Si vous avez la possibilité de vous rendre à New York d’ici le 7 janvier, n’hésitez pas à glisser une petite visite à la Morgan Library dans votre agenda, entre le MoMA et le Guggenheim par exemple. Trop souvent oubliée dans les guides touristiques, la Morgan se situe au coeur de Manhattan, sur Madison Avenue.
Jusqu’au 7 janvier 2018, la Morgan Library propose une exceptionnelle exposition consacrée aux reliures médiévales richement décorées d’or, d’argent et de pierres précieuses.
Jeweled cover of the Berthold Sacramentary, with statuette of the Virgin and Child in the center, the four evangelists in the corners, and eight other figures, including abbot Berthold himself. On: The Berthold Sacramentary, in Latin, Weingarten Abbey, Germany, ca. 1215-1217 , for Berthold, abbot from 1200 to 1232. Manuscript on vellum. Purchased by J. P. Morgan, 1926.
Jeweled cover with cast figures of Christ in Majesty and the Crucifixion set against a silver-gilt filigree background with gems. Continental, perhaps Germanic, last third of the eleventh century. On: Gospels of Judith of Flanders, in Latin, England, between 1051 and 1064, for Judith of Flanders (1032–1094). Manuscript on vellum. Purchased by J. P. Morgan, 1926.
Ces reliures son évidemment très rares et la Morgan en présente une sélection prestigieuse avec des exemplaires reliés d’or, d’ivoire, couverts de saphirs, de diamants, d’émeraudes et de perles. Plusieurs reliures présentées attirent particulièrement l’attention, l’une des deux plus raffinées reliures carolingiennes au monde, un manuscrit allemand du 13ème sicèle ou un incunable des oeuvres d’Aristote tout à fait spectaculaire, peint par Girolamo da Cremona.
Girolamo da Cremona (active 1451–1483), Aristotle seated before Averroës, his great Muslim commentator: below, scenes with satyrs, putti, and deer; Aristotle, Opera, in Latin, Venice, Italy, 1483. Printed on vellum. Purchased by J. P. Morgan, 1919.
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Amis Bibliophiles bonjour, Pour fêter les sept ans du Blog, j’ai le plaisir de vous proposer un message sur la reliure à l’éventail. Hugues nous avait présenté voici longtemps en quelques mots le décor à l’éventail, autrement appelé par raccourcis abusif « reliure à l’éventail ». Il s’agit en effet d’un décor des plats, doré aux petits fers, inscrit dans un encadrement doré « à la Du Seuil ». Au centre s’épanouit une rosace formée de pétales à terminaisons arrondies concentriques couronnés et prolongés de petits fers. Aux angles du cadre intérieur se logent quatre compositions utilisant les mêmes fers en quart de cercle qui évoquent des éventails. Le relieur quasi mythique, Le Gascon (ou Gascon) actif dès 1622, serait à l’origine de ce décor. En fait, il semble que les relieurs italiens aient été les précurseurs à la fin du XVIe siècle. Au moins attribue-t-on à Le Gascon les plus raffinés et les plus beaux spécimens de ce rare décor, poussé sur un beau maroquin incarnat. Raphael Esmérian possédait un exemplaire de la vulgate in-12 de 1630 ainsi orné (reproduit dans son catalogue et dans l’ouvrage de Devauchelle). Il identifiait, dans l’annexe de son catalogue, deux autres reliures de Le Gascon à décor à l’éventail, l’une conservée à Chantilly, l’autre provenant de la vente Didot. Le volume de Chantilly est reproduit dans l’ouvrage « Reliures françaises du XVIIIe siècle, chefs d’œuvre du musée Condé » d’Isabelle de Conihout et Pascal Ract-Madoux. Les deux auteurs en profitent pour localiser deux autres petits volumes à la Bnf et un in-4 de 1625 à la Mazarine. La date d’exécution de ces reliures est habituellement fixée vers 1630, plutôt d’ailleurs dans les quelques années qui suivirent. Biblia Sacra, Bibliothèque de Chantilly Ce décor se rencontre habituellement donc sur des volumes de petit format mais le livre reproduit ci-dessous est un grand in-folio attribuable à Le Gascon, sur un manuscrit généalogique daté de 1634. Ce type de décor (sans le fer à pétale arrondi) gagna ensuite les reliures d’agonothètes. Le centre de la rosace est alors occupé par les armes du donateur. Le maroquin trop onéreux est remplacé par un veau ou une basane. Un livre de ce type passa en vente samedi 30 mars 2014 à Versailles (N°116). L’exemplaire ci-dessous aux armes de Thiersault (OHR 2146), conserve son ex-praemio de 1640. Le relieur est « l’imitateur de Le Gascon » identifié par Raphaël Esmerian. En France au XVIIIe siècle on rencontre quelques reliures aux éventails en écoinçons sans la rosace au centre du plat. Au XIXe siècle, la mode est aux décors rétrospectifs. Bozérian et Simier réinventent ce décor au moyen de grands fers à dorer à l’éventail en écoinçons. Simier utilise un grand fer de ce type sur une reliure mosaïquée aux armes de Marie Caroline, duchesse de Berry, (reproduite par Devauchelle) et sur une autre reliure, au chiffre cette fois, de la même duchesse qui figura dans la collection Descamps-Scrive (catalogue romantiques N°462). Plus anecdotique, le relieur Gustave Durville de Montpellier utilise aussi ces mêmes écoinçons à l’éventail (Culot, planche 86). Au-delà de nos frontières, en dehors de l’Italie, ce type de décor se retrouve en Espagne au XVIIe siècle largement surchargé et en Angleterre dans une interprétation mosaïquée peu élégante. Une reliure à décor à l’éventail sur le site de la Bnf :http://reliures.bnf.fr/ark:/12148/cdt9x9s0/ Lauverjat
J’ai eu la chance de voir ces reliures il y a quelques années lors d’un sejour à NY.
C’est époustouflant et je n’ai même pas les mots pour décrire ces merveilles
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merci, superbe et en même temps tellement kitch ! Le bling bling inventé au moyen age 😉
J’ai eu la chance de voir ces reliures il y a quelques années lors d’un sejour à NY.
C’est époustouflant et je n’ai même pas les mots pour décrire ces merveilles