Une reliure de Charles de Valois-Angoulême, le Theatrum Chemicum

Amis Bibliophiles bonsoir,
Tout ou presque a été dit sur les incomplets sur le blog, et les positions respectives des uns et des autres énoncées. Néanmoins, et sans que cela soit un débat ce soir, c’est quasiment un marronnier sur le blog.Pour autant, pour beaucoup d’entre nous, la question reste ouverte, et Georges, notre ami qui avait une bible à « l’R bizarre » (http://bibliophilie.blogspot.com/2008/12/identificationentraide-et-faire-part.html et http://bibliophilie.blogspot.com/2008/12/sos-flty-reliure-amateur-et-r-bizarre.html), aimerait avoir votre avis sur l’ouvrage suivant, pour en quelque sorte compléter un peu notre discussion sur les incomplets.Georges et l’heureux propriétaire du tome 2 du Theatrum Chemicum, imprimé en 1602 par L.Zetzner, probablement le plus intéressant des trois imprimés à cette date. Il vient d’une très belle bibliothèque, puisque c’est celle de Charles de Valois-Angouleme, fils batard de Charles IX et Marie Touchet.Il est dans sa reliure d’origine, en parfait état, aux armes et chiffres de Charles de Valois, et porte (comme il faut!) l’ex-libris du Couvent de La Guiche.Alors voilà: les trois tomes de 1602 de Theatrum Chemicum sont introuvables (la BNF n’a que le tome 1), les reliures aux armes de Charles de Valois(presque)introuvables… donc impossible de compléter cet incomplet!
Mais pourtant, c’est un objet d’art et d’histoire à lui tout seul, faut-il le jeter parce qu’il est orphelin? Qu’en pensez-vous?
H

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Un meilleur investissement que le Dow Jones : le livre ancien français

Un meilleur investissement que le Dow Jones : le livre ancien français

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Imaginez, vous consultez vos emails et vous tombez sur un email de la Librairie Sourget… Première étape, l’hallucination, on pense à une erreur d’adresse email. Il est vrai que mon patronyme et mon prénom sont quasiment identiques à ceux d’un des plus grands milliardaires du 20ème siècle, oui mais voilà, il est mort depuis quelques années, quand même.

Deuxième étape, on pense à un mailing, et non, c’est bien moi le destinataire… Troisième étape, la consécration… on se dit, ça y est, mon long parcours de bibliophile est enfin reconnu à sa juste valeur et ce libraire renommé vient s’approvisionner à une source trop longtemps ignorée. Et là, on lève les yeux vers sa bibliothèque et on se dit que non, décidément, ce doit être autre chose.

Alors on lît l’email envoyé par ces délicieux libraires et on comprend mieux: alertés par mon chargé de clientèle de la Société Générale (et oui, j’ai fait de gros placements fin 2007 via un petit courtier méconnu) que je n’investis plus massivement en Bourse, les libraires en question viennent proposer au bibliophile milliardaire putatif que je suis « un meilleur investissement que le Dow Jones : le livre ancien français ». Alleluia mes frères!

Moi qui ne pensais que passion, amour du livre, bibliopégimanie chronique, bibliomanie rampante, voici que l’on propose au père de famille que je suis l’alibi de rêve pour continuer à dépenser sans compter dans les livres : le dow jones et autres Cac40, c’est de la rigolade, l’immobilier, une grande poilade, l’or, un truc pour les pigeons! Les livres, mes amis, les livres, pourvu bien sûr qu’il soient anciens, français (et là le coq se gonfle d’orgueil), et si, possible, achetés à Chartres (je suis taquin sur ce dernier point, j’admire la Librairie Sourget, en vérité, mais je ne veux pas paraître trop consensuel, c’est toujours mauvais comme image pour un milliardaire).

Parce que oui, voilà, la Librairie Sourget, avec l’aide la Banque Lazard a fait réaliser une étude comparée mettant en perspective le Livre Ancien (français, etc), comme investissement. Et il s’avère que c’est le super bingo!

Les choses étant bien faite, dans une semaine, c’est le Salon du Grand Palais, une excellente raison de rapatrier vos ridicules stocks d’or helvètes ou de vendre vos villas sur la Côte, pour venir investir chez nos amis du SLAM! La vie est belle, le timing est propice aux bonnes affaires.

Bon, trêve de plaisanterie, le temps c’est de l’argent (vous imaginez aisément que ce blog me laissera sur la paille pour le coup), le fond de l’étude est intéressant et l’on peut saluer l’initiative de la Librairie Sourget. La forme est un peu indigeste, surtout au début, avec les références au passé, mais j’ai goûté l’exercice.

Voici la conclusion :

Cette étude réalisée avec l’aide des services de la Banque Lazard est la première consacrée à l’évolution du prix réel des livres rares et précieux du XIXe siècle à nos jours. Elle devrait interpeller amis bibliophiles et financiers avisés et développer l’intérêt pour nos livres de « Haute Culture » tant les résultats de moyen et long terme sont saisissants.

ÉTUDE DE L’ÉVOLUTION DU PRIX DES LIVRES ANCIENS, COMPARÉE À DIFFÉRENTS PLACEMENTS :
· Indice « Dow Jones » de la bourse de New York
· Prix de l’immobilier aux USA depuis 1890
· Napoléon ou pièce de 20 F OR
· Hectare de terre labourable en Ile-de-France
· Indice du coût de la construction en France

Le livre en sort gagnant.

Vous pouvez lire l’étude à cette adresse : http://camillesourgetrarebooks.com/media/Etude_Livre_Ancien.pdf

Deux ou trois choses me laissent malgré tout perplexe, comme la volonté manifeste de « contrôle » de l’achat du bibliophile ainsi :

– « Si vous souhaitez acheter en vente publique, agissez de concert avec votre libraire, sinon l’on vous fera « monter au cocotier » ».
– « adaptez le type de livres à votre budget sachant qu’un livre de 10 000 E a autant d’avenir patrimonial qu’un livre de 100 000 E. » Ce qui me rassure…
– « …de nos voisins allemands réunifiés, ne représentera plus que 60 % de celui-ci dès 2030. Mais au-delà de nos frontières, et malgré les troubles occasionnés par la crise financière et économique née dernièrement aux États-unis, une formidable croissance économique productrice d’énormes richesses nouvelles s’est emparée de pays immenses. » Sous-entendu, ouvrons grand les vannes des frontières et exportons en coeur.
– « L’accroissement de la demande de beaux livres anciens, internationale bien sûr,
malgré l’obstacle de la langue, suivra, dans les décennies à venir, l’ascension du nombre de nouvelles fortunes, parmi lesquelles plusieurs souhaiteront posséder une prestigieuse bibliothèque qui fera office d’anoblissement culturel, étape ultime à la consécration d’une vraie réussite sociale au XXIe siècle. » Sous-entendu, on ne remerciera jamais assez les nouveaux riches, etc.

Mais je le redis, l’exercice est utile, et la Librairie Sourget joue pleinement son rôle de leader en se penchant sur ce genre de questions. Je trouve le fonds très intéressant.

Votre avis? Ca fait débat, non?

H

PS : pourquoi ne pas avoir comparé avec le baril de pétrole?

11 Commentaires

  1. Meilleurs voeux à tous pour cette nouvelle année

    au vue de la reliure quelqu'un pourrait il m'éclairer sur la significations des 2 lettres C entrelacées qui se trouve sur les plats et au dos ?

    je possede un ouvrage plein maroquin de 1676 "l'histoire poétique…." avec aux centre 2 C entrelaces et aux 4 coins une croix de Lorraine ainsi que sur le dos
    j'avais attribué ce monogramme à charles de Lorraine ?

    Merci de votre participation

  2. Je place ce genre de "livre" dans la catégorie des reliques historiques, et ce n'est pas rien.

    M'est avis qu'un musée, une fondation ou une grande collection privée serait enchantée d'en faire exposition, d'autant que le volume est dans un bel état de conservation. La question se poserait un peu différemment si le volume était dans un très mauvais état.

    B.

  3. Sans vouloir me lancer dans un débat sur les dépareillés/reliures j'ose signaler que cette édition n'est pas si rare qu'elle ne semble par la mention "la BNF n'a que le tome 1".

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