Un fer un peu spécial…

En attendant le message de ce soir, qu’en bon bibliopégimane je consacre à la reliure, jetez un oeil à ces fers un peu spéciaux qui sortent tout droit de mes rayonnages.
Un in-12 de 1665, plein veau… Je vous laisse imaginer le genre de l’ouvrage.
Original, non?

H

La lettre du bibliophile

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Reliure, Bergeron, Sickles, un véritable livre de bibliophile

Reliure, Bergeron, Sickles, un véritable livre de bibliophile

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Après m’être débattu avec des problèmes techniques, je vous propose un message sur un ouvrage de ma bibliothèque. Lui-même ne sait pas pourquoi il a atterri chez moi, ni moi d’ailleurs, mais il est bien là… alors autant en parler.
L’ouvrage est le suivant : Jules LAFORGUE, Les Complaintes, avec le Lithographies originales de Gabriel Dauchot. Edité par la Société Normande des Amis du Livre, en 1957. Format très grand in-4.
La reliure est une reliure de maroquin rouge, qu’on pourrait qualifier d’irradiante, avec des jeux de filets concentriques (centrifuges pour être exact) dorés et à froid sur les plats. A l’intérieur on trouve un large encadrement intérieur du même maroquin, les gardes et les contregardes sont en daim gris. Elle est signée Bergeron.
Il s’agît en fait d’un ouvrage qui me semble assez typique des ouvrages réalisés par/pour les Sociétés de Bibliophiles. Celui-ci est un tirage unique à 130 exemplaires sur Rives. Il est enrichi de l’aquarelle originale signée ayant servi au frontispice, de deux suites, l’une sur Chine, l’autre sur Auvergne, et du menu du repas de la Société Normande des Amis du Livre du 2 février 1957. C’est l’exemplaire n°60, imprimé pour Emmanuel Costil.
Autre point intéressant, c’est le colonel Daniel Sickles, l’un des plus grands bibliophiles du 20ème siècle, qui était je l’imagine membre de cette société, qui fût le commissaire du Livre. Né en 1900 d’un père américain et d’une mère française, Daniel Sickles fût élu en 1956 à la Société des Bibliophiles Français. Il demeurait dans un hôtel particulier bordant le Champ de Mars. Il était connu pour avoir bâti une bibliothèque avec le Clouzot en mains, mais pour être assez pingre dans tous les autres aspects de sa vie, en dehors des livres… Dans son Manuel de Bibliophilie, Christian Galantaris raconte qu’il a vu Sickles « se bourrer de bonbons pour se couper l’appétit et sauter un repas, …, et se laisser couper l’électricité pour avoir tarder à payer les factures ». Mais je reparlerai de Sickles plus en détails prochainement.
Bergeron, le relieur, est pour ce que j’en sais l’un des grands relieurs québécois, mais il a également vécu en France. Je n’en sais pas beaucoup plus. Pour le clin d’oeil, je viens de découvrir que l’un des autres grands relieurs québécois portait le patronyme de votre serviteur.
Enfin, voici ce livre… Il est là, mais pourquoi? Sourire.

H

7 Commentaires

  1. Il s’agît de « De la piété des Chrestiens envers les morts », Paris, 1665, avec un superbe crâne en vignette sur le titre.

    Olivier : le flash de la reliure le dessert, mais l’ouvrage est en bon état… et franchement, 20 euros pour ce type de fers, à Brassens, c’est donné!
    H

  2. Allons allons, Hugues vous qui n’achetez que des reliures en parfait état… tsst tsst… Votre goût pour le macabre et l’ésotérisme l’aurait-il emporté cette fois? ;-))
    Amicalement (et si j’en trouve un semblable je l’achète moi aussi).
    Olivier

  3. je dirais plutôt un livre à caractère religion voire cérémoniel concernant la rédemption, l’accession au trône suprême si vous voyez ce que je veux dire… genre « Les Tableaux de la pénitence » (il existe d’ailleurs une édition de 1665 de cet ouvrage).
    Mais tout ceci n’est que suppositions ??!!

    Amitiés bibliophiliques, Bertrand

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