La reliure à la Fanfare

Amis bibliophiles bonjour,
Les reliures dites à la Fanfare sont apparues au début des années 1570, probablement avec l’accession au trône de France du Roi Henri III (1551 – 1589) qui fût un grand bibliophile.La reliure à la Fanfare
Pour le roi et sa cour, les plus grands relieurs de l’époque se mirent à exécuter des reliures avec un nouveau type de décor, le décor « à la fanfare ». Les dorures des reliures à la fanfare recouvrent complètement les plats, elles sont formées de compartiments délimités, chacun par des filets parallèle, l’intérieur de ces surfaces étant garni de de branches de feuillages, de volutes ou de palmettes. Au centre du plat se trouve un ovale ou un médaillon, qui est soit laissé vide, soit aux armes, des rubans rayonnent depuis ce centre et délimitent les dorures évoquées ci-dessus.La reliure à la Fanfare (2)Ces décors peuvent être très denses et les reliures à la fanfare ont la particularité de ne jamais être signées (ce qui est de toute façon rarissime pour des ouvrages du 16ème ou du 17ème)… en fait, chaque atelier disposait de ses propres fers et c’est ainsi qu’on les identifie.

A ne pas confondre avec les reliures à semis, ou à éventail.

C’est un procédé qui était réservé aux reliures de luxe et a perduré jusqu’à la fin du 18ème. Pour autant, le terme « fanfare » n’est apparu qu’au 19ème. Il illustre le succès remporté par une reliure exécutée par Thouvenin pour Nodier, écrivain et bibliophile, et qui pastichait ces compositions du la fin du 16ème siècle?Ce sont aujourd’hui des reliures particulièrement recherchées, et il est vrai qu’elles sont très belles.

H
Ouvrages présentés : quelques exemples de ces reliures.

La lettre du bibliophile

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Un exemplaire parfait: Hypnerotomachia Poliphili, Aldus Manutius, provenance Jean Grolier

Un exemplaire parfait: Hypnerotomachia Poliphili, Aldus Manutius, provenance Jean Grolier

Amis Bibliophiles bonjour,
J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer sur ce blog la notion d’exemplaire parfait. Les exemplaires parfaits répondent à un certain nombre de critères tous plus exigeants les uns que les autres. Le texte de l’ouvrage bien sûr, l’édition, l’état, la reliure et la provenance, pour ne citer que ceux-ci (on peut parfois ajouter un envoi, un « truffage », etc.).Je suis tombé en arrêt devant un exemplaire parfait à mes yeux en parcourant le catalogue de la vente « The Arcana Collection: Exceptional Illuminated Manuscripts and Incunabula, Part I », qui se tiendra chez Christie’s, à Londres, le 7 juillet.
Cet exemplaire parfait, le voici. Il s’agît d’un incunable de l’Hypnerotomachia Poliphili, ouvrage que j’affectionne particulièrement (et dont je ne possède hélas qu’une édition postérieure), c’est même la première édition, datée de 1499 et qui sort des presses de Alde Manuce pour Leonardus Crassus. L’intérieur de l’ouvrage est parfait (234 pages, 39 lignes), la planche du Priape n’a pas été grattée ou modifiée, comme c’est trop souvent le cas, et il présente également 39 vignettes en initiales formant Franciscus Columna en acrostiche.On pourrait déjà s’en contenter me direz-vous, et vous auriez raison. Mais cet ouvrage se distingue encore par deux éléments, sa reliure et sa provenance, qui sont intimement liées. La reliure… elle est hélas postérieure (1552-55) mais il lui sera beaucoup pardonnée puisqu’elle est très typique des reliures du 16ème, avec ses entrelacs, mais aussi est surtout parce qu’elle l’une des reliures que l’illustrissime bibliophile Jean Grolier fit exécuter pour sa bibliothèque. Dans ce cas précis, elle est l’oeuvre de Gommar Estienne et porte sa devise sur le premier plat « IO GROLIERII ET AMICORUM », ainsi que « POLIPHILO » au centre du premier plat.
Cet exemplaire appartint également à Alexandre Albert François, prince de Bournonville (vente du 13 décembre 1706), à Mr Fauvres, dont il porte (hélas) l’ex-libris manuscrit, au fameux duc de Spencer et à la bibliothèque de John Ryland.Tout est là, l’édition, l’imprimeur (dont Grolier fût l’agent à Paris), la provenance, la reliure, l’état. Il ne reste plus qu’au futur acquéreur la délicate mission de réunir les quatre Songe de Poliphile de Grolier, puisque celui-ci en possèdait cinq. C’est trop beau, on a une petite envie de pleurer (si,si), mais surtout parce qu’on ne dispose des 300 à 500 000 euros nécessaires pour que l’ouvrage atterisse enfin dans notre bibliothèque. Mais Sainte Wiborade, que c’est beau!
H
P.S.: le catalogue est ici: http://www.christies.com/eCatalogues/index.aspx?saleid=22954

7 Commentaires

  1. Pourquoi malheureusement ? Ce sont aussi de merveilleuses constructions de l’esprit dignes de notre intérêt, surtout lorqu’elles sont bien enchâssées…
    Pour avoir une idée plus précise, peut-on les entrouvrir avec précaution pour jeter un coup d’oeil aux titres et des années d’édition ?

    Raphael

  2. Bonjour Raphael,
    L’une recouvre un manuscrit 17ème sur ce que je crois être de la géométrie et de l’astronomie. Les autres des textes en français, plutôt sur les sciences…

    Non, avouez que je vous ai eu! Ce sont des textes religieux… malheureusement.

    H

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