Au sommet, les dix livres les plus chers de l’Histoire: n°3, L’Evangéliaire de Henri le Lion

Amis Bibliophiles bonjour,
Si les plus beaux exemplaires de la Bible de Gutenberg sont estimés autour de 20 millions euros, il qui peut lui-même aujourd’hui être estimé autour de 16 millions d’euros, c’est l’Evangéliaire de Henri le Lion qui occupe la troisième place avec un prix de 9,8 millions d’euros atteint chez Sotheby’s en 1983.
Commandé par Henri Le lion auprès du monastère d’Helmarshausen, ces évangiles furent rédigées et soigneusement illustrées en 1188. L’ouvrage est somptueux, témoignant de la richesse de l’enluminure et de la piété du XIIe siècle.

Il est conservé à la Bibliothèque de Wolfenbuttel où un fac-similé le remplace quand il n’est pas exposé.


L’original date de 1188 et fut rédigé au monastère d’Helmarshausen sur les bords de la Weser. Le duc de Brunswick, Henri le Lion, l’avait commandé pour la collégiale Saint-Blaise de Brunswick. Ce manuscrit très bien conservé est un des témoins les plus somptueux de l’art du livre et de la piété médiévale.
24 de ses 226 pages en parchemin sont enjolivées de miniatures.
H

La lettre du bibliophile

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Portrait: Robert Lenkiewicz, un bibliophile « Larger than life »

Portrait: Robert Lenkiewicz, un bibliophile « Larger than life »

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Les Bibliophiles sont souvent des êtres à part. certains d’entre sont d’une érudition prodigieuse, d’autres semblent comme figés dans le temps, d’autres vouent leurs vies aux livres au point d’en perdre le contact avec leurs semblables, d’autres enfin sont simplement uniques en leur genre, comme Robert Lenkiewicz.

Autoportrait
Robert Lenkiewicz (1941-2002) est un bibliophile anglais né à Londres. A 16 ans Lenkiewicz intègre le prestigieux Saint Martins College of Arts and Design, avant de rejoindre la Royal Academy. Il est devenu l’un des artistes importants du Sud de l’Angleterre du siècle dernier et vivra de son art pendant toute sa vie. Il est connu pour avoir tiré son inspiration des nombreux nécessiteux auxquels il offrait asile, repos et chaleur humaine, dans son studio d’artiste londonien. Son grand projet sera d’ailleurs de réveiller les consciences et d’attirer l’attention des institutions et de ses semblables en peignant ces personnes aux existences difficiles.

Larger than life? A côté de sa personnalité haute en couleurs, de cet engagement social et de son oeuvre prolifique, Lenkiewicz a également mené des recherches personnelles sur le comportement humain et ses débordements. Il menait ses recherches au travers des ses rencontres mais également, et c’est le point qui nous intéresse, en rassemblant des milliers d’ouvrages de documentation.
Au final, ce seront près de 25000 ouvrages qui se seront ainsi accumulés sur ses rayonnages, avec pour sujets de prédilection l’art, les sciences occultes, démonologie, la magie, la philosophie et en particulier la métaphysique, l’alchimie, la mort, la psychologie et la sexualité. Il a ainsi rassemblé l’une des bibliothèques sur les sciences occultes les plus importantes du vingtième siècle avec environ 3000 ouvrages rares. Sotheby’s a estimé que cette bibliothèque occulte était la plus importante biblothèque privée sur le sujet, si ce n’est dans le monde, du moins en Europe.
Vide débordé par les livres à son domicile (ils occupaient 7 pièces…), Lenkiewicz fît l’acquisition d’une église déconsacrée dans laquelle il consacra deux étages aux ouvrages anciens, et en particulier au sciences occultes. Ces ouvrages principalement imprimés entre le 15ème et le 17ème siècles étaient principalement écrits en latin, en anglais, mais aussi en français pour un grand nombre d’entre eux. il avait curieusement donné un nom aux 7 pièces de son domicile consacrées aux livres: la « Art Biography Room« , la « Art History Room« , la « Occult Philosophy Room« , qu’il appelait aussi la « Metaphysics Room« , la « Death Room« , une « Witchcraft Room » et la « Erotica Room » et enfin une « Literature Room« .
Sa bibliothèque fût dispersée par Sotheby’s en 2003 et fît l’objet d’un très agréable et instructif catalogue. En le parcourant, on découvre par exemple 8 éditions du Malleus Maleficarum de Sprenger et Kramer dont un exemplaire de la première édition, imprimée en 1487 par Drach. Vous pouvez retrouver un article sur cet ouvrage sur le blog, mais pour mémoire cet ouvrage fût placé en tête de sa liste des « Livres de la haine » par Amnesty International.

En feuilletant un peu plus le catalogue, on croise de nombreux ouvrages d’Agrippa, plusieurs éditions de la Démonomanie des Sorciers de Bodin, Jérôme Cardan, une édition du Songe de Poliphile, Paracelse, Kircher, plusieurs éditions du Compendium Maleficarum de Guazzo, un Lycosthène et 344 autres merveilles. Au delà de la prédilection de Lenkiewicz pour les sciences occultes, on sent également sa sensibilité d’artiste s’exprimer fortement puisqu’il a surtout rassemblé des livres anciens illustrés.
Selon le souhait de Lenkiewicz, cette vente « post-mortem » de la Bibliotheca Lenkiewicziana a permis de créer une fondation destinée à soutenir les jeunes artistes.

Lenkiewicz avait également rassemblé un cabinet de curiosités comprenant des antiquités égyptiennes, des artefacts provenant de camps de concentration nazis, et une pièce célèbre, le squelette de Ursula Kemp, qui fût pendue pour sorcellerie à Plymouth en 1582…

Une autre anecdote? Lenkiewicz dépensait tous ses revenus dans les livres et même plus. Il fût ainsi condamné à deux mois de prison au début des années 1970 pour avoir volé quatre livres anciens dans la bibliothèque de Plymouth. Que déclara-t-il? « Personne ne les a jamais réclamés et ce n’est qu’au bout de quatre ans que le vol fût découvert. Lorsque la police est arrivée je leur ai répondu que je les attendais, en leur demandant pourquoi ils avaient mis autant de temps, et s’ils voulaient du sucre avec leur thé… »

C’était Robert Lenkiewicz.

H

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