Miscellanées Bibliophiles: classement et bibliophilie 3.0, les livres pour effacer les traces de Patton, les Pillone à 30 euros…

Amis Bibliophiles bonjour, A un fidèle lecteur du blog qui me demandait quel logiciel de classement j’utilisais pour ma bibliothèque, je répondis récemment – un peu interpellé quand même -, mon cerveau. De son côté, ce bibliophile évoquait Livrothèque, tout en soulignant que celui-ci ne semblait pas exportable vers les smartphones.  De la bibliophilie 3.0 en quelque sorte. Sourire. Et vous, qu’en est-il? Utilisez-vous un système de classement, un logiciel? Si vous êtes lorrain, ce qui en soi est déjà une grande qualité, notez dans vos agendas l’amusante vente qui aura lieu à Pont-à-Mousson le dimanche 21 septembre. A l’occasion de la journée du Patrimoine, l’Abbaye des Prémontrés organise une grande vente de « livres anciens, cotés et d’occasion » pour continuer le sauvetage du choeur de l’abbatiale, laissé à l’état de ruines depuis les bombardements de 1944 (Près de 800 000 € sont nécessaires pour sa restauration).
  Afin de récolter des fonds, l’Abbaye mettra en ventes des livres sur tous les sujets: Religion, histoire lorraine, littérature, géographie, sciences, philosophie, histoire, sciences naturelles, etc… Près de 1000 ouvrages seront mis en vente de 1 à 2000 €. Pendant ce temps là, ce n’est pas la journée du Patrimoine à la Biennale des Antiquaires de Paris, qui se tient au Grand Palais, et il vous faudra donc vous acquitter de la somme 30 euros pour pouvoir entrer dans le Saint des Saints…   Mais qu’est ce que 30 euros, me direz-vous pour contempler quelques Pillone. Ne regardant à aucune dépense pour vous divertir, le Blog se rendra sur place et vous proposera un petit compte-rendu.  H

La lettre du bibliophile

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Le guetteur du Beauvoisis, petite revue d’histoire de science de littérature et de bibliographie

Le guetteur du Beauvoisis, petite revue d’histoire de science de littérature et de bibliographie

Amis bibliophiles bonjour,
La question posée par Hugues l’année dernière sur nos dernières acquisitions n’a pas recueilli l’abondance de réponses espérée. J’y reviendrai.
Le livre que je vous présente aujourd’hui ne se caractérise pas par sa condition, bien modeste en demi-toile du temps  empoussiérée. Il a été établi par son premier  possesseur, Émile Buquet, propriétaire à Ully-Saint-Georges dans l’Oise, et membre de la Société académique de l’Oise en 1880-1895, c’est à dire « antiquaire » comme on disait à cette époque d’un amateur d’art et d’histoire. 
Ce livre avec beaucoup d’autres, souvent pourvus d’un envoi de l’auteur, est resté intact sur son étagère mais exposé aux outrages de la lumière et de la poussière jusqu’à ce qu’il sorte de sa retraite voici peu de temps.
Il s’agit du recueil de la collection « Le guetteur du Beauvoisis, petite revue d’histoire de science de littérature et de bibliographie pour la Picardie et le nord de l’Ile de France  ».  

Ce petit périodique était édité par le libraire de Beauvais, Victor Ponceaux, et imprimé à Arras. Il s’inspire modestement du modèle du Bulletin du bibliophile de Techener. Chaque parution comporte plusieurs parties : des articles de fond, ici sur l’histoire régionale, rédigés par des érudits locaux et une chronique de courtes nouvelles, sur la Société des antiquaires, les arts ou l’architecture, tenue par le libraire. Bien sûr, la troisième partie comporte le catalogue à prix marqués du libraire.
Suivant l’exemple de ses confrères parisiens, le libraire a  par ailleurs réédité, notamment chez Louis Perrin à Lyon, des plaquettes introuvables à l’intention des amateurs.


L’intérêt documentaire de cette publication est évident. Ces catalogues présentent des exemplaires et des manuscrits devenus aujourd’hui d’une insigne rareté. Leur signalement lance le bibliophile moderne sur des pistes nouvelles. Cependant la question de savoir si ces merles blancs ont survécu au temps n’est pas résolue. Les destructions de la Première Guerre mondiale ont été importantes en Picardie et la ville de Beauvais a brûlé en 1940, entraînant la disparition des bibliothèques publiques et particulières (11000 volumes de la bibliothèque de l’évêché, les bibliothèques de Mme Leblond, du libraire  Prevost, de l’archiviste Béreux, de Vinot-Préfontaine etc.). Ces listes sont peut-être les seuls témoignages de l’existence de ces documents.
Notre recueil contient les années 1864-1865-1866-1867. Les notices consultées ne donnent pas de collation utilisable. Il est difficile de savoir si la publication s’est poursuivie au-delà.  Il semble tout de même qu’il existe des pages de titre annuelles et des pages de titre collectives (cas de cet exemplaire).  Seuls 3 exemplaires sont répertoriés au CCFr : 1 à la Bnf (qui pour quatre tomes donne les années 1864 à 1869 ?), 1 à Compiègne et 1 à Abbeville. La Société d’histoire et d’archéologie de Senlis en conserve un autre (mêmes années 1864 à 1867).  Deux recueils au moins sont passés en vente depuis 2000. 
Je répondrai maintenant à la dernière question d’Hugues sur le prix d’achat. Ou plutôt je ne répondrai pas car j’ai acheté ce livre dans un lot de 84 volumes de même provenance pour la somme de 360 euros frais compris en salle de ventes. Dans ce lot, quelques volumes convoités, quelques ouvrages documentaires intéressants, beaucoup de poussière et bien sûr  de la « drouille ». En tous cas quelques heures d’étude, de découvertes, de classement et de recherches et un peu d’encombrement ; une certaine idée du bonheur.
Pour finir sur la question du prix, je ne crois pas qu’un bibliophile présente ici son dernier achat en affichant un nombre de zéro impressionnant, voire franchement astronomique. On ne montre pas  ses livres comme une Ferrari dont tout un chacun peut d’ailleurs avoir une idée du prix.  Sans compter la pudeur ou la discrétion du bibliophile, notre passion est largement incomprise du public, voire même du sérail. Tel qui se ruinera dans une édition du XVIe siècle jugera insensées les folies d’un autre pour une édition originale du XXe siècle. Ne rien dire c’est éviter d’entendre : Si cher ? Il est fou ! Quel naïf ! Il s’est fait avoir !
Lauverjat

4 Commentaires

  1. Pas de raretés à attendre dans cette vente : l'article dans la presse régionale (RL) indique "Attentifs à ne pas déposséder la bibliothèque de ses trésors, les initiateurs de la vente ont effectué un tri rigoureux. « On ne se sépare que de livres qui ne portent pas atteinte à l'intégrité et à la cohérence de la bibliothèque » confirme Sylvie Tridon." Ce seront des livres des 19e et 20e siècle

  2. Depuis de nombreuses années, j'utilise tout simplement le tableur de Open Office (= Excel). Je réserve une colonne pour indiquer l'emplacement sous forme codée : armoire, étagère, …
    Je perds ainsi beaucoup moins de temps à trouver le livre que je cherche. Le plus difficile est de s'astreindre à effectuer les corrections quand on est amené à changer un livre de place – il m'arrive d'oublier de le faire.

    L'avantage du tableur est qu'on peut effectuer une recherche sur un mot quelconque, bien utile quand on a oublié le titre de l'ouvrage et même le nom de l'auteur.

    René

  3. Le cerveau et l’œil sont les meilleurs outils de rangement d'une bibliothèque. Un logiciel ne vous dira jamais que vous avez laissé un ouvrage sur la grande table du fond parce qu'il ne rentrait pas entre deux étagères.

    Les logiciels, c'est bien pour une bibliothèque riche de milliers de volumes…

    Je me demandais : 1,5€ pour rentrer dans une librairie ancienne (c'est le prix du café au café d'en face), c'est jouable ? Pierre ;-))

  4. 30 euros en 2014, faut pas se plaindre, c'est le même prix qu'en 2012. Par contre c'était 25 euros en 2010 et 20 euros en 2008, années de grande inflation. Mais les personnes intéressées ne payent pas : 100 000 invitations ont été diffusées. C'est pour décourager les publics peu intéressants, sans doute. Il faudrait peut-être encore augmenter le prix d'entrée, pour être tranquille entre soi.

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