Les différents types de reliure: la reliure japonisante

Amis Bibliophiles bonjour,
8 mars 1854, le Japon et les Etats-Unis signent le traité de traité de Kanagawa qui permet aux navires de commerce américains d’entrer dans les ports nippons. Au mois doctobre, les Anglais signeront à leur tour un traité qui concerne uniquement les ports de Nagasaki et d’Hakodate. Ce sont les premiers signes d’ouverture du Japon qui va bientôt en finir avec la féodalité.

Cet événement d’importance mondiale va permettre à l’Occident de découvrir une culture totalement nouvelle: estampes et objets d’art envahissent la France et provoquent l’enthousiasme des français. Cet enthousiasme est partagé par les bibliophiles qui découvrent à la fois un nouveau type d’ouvrages, et voient dans ce style japonais ou japonisant une nouvelle façon d’orné leur livres.

Il semble que c’est en 1885, à l’issue d’une exposition sur l’estampe et le dessin japonais que le bibliophile Edmond de Goncourt, séduit par « l’originalité du dessin filant » d’Hokusaï, décide de faire recouvrir ses ouvrages de décors japonisants (fleurs, insectes, feuillages, ou scènes quotidiennes de la vie sur l’île du soleil levant, etc.). Ils seront rapidement imités par d’autres bibliophiles.

Certaines de ces reliures particulières nous sont parvenues. Peu sont signées, mais on découvre parfois la marque de relieurs de l’époque, comme Pierson, Guellier ou Carayon.
H

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Portrait de relieur: Henri Noulhac (1866-1931)

Portrait de relieur: Henri Noulhac (1866-1931)

Amis Bibliophiles bonsoir,

Excusez-moi, mais représenter l’oeuvre de Noulhac par un unique maroquin janséniste me chagrinait un peu. (Textor appréciera la formule).
La rapide consultation des évangiles selon Fléty, Devauchelle et Duncan et une brève recherche parmi les catalogues permet de préciser le travail de ce relieur.

Henri Noulhac est né à Châteauroux en 1866 et reçoit une formation dans sa ville natale. (À cette époque à Châteauroux, les libraires-éditeurs A. Nuret et fils signent des reliures simples de très belle facture.) Noulhac s’installe à Paris en 1894. Noulhac est encouragé dans ses travaux de type “janséniste” par Henri Béraldi car, nous dit Fléty, il n’était ni relieur ni doreur. 

Vers 1900 il adjoint à son activité un atelier de dorure tenu par un ouvrier spécialisé. Il introduit dans sa production des décors à motifs floraux dorés et des encadrements dorés. La reliure que je vous présente aujourd’hui sur un livre de 1887 date de 1914. Un peu plus tard, des décorateurs modernes proposent des décors de reliures qu’ils donnent à réaliser par des artisans. Noulhac réalise alors les décors d’Adolphe Giraldon illustrateur et de Jules Chadel dessinateur joaillier. Il travaillera ensuite sur les dessins de sa fille et un peu pour Pierre Legrain. Il réalise des reliures mosaïquées de maroquin de style Art-Déco. 

L’inspiration variant du type floral, à la décoration à la manière de parements de dallages colorés ou de compositions de vitraux. 

(photo reliure de 1921 issue du livre « la reliure en France Art-Nouveau-Art-Déco 1880-1940, Duncan & de Bartha, 1989)
Il s’attache à former des relieurs parmi lesquels Rose Adler et Madeleine Gras.
Sa réputation s’est établie sur une maîtrise professionnelle indiscutable avec une qualité d’exécution du corps d’ouvrage irréprochable.
Il travailla jusqu’à sa mort le 22 mars 1931.
Lauverjat

2 Commentaires

  1. Uzanne n'a pas échappé à la mode du japonisme Calamar et oui il a fait habiller quelques unes de ses éditions de luxe sur les femmes par de belles couvertures en cuir dit japonais décoré. Ce n'est d'ailleurs pas toujours vraiment du cuir mais souvent du carton estampé à froid et mis en couleurs.

    Les reliures en cuir japonais telles que celles des Goncourt notamment, sont rarement arrivées jusqu'à nous en excellent état. Le cuir étant très fragile, notamment aux mors, très friables avec le temps. Une reliure en cuir japonais parfaitement conservée sur un texte de qualité est aujourd'hui assez rare à trouver. Il y en avait à la vente Berès. J'en ai croisé deux ou trois depuis.

    B.

  2. c'est très beau, mais ça doit être assez fragile, non ?
    est-ce que ces reliures sont comparables aux pochettes qui habillaient les livres d'Octave Uzanne ? (je sais qu'il y a des spécialistes, il faut que je fasse attention à ce que j'écris) J'ai celle du "Miroir du monde", qui rappelle assez ces reliures. Je n'ai vu que sur des photos médiocres celle de "Son Altesse la Femme", et j'ignore s'il y en eut d'autres.

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