Portrait de relieur: Georges Trautz (1808-1879)

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose de découvrir Georges Trautz, le plus allemand des relieurs français.

En effet, saviez-vous que Trautz, dont le nom est si souvent associé à Bauzonnet est né en Allemagne, dans le duché de Bade en 1808. Il fait ses premiers pas dans la reliure en tant qu’apprenti dans un atelier d’Heidelberg, puis se déplace à travers l’Allemagne avant de rejoindre Paris en 1830.
Il passe trois ans en tant que doreur chez Kleinhans avant de rejoindre le grand atelier de Bauzonnet comme ouvrier-doreur, où il contribue grandement au prestige déjà grand du maître (le baron Pichon saluera la beauté des dorures de Trautz)… Amour… Ich liebe dich, etc., notre ami Georges épouse la fille du patron et devient associé dans l’atelier. Les reliures sont alors signées Bauzonnet-Trautz jusqu’en 1851, année de la retraite de Bauzonnet. Dès lors, les reliures seront signées Trautz-Bauzonnet, ce qui est un élément de datation important si vous avez des reliures de cet atelier.
Tout au long du 19ème, l’atelier est une référence et les bibliophiles s’arrachent leurs réalisations. Le Baron de La Roche-Lacarelle dira même « Trautz ou rien ».

Las, Trautz ne prendra pas de disciple, contrairement à d’autres ateliers qui laissèrent une trace importante dans la bibliophilie (Marius Michel, par exemple, père et fils, mais qui forma également Cretté). Aussi, à sa mort, son fils ne suivra pas ses traces, et l’atelier fermera définitivement ses portes.

L’atelier Trautz-Bauzonnet est l’un de ceux dont j’apprécie le plus le travail, qui est vraiment d’une grande finesse. Mais je l’avoue, j’ignorais que Trautz était compatriote de Schiller.

H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Xavier : Portrait d’un Bibliopégimane

Xavier : Portrait d'un Bibliopégimane

Amis Bibliophiles Bonjour,

Comment les autres vivent-ils leur bibliophilie? Vous le saurez en lisant les portraits de bibliophiles que je vous propose régulièrement sur le blog.

Aujourd’hui, découvrez Xavier, qui sera présent au dîner des bibliophiles le 17/12, et dont l’approche est très particulière.

Bonjour Xavier, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?

Bonjour à tous, je m’appelle Xavier, j’ai 42 ans, dans la vraie vie j’ai un emploi dans la sécurité informatique (spécialité les…virus), donc… très (trop) éloigné des livres.
Ma bibliothèque est en grande partie constituée d’ouvrages sur la reliure, de catalogues d’expositions, manuels de réparation en Français et en Anglais, manuels de dorure ou de son histoire, de fabrication de chemises/étuis et autres boîtes de protection, de manuels de bibliophilie, d’ouvrages sur les moulins à papier, de papier marbré, imprimeurs/caractères, filigranes, etc.
Depuis quand la passion de la bibliophilie s’est-elle emparée de vous?

Ma passion des livres remonte à mon enfance. La bibliophilie à proprement dit, m’est venue vers 1994, en suivant des cours du soir de reliure d’art, j’ai suivi ces cours durant 3 ans. J’y ai appris l’art de faire, mais pas la rapidité, et à partir de ce moment j’ai commencé à rechercher des livres qui « méritaient » une reliure de protection, et j’ai travaillé dessus lors des mes cours; car on ne relie pas n’importe quoi, il faut que l’ouvrage le mérite.
Par la suite, on m’a enseigné à garder toutes les parties d’un livre, d’où le fameux « couv. et dos. cons. » Aujourd’hui, je parle plus de reliure que je n’en fais, je reprendrai des cours en 2008 pour me « remettre dans le bain » et mobiliser du temps pour cette activité.

Donc depuis quelques années, je me sers de ces acquis pour effectuer les quelques réparations de mes livres, (nettoyage, réparation de pages, recollage de dos, etc.)
Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de cœur?

On l’aura deviné….LA RELIURE et tout l’art du livre, books on books disent les Anglophones. Et à une moindre échelle : esoterica, brigandage, crimes et délits, pirates des mers, un peu de curiosa, et les ex-libris

Où achetez-vous vos livres? Internet salons, libraires?

Je n’achéte sérieusement « un peu plus cher » que depuis fin 2005, ma collection est déjà bien fournie. Ici, j’ai fait le calcul : 28% sur internet, 18% Ebay, 32% les librairies, 11% les salons, 11% pour les SVV (chiffre en nette progression).
Ceci mérite des explications.
28% d’achat via internet veut dire : achats à des libraires lointains (étranger, France, quand je peux je récupère en main propre), via AbeBooks, Oak Knoll, ViaLibri, Chapitre, PriceMinister…
32% d’achat en librairie signifie : achat en direct à la BNF/BHVP (cat. d’expositions)/libraires des puces de Clignancourt, Parc Brassens (très peu d’achats).
11% de SVV en France/Belgique, enchères par téléphone ou assis dans la salle, mais plus jamais par ordre d’achat ferme (NDLR : un sujet que j’aborderai bientôt).
Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?

Je rêve devant :
les Grolier, Maioli, Pillone, les roses de Redouté, la chronique de Nuremberg, Duhamel du Monceau et son Traité des arbres fruitiers et sur ces constructions navales, les reliures médiévales, islamiques, les reliures de Cretté (le MAITRE des filets), etc.
et ….je ne rêve pas devant : les reliures à plaques, les pleines toiles éditeur (même si c’est pratique pour « les outils du libraire »)
et ….. j’aime discuter avec : Mr de Verbizier (le doreur de la rue Buffon, à Paris), Mr Desmars (avec lequel j’ai suivi ses cours « d’initiation à la bibliophilie », Galaxidion/association GIPPE)
Je possède et ils me sont chers :
– Mon tout premier achat « sérieux » (10 ans déjà) en bibliophilie :
R.Devauchelle- La reliure, recherches historiques, techniques et biographiques sur la reliure Française, édition de tête et son portfolio, achat en librairie, et un autre Devauchelle et « La Reliure en France, de ses origines à nos jours. 1959-1961 », acheté en salle.
– A.Jammes-La réforme de la typographie royale sous Louis XIV, le Grandjean. Gr. in-folio de 1961, achat en SVV (une bouchée de pain !)
– Mes ouvrages d’Octave Uzanne, Gumuchian et son catalogue de Reliures du XVe au XIX siècle, Béraldi et son pendant les 4 volumes de Ch.Meunier (un régal !), mes quelques livres de Marius Michel, les 2 manuels de reliure de Gruel, mes catalogues de ventes Beraldi, Bérès, Rahir, Vicaire…
– Enfin, deux de mes livres favoris sont « le catalogue des livres de M. le comte de Fortsas », et son analyse par Vincent Fuente-Histoire de la bibliothèquedu comte de Fortsas ». Tout deux disponibles aux éditions des cendres (un achat économique !). (NDLR, j’en ai déjà longuement parlé sur le blog, si le sujet vous intéresse).

Enfin, vous êtes un visiteur fidèle du blog… qu’en attendez-vous? »

En premier qu’il m’instruise et me distraie, j’aime beaucoup y lire les débats (y ont étés parfois virulents à mon goût, mais depuis quelque temps, la barre a été redressée et j’apprécie vraiment beaucoup plus)

Merci beaucoup Xavier, à bientôt!

H

Les Images :
– Uzanne : L’art dans la décoration extérieure des livres en France et à l’étranger. Les couv. illustrées, les cartonnages d’éditeurs, la reliure d’art
P., L-Henry May,1898, in-4. 64 ill. h.t, III-307pp , 128 ill. en coul. par Louis Rhead. couv. art nouveau réalisée en couleurs par l’artiste d’origine américaine Louis Rhead (1857-1926)
Maroquin citron, dos à nerfs orné et mosaïqué, plats encadrés d’une large mosaïque de mar. bleu foncé, de filets dorés et d’un semis de fleurons au centre des plats repoussés, dentelle intérieure, gardes de moire. [Becquet]. Les couv. illustrées en couleurs cons.
– Uzanne : La reliure moderne, artistique et fantaisiste
P., Rouveyre, 1887, front. gravé de Lynch, et de 72 pl. ht représentant des reliures, chaque pl. est protégée par une serpente qui porte un numéro et la description de la reliure.

– Maruis Michel : Exposition rétrospective. Mai-juin 1927.
P., Ecole Estienne, 1927.
In-4 br, couv. imprimée. Catalogue de cette exposition rétrospective consacrée à Marius Michel au Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris en mai-juin 1927.

– Gruel : Manuel historique et bibliographique de l’amateur de reliures
Paris, Gruel, Engelmann et Leclerc, 1887-1905. in-4.
L’ill. comprend de très nombreuses pl. en héliogravure et en chromolithographie h.t.
Tiré à 1000 ex. numérotés pour le premier vol. (à 50 ex. sur japon, 250 sur papier des Vosges et 700 sur Rives) et 700 numérotés pour le second (à 50 ex. sur japon, 50 ex. sur papier des Vosges et 600 ex. sur Rives)
2 vol. in-4, reliure différente sur chaque vol., v1 : ex. 666, demi reliure genre monastique, veau, coins, composition de fers estampés à froid à la main, signée [Gruel] en queue, dos à 5 nerfs ornés
v2 : ex. 312. dos à 5 nerfs)
– L’enfer : Apollinaire (G.), Fleuret (Fernand), Perceau (Louis)-L’enfer de la Bibliothèque nationale, icono-bio-bibliographique descriptive, critique et raisonnée, complète à ce jour de tous les ouvrages composant cette célèbre collection.
P., Bibliothèque des curieux, 1919.
Cat. des ouvrages conservés sous la cote « Enfer » à la Réserve du département des Imprimés.
L’édition de 1919 ne diffère que par la préface de la précédente, publiée en 1913 par le Mercure de France. Classement dans l’ordre des cotes. Table des titres, index des noms d’auteurs, préfaciers, annotateurs, traducteurs et illustrateurs.
demi veau vert foncé, dos lisse, ex. 671 sur vélin

7 Commentaires

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  3. Bonsoir les amis,

    Ah Trautz ! Quel nom ! Quel relieur !

    Je m’avoue volontiers Trautzolâtre à mes heures… encore que les spécimens de ses reliures n’ont été que bien rares sur mes rayons (il y en avait par contre moult et moult à la vente Bérès…)

    De la reliure parfaite comme on aimerait qu’elle existât encore…

    On l’a affublé du titre de pasticheur en chef ! C’est sans doute vrai. Mais de nombreux chefs d’oeuvre de décoration de la reliure d’art du XIXè siècle sont sortis de son atelier.

    Je savais que parmi mes vieux catalogues j’avais quelque part le portrait en pied et en photogravure du maître. Restait à le retrouver. C’est fait. Je le transmets de suite à Hugues qui en fera bon usage.

    Par ailleurs, vu le nombre de pages réduit, j’ai pris la peine de prendre en photos l’intéressant article nécrologique et surtout autobiographique (c’est Trautz qui s’y exprime sur sa vie de relieur) qui accompagne ce portrait (extrait du Bulletin n°12 de novembre 1880 de la Librairie Morgand et Fatout).

    Il est à votre disposition sur un nouvel album picasa à l’adresse suivante :

    http://picasaweb.google.fr/libalise/TRAUTZ18081879

    Si vous ne voyez pas bien car le texte est petit, vous pouvez agrandir grâce à la loupe qui se situe en haut à droite de la fenêtre image Picasa.

    Bonne lecture à tous.

    Amitiés bibliophiliques, Bertrand

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