La Bible de Gutenberg

Oeuvre principale des débuts de l’imprimerie, la Bible de Gutenberg (1398 – 1468) inspira la méfiance lors de sa parution. En effet, alors que certains pensèrent qu’il avaient en fait acheté un manuscrit pour la somme dérisoire de 60 écus, ce qui était pour le moins louche, alors que d’autres imaginèrent que c’est le Diable qui avait inventé ce nouveau moyen pour falsifier et détourner les écritures.

Selon certaines sources, Gutenberg et son associé Jean Fust furent d’ailleurs dénoncés aux juges pour cela.

De 180 à 200 exemplaires de cette fameuse bible à 42 lignes furent imprimées entre 1455 et 1456, tous à Mayence.

Aujourd’hui, 48 exemplaires sont encore en circulation, dont vingt-et-un exemplaires complets. La France en possèdent trois, deux à la Bibliothèque Mazarine, et un à la Bibliothèque Nationale.

Il existe un débat sur le fait que certains furent imprimés sur véin, et d’autres sur papier, ou tous sur vélin. Il semblerait que 45 furent imprimés sur vélin et au moins 135 sur papier.

Un fac-similé tiré à 3000 exemplaires fut édité en 1985.


Trois anecdotes?

Dans les années 20, un libraire de New-York, Gabriel Wells, qui possédait un exemplaire endommagé, « cassa » le livre et le vendît par sections et même par page. Les pages furent vendues dans un coffret accompagné d’un essai sur l’ouvrage. Aujourd’hui, ces pages se négocient entre 20 000 et 100 000 dollars, selon leur état et leur intérêt.

Un exemplaire fût mis aux enchères chez Christie’s en 1987, mais il ne s’agissait que de la partie concernant l’Ancien Testament. Il fût acheté par un japonais pour 5,4 millions de dollars. Le dernier exemplaire complet fût vendu chez Christie’s en 1976, pour 2,2 millions de dollars, ce qui donne une idée de l’augmentation des prix!

Dans le film le Jour d’Après, alors que des jeunes gens essaient de se réchauffer dans la bibliothèque de New-York, alors que la ville est prise dans les glaces et la neige… ils s’apprêtent à brûler une bible de Gutenberg dans un feu, juste avant qu’elle ne soit sauvée par un des personnages.

H
Images : la fameuse Bible.

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Le Messager Boiteux

Le Messager Boiteux

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La solution de l’énigme…

Qui mieux que moi peut prévoir le temps qu’il va faire 10 mois plus tard, vous raconter les faits divers qui se sont produits à Saint-Petersbourg, New-York ou Dijon, en images pour certains, tout en vous donnant les dates de la Foire au Gruyère, les phases des planètes ou la population de la Chine… Tout ceci en une cinquantaine de pages et quelques bois…?
Vous l’avez deviné, je suis un almanach. Mais j’aimerais évoquer ce soir un almanach en particulier, le plus attachant de tous ceux que j’ai eus entre les mains, Le Messager Boiteux, qui existe d’ailleurs toujours après 301 ans de parution. Le premier Almanach Historique, nommé le Messager Boiteux est en effet paru en 1707 à Basle (ou 1708, selon les sources).
En fait, l’Almanach est né en 1677 sous l’impulsion de deux imprimeurs bâlois, qui voulaient lutter contre lutter contre la concurrence d’un almanach liégeois qui se vendait alors particulièrement bien en Suisse. Ces deux imprimeurs proposèrent en même temps deux almanachs portant le même nom, le Basler hinkende Bote.

Le nom viendrait d’un colporteur de la région, qui aurait été boiteux.

C’est Jean-Conrad de Mechel, l’un des deux imprimeurs Baslois qui publia, dès 1708, une édition française de son hinkende Bote. Le succès fût au rendez-vous et n’a jamais cessé puisque le Messager Boiteux paraît encore aujourd’hui. Il fût repris par le libraire Chénebié qui pût l’imprimer seul à partir de 1753 sur une presse à bras (dite modèle Gutenberg) qu’il avait ajouté à sa boutique.
Le nom lui-même de l’Almanach changea avec l’Histoire : Messager boiteux de Berne au départ, il devînt Le véritable Messager boiteux de Vevey ou Le Messager boiteux « tout court » sous le Premier Empire. Il porte, de nos jours, le nom de Messager boiteux, almanach romand, même s’il est vrai qu’il a essaimé et qu’on peut par exemple croiser le Messager Boiteux de Strasbourg et autres.

Le Messager boiteux avait au départ pour auteur un certain Antoine Souci, astrologue et historiographe. Ni la chronique de l’almanach, ni les documents de l’époque ne donnent d’indication exacte sur l’énigmatique Antoine Souci. Une supposition paraît toutefois plausible : l’édition allemande du Messager boiteux était rédigée par un nommé Antoine Sorgmann. Or, Sorgmann veut dire homme de souci en français. Il est probable qu’il s’agisse donc d’une traduction. A noter également que l’apparition d’Antoine Souci sur le titre n’est pas obligatoire, certaines années elle semble présente et d’autres non. En tout cas, elle apparaît aussi bien sur des Messager Boiteux du milieu du 18ème que sur d’autres du milieu du 19ème.
L’Almanach est connu et recherché dès sa parution pour ses prévisions météorologiques douze mois à l’avance. Ainsi, il avait prévu la canicule de 2003. Elles sont en fait fondées sur l’étude d’un moine allemand au XVIIe siècle, statistiques établies sur une période de 40 ans et à partir desquelles ce dernier conclut que la météo se renouvelait par cycles de 7 ou 9 ans.

L’almanach du Messager boiteux est resté très populaire. L’édition de Vevey est encore aujourd’hui imprimée à 80000 exemplaires.

Je possède deux exemplaires, 1807 et 1812, et j’en recherche naturellement d’autres, non pas pour les prévisions météorologiques ou les phases des astres, mais pour les faits divers et autres histoires que l’on trouve dans les dernières pages : histoires de revenants, actes d’héroïsme, longévité record, etc. et qui sont généralement illustrés par de très jolis bois. C’est un ouvrage de colportage, qui paraissait naturellement broché.
Une dernière chose, cet Almanach ne couvre pas que la Suisse Romande, mais bien la zone géographique des Alpes suisses, françaises, italiennes, de l’Alsace, de la Bourgogne, du Jura, de la Lorraine, etc.

H

Je m’arrête, Jean-Pual apportera ses précisions! 🙂

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3 Commentaires

  1. Votre anecdote de New York est peut-être une légende, proche de celle que j’ai entendu en Pologne:
    les russes, alors en Pologne, qui avaient froid brulaient tout les meubles d’un maison, et passant aux livres, ils ont brulé une Bible de Gutenberg.

  2. Sur les 180 exemplaires de la Bible latine en deux volumes in-folio de 324 et 317 feuillets, imprimée sur deux colonnes de 42 lignes chacune, dont on attribue l’impression à Gutenberg vers 1455 à Mayence, 46 exemplaires incomplets existent encore aujourd’hui : 34 sur papier (dont 5 réduits au tome I seul, 2 au tome II seul et 1 à l’Ancien Testament) et 12 sur parchemin (dont 1 réduit au tome I seul et 1 au Nouveau Testament). On peut y ajouter 2 exemplaires sur papier qui ont été « cassés » et dont les cahiers et les feuillets ont été dispersés aux U.S.A., en Allemagne, en Belgique et au Lichtenstein. On connait encore d’autres fragments plus ou moins importants en France ou en Allemagne.

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