Amis Bibliophiles Bonsoir,
Je termine aujourd’hui l’épopée de Cook. J’espère que ça n’a pas été trop long pour vous.
Le troisième voyage de Cook marque la fin de l’épopée du navigateur anglais, c’est aussi le plus émouvant. Cook y semble plus humain, et il perdra malheureusement la vie au cours de l’expédition.
A la demande des autorités, Cook quitte ses fonctions au Greenwich Hospital (obtenues en remerciement de ses recherches contre le scorbut) et reprend le commandement d’une expédition dont l’objectif officiel est de ramener Omai à Tahiti, mais dont l’objectif réel est de découvrir le passage du Nord-Ouest (un passage entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique par le nord du continent américain). Il commande à nouveau le HMS Resolution, et navigue aux côtés du HMS Discovery, capitaine Charles Clerke.
Les deux navires quittent Plymouth le 12 juillet 1776.
L’expédition descend dans un premier temps aux îles Kerguelen où elle accoste le jour de Noël 1776, puis elle fait escale en Nouvelle-Zélande. Cook rend ensuite Omai aux siens et met le cap au nord pour découvrir le passage du Nord-Ouest. Il fait escale à Hawaï en 1778 puis progresse ensuite le long des côtes américaines. L’expédition rencontre les populations indiennes de l’île de Vancouver, des côtes de l’Alaska, des îles Aléoutiennes et des deux rives du détroit de Béring.
Il fait froid, c’est un euphémisme, et le moral de l’expédition s’effrite après plusieurs tentatives infructueuses de franchir le détroit de Béring, pris par les glaces, même en plein mois d’août. Cook montre des signes d’impatience, il souffre d’une affection de l’estomac, et perd parfois la confiance de son équipage, notamment lorsqu’il veut le contraindre, sans succès, de consommer de la viande de morse. 

Finalement, il faut renoncer et l’expédition redescend vers Hawaii où il explore l’archipel. Il séjourne un mois à Kealakekua Bay sur l’actuelle Grande Île mais il est pressé par les autochtones de reprendre la mer. Hélas, quelques jours après son départ, une avarie du mât de misaine contraint Cook à rebrousser chemin pour réparer. Il choisit (apparemment contre l’avis de ses officiers) de retourner sur le lieux de leur dernier séjour. Au cours de cette seconde escale, les tensions redoublent entre les indigènes et les Britanniques et plusieurs bagarres éclatèrent. Le 14 février 1779, des Hawaiiens volèrent une chaloupe. Cook décide de prendre en otage le chef de Hawaii, Kalaniopu’u. Une altercation éclata cependant avec les habitants qui attaquèrent à l’aide de pierres et de lances. Les marins anglais ripostent avec quelques coups de feu, mais sont contraints à se replier de façon désordonnée vers la plage. Cook est alors atteint à la tête et s’écroule. Les Hawaiiens le battirent à mort, puis enlevèrent son corps.
L’équipage put cependant récupérer quelques restes pour les inhumer en mer avec les honneurs militaires. L’emplacement où Cook a été tué est marqué par un obélisque blanc et a été au Royaume-Uni.
C’est alors à Clerke d’assumer le commandement de l’expédition. Il va effectuer une dernière tentative de franchisssement du détroit de Béring, mais c’est également un échec. Il s’éteint lui même, atteint par la tuberculose en août 1779. C’est le lieutenant Gore qui prend le commandement et conduit les navires sur la route du retour via les côtes asiatiques. Le Resolution et le Discovery arrivèrent en Grande-Bretagne le 4 octobre 1780.
On notera avec intérêt qu’un jeune officier accompagne Cook dans ce 3ème voyage, William Bligh, qui commandera plusieurs années plus tard le HMS Bounty, qui fut le théâtre de la plus célèbre mutinerie de l’histoire de la Navy.
Cook a épousé Elisabeth Batts (née en 1741) en 1762. Ils ont eu six enfants dont seul l’aîné est parvenu à l’âge adulte, mort à 31 ans sans descendance.
Sur le plan bibliophilique, le troisième voyage est évidemment lui aussi très recherché. L’Edition originale française est parue en 1785 à l’hôtel de Thou en 4 volumes in-4, et propose 20 cartes ou plans et 68 superbes gravures (indigènes, paysages, scènes de genre, histoire naturelle). La traduction en est due à Demeunier. Il paraît sous le titre « Troisième Voyage de Cook, ou voyage à l’Océan Pacifique, ordonné par le Roi d’Angleterre, pour faire des Découvertes dans l’Hémisphère Nord, pour déterminer la position & l’étendue de la Côte Ouest de l’Amérique Septentrionale, sa distance de l’Asie, & resoudre la question du passage au Nord. Éxécuté sous la direction des capitaines Cook, Clerke & Gore, sur vaisseaux la « Résolution » & la « Découverte », en 1776, 1777, 1778, 1779 & 1780. » Comme les deux premiers voyages, cette édition in-4 est doublée d’une édition in-8, accompagnée d’un atlas in-4, parue à la même date.
On connaît également le récit du voyage par John Rickman, lieutenant à bord du HMS Discovery, qui fût publié avant la relation officielle. L’édition originale française est parue en 1782 à Paris chez Pissot et Laporte sous format d’un volume de format in-8, illustrée d’un frontispice gravé représentant la mort du capitaine Cook et d’une carte gravée dépliante. Le titre complet est « Troisième Voyage de Cook, ou Journal d’une expédition faite dans la mer pacifique du sud et du nord, en 1776, 1777, 1778, 1779 et 1780. ». C’est un ouvrage rare.
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Votre anecdote de New York est peut-être une légende, proche de celle que j’ai entendu en Pologne:
les russes, alors en Pologne, qui avaient froid brulaient tout les meubles d’un maison, et passant aux livres, ils ont brulé une Bible de Gutenberg.
Sur les 180 exemplaires de la Bible latine en deux volumes in-folio de 324 et 317 feuillets, imprimée sur deux colonnes de 42 lignes chacune, dont on attribue l’impression à Gutenberg vers 1455 à Mayence, 46 exemplaires incomplets existent encore aujourd’hui : 34 sur papier (dont 5 réduits au tome I seul, 2 au tome II seul et 1 à l’Ancien Testament) et 12 sur parchemin (dont 1 réduit au tome I seul et 1 au Nouveau Testament). On peut y ajouter 2 exemplaires sur papier qui ont été « cassés » et dont les cahiers et les feuillets ont été dispersés aux U.S.A., en Allemagne, en Belgique et au Lichtenstein. On connait encore d’autres fragments plus ou moins importants en France ou en Allemagne.