Portrait d’un bibliophile à la Mazarine: Gaspard Michel, dit Leblond

Amis Bibliophiles bonjour,
Gilles, qui visite pour nous toutes les expositions destinées aux bibliophiles ou presque, vous propose aujourd’hui un billet sur l »exposition Leblond à la Mazarine.La Bibliothèque Mazarine rend en effet hommage à Gaspard Michel dit Leblond, son conservateur pendant la Révolution.
Homme érudit, antiquaire et numismate, académicien (Inscriptions et belles-lettres), Leblond était sous-bibliothécaire de la Mazarine depuis vingt ans avant d’en devenir le responsable en 1791. Dans la tourmente, il préserva “sa Mazarine” devenue “Bibliothèque des Quatre-Nations” et l’enrichit considérablement surtout grâce aux confiscations révolutionnaires et aux prélèvements qu’il obtint de faire dans les dépôts littéraires.Leblond était aussi bibliophile comme nous l’apprend Isabelle de Conihout qui signe un article à ce sujet dans le catalogue fort documenté publié à l’occasion de cette exposition. (L’abbé Leblond, 1738-1809, second fondateur de la Bibliothèque Mazarine, 154 pp. 20 euros).
Sa bibliothèque fut vendue en 1810, riche de 1009 numéros.
L’exposition s’épanouit au fond de la somptueuse salle de lecture de la Mazarine, juste devant la porte qui conduit à la Bibliothèque de l’Institut, conçue à l’origine par Leblond pour agrandir la Mazarine. Trente livres acquis par Leblond sont présentés. De superbes manuscrits enluminés, de grandes reliures aux armes, des incunables, l’EO des oeuvres de Louise Labé, des dessins aquarellés sont présentés autour du globe céleste de Coronelli, au milieu des bustes antiques et des meubles estampillés, sous les lustres dorés de Boulle, tous recueillis à la Mazarine par Leblond. Un instant rare.
Merci Gilles,H

La lettre du bibliophile

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Amis Bibliophiles bonjour,

Les portraits gravés constituent sans doute un des ornements les plus séduisants des livres anciens.  Outre les productions de suites ou au contraire d’images isolées, on rencontre dès le XVIe siècle de plus en plus souvent ces portraits d’auteurs ou de commanditaires ou d’égérie, sur bois ou sur cuivre, en illustration du livre. Ces portraits sont bien différents de ceux présentant l’auteur offrant son livre au dédicataire des incunables. Le personnage est dans la plupart des cas présenté en visage ou en buste, le portrait en pied signale une personnalité particulièrement célèbre. Je n’ai pas de données statistiques mais il me semble que le portrait au XVIe siècle est le plus souvent disposé au verso du titre (Ronsard,1560, Paris, Gabriel Buon; Jacques Grévin, 1562, Paris, Vincent Sertenas; Etienne Tabourot 1586, Paris, Jean Richer…) , parfois dans le corps de l’ouvrage ou accompagnant la dédicace, à l’occasion sur la page de titre (Nostradamus, Lyon, 1568; Henri de Guise, le martire des deux frères, [Charles Pinselet] 1589), rarement en frontispice, disposition qui en revanche, s’imposera comme prépondérante avec le temps. [ce que nous verrons ultérieurement]. Le portrait est généralement disposé dans un ovale, lui même placé dans un encadrement rectangulaire parfois orné de motifs Renaissance ou de symboles. L’accompagne, le nom du personnage portraituré, bien souvent son âge, parfois sa devise, ses armes, sa fonction, inscriptions disposées en orle ou hors cadre. Parfois une signature du peintre ou du graveur, une marque d’atelier est repérable. Ces portraits ont bien entendu été la proie des collectionneurs et bien des ouvrages ont été délestés de leurs hors textes ou plus grave encore, de leur page de titre dans ce seul but. Le défit qui consiste à retrouver le portrait manquant n’est pas mince…Justement il existe un petit ouvrage paru aux éditions “Belles Lettres” en 2007, fruit du travail de mesdames Thérèse Redier et Marie-Josèphe Beaud-Gambier. Les auteurs ont exploré le fond N 2 du département des Estampes de la Bnf et collecté 5600 portraits. Outre la présentation particulière de 80 d’entre eux, un index permet d’identifier ou non l’existence d’un personnage portraituré. On pourra aussi consulter ce rare catalogue de l’exposition de 2002 à la Bibliothèque du Château de Chantilly : “portraits gravés dans les livres français au temps des Valois”.
Merci Lauverjat,
H

9 Commentaires

  1. Je viens de trouver le temps de lire cet article, et surprise, il date de 2006.

    J'imagine que depuis M. B a payé sa dette à la société, pour ne pas dire sa dette tout court, puisqu'il semble que la vente Christies a permis de rembourser les détournements évoqués… et qu'il est pour ainsi dire passé à autre chose. La justice aussi. Passons donc également à autre chose et espérons qu'il vît aujourd'hui plus sereinement.

    H

  2. Pas de confusion. Cet homme était peut-être malhonnête à la base. Mais à mon avis sans sa bibliophilie, il se serait contenté d'une somme beaucoup moins importante. La bibliophilie la rendu fou, si bien qu'il a cru pouvoir, probablement avec un sentiment de légitimité, s'emparer de 1 ou 2 millions.

    Je vous le répète, vous n'êtes pas moins fous que lui.

    Soyez donc solidaires. Cela lui réchauffera le coeur : il vous lit.

    François.

  3. C'est bien davantage qu'une circonstance atténuante… Ne devrait-il pas être exempté de toute peine?
    Je vous propose de faire une pétition.

    Plus sérieusement, je n'ai jamais rien lu de moins étonnant. Il y a longtemps que l'on sait que la bibliophilie rend fou. D'ailleurs même ici vous êtes tous fous, chacun à votre manière.

    Amitiés,
    François.

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