Un livre / un bibliophile: le mythique exemplaire de La sorcière de Michelet, vraie EO, 1862

Amis Bibliophiles bonjour,
A la suite de l’invitation de Hugues, je me permets de vous proposer un court article sur l’un de mes ouvrages, « La sorcière » de Michelet dans la vraie EO chez Hachette 1862.

Cette édition est évidemment bien complète des quelques paragraphes censurés dans l’introduction (voir ci-dessous) et des passages relatifs au P. Girard et La Cadière.

Le livre est en bel état (quelques rares jaunissures), dans une reliure postérieure, complet des couvertures (pas du dos) ; on voit bien sur la 1ère de couv. le nom « Hachette » biffé en noir mais la 4ème de couverture est très propre avec une liste de la « bibliothèque variée in-18° Jésus » chez Hachette, non biffé.
Ma question est la suivante :
On lit fréquemment sur le net (probablement un peu de C/C avec des pagination inexactes et variées) qu’il n’existerait que 2 ex. de cette édition dont 1 à la BNF, l’autre ayant été sauvé du pilon par Asseline? N’étant pas la BNF, serais-je le possesseur de ce second exemplaire ?

Un bibliophile averti, un bibliographe érudit, un spécialiste de Michelet pourrait-il confirmer ou non cette « affirmation » ?
Avec mes remerciements anticipés, 
Eric

La lettre du bibliophile

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Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de PhilippeM, un ouvrage de Justin, édité chez Gryphe, 1551, et relié pour Henri III

Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de PhilippeM, un ouvrage de Justin, édité chez Gryphe, 1551, et relié pour Henri III

Amis Bibliophiles bonjour,
J’ai acquis tout dernièrement un ouvrage de l’historien latin Justin, édité à Lyon chez Sébastien Gryphe en 1551. Cette édition n’est ni particulièrement rare, ni particulièrement recherchée et ce qui donne un certain intérêt à cet ouvrage est la reliure qui l’habille. 



Il s’agit d’un maroquin rouge mosaïqué de maroquins brun et citron avec des rehauts de peinture (sur les listels et les armes), postérieur de quelques années à l’édition, mais bien caractéristique des années 1560. Un décor doré de plaques avec cartouche central et écoinçon mosaïqués azurés sur un fond de quatrefeuilles est présent sur les deux plats et le dos long est également décoré d’un semis de losanges assortis de fers azurés en tête et en pied. 

Les coupes sont décorées d’une roulette dorée, les tranches sont dorées et incisées, les tranchefiles de soie bleue et blanche et il subsiste les vestiges de lacets de soie blanche.


Le cartouche du plat supérieur porte les armes d’Orléans (de France au lambel d’argent) avec le collier de l’ordre de Saint Michel, tandis qu’au plat inférieur, apparaît une représentation allégorique composée d’une colonne à laquelle est suspendu un sceptre avec une couronne royale et à sa base un bouc, un loup et un ours. Une devise en capitales dorées entoure ce cartouche : « QUI REGIT HAEC REGNAT ».
Je vous avouerais que je n’aurais pas forcément accordé une grande attention à cet ouvrage manquant de conservation, si je n’avais déjà croisé les emblèmes de cette reliure…
Rencontrées dans le premier volume de la vente de la bibliothèque Raphael Esmérian (1972, lot 56), et dorées sur une reliure d’un style proche, avec cartouches centraux, écoinçons azurés et semé de petits quatrefeuilles. Cette reliure est ainsi présentée :
« Cet exemplaire réglé a été relié pour Henri III alors agé de 11 ans, l’ouvrage ayant été destiné à l’éducation du jeune prince royal. Les armes d’Orléans sont celles de l’apanage dont il venait d’hériter lors de l’avènement au trône de son frère Charles IX en 1560. Sa mère Catherine de Médicis ne tarda pas à lui faire abandonner ce titre qui présentait quelques inconvénients, le duché étant huguenot ; elle lui fit donc reprendre le titre de duc d’Anjou. C’est assez dire la grande rareté de ces armes. Les emblèmes sont expliqués ainsi par L. Double (« Cabinet d’un curieux » : Les trois animaux attachés à la colonne symbolisent trois vices : la luxure, la paresse et la cruauté. Le sens de la devise est donc « celui qui sait commander à ses passions est vraiment roi » .
Reliure du Diogene Laerce de la collection EsmerianCette attribution à Henri III jeune est corrélée par l’existence d’un jeton frappé de 1561 à 1567 portant au revers les mêmes emblèmes et devise, tandis qu’à l’avers figurent les armes d’Orléans et la titulature suivante « Alexander Dux Aureliar. », c’est-à-dire Alexandre duc d’Orléans. En effet, le jeune Alexandre-Edouard ne prit le prénom d’Henri, en hommage à son père Henri II qu’en 1564.

Jeton en argent aux armes et emblèmes d’Alexandre-Edouard d’Orléans (http://www.inumis.com/us/vso/V00012/alexandre-edouard-duc-d-orleans-[henri-iii]-1561-a19994.html)
La reliure de R. Esmérian recouvre « De vita et moribus philosopharum » de Diogène Laerce, Lyon, S. Gryphe, 1561 ; elle provient des bibliothèques Rahir (1930), Withney-Hoff (1933) et L. Graux (1957). Dans le catalogue de vente de Mme Withney-Hoff, cinq autres reliures semblables sont répertoriées :
– Ovide (cabinet d’un curieux, L. Double)- Diodore de Sicile (collection Dutuit, Petit-Palais)- Vie de César (Catalogue de riches reliures, Librairie Belin, 1910)- Macrobe (Bibliothèque de la ville de Marseille)- Commentaires de César ( Musée Arbaud, Aix-en-Provence)
Dans son étude sur les reliures de Henri III ( Les reliures de Henri III, essai de typologie, 2006), Fabienne Le Bars explique que ce « groupe de volumes de petit format réunit des textes d’auteurs de l’Antiquité que l’on peut penser avoir été offerts au jeune prince pour parfaire son éducation » et L. M. Michon (La reliure française, p. 75) suppose en raison de leur imprimeur lyonnais commun qu’elles ont été exécutées à Lyon.
Aux six volumes déjà connus, il convient désormais de rajouter cet ouvrage de Justin et une recherche sur internet m’a permis de localiser une autre reliure appartenant à ce même groupe, conservée à la biblioteca di via Senato di Milano et recouvrant Historie di Niccolo Machiavelli, Venise, Giolito de Ferrari, 1550.

Reliure du Machiavel de la bibliothèque du via Senato à MilanReste à savoir si le jeune Alexandre-Edouard était fort en version latine ou si les mouillures qui parsèment l’ouvrage proviennent de ses larmes face aux leçons à apprendre …
J’ai acheté cet exemplaire en vente publique au prix de 850 euros (frais compris) car je suis très sensible aux jeux d’entrelacs des reliures de la renaissance. Celle-ci, malgré ses défauts de conservation, est de grande qualité et sa provenance peu courante m’a bien entendu aussi séduit.
Philippe M.

14 Commentaires

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  3. Si l'on croit Caillet T3 pages 102 N° 7528 Dentu racheta les exemplaires en feuilles a Hachette et fit faire une nouvelle couverture et un nouveau titre.il cartonna également les pages 323 a 328. Hachette aurait fait mettre au pilon uniquement couvertures et pages de titre dès le jour de la sortie. Avez vous comparé les pages 323 a 328 de votre exemplaire a celles d' un exemplaire Dentu, elles devraient être différentes les pages Dentu ayant été réimprimées et celles de votre exemplaire étant d'origine ? les autres pages devraient être identiques entre les deux types.

    Daniel B.

  4. Les "Dentu" courent les rues, mais il est difficile de localiser un exemplaire de l'édition Hachette autre que celui de la BNF … Je ne sais pas si il n'y a eu que deux survivants, mais il sont certainement très peu nombreux.

  5. Bonjour à tous. J'ai personnellement, en cours de reliure, un exemplaire de novembre 1862 (Collection Hetzel), E. Dentu Libraire-Editeur – Novembre 1862
    Bonne année à tous. PAD

  6. La polémique n'est pas récente, Il y a sans doute d'autres avis depuis, et c'est probablement dépassé, mais dans son catalogue de la librairie Française Otto Lorenz annonce que l'ouvrage a été saisi en France alors que dans le même temps Fernand Drujon dans son catalogue des ouvrages écrits…poursuivis supprimés ou condamnés Paris Rouveyre 1879 croit que"l'intervention de l'autorité s'est borné à un simple avis officieux de ne pas tirer une seconde édition" cela sous l’œil bien veillant de Vicaire T5 p 836 qui dit avoir vu "des" titres à la date de 1862 . Je vous envoie une photo de la notice de Vicaire qui donne ces éléments si elle vous intéresse.

    Daniel B.

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