymes servent à « fendre » les protéines (procédé appelé « digestion enzymatique » et permettent d’obtenir ces chaines plus courtes, les peptides.

Second temps : la mixture des peptides est alors soumise à un champ électrique au sein duquel les peptides volent et vont s’écraser sur un détecteur avec plus ou moins de retard selon leur masse. Les impacts forment un diagramme. On obtient une empreinte de masse des peptides (peptide mass fingerprint) qui est comparée à des références pré-identifiées (veau, porc, singe, mouton, cheval, etc… et humain). On peut ainsi savoir avec certitude la nature d’une peau. Le second échantillon est analysé à son tour pour vérifier que tout concorde.

Nos trois livres furent analysés et les résultats nous sont parvenus. Découvrez dès à présent, en avant-première, le résultat du livre de Sébastien sur « les portes sombres » (lien).

Voici la traduction du paragraphe que l’on découvre quand il s’agit de porc : « les résultats de l’analyse PMF indique que la source du matériau de la reliure est du porc ; sont clairement écartées d’autres sources communes à la reliure tels que le mouton, la chèvre, le cerf ou le bétail ».

En cas de peau humaine, on peut découvrir ce texte que je traduis approximativement : «les résultats de l’analyse PMF indique que la source du matériau de la reliure est humaine ; sont clairement écartées d’autres sources communes à la reliure tels que le mouton, la chèvre, le cerf, le bétail ou le porc ».

A ce stade de l’histoire, je dois avouer que me revient cette envie de laisser le mystère entier et de ne rien dire des résultats. Après tout, pourquoi briser ce qui fait le charme de la reliure en peau humaine ? Perdant cette aura mystérieuse, que gagne le livre en échange ? C’est ici que se pose la motivation de l’analyse. Si j’y ai finalement adhéré sans trop d’hésitation, c’est avant tout pour l’aventure. Il est agréable de s’engager sur un chemin nouveau ne sachant pas ce que vous réserve l’épilogue. Du bonheur ? De la déception ? Des questions nouvelles ? Il s’agit également, et c’est essentiel, de mettre un point final au problème de la peau humaine. Cette preuve scientifique vaudra toujours mieux que l’avis renseigné du plus talentueux des experts.

Les analyses ont tranché : le Frinellan de Sébastien ainsi que mon Jean Wier sont reliés avec de la peau de porc. Le Scarabée d’or d’Edgar Poe, quant à lui, est bien relié avec de la peau humaine.

Que dire de ces résultats ? Il y a bien sûr un peu de déception que mon Jean Wier ne soit finalement pas relié en peau humaine. La partie absolument passionnée en moi, celle qui est jeune, malicieuse, immature, insouciante, ne cesse de me dire : « un livre de sorcellerie relié en peau humaine, ça aurait été génial ! ».

Quant à l’Edgar Poe, l’analyse a conforté mon sentiment qu’il s’agissait bien de peau humaine. Se pose la question de la mystérieuse relation entre un livre et un bibliophile. Cette certitude n’était-elle qu’une illusion forgée par le désir qu’il ne pouvait en être autrement ? Au risque de m’écarter de toute rigueur scientifique, je crois assez en ce lien, cet échange, ce langage silencieux qui peut exister avec un livre, spécialement quand on aime beaucoup.Alors, groupe de 3, de la peau de porc ? Oui, dans ce cas, mais ce n’est pas une preuve en soi. Je reste également dubitatif sur les groupes de quatre points désignant de la peau humaine. C’est parfois difficilement vérifiable à l’œil nu. Peut-on en faire une généralité selon le traitement de la peau, la partie où il a été prélevé, le degré d’étirement de celle-ci ?

L’analyse PMF est un arbitre impartial. Son coût est raisonnable (200 $ par livre), le prélèvement insignifiant, l’attente courte, l’équipe de Dan fort sympathique. Le résultat est incontestable.

Constituée de chimistes et de bibliothécaires, l’équipe américaine de Dan Kirby s’est fixé comme objectif d’analyser et de référencer tous les livres reliés en peau humaine conservés dans les bibliothèques publiques. Je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle la position de nos institutions dès qu’il s’agit d’un sujet un peu brûlant comme celui-ci. Car le premier devoir éthique vis-à-vis des gens qui ont donné leur peau, c’est de lever les doutes, que ces livres soient regardés et respectés pour ce qu’ils sont. Un devoir éthique dont devraient spécialement s’emparer nos institutions.

Je connais quatre autres livres prétendument reliés en peau humaine. Ils dorment quelque part dans des bibliothèques privées. Libre à leur propriétaire d’en garder le mystère, mais s’ils savaient le plaisir d’une telle entreprise, et c’est un peu le sel de notre passion, ils n’hésiteraient pas une seconde. Permettez-moi un dernier mot : merci Sébastien pour cette aventure.

Frédérick

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Romans et Contes de Voltaire, ou la quête d’un bibliophile.

Romans et Contes de Voltaire, ou la quête d'un bibliophile.

Amis Bibliophiles bonsoir,

Je vous propose aujourd’hui un message à quatre mains. C’est Wolfi qui va vous conter sa quête d’un bel exemplaire de Romans et Contes de Voltaire, et j’illustrerai son propos avec des photos de mon exemplaire.
« Depuis une bonne quinzaine d’années, je suis à la recherche d’un ouvrage qui n’est pas très rare en reliure en veau d’époque ou postérieure, mais franchement pas facile à trouver en maroquin d’époque : Voltaire « Romans et Contes » de 1778, en 3 vol. in-8.
Tout d’abord, une précision par rapport au tirage des gravures : il existe à priori deux tirages, le tirage avec les gravures « avant les numéros » et les gravures « avec les numéros ». Il s’agit d’une précision donnée en haut à droite ou à gauche du cadre de la gravure,  indiquant l’emplacement prévue de la gravure.
On voit la différence sur ces photos :
Exemplaire « Hugues »Il existe d’ailleurs un « avis au relieur » qui est parfois absent de l’ouvrage, qui précisait à l’artisan relieur où placer les figures. D’après ce que j’ai pu constaté au travers d’une bonne vingtaine d’exemplaires que j’ai pu feuilleter, les gravures « avant les numéros » sont en général plus contrastées. Il s’agit donc très vraisemblablement du premier tirage donc.
Signalons toutefois que ce n’est pas si évident que cela, car il y a quelques exemples de tirage « avant les numéros » ou « avant la lettre » qui sont de second tirage : j’ai en tête le Cervantes de 1780 d’Ibarra (quoiqu’en disent certains libraires!).J’ai réussi à trouver dans ma documentation plusieurs exemplaires de ce livre en pareille condition, certains fameux!
Je vous invite à les découvrir :
1 – seul exemplaire cité dans le Cohen (p. 1039) en maroquin d’époque: celui de Daguin, en maroquin vert, avec les figures avant les numéros.
On le retrouve à la vente Hayoit chez Sotheby’s en 2001. Je me rappelle quand il est passé à l’époque: je cours chez Sotheby’s le voir, et oh stupeur, je découvre qu’il est en fait en basane maroquinée verte et non en maroquin… Cruelle désillusion de bibliophile! Bon cela dit, il n’est pas vilain, mais les gravures, bien qu’étant avant les numéros n’étaient pas d’un tirage irréprochable…
2 – exemplaire provenant d’une belle vente datée du 23 avril 1972 à Versailles, lot n°168 en maroquin rouge. Malheureusement sans reproduction… Tirage à priori avec les numéros.


3 – Exemplaire déniché dans le répertoire des ventes 1983-84 n°19063, en maroquin olive. A priori, tirage avec les numéros. Là encore, sans reproduction.


4 – livre proposé dans le catalogue n°IX de 1992 de la librairie Sourget, lot n°112, en maroquin rouge, avec le sur les plats « Mr le Comte Delaporte de Remaisnil ». Figures avec les numéros. Nota : pour moi, les catalogues de la librairie Sourget constituent un mine irremplaçable avec des illustrations superbes d’exemplaires d’exception.

5 – livre proposé dans le catalogue XIX de 1999 de la librairie Sourget, lot n°165, en maroquin rouge. Exemplaire exceptionnel d’André Langlois, avec les figures avant les numéros (la première illustration sur le catalogue n’est manifestement pas la bonne reproduction).

6 – exemplaire Radziwill (lot n°994), Odiot, Lignerolles, Rahir (lot n°938), Meeus (lot n°169), Simonson, en maroquin bleu/vert? Figures a priori avec les numéros. Il est signalé bleu dans la vente Radziwill, et vert par la suite. Peut-être une décoloration, ou alors une erreur, c’est assez courant j’ai remarqué dans les catalogues anciens…
Je me suis laissé dire que cet exemplaire traînait encore en Belgique chez la fille de Raoul Simonson, et qu’il allait peut-être ressortir du bois bientôt… Allez, je me fais du mal!


7 – exemplaire Descamps-Scrive n°241 en maroquin rouge. Avec figures avant les numéros. Le catalogue décrit la reliure comme étant de Derôme : je reste un peu sceptique, car j’ai n’ai jamais vu de reliure signée de Derôme de la sorte. Mais peu importe, il est superbe.


8 – exemplaire Charmes et Blumenthal (lot n°275) en maroquin rouge. Figures avec les numéros? C’est pour moi une des exemplaires les plus enviables : reliure exquise typique de Derôme ou Mouillié.


9 – exemplaire Guggenheim (lot n°154  de la vente Christie’s de 1995) en maroquin rouge. Figures avant les numéros. Malheureusement, pas de reproduction. Est ce l’exemplaire Sourget de 1999?


10 – exemplaire Duc la Vallière, Beckford, Laurence Currie, Cartier (lot n°1427  de la vente Sotheby’s de 1979). Pas d’indication sur les gravures dans les différents catalogue, mais peut-on imaginer une seule seconde que le Duc de la Vallière avait un exemplaire moyen? Assurément, l’un des plus beaux, sinon le plus bel exemplaire connu!!

11 – exemplaire proposé chez la librairie Lardanchet circa 1995, en maroquin rouge identique à l’exemplaire Charmes /Blumenthal, avec les figures avant les numéros et les serpentes conservées. Peut-être ces deux exemplaires n’en font qu’un d’ailleurs… C’est mon plus grand regret de bibliophile : à l’époque, je commençais juste à travailler et le prix proposé m’avait semblé trop élevé. Du coup, je ne l’avais pas pris, pensant que j’en trouverai d’autres…
12 – exemplaire provenant de la librairie Morgand Fatout (merci à Bertrand), le lot n°10520, en maroquin vert. Pas de précision sur le  tirage. Peut-être mon exemplaire n°3?

13 – exemplaire provenant de la librairie Morgand Fatout, le lot n°6398, en maroquin vert dans le style Bozérian. Bien que cela ne soit pas une reliure d’époque, je l’ai mis quand même. Pas de précision non plus sur le tirage.

C’est tout ce que j’ai trouvé! Quelqu’un connaît il d’autres exemplaires similaires?
Je lance une bouteille d’eau à la mer,  Hugues aura la gentillesse de faire suivre : est ce que quelqu’un aurait un exemplaire en maroquin d’époque avec tranches dorées de cet ouvrage? Ça m’aiderait à me soigner, mais le cas est peut-être déjà trop grave…
Bonne lecture à tous!Wolfi »
Cher Wolfi, quelques détails sur mon exemplaire: il est en maroquin lavallière, dos lisse, tranches bleues, 55 figures avant le numéro sur les 57. Fort beau, très pur avec un magnifique tirage des gravures. Quelques images:





4 Commentaires

  1. Merci Frédérick et Sébastien pour ce partage d’information! C’est passionnant.
    On m’a dit une fois qu’il existe un exemplaire de La philosophie dans le boudoir, de Sade, relié en peau humaine (à moins finalement que ce soit du porc par exemple…).

  2. Oui, un peu de déception certainement pour le Wier, mais au final, la satisfaction de connaitre enfin la vérité!
    L’essentiel est de chercher pour en savoir toujours un peu plus.
    C’est la source même de la bibliophilie non?
    Merci pour ce récit haletant!
    PS : J’espère quand même que ces reliures n’ont pas trop souffert 🙂
    Wolfi

    • Totalement d’accord avec toi Wolfi. Avec le temps il me semble que je passe plus de temps à faire des recherches autour des livres, voire à écrire autour des livres (comme toi du reste), qu’à en acheter.
      Il est rassurant de contacter que l’achat n’est en fait qu’une seule dimension de la bibliophilie.
      Il m’a fallut du temps pour en prendre conscience, alors même que je le fais depuis longtemps.
      Hugues

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