Les exemplaires sur grand papier de l’édition originale de Madame Bovary, de Flaubert (1857)

Amis Bibliophiles bonjour, « Tous ceux qui ont suivi les ventes de ces dernières années ont été frappés par l’ardeur toujours croissante avec laquelle les bibliophiles se disputent les éditions originales en grand papier des chefs-d’œuvre de la littérature contemporaine. » En dépit des apparences, cette citation n’est pas récente, elle date du milieu du XXe siècle. Cet engouement ne s’est pas terni avec le temps. Bien au contraire, ce qui était vrai en 1958 l’est encore plus aujourd’hui, peut-être en raison du fait que ce type d’ouvrages termine presque toujours dans un fonds inaliénable, conférant encore plus de valeur aux rares exemplaires en circulation ou en mains privées. Madame Bovary occupe une place évidente au panthéon des chefs d’oeuvre de la littérature contemporaine, et fort logiquement, ces dernières années, les amateurs s’arrachent les exemplaires de l’édition originale sur grand papier, mais également – par défaut? -, les beaux exemplaires de l’édition originale.


Mon exemplaire:

FLAUBERT, Gustave.- Madame Bovary. Moeurs de province.
Paris, Michel Lévy, 1857.
2 tomes en 1 vol. in-12° (sans les 36 pp. de catalogue de librairie in fine).
Relié par Marius Michel : plein maroquin janséniste marron, dos à 4 nerfs, doublures de maroquin rouge serti d’un filet doré et d’un cadre de maroq. marron, gardes de tissu broché dans les or et rouge, doubles gardes de papier marbré dans les tons, tranches dorées, double co uv. cons. (dos de la rel. passé). Sous étui bordé.

Édition originale de première émission, avec toutes les caractéristiques dans le texte relevées par Brun. Le nom de l’auteur est souligné d’un filet de 16 mm sur le premier plat de couverture et les seconds plats portent tous deux la particularité de la même adresse d’imprimeur au nom de Dondy-Dupré alors que le second est le plus souvent au nom de la Veuve Dondy-Dupré (l’ex. de la coll. Bouchez présentait aussi cette caractéristique, cfr Simonson, oct. 88, n° 62 ainsi que celui de la collection de Burbure, cfr Godts, juin 2006, n° 60).

# Vicaire III-721; # Carteret I-263; # Max Brun, « Contribution à l’étude des différents tirages de l’édition originale de Madame Bovary », in Le Livre et l’Estampe, 39-40, 1964, pp. 223-269 et 45-46, 1966, pp. 44-50. Cet ouvrage a fait l’objet de nombreuses recherches et les exemplaires sur grand papier de l’EO sont aujourd’hui connus et soigneusement répertoriés, à défaut d’être tous localisés. Ce travail doit en grande partie être porté au crédit d’ Auguste Lambiotte,  ancien Président de la Société des Bibliophiles de Belgique, qui a publié dans la revue de la Société, Le Livre et l’Estampe, un texte qui fait aujourd’hui référence et qui mériterait d’être mis à jour. On reconnaît ces exemplaires sur vélin fort au fait qu’ils se présentent en un seul volume (au lieu de deux). Les deux volumes furent en effet brochés à l’origine en un seul, avec une seule page de titre, les cahiers étant numérotés successivement de 1 à 28. Plutôt que de réécrire ce qui a été parfaitement énoncé par ce grand bibliophile, je vous propose de retrouver ci-dessous son formidable travail: > « La faveur exceptionnelle que rencontrent de tels livres auprès des collectionneurs d’aujourd’hui nous a poussé à inventorier les exemplaires connus à ce jour des originales en grand papier de certains chefs-d’œuvre, tels que Madame Bovary, l’Éducation Sentimentale, Trois contes, Dominique, Poèmes Saturniens, Fêtes Galantes, la Bonne Chanson, sans oublier les Fleurs du Mal.  Nous commencerons notre travail par Madame Bovary pour célébrer le centième anniversaire de sa publication. Nous décrirons tout d’abord les exemplaires avec envoi d’auteur, en donnant des indications succinctes sur le destinataire du livre, la reliure, les ventes successives où le livre a passé. Nous mentionnerons également les exemplaires avec envoi qui ont été distribués dans la région rouennaise et dont la liste de la main de Flaubert a paru dans le Mercure de France (articles de Francis Ambrière du 15 novembre 1937 et du 1er août 1938). Cependant, certains de ces exemplaires n’ayant jamais figuré dans aucune vente, nous ne pouvons les décrire. Nous les signalons par l’indication : Liste Flaubert. Nous décrirons enfin les exemplaires sans envoi, en reliure d’époque et en reliure moderne.Ce relevé, malgré tous nos soins, peut contenir des erreurs ; il peut aussi être incomplet. Que nos lecteurs nous permettent de corriger ces imperfections, nous les en remercions d’avance. Madame Bovary — Michel Lévy frères, 1857a) Exemplaires sur vélin fort, avec envoi d’auteur.  1. Louis Bouilhet, dédicataire — Poète et auteur dramatique normand, (1821-1869), condisciple et ami de Flaubert.On a perdu la trace de cet exemplaire qui a été présenté en 1923 à un libraire de Paris. Il portait en sus de la dédicace manuscrite : « Imprimé pour Monsieur Louis Bouilhet » (voir à ce sujet le Bulletin du Bibliophile du 1er février 1923, page 109). 2. Charles Baudelaire (1821-1867).Envoi : « Au poète Baudelaire, hommage d’une profonde sympathie littéraire. Gve Flaubert ».Demi-reliure d’époque en maroquin vert foncé, tête dorée, non rogné, couverture conservée. Cette reliure a été exécutée par Lortic sur les indications de Baudelaire, et les couvertures ont été conservées, en dépit des règles de l’époque. (Voir à ce sujet l’article de Vandérem dans le Bulletin du bibliophile du 1″ mai 1927, pages 195 et 196). 3. Victor Hugo (1802-1885).Envoi : « Au maître, souvenir et hommage. Gve Flaubert ».Cet exemplaire provenant de la bibliothèque de Georges Hugo dont il porte l’ex-libris, relié en plein maroquin-grenat, cadre de 7 filets sur les plats, dos orné, tranches dorées sur témoins, couverture conservée (Chambolle-Duru), a passé successivement dans les ventes :Claude Lafontaine (1923) — 24.000 francs.Voûte (1938) n° 292 — 51.000 francs.Jarry (Blaizot) 21-22 mars 1939, n° 122 — 45.000 francs.Il contient une lette de Flaubert à Maurice Schlesinger et deux pages du manuscrit, autographes ajoutés par Paul Voûte. 4. Alfred de Vigny (1797-1863).Envoi : « À Mr de Vigny, hommage de la plus profonde admiration d’un inconnu. Gve Flaubert ».Cet exemplaire en demi-reliure d’époque maroquin brun avec coins dos orné, tête dorée, non rogné, a passé à la vente Parran en novembre 1921, où il a atteint 7.700 francs. On le retrouve dans la vente du comte Alain de Suzannet décembre 1934, n° 42 — 26.000 francs 5. Jules et Edmond de Concourt (1830-1870 et 1822-1896).Envoi « À Jules et Edmond de Goncourt, hommage de la plus haute et de la plus profonde sympathie pour leurs personnes et leurs œuvres. Gve Flaubert ». Cet exemplaire, n° 332 de la vente Goncourt d’avril 1897 — 501 francs — a été relié à l’époque en maroquin rouge filets à froid, chiffre des Goncourt à froid en forme de médaillon sur fond or, compartiments de filets à froid sur le dos, tête dorée, dentelle intérieure, non rogné. Ex-libris des Goncourt sur une feuille de garde avec cette note autographe à l’encre rouge :« Édition en un volume. Exemplaire dans lequel il a été intercalé une page du manuscrit original, à moi donnée par Mme Commanville, la nièce de Flaubert. Edmond de Goncourt ».On le retrouve en dernier lieu à la vente Barthou 1935, n » 15 — 46.000 francs. 6. George Sand (1803-1876).Envoi : « À Madame Sand, hommage d’un inconnu.Gve Flaubert ».Ce livre, en reliure du temps, a longtemps été exposé au Musée Carnavalet. 7. Alphonse de Lamartine (1790-1869).Envoi : « À Monsieur de Lamartine, offert par l’auteur, son tout dévoué, Gve Flaubert ». Reliure de Huser en plein maroquin rouge, doublé de même, tête et tranches dorées, couvertures conservées. 8. Sainte-Beuve (1804-1869).Envoi : « À Monsieur Sainte-Beuve, humble hommage d’un inconnu. Gve Flaubert » Cet exemplaire resté broché a passé successivement à la deuxième vente Sainte-Beuve (1870, n° 330) au prix de 40 francs mis à la vente Brivois en décembre 1920, où il a atteint 11.505 francs. Il est maintenant conservé dans la bibliothèque Jacques Doucet. 9. Jules Janin (1804-1874) — « Prince des critiques »Envoi : « À notre père en lettres, Jules Janin. Gve Flaubert ». Cet exemplaire, relié à l’époque en demi-maroquin vert, tête dorée, non rogné, a passé à la vente Jules Janin 1877 (Labitte), n° 768, au prix de 180 francs. Il a passé ensuite à la vente Noilly, mars 1886, n° 313, où il a atteint 335 francs. Noilly l’avait fait relier à nouveau par Marins Michel, et y avait inséré une suite de gravures et un portrait de Flaubert. 10. Paul de Saint-Victor (1825-1881), littérateur et critique.Envoi : « À Paul de Saint Victor, hommage de la meilleure amitié et de la plus profonde sympathie littéraire. Gve Flaubert ». Reliure d’époque en demi-maroquin rouge, compartiments de filets à froid dans le dos, tête dorée, tranche ébarbée.Cet exemplaire a été adjugé 250 francs à la vente Saint-Victor 1882 (Porquet), n° 727.Il est actuellement conservé dans la bibliothèque Smith-Lesouëf. 11. Henri Meilhac (1831-1897), auteur dramatique.Envoi : « À Henri Meilhac. Gve Flaubert ». Cet exemplaire en demi-maroquin vert, tête dorée, tranche ébarbée, a passé à la vente H. Meilhac en avril 1922 sous le n° 553, au prix de 1.400 francs. 12. Charles Asselineau (1821-1874), littérateur, critique et bibliophile.Texte de l’envoi resté inconnu.Cet exemplaire, relié à l’époque en demi-maroquin bleu non rogné, figurait sous le n° 185 dans la vente Asselineau en 1874 et a été adjugé 12 francs.Nous craignons qu’il en soit de cet exemplaire comme de celui de Louis Ulbach, dont nous parlons in fine. 13. Nadar (1820-1910), littérateur-photographe-aéronaute.Envoi : « À Nadar, avec une forte poignée de main.Gve Flaubert ». Nous ne connaissons pas la reliure de cet exemplaire. 14. Georges Bell (1825-1885), journaliste et littérateur.Envoi : « À Georges Bell, hommage d’une profonde sympathie littéraire. Gve Flaubert ». Maroquin lavallière janséniste, doublé de maroquin vert olive, un filet or, gardes de soie brochée, doubles gardes, tête dorée, non rogné, reliure de René Kieffer (catalogue Blaizot, n° 180 — janvier 1912 — 850 francs). 15. Adolphe Gaïffe, publiciste et dandy qui fut secrétaire de l’Artiste et de la Presse, puis secrétaire particulier de Solar. Un des hommes les plus beaux de sa génération et à ce titre célébré par Banville dans « Odelettes ».Envoi : « À mon ami Gaiffe. Gve Flaubert ».Vente Montgermont 5 décembre 1918, n » 137. Reliure en plein maroquin rouge janséniste, 7 filets intérieurs, tranches dorées sur témoins (Chambolle-Duru).  16. Amédée Pommier (1804-1877), poète, collaborateur de la Revue des « Deux Mondes » et de l’Artiste.Envoi : « Au poète A. Pommier, hommage d’un inconnu qui l’admire. Gve Flaubert ». Ce livre, en demi-chagrin lavallière d’époque, plats toile, dos orné, tranches jaspées, a passé à la vente Robert de Bonnières en 1922, puis à la vente Sforza en 1933 sous le n° 314. 17. Louise Colet (1810-1876), poétesse et romancière, fut successivement l’amie de Cousin, Villemain, Hugo, Alfred de Vigny, Musset, et sa liaison orageuse avec Flaubert dura de 1847 à 1855.Nous ignorons tout de l’état du volume. 18. Madame Sabatier (1822-1890), Aglaé Savatier, dite Apollonie Sabatier, surnommée la Présidente, immortalisée par Baudelaire.Envoi : « À l’esprit charmant, à la ravissante femme, à l’excellente amie, à notre belle, bonne, insensible Présidente, Madame Aglaé Sabatier, mince hommage de son tout dévoué. Gve Flaubert ». Reliure d’époque en demi-maroquin vert à la Bradel, dos orné de filets dorés, tranches jaspées. 19. Madame Feydeau — Polonaise, femme de Ernest Feydeau(1821-1873), homme de lettres, auteur de Fanny.Envoi : « À Madame Feydeau, humble hommage de son tout dévoué, Gve Flaubert ».Le nom du dédicataire a été en partie raturé, mais reste très lisible. Vente Lévy-Danon (12-15 novembre 1935), n° 167, prix : 5.150 francs. Demi-maroquin vert foncé, compartiments de filets à froid avec fleurons dorés, plats toile verte, tranches marbrées, reliure d’époque. 20. Madame Charles d’Harnois de Blangue (1830-1885), sœur de Madame Gustave de Maupassant.Envoi : « À Madame d’Harnois de Blangue, née Virginie Le Poittevin, cordial hommage d’un vieil ami. Gve Flaubert ».Exemplaire broché, couverture imprimée. Le dos manque en partie (catalogue Blaizot n° 249, décembre 1927). 21. Madame Le Poittevin (1793-1866), mère d’Alfred Le Poittevin, ami de jeunesse et confident de Flaubert.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 22. Laure Le Poittevin (1821-1903), fille de la précédente, mère deGuy de Maupassant et sœur de Madame d’Harnois de Blangue.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 23. Madame Flaubert (1793-1872), mère de Gustave Flaubert.Envoi : « À ma bonne mère, son vieux compagnon, Gve Flaubert ». L’envoi ci-dessus est reproduit page 80 du livre d’Albert Thibaudet : « Gustave Flaubert ».Demi-reliure de chagrin noir, dos janséniste. Cet exemplaire est conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. 24. Achille Flaubert (1813-1880), chirurgien, frère de Gustave Flaubert.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 25. Mademoiselle Juliet Herbert — gouvernante de Caroline Flaubert et amie de l’écrivain.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 26. Charles Beuzeville (1812-1885), rédacteur en chef du « Journal de Rouen ».Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 27. Thomas Brière de l’Isle (1806-1872), co-propriétaire et directeur du « Journal de Rouen ».Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 28. Amédée Le Froid de Méraux (1802-1874), rédacteur au « Journal de Rouen », critique musical.Envoi : « À mon ami A. Méraux. Puissent mes phrases être aussi mélodieuses que sa musique et aussi spirituelles que sa conversation. Gve Flaubert ». Reliure de Noulhac (Catalogue Blaizot n° 193 de juin 1913). 29. André Pottier (1799-1867), conservateur de la Bibliothèque de Rouenet directeur du Musée d’Antiquités de la Seine-Inférieure.Envoi : « À mon cher et savant ami, M. Potier. Gve Flaubert ». Demi-maroquin vert foncé, tête rouge, non rogné, joint carte de visite avec quelques mots autographes. Vente Pelay 1923 (Giraud Badin) — 10.000 francs. 30. Joseph-Pierre Chassan (1800-1871), avocat au Barreau de Rouen, membre de l’Académie de Rouen et auteur, entre autres ouvrages juridiques, d’un « Traité des délits par l’écriture ».Envoi : « À M. Chassan, hommage respectueux de l’auteur.Gve Flaubert ».Demi-chagrin bleu, dos à cinq nerfs, titre poli, fleurons dorés, tranches peigne. Reliure d’époque provenant de la Librairie Ancienne et moderne Lanetin à Rouen.Catalogue Matarasso (1938) et Edouard Lœwy (1955). 31. Théodore Douvre (1798-1877), juge de paix à Rouen.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 32. Pierre Lizot (1797-1861), Président du Tribunal civil de Rouen,Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 33. Eugène Jolibois (1819-1896), avocat général à la Cour de Rouenen 1857.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 34. Georges Pouchet (1833-1894), fils du directeur du Muséum Rouennais, docteur en médecine et professeur d’anatomie au Muséum.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 35. Jean Clogenson (1785-1876), Rouennais, membre du Comité Bouilhet.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 36. Henry Barbet (1789-1875), Maire de Rouen, Président du Conseil Général, Pair de France. Intervint en faveur de Flaubert au moment du procès sur Madame Bovary.Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 37. Baron Ernest Leroy (1810-1872), préfet de la Seine-Inférieure jusqu’en 1870, il intervint en faveur de Flaubert (voir Correspondance Générale — tome IV — page 143).Envoi et état inconnus (Liste Flaubert). 38. Pruss (1822-1873), consul à Rhodes, ami d’enfance de Flaubert qui le retrouva à Rhodes, lors de son voyage en Orient en 1850 — (voir Correspondance Générale — tome II — page 354).Envoi : « À mon ami Pruss, que ce livre lui parvienne et le fasse songer à l’auteur et au pays natal. Mille bonnes tendresses.Gve Flaubert ». Reliure en maroquin rouge, trois filets sur les plats, dos orné, doublé de maroquin vert olive, cadre de cinq filets, tranches dorées (Chambolle-Duru). Vente Blaizot, 18 février 1939, n° 56. 39. Ernest Christophe (1827-1892), sculpteur, élève de Rude.Envoi : « À mon ami Christophe. Gve Flaubert ». Demi-maroquin rouge avec coins, tête dorée, ébarbé. Reliure de Amand. La dédicace à Christophe est sur un feuillet de garde.Vente Pierre Louys, 27 novembre 1930 (Giraud-Badin) — 10.800 francs. 40. Charles Abbatucoi (1792-1857), garde des Sceaux.Envoi : « À Mr Charles Abbatucoi. Hommage de son obligé, l’auteur, Gve Flaubert ». Demi-reliure d’époque en veau fauve. 41. Gustave Rouland (1831-1898), fils du Ministre de l’Instruction Publique, qui portait le même prénom, chef de Cabinet de son père, intervint activement au moment du procès Bovary (voir Correspondance Générale — tome IV — pages 140 à 151).Envoi : « À Mr Rouland. Hommage d’un compatriote. L’auteur, son tout dévoué. Gve Flaubert ».-Demi-reliure d’époque en maroquin noir, tranches peignées. 42. Alfred Baudry (1828-1884), dit « le Jeune » était le frère cadet deFrédéric Baudry, bibliothécaire de l’Arsenal et membre de l’Institut.Envoi : « À mon ami, très cher Al. Baudry, le seul qui vienne me voir dans ma solitude rustique. L’auteur indigne. Gve Flaubert ».Maroquin Lavallière, double encadrement de trois filets or et de branches avec feuilles dorées et fleurs mosaïquées, dos à cinq nerfs orné de mêmes motifs, doublé de maroquin rouge avec trois filets or et une bande dorée et mosaïquée, dentelles, gardes soie, tranche dorée sur témoins, couverture, étui (Marius Michel). Vente Léon Schück, juin 1931, n° 225 : 30.100 francs. 43. Eugène Bataille (1815-1878), Conseiller d’État, ancien ami de Napoléon III. Il l’avait accompagné en Angleterre et avait pris part à l’expédition de Boulogne.Envoi : « À E. Bataille, cordial hommage d’un ancien camarade de collège. Gve Flaubert ».Ce livre était primitivement relié par Champs, en demi-maroquin bleu ardoise, couverture et dos conservés (voir catalogue Matarasso de 1949, n° 281). Il est maintenant dans une pleine reliure doublée de P.-L. Martin.  44. Sugnet.Envoi : « Affectueux souvenir d’hospitalité. Gve Flaubert ». Cet exemplaire est en demi-chagrin grenat, filets dorés, tranches jaspées, reliure d’époque. Catalogue du libraire Ed. Lœwy (8 juin 1948, n° 318). 45. Eugène Crépet (1827-1892), homme de lettres, baudelairien, père deJacques Crépet.Envoi : « À mon ami Crépet. Gve Flaubert ».Plein maroquin rose, doublé de moire (Noulhac).  46. Destinataire inconnu.Dans le Bulletin Morgand de 1898, n° 31.047, est décrit un exemplaire sur vélin fort en demi-reliure, dos et coins maroquin brun, tête dorée, non rogné. Petite tache d’encre sur l’une des tranches du volume. Envoi autographe de l’auteur. 47. Destinataire inconnu.Dans le catalogue Blaizot n° 106 de juin 1905, est décrit sous le n° 3702, un exemplaire relié par Chambolle-Duru en plein maroquin grenat, dos orné, filets sur les plats, doublé de maroquin brun, 5 filets faisant encadrement, tranches dorées. Portrait ajouté. Envoi autographe de l’auteur. 48. Marie-Antoine-Jules Senard (1800-1885), avocat de Gustave Flaubert dans le procès Bovary. Bâtonnier de l’Ordre des Avocats, député en 1848, puis Président de l’Assemblée Nationale, deuxième dédicataire de Madame Bovary.Nous n’avons pu retrouver cet exemplaire malgré une enquête menée auprès des descendants de Jules Senard. Flaubert, qui n’avait pas la bosse des noms propres, orthographiait SENART, comme il écrivait POTIER pour POTTIER (voir plus haut exemplaire n° 29). Enfin nous tenons à signaler l’exemplaire de : Louis Ulbach. S’il fallait en croire Vicaire, nous devrions l’ajouter à notre liste de grands papiers. Il est en effet indiqué par Vicaire comme étant un exemplaire sur vélin fort, en demi-veau vert, filets (vente Louis Ulbach, Paris, Durel 1889). Mais si l’on se reporte au catalogue de cette vente, on lit : « 2 tomes en un volume in-12, demi-reliure veau vert, filets. Edition originale. Envoi autographe de l’auteur à M. L. Ulbach ». b) Exemplaires non dédicacés, sur vélin fort.  Nous n’avons pas trouvé trace d’exemplaire broché. En revanche, les exemplaires reliés sont assez nombreux. Nous citerons successivement les reliures d’époque et les reliures modernes. 1. Exemplaire Ludovic Halévy.Reliure d’époque en demi-maroquin à petit grain vert foncé, à coins, dos à quatre nerfs, à compartiments de filets à froid, orne d’un fleuron doré quatre fois répété, tête dorée, non rogne, étui en forme de reliure, plein maroquin vert orné de même.Cet exemplaire porte l’ex-libris de Ludovic Halévy et est entièrement non rogné. 2. Exemplaire du Prince Napoléon,Vente Rauch, mai 1952, n° 530 — 1.000 francs suisses. Reliure de l’époque en demi-chagrin violet, plats de papier marbré, tranche dorée.Cet exemplaire Dorte sur la page de titre le cachet du Prince Napoléon. Il a été endommagé par l’incendie des Tuileries. 3. Vente Poulet-Malassis — juillet 1878, n° 210 — 79 francs.Cet exemplaire primitivement relié à l’époque par Lortic père, en demi-maroquin olive, tête dorée, non rogné, a fait ensuite partie de la Bibliothèque Franchetti où il a été relié à nouveau par Lortic frères en plein maroquin rouge, dix filets dorés, dos orné, doublé de maroquin vert, gardes de moire verte, tranche dorée sur témoins.On y a inséré les illustrations de Boilvin pour l’édition Lemerre. Enfin, il a figuré sous le n° 155 de la vente Muret (1937). 4. Exemplaire Arnauldet (vente Arnauldet 1878, n° 581 — 99 francs).Il a passé ensuite à la Vente Truelle de Saint-Evron en avril 1883, où il a atteint 240 francs.Demi-reliure de Petit en maroquin orange avec coins au chiffre d’Arnauldet. La suite en deux états des eaux fortes de Boilvin a été insérée dans le volume. 5. Exemplaire en reliure d’époque en demi-maroquin vert foncé, double filet à froid sur les plats, dos orné d’encadrements de filets à froid, tranche peignée.Cet exemplaire apparaît dans le catalogue 26 de la Librairie Gallimard (1935, n° 147), puis sous le n° 2035 dans le catalogue présenté en 1956 par un groupe de libraires parisiens. 6. Exemplaire en reliure d’époque en demi-veau blond, dos orné de décors et filets à froid, pièces de titre rouge et verte, tranche lisse (catalogue Bérès, n° 34). 7. Exemplaire Philippe Burty — 1891 (Émile Paul), n° 1191 — 286 francs.Demi-maroquin rouge janséniste avec coins, tête dorée, non rogné, couverture (reliure de Amand). Cet exemplaire apparaît ensuite au Bulletin Morgand sous les n° 20842 (1892) et 25465 (1895). 8. Exemplaire Behague (vente Behague, 1880 — 111 francs).Demi-maroquin orange à coins, dos orné, tête dorée, non rogné, reliure de Hardy. Cet exemplaire apparaît ensuite au Bulletin Morgand, n° 6719 (1881) et au répertoire Morgand n° 3079 (1882). 9. Exemplaire Charles Cousin — 1891 (Durel), n° 521 — 295 francs.Cartonnage percaline de Behrends, non rogné, lettre autographe ajoutée. 10. Bulletin Morgand — n° 10312 (1884), demi-reliure de Allô, dos et coins de maroquin rouge, tête dorée, non rogné. 11. Bulletin Morgand — n°s 24292 (1894) et 31046 (1898), demi-reliure dos et coins et maroquin brun, tête dorée, non rogné. 12. Bulletin Morgand — n° 214, de mars 1909 (500 francs), et n° 185, de mai 1914 (400 francs).Maroquin bleu janséniste, tête dorée, non rogné. Reliure de Belz-Niédrée.  13. Bulletin Morgand — n° 333, de mai 1907 (500 francs), puis n° 180, de novembre 1910 (400 francs).Cet exemplaire en demi-reliure maroquin orange à coins de Raparlier, tête dorée, non rogné, reparaît ensuite dans la vente Bosse de novembre 1918 (900 francs). Une lettre autographe de l’auteur est jointe au volume. 14. Vente Émile Müller — 1892, puis Bulletin Morgand, n° 23289 — 1893 (400 francs).Maroquin bleu janséniste, tranches dorées de Cuzin. Portrait de Flaubert ajouté. 15 Vente Eugène Paillot — 1902. Paraît d’abord au Bulletin Morgand, sous le n° 11991. 1887 (3.000 francs).Reliure de Cuzin sur brochure en maroquin brun janséniste, doublé de maroquin rouge.Cet exemplaire est orné de sept aquarelles originales d’Edmond Morin, ainsi que du frontispice et de la suite de Boilvin sur Chine. 16. Vente J. Le Petit — décembre 1917 : n° 1126 — 555 francs.Maroquin lavallière janséniste de Pagnant, tranches dorées sur témoins. Cet exemplaire est décrit également sous le n° 2391 du catalogue Blaizot, n° 84, de mai 1903. 17. Vente Octave Mirbeau — mars 1919, n° 249 — 1.005 francs.Maroquin vert foncé janséniste, doublé de maroquin rouge antique serti par un filet or, gardes de soie, doubles gardes, tranches dorées sur témoins (Marius Michel). On retrouve cet exemplaire dans la vente Charles Torley 1928, n° 304 — adjugé 7.350 francs. 18. Vente Gabriel Latombe — 17 janvier 1921 — n° 242 — 3.500 francs.Maroquin rouge, filets, dos orné, dentelles intérieures, tranches dorées sur témoins, couverture, reliure de Mercier. Cet exemplaire rapparait à la vente de Mme Heartt. (Blaizot, mars 1931) n° 185 — 27.000 francs, puis à la vente Lucien Graux (1956), n° 111, où il atteint 725.000 francs, ayant été enrichi d’autographes intéressants (plan, traité, etc.). 19. Vente Gompel — 19 avril 1921 — 1.550 francs.Maroquin chaudron foncé janséniste, dentelles intérieures, tranches dorées sur témoins, sous une enveloppe de demi-maroquin vert doublé de peau, dans un étui. Reliure de Blanchetière.  20. Vente Descamps-Scrive — 1925, n° 452 — 35.100 francs.Maroquin grenat, filets sur les plats, dos orné, doublé de maroquin rouge, jeu de filets, tranches dorées sur témoins, couverture verte complète (Marius Michel). Joint : une lettre autographe de Flaubert à un journaliste. 21. Vente Dr P. Portalier — décembre 1929 — 16.500 francs.Maroquin vert olive, encadrement de trois filets dorés, doublé de maroquin rouge, gardes de moire verte, dos orné, tranches dorées sur témoins, 1er plat de la couverture conservé, reliure de Canapé.  22. Catalogue Blaizot, n° 268, janvier 1932.Maroquin vert foncé, encadrement de filets avec motifs mosaïqués en maroquin rouge sur les plats, dos orné et mosaïqué, 5 filets intérieurs, doublure et gardes de moire, tranches dorées sur témoins, couvertures imprimées, reliure de Pagnant.  23. Vente du Président Mercier — 1937, n° 517 — 30.100 francs.Demi-maroquin bleu, coins, dos orné de Mercier, non rogné, couvertures et dos conservés. Ce livre a été enrichi de lettres et documents importants. 24. Vente Bertaut — 26 mars 1945 (Carteret), n° 149 — 21.100 francs.Plein maroquin brun décoré de bouquets stylisés sur les plats et aux angles. Tranches dorées, reliure de Kieffer. Exemplaire défraîchi auquel ont été jointes : une enveloppe autographe adressée à Théodore de Banville et des notes autographes de Flaubert. 25. Vente Giraud-Badin — 21 décembre 1950, n° 23 — 190.000 francs.Maroquin mosaïqué doublé de Chambolle-Duru, tranches dorées sur témoins, couverture doublée et un peu restaurée.Exemplaire orné d’une suite sur Chine de Boilvin, une suite avant lettre sur Japon de Fourcé, deux portraits de 11 aquarelles originales de Coindre.  Conclusion: Pour résumer cette énumération, parfois un peu monotone, nous dirons qu’à priori le nombre d’exemplaires décrits, soit 47 avec envoi et 25 sans envoi, montre l’inexactitude du chiffre de 50 vélin fort avancé par tous les bibliographes : Vicaire, Carteret et Dumesnil. Ce chiffre n’était au fond que la reproduction d’une affirmation de Noilly. La maison Calmann-Lévy, que nous avons interrogée à ce sujet, n’a pas retrouvé dans les archives de Michel Lévy de documents probants. Quant au traité passé entre Flaubert et Michel Lévy le 24 décembre 1856, il était très large, puisque moyennant la somme globale de 800 francs il donnait le droit à l’éditeur, pour cinq ans, de publier Madame Bovary comme il le jugera préférable. Nous pouvons donc dire qu’il y a eu vraisemblablement 50 exemplaires sur vélin fort mis à la disposition de l’auteur, tandis qu’au moins 25 autres étaient vendus en librairie. Ce chiffre de 75 exemplaires sur grand papier est surprenant chez un débutant. Fernand Vandérem, dans une de ses chroniques du Bulletin du Bibliophile, intitulée « Le problème des grands papiers », écrivait : « Commercialement, pour la plupart des éditeurs, le grand papier ne compte pas, n’existe pas. On accorde quelques exemplaires sur grand papier aux auteurs tout à fait arrivés, pour leur faire plaisir. Mais c’est une faveur qu’on refuse d’office aux débutants. Les premiers ouvrages de Zola, de Daudet, de Loti, de Maupassant, de France, entre autres n’obtiennent qu’un tirage sur ordinaire et l’éditeur hausserait les épaules si ces écrivains obscurs lui parlaient de hollandes ou de japons. Peu à peu cependant, l’usage s’introduit en librairie d’accorder à tous les auteurs quelques exemplaires sur hollande, cinq, dix, quinze vingt-cinq au plus ».  Du reste, Flaubert, pour Salammbô, comme pour l’Éducation Sentimentale, n’a reçu que vingt-cinq exemplaires sur hollande (il le souligne dans plusieurs de ses envois) et l’inventaire que nous sommes en train d’établir pour ces deux livres, montre combien moins nombreux sont les exemplaires dédicacés. Nous souhaitons à ce sujet que nos lecteurs nous viennent en aide, et nous communiquent les descriptions de tous les exemplaires sur hollande, de Salammbô et de l’Éducation Sentimentale dont ils auraient connaissance. Nous tenons à rendre hommage à l’amabilité et à la compétence de tous ceux, bibliophiles, libraires et bibliothécaires, qui ont bien voulu nous renseigner et nous conseiller, et plus particulièrement : Mlle Marie Dormoy, conservateur honoraire de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet ; Mlle Madeleine Charageat, conservateur adjoint au Musée Carnavalet ; Mlle Gabrielle Leleu, bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque de Rouen ; M. Jacques Toutain-Revel, président des Amis de Flaubert ; M. René Dumesnil, le marquis du Bourg de Bozas, M. Robert Despreschins, M. Robert von Hirsch, le marquis de Montmort, M. Charles Vander Elst, M. Jacques Suffel, bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale ; les libraires Georges Blaizot, Jacques Lambert, L. Lefèvre et C. Guérin, Édouard Lœwy, Nicolas Rauch, Raoul Simonson, Paul Van der Perre, et enfin M. Maurice Chalvet, à qui nous devons la description de précieux exemplaires qui n’ont pas connu le feu des enchères. Auguste Lambiotte . Sur l’indication précieuse de M. Lambiotte, précisons que les exemplaires numérotés 21, 22, 24, 25, 26, 27 et 31 à 37, soit treize exemplaires, ont été distribués par Flaubert dans la région rouennaise. Ces exemplaires n’ont jusqu’ici pas été retrouvés. Il y a matière à recherches ; ces recherches seront les bienvenues. « 
H

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La Nouvelle Justine de Sade: de nouvelles découvertes et une nouvelle année pour l’Edition Originale, 1797.

La Nouvelle Justine de Sade: de nouvelles découvertes et une nouvelle année pour l'Edition Originale, 1797.

Amis Bibliophiles bonjour,

Nous vous proposons aujourd’hui une étude concernant La Nouvelle Justine de Sade, et de nouvelles informations sur sa date de parution, avançant significativement les dates connues, et infirmant le fait qu’elle puisse être antidatée.

Dans son excellent article paru dans le Bulletin du Bibliophile (L’édition originale de La Nouvelle Justine et Juliette, Bulletin du bibliophile, 1992, volume I.), Pascal Ract-Madoux nous conte l’histoire passionnante de ces deux grands classiques du marquis de Sade.

Son propos est de dresser une chronologie de l’aventure éditoriale de La Nouvelle Justine, de dater l’édition originale, et en partant de ce point, de dater également celle de Juliette, qui ont toutes deux fait l’objet de nombreuses spéculations.

Les recherches de M. Ract-Madoux le conduisent à proposer la chronologie suivante, reposant en partie sur les deux premières références connues à La Nouvelle Justine parues dans deux publications françaises de l’époque (Les Etrennes de l’Institut national ou la Revue littéraire de l’an VII, publiées par Colnet, et Tribunal d’Apollon, ouvrage similaire à celui de Colnet):

1.  Juillet – Sept. 1799 :

– Publication de La Nouvelle Justine, très probablement en juillet ou en août (ou entre fin septembre 1798 et fin août 1799)

– Publication des Etrennes de Colnet (août) et du Tribunal d’Apollon (avant le 20 septembre)

2. Vers le 15 août 1800 :

– Seule saisie connue de La Nouvelle Justine (avant le 19 août)

3. Fin février 1801 :

– Le préfet Dubois apprend (après le 20 février) que Juliette va paraître « incessamment »

4. Fin février-début mars 1801 :

– Publication de Juliette (avant le 6 mars)

5. 6 mars 1801 :

– Arrestation de Sade et Massé

– Saisie du manuscrit de Juliette et d’un exemplaire de La Nouvelle Justine annoté par Sade

6. 7 mars 1801 :

– Massé remet 1000 exemplaires de Juliette à la police

7. Mars (?) 1801 :

– Les 4 vol. de La Nouvelle Justine sont épuisés

8. Date inconnue 1801 (?) :

– Massé (?) fait imprimer de nouveaux titres pour Juliette

9. Avant le 17 juillet 1802 :

– Barba fait imprimer l’édition B, contrefaçon de l’édition originale de La nouvelle Justine), qu’il catalogue et met en vente avec Juliette

10. 13 septembre 1802 :

– Saisie de Meaux.

C’est le premier point qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir la datation de l’édition originale de La Nouvelle Justine.

M. Ract-Madoux situe l’édition originale entre juillet et septembre 1799, voire dans une période plus large (entre fin septembre 1798 et fin août 1799, durée qui correspond à l’année révolutionnaire An VII) ; de nouvelles découvertes concernant la première mention connue de l’œuvre, nous montrent qu’il faut désormais avancer cette période d’environ deux ans, comme nous le verrons.

M. Ract-Madoux, citant J. -J. Pauvert, rappelle également dans son article que « les dix volumes (Justine + Juliette NDLR) sont datés 1797 et cela dans toutes les éditions. L’usage d’antidater un livre pour tenter d’échapper aux poursuites policières était connu avant Sade« .

Selon les recherches de M. Ract-Madoux, il faudrait donc établir que l’édition originale de La Nouvelle Justine, en quatre volumes, orné d’un frontispice et de quarante gravures, datés 1797, serait a priori parue entre juillet et septembre 1799.

Juliette, elle, sera en effet publiée en six volumes, entre la fin février et le début de mars 1801 (avant le 6) ; Soit dix volumes en tout pour La Nouvelle Justine et Juliette.

M. Ract-Madoux rappelle enfin que « dans un Nota Bene mis après coup en tête du tome premier de la Nouvelle Justine, Sade présente ainsi ses dix volumes : « les aventures de Justine que nous publions en ce moment contiennent quatre volumes, ornés d’un frontispice et de quarante gravures. L’histoire de Juliette, qui y fait suite et qui s’y lie, en contient six, ornés de soixante gravures ; ce qui forme une collection, unique en son genre, de dix volumes et de cent estampes toutes plus piquantes les unes que les autres. » ».

La liste Decker, une mention publique de La Nouvelle Justine dès avril 1798 ?

Nos recherches, et notamment la découverte d’un périodique allemand de l’époque, nous permettent aujourd’hui de préciser la période de l’édition originale de La Nouvelle Justine, et nous verrons que la bonne période se situe significativement en amont des dates habituellement évoquées.

En effet, le Allgemeine Literatur-Zeitung de l’année 1798, Zweyter Band, consacré aux mois d’avril, mai et juin 1798 (Jena et Leipzig) donne un nouvel éclairage sur la datation de l’édition originale de La Nouvelle Justine.

Fondé en 1785 à Jena (Iéna), le Allgemeine Literatur-Zeitung est un important périodique allemand de l’époque. C’est un quotidien, consacré à la présentation et à la critique de la production littéraire de l’époque. A côté de la publication quotidienne du journal principal, sont apparues plusieurs publications complémentaires, le Allgemeine Repertorium der Literatur, une bibliographie universelle systématique, le Revision der Literatur, consacré à l’histoire de la littérature et enfin le Intelligenzblatt (der Allgem. Literatur Zeitung), qui est plutôt consacré aux ouvrages de sciences.

Régulièrement, l’Intelligenzblatt (der Allgem. Literatur Zeitung) s’enrichit d’une présentation des nouveaux ouvrages disponibles chez les libraires qui font part de leurs nouveautés au périodique.

Le numéro du Intelligenzblatt (der Allgem. Literatur Zeitung), paru le mercredi 18 avril 1798 propose ainsi de découvrir dans sa partie Ankündigungenneuer Bücher (littéralement « annonces de nouveaux livres »), une « Note de livres nouveaux et estampes, qui se trouvent chez J. Decker, libraire à Bâle« , en français dans le texte.

Il y est précisé que « les prix sont en livres de France, dont 24 équivalent à 11 florins d’empire« . S’ensuit une liste d’une trentaine d’ouvrages proposés par ce libraire réputé, tous en langue française, parus en 1797 ou en 1798. Au sein de cette liste du 18 avril 1798, deux se distinguent par un prix supérieur à 20 livres, alors que la plupart des ouvrages sont proposés pour quelques sous ou quelques livres.

Il s’agit du Dictionnaire élémentaire de botanique, par Bulliard, chez Crapelet 1797, pour 27 livres, ainsi que, vous l’avez deviné, de l’ouvrage de Sade, ainsi décrit : 

La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de Juliette sa soeur; ouvrage orné d’un frontispice et de cent sujets gravés avec soin. Nouvelle édition. 4 Vol in-18. Hollande 1797.

On voit donc apparaître dans le Intelligenzblatt daté du 18 avril 1798, dans une liste de libraire forcément antérieure à cette date, une mention de La Nouvelle Justine, dont on pensait jusqu’à maintenant que l’édition originale avait paru entre juillet et septembre 1799, soit 15 mois plus tard ; voire entre fin septembre 1798 et fin août 1799, soit au plus tôt 5 mois après la parution du périodique allemand et de la liste de Jean Decker.

Dans tous les cas, nous nous trouvons donc face à une mention de l’ouvrage dans un périodique de l’époque, antérieure de 16 à 17 mois aux premières mentions connues de l’ouvrage dans des publications françaises, citées par M. Ract-Madoux.

La lecture de la notice donne plusieurs informations :

Le titre « La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de Juliette sa sœur ; ouvrage orné d’un frontispice et de cent sujets gravés avec soin », diffère légèrement du titre de l’édition originale connue « La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de l’histoire de Juliette sa sœur ; ouvrage orné d’un frontispice et de cent sujets gravés avec soin ».

Une différence sur laquelle on peut formuler deux hypothèses : le libraire ne connaît pas le titre exact, n’ayant pas l’ouvrage en mains, – hypothèse peu probable, comme nous le verrons -, ou il a choisi de l’amputer légèrement, pour gagner un peu de place.

La description de La Nouvelle Justine par Decker est quant à elle très précise, et ne laisse pas de poser quelques questions :

Decker connaît le bon format des ouvrages, in-18. Il indique le bon nombre de gravures, qui est contenu dans le titre. On pourrait penser qu’il se trompe sur le nombre de volumes, n’indiquant que quatre volumes, ceux correspondant à La Nouvelle Justine, et qui comportent donc 41 figures en tout dont le frontispice. En réalité, il ne se trompe pas, dans la mesure où il indique bien quatre volumes (il ne peut en indiquer dix, puisqu’il ne vend que La Nouvelle Justine), tout en copiant parfaitement ce qu’annonce le titre.

L’absence de mention des six volumes de Juliette vient, lui, confirmer l’hypothèse de J. -J. Pauvert qui le premier a compris que les dix volumes ont paru en deux temps. Decker sait donc qu’un « ensemble » de Sade comportant La Nouvelle Justine et Juliette va être publié, qu’il contient un frontispice et cent gravures, et il dispose bien des quatre premiers volumes de La Nouvelle Justine.

Le prix auquel le libraire propose l’ouvrage montre également qu’il est conscient de sa valeur.

La mention de « Nouvelle édition », enfin, qui figure dans la description de Decker, pourrait être destinée, comme souvent, à troubler les pistes (cf. Ract-Madoux).

La relative précision de la description de Decker interpelle forcément, elle prouve qu’au plus tard cinq mois avant la première date évoquée par M. Ract-Madoux, un libraire établi à Bâle (et non à Paris), connaît suffisamment le projet éditorial de Nouvelle Justine et de Juliette, pourtant entouré d’une probable discrétion, pour en donner une description précise, et le proposer à ses clients, non pas « sous le manteau », mais dans une liste, qui est relayée dans un important périodique littéraire allemand de l’époque. Le libraire dispose de l’ouvrage.

En effet, les autres ouvrages que propose Decker dans sa liste sont déjà bien connus, voire ont paru au 18 avril 1798, et il ne mentionne pas « à paraître » en face du Sade ; ainsi Le château mystérieux…, ou encore Les aventures de Hugues Trévor, respectivement signalés le 1er et le 24 février 1798 dans le Journal typographique et bibliographique.

Decker est un libraire sérieux, et non pas l’un de ces libraires aventuriers, voire aventureux, qui peuplent l’époque. Né à Bâle vers 1733-34, il succède à son père en 1754, et naturalisé français en 1759, il est autorisé à s’établir en qualité d’imprimeur par arrêt du Conseil du 26 février. A cette date, il devient également imprimeur du Roi et du Conseil souverain d’Alsace, puis du département du Haut-Rhin depuis 1790. Il est enfin imprimeur de l’almanach de Colmar, « Le Messager boiteux », et de la première feuille d’annonces locales. À la Révolution, il est membre de la « Société des vrais amis de la liberté et de l’égalité » jusqu’en juin 1795, il prend une part active aux débats politiques locaux. En 1798, il a donc 64 ans et une réputation de sérieux bien établie.

On peut donc penser que dès avril 1798 Decker a l’ouvrage de Sade entre les mains, et peut le livrer aux acquéreurs potentiels.

Comme le rappelle M. Ract-Madoux, la mention française la plus précoce de l’ouvrage figure dans un ouvrage de Colnet, Les Etrennes de l’Institut national ou la revue littéraire de l’an VII, parue en août 1799. Cette année révolutionnaire a commencé le 22 septembre 1798 et s’est terminée le 22 septembre 1799, elle explique la fourchette « large » de M. Ract-Madoux pour la publication de La Nouvelle Justine (« entre fin septembre 1798 et fin août 1799 », c’est tout simplement la période couverte par les Etrennes).

En revanche, la période correspondant à la fourchette « étroite », soit entre juillet et septembre 1799, à la toute fin de la période couverte par les Etrennes de Colnet et surtout à la toute fin de l’an VII, semble très éloignée de la mention dans l’Intelligenzblatt.

Elle se situe en effet au plus tôt 15 mois après la parution de la liste de Decker. On imagine mal un libraire aussi sérieux inscrivant un ouvrage dans une liste d’avril 1798, sans mentionner « à paraître » (presque 15 mois avant la publication estimée par M. Ract-Madoux dans sa fourchette « étroite »), sans que l’ouvrage ne soit disponible.

Cette nouvelle découverte, la liste Decker, parue le 18 avril 1798 dans l’Intelligenzblatt, nous donne donc trois nouvelles informations importantes au sujet de La Nouvelle Justine :

  1. La première mention connue de La Nouvelle Justine dans une publication, n’est plus celle des Etrennes de l’Institut national ou la revue littéraire de l’an VII de Colnet, datant du mois d’août 1799 citée par M. Ract-Madoux, mais serait celle de la liste du libraire Decker, parue dans l’Intelligenzblatt (der Allgem. Literatur Zeitung), datant du 18 avril 1798, soit près de 16 mois plus tôt.
  2. Début 1798, et avant le 18 avril 1798, le projet éditorial de La Nouvelle Justine et de Juliette est déjà connu, précisément formulé, et diffusé, puisqu’un libraire bâlois propose l’ouvrage à ses clients, et le relaie dans un grand périodique allemand au milieu d’une liste de livres déjà parus.
  3. Le très long délai de 15 mois entre la parution de cette liste dans un périodique allemand, l’Intelligenzblatt, et les dates de la fourchette « étroite » (juillet –septembre 1799) semblerait pouvoir permettre de formuler une hypothèse d’une date de publication de l’édition originale de La Nouvelle Justine plus précoce de quelques mois.

Et même dès 1797 ?

Mais, nous n’étions pas au bout de nos surprises.

En effet, en nous penchant de façon plus approfondie sur les catalogues de Decker, nous découvrons qu’en réalité l’édition originale de La Nouvelle Justine ne semble pas être antidatée : non seulement elle est mentionnée par J. Decker en avril 1798, comme nous venons de l’expliquer… mais nous l’avons également retrouvée – toujours dans l’Intelligenzblatt, listée dans un catalogue de vente de Decker dès le 9 juin 1797, près d’un plus tôt.

Dans ce catalogue, elle est mentionnée, ainsi d’ailleurs qu’Eleonore de Rosalba d’Anne Radcliffe, et Les Mystères d’Udolphe. La Nouvelle Justine est ainsi décrite : « La Nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu, 4 vol. in-18 avec 40 fig. », ce qui est encore une fois conforme à l’ouvrage tel qu’on le connaît.

Dès avril 1797, Decker propose donc La Nouvelle Justine à ses clients, avec une description précise, qui semble confirmer que l’édition originale date bien de 1797 et n’est pas antidatée.

Si on continue à dérouler le fil de l’Histoire, et toujours dans l’Intelligenzblatt, Decker proposait également deux exemplaires de Justine (NB : et non La Nouvelle Justine, il s’agit un ouvrage précédent de Sade) dès juillet-août 1796 (avec une description en deux volumes), dont un relié de maroquin rouge, ce qui nous montre que Decker est habitué à vendre des ouvrages de Sade, et confirme une nouvelle fois la fiabilité de ces nouvelles informations.

En tout état de cause, nous pouvons conclure que :

1. La Nouvelle Justine n’est pas antidatée et a bien été publiée en 1797,

2. L’écart entre l’édition originale des quatre volumes de La Nouvelle Justine et des six volumes de Juliette est d’environ quatre ans et non pas deux. De même, celui avec la contrefaçon est de l’ordre de quatre à cinq ans.

A toutes fins utiles, on peut donc proposer une nouvelle chronologie, complétant celle de M. Ract-Madoux et la faisant débuter dès juin 1797, soit près de 2 ans plus tôt :

1. Juin 1797 :

– Première mention connue de La Nouvelle Justine un catalogue du libraire bâlois J. Decker, avec une description conforme.

2.  18 avril 1798 :

– Deuxième mention connue de La Nouvelle Justine dans un période de l’époque, dans l’Intelligenzblatt (der Allgem. Literatur Zeitung), au sein de la liste du libraire bâlois J. Decker.

3. Juillet – Sept. 1799 :

Premières mentions françaises de La Nouvelle Justine dans les Etrennes de Colnet (août) et leTribunal d’Apollon (avant le 20 septembre), (périodiques français de l’époque qui évoquent pour la première fois La Nouvelle Justine)

4. Vers le 15 août 1800 :

– Seule saisie connue de La Nouvelle Justine (avant le 19 août)

5. Fin février 1801 :

– Le préfet Dubois apprend (après le 20 février) que Juliette va paraître « incessamment »

6. Fin février-début mars 1801 :

– Publication de Juliette (avant le 6 mars)

7. 6 mars 1801 :

– Arrestation de Sade et Massé

– Saisie du manuscrit de Juliette et d’un exemplaire de La Nouvelle Justine annoté par Sade

8. 7 mars 1801 :

– Massé remet 1000 exemplaires de Juliette à la police

9. Mars (?) 1801 :

– Les 4 vol. de La Nouvelle Justine sont épuisés

10. Date inconnue 1801 (?) :

– Massé (?) fait imprimer de nouveaux titres pour Juliette

11. Avant le 17 juillet 1802 :

– Barba fait imprimer l’édition B, contrefaçon de l’eo de la Nouvelle Justine, qu’il catalogue et met en vente avec Juliette

12. 13 septembre 1802 :

– Saisie de Meaux.

Conclusion :

Cette étude permet par conséquent d’établir une nouvelle date pour la première mention connue de la Nouvelle Justine, plus précoce de près de deux ans, la ramenant de la fin de l’année 1799 au mois de juin 1797. Cette mention figure dans le catalogue de Jean Decker.

L’édition originale de La Nouvelle Justine est l’édition A, citée par M. Ract-Madoux..

Le fait qu’un libraire réputé, qui n’est pas situé à Paris mais à Bâle, propose La Nouvelle Justine de façon suffisamment précise dès juin 1797, démontre que l’ouvrage est disponible dès cette date et que La Nouvelle Justine n’a pas été antidatée et a bien été publiée en 1797.

Il reste à établir une date de publication plus précise, potentiellement plus précoce, sans doute plus proche du début de l’année… ou à expliquer pourquoi la publication aurait été reportée.

Nous nous permettons de suggérer une piste : en fait, La Nouvelle Justine serait passée inaperçue, c’est tout, mais, surtout, ce n’est pas étonnant.

En effet, ce fut également le cas de La philosophie dans le boudoir, datée de 1795. Sade l’évoque dans La Nouvelle Justine, donc il est certain qu’elle est parue au plus tard en 1797, mais pourtant elle ne semble pas avoir été remarquée : ni Colnet, ni le Tribunal d’Apollon, ni par exemple l’article de Villeterque du 22 octobre 1800, à l’origine du pamphlet L’Auteur des Crimes de l’Amour à Villeterque, folliculaire, ou encore celui de la Décade Philosophique, Littéraire et Politique du 21 décembre 1800, paru à l’occasion des Crimes de l’amour, n’en font état.

Notons qu’elle figure le 22 septembre 1798 dans une liste, publiée par la revue allemande dont il est question ici, de livres interdits par la censure.

L’édition de la Pléiade que nous avons consultée affirme elle aussi qu’on n’en connaît pas de compte-rendu d’époque.

Il semble d’ailleurs, lorsqu’on lit certaines publications de l’époque, que la rumeur que Sade était mort ait couru, sans que le lien ne soit jamais fait avec cette mention sur la page de titre de La Philosophie : ouvrage posthume de l’auteur de Justine : on disait qu’il était mort ou supposé l’être, tout en ignorant la source de cette information.

Tout ceci nous conduit à établir une nouvelle fois que La Nouvelle Justine est bien parue en 1797, et qu’elle n’est donc pas antidatée.

Philippe Kassarian & Hugues Ouvrard

6 Commentaires

  1. Une petite coquille dans ce beau travail:pour le n° 40 il faut lire Abbatucci et non Abbatucoi.Cet exemplaire était sauf erreur à vendre chez Lardanchet,à Paris,il y a trente ou quarante ans…

  2. Dans le monde bibliophile "d'avant", je vous aurais proposé d'acquérir un exemplaire original de l'article… ! Que vous auriez pu, éventuellement, photocopier pour quelques amis, c'est tout !
    B.

  3. Merci Hugues,

    Flaubert est décidément follement 19ème dans ses envois : prenant des risques tout en cherchant des alliés (de poids).

    Je suis pour ces republications de textes faisant référence… Je cherche toujours pour ma part (parce que je manque de temps pour chercher ailleurs) l'article de Max Brun sur les EO des Liaisons dangereuses.

    Une bonne âme pour faire un scribd?

    Olivier

  4. étonnant le nombre d'exemplaires en grand papier qu'il reste à retrouver ! est-ce que depuis la première publication cette liste a été complétée ?
    à noter que le numéro 14 de la liste est disponible moyennant peu d'euros..

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