Un livre / un bibliophile: le mythique exemplaire de La sorcière de Michelet, vraie EO, 1862

Amis Bibliophiles bonjour,
A la suite de l’invitation de Hugues, je me permets de vous proposer un court article sur l’un de mes ouvrages, « La sorcière » de Michelet dans la vraie EO chez Hachette 1862.

Cette édition est évidemment bien complète des quelques paragraphes censurés dans l’introduction (voir ci-dessous) et des passages relatifs au P. Girard et La Cadière.

Le livre est en bel état (quelques rares jaunissures), dans une reliure postérieure, complet des couvertures (pas du dos) ; on voit bien sur la 1ère de couv. le nom « Hachette » biffé en noir mais la 4ème de couverture est très propre avec une liste de la « bibliothèque variée in-18° Jésus » chez Hachette, non biffé.
Ma question est la suivante :
On lit fréquemment sur le net (probablement un peu de C/C avec des pagination inexactes et variées) qu’il n’existerait que 2 ex. de cette édition dont 1 à la BNF, l’autre ayant été sauvé du pilon par Asseline? N’étant pas la BNF, serais-je le possesseur de ce second exemplaire ?

Un bibliophile averti, un bibliographe érudit, un spécialiste de Michelet pourrait-il confirmer ou non cette « affirmation » ?
Avec mes remerciements anticipés, 
Eric

La lettre du bibliophile

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Dans la bibliothèque du bibliophile: Les Liaisons Dangereuses, 1796, 1ère édition illustrée, maroquin de Brany

Dans la bibliothèque du bibliophile: Les Liaisons Dangereuses, 1796, 1ère édition illustrée, maroquin de Brany

Amis Bibliophiles bonjour,

Poignet cassé, le bibliophile sort une fiche de sa manche 🙂

Les Liaisons Dangereuses. Lettres recueillies dans une société, et publiées pour l’instruction de quelques autres.Pierre Choderlos de Laclos
Londres [Paris], 1796.
2 volumes in-8 [200 x 135 mm] de 1 frontispice, 415 pp., 7 figures ; 1 frontispice, (2) ff., 398 pp., (1) f. blanc et 6 figures.

Reliure en plein maroquin rouge signée Brany. Dos à nerfs orné de fers délicats, triple filet en encadrement des plats, double filet sur les coupes, large guirlande sur les chasses. Gardes marbrées, toutes tranches dorées. Quelques frottements sans gravité, quelques toutes petites piqures sur les plats. Papier en parfait état, gravures parfaitement contrastées, très belles marges.


Un des rares exemplaires sur vélin du Marais. Cohen (col. 235) observe que ce tirage de luxe va de pair avec des figures avant la lettre. Toutefois, Reynaud fait état d’un exemplaire sur papier vélin avec la lettre, comme ici (Notes sur les livres à gravures du XVIIIe siècle, p. 86).
Ex libris gravé d’Oliver Brett sur la premier contre-plat de chaque volume, ex libris de le Barbier de Tinan sur un feuillet liminaire du premier volume.
Il s’agît ici de la deuxième édition de 1796 et non de la réimpression similaire de 1812 : comme le souligne Cohen, le titre est ici sur huit lignes et le lieu d’édition et la date sont séparés par deux traits (un seul trait ondulé pour l’édition de 1812).
Illustré de 15 magnifiques gravures (2 frontispices et 13 illustrations de lettres), commandées spécialement pour cette édition à Fragonards fils, Monnet et Melle Gérard, et gravées par Baquoy, Duplessis-Bertaux, Dupreel, Godefroy, Langlois, Lemire, Lingée, Masquelier, Patas.




La plus belle édition des Liaisons Dangereuses, et la première édition illustrée. Oeuvre fascinante et considérée comme l’un des sommets de la littérature française. Vicomte de Valmont, Marquise de Merteuil… On ne présente plus ces personnages de fiction devenus aussi vivants qu’illustres. 
«Ce livre, s’il brûle, ne peut brûler qu’à la manière de la glace» (Charles Baudelaire).
Sous la Terreur, les amateurs se préoccupent davantage de sauver leur tête que d’enrichir leur bibliothèque. Fragonard, Moreau le jeune et Greuze se survivent. L’art de la vignette est tombé en désuétude sous l’empire d’un académisme glacial. Les ateliers de gravures font office d’écoles de vertus. Si Les Liaisons dangereuses ont droit de cité, c’est que l’époque y voit un pamphlet politique inspiré par l’esprit révolutionnaire. Toutefois, la sensualité fougueuse des compositions surprit et fit sensation. N’était-ce pas renouer avec le libertinage « aristocratique » sous prétexte d’en flétrir les effets ? Parmi les « striking plates » vantées par Gordon N. Ray, il y a ce tableau risqué d’une scène de séduction entre Mme de Merteuil et la « petite Volange ».
Bel exemplaire sur vélin. 

14 Commentaires

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  3. Si l'on croit Caillet T3 pages 102 N° 7528 Dentu racheta les exemplaires en feuilles a Hachette et fit faire une nouvelle couverture et un nouveau titre.il cartonna également les pages 323 a 328. Hachette aurait fait mettre au pilon uniquement couvertures et pages de titre dès le jour de la sortie. Avez vous comparé les pages 323 a 328 de votre exemplaire a celles d' un exemplaire Dentu, elles devraient être différentes les pages Dentu ayant été réimprimées et celles de votre exemplaire étant d'origine ? les autres pages devraient être identiques entre les deux types.

    Daniel B.

  4. Les "Dentu" courent les rues, mais il est difficile de localiser un exemplaire de l'édition Hachette autre que celui de la BNF … Je ne sais pas si il n'y a eu que deux survivants, mais il sont certainement très peu nombreux.

  5. Bonjour à tous. J'ai personnellement, en cours de reliure, un exemplaire de novembre 1862 (Collection Hetzel), E. Dentu Libraire-Editeur – Novembre 1862
    Bonne année à tous. PAD

  6. La polémique n'est pas récente, Il y a sans doute d'autres avis depuis, et c'est probablement dépassé, mais dans son catalogue de la librairie Française Otto Lorenz annonce que l'ouvrage a été saisi en France alors que dans le même temps Fernand Drujon dans son catalogue des ouvrages écrits…poursuivis supprimés ou condamnés Paris Rouveyre 1879 croit que"l'intervention de l'autorité s'est borné à un simple avis officieux de ne pas tirer une seconde édition" cela sous l’œil bien veillant de Vicaire T5 p 836 qui dit avoir vu "des" titres à la date de 1862 . Je vous envoie une photo de la notice de Vicaire qui donne ces éléments si elle vous intéresse.

    Daniel B.

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