Quelques nouvelles, une claie, une carte…

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous avions eu l’occasion de parler ici des claies, et même d’en identifier quelques unes. Pour mémoire, selon le DEL, une claie est une bande de peau, de parchemin ou de toile collée sur le dos d’un corps d’ouvrage – entre les ficelles et les rubans – et sur les contreplats pour renforcer l’ensemble du volume.

L’histoire nous rattrape puisque c’est la découverte d’une claie dans la reliure d’un ouvrage ancien qui a permis de mettre à jour des éléments nouveaux sur Saint-Guillaume, patron de Neufchatel en Suisse. Le texte découvert sur la claie d’un ouvrage ancien de la bibliothèque d’un monastère était heureusement présent dans son intégralité. En le comparant à d’autres éléments, son étude a permis de préciser l’histoire de ce Saint.

Si vous souhaitez en savoir plus: vous pouvez lire cet article: http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&article=241477.

En découvrant cette dépêche je me suis posé plusieurs questions: que Diable allaient-ils chercher dans la reliure de l’ouvrage qui a livré ce secret? Les claies doivent-elles rester où elles sont, c’est à dire « dans » la reliure des livres….? Et qui sait combien de textes rares sont aujourd’hui dans les dos de nos ouvrages?

Moeurs du marché de la Bibliophilie:

Rien à voir avec la vie du saint homme, mais une autre brève découverte ces derniers jours dans l’actualité: une carte du Canada de Champlain, la « Carte Geographiqve de la Novvelle Franse faictte par le Sievr de Champlain … », datée de 1612 et qui va être mise en vente par Sotheby’s le mois prochain pourrait très probablement être celle qui a disparu de la bibliothèque de Harvard. Elle est estimée entre 30 et 40000 livres sterling et est considérée comme la carte la plus importante de l’histoire du Canada.

Harvard avait découvert la disparition de cette carte au cours de l’inventaire qui succéda au vol de plusieurs cartes.

Harvard va dépêcher des experts pour comparer la carte de Sotheby’s à une image numérique de la carte volée.

A suivre donc…

H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Un conte pour bibliophile ou le Béranger de Noël (aka, les libraires sont sympas)

Un conte pour bibliophile ou le Béranger de Noël (aka, les libraires sont sympas)

Amis Bibliophiles bonjour, 

Les libraires sont sympa. On devrait éditer ce genre d’autocollant que l’on collait à l’arrière des voitures il n’y a pas si longtemps que cela.
C’est l’histoire d’un bibliophile et d’un libraire. L’un achète souvent chez lui et y passe avec une régularité de métronome. L’autre ne vous chasse pas à coups de balai et vous sort toujours toujours des livres de derrière les fagots.
Lors de la visite hebdomadaire du bibliophile, le libraire lui glisse que « lundi prochain à 14h » (jour habituellement de fermeture) il inaugurera sa vitrine de Noël et d’ajouter : « Je ne le dis pas à tout le monde » . Une vente privée, sur invitation en quelque sorte. Redoutable.  Et il paraît que le marketing s’enseigne à Bac+5…

Que croyez-vous qu’il se passât ? Le bibliophile (qui avait, justement, à faire à proximité) passa sur les coups de 15h. La vitrine était alléchante. C’était à coup sûr Noël.  
Pourtant c’est à l’intérieur que le bibliophile trouvât ce qui (comme on dit) « lui fît son Noël » car il cherchait depuis longtemps un beau Béranger. Et quand l’exemplaire est beau et qu’en plus il contient un billet où Béranger parle de livres…

« Vous me comblez, mon cher Fayot, et ma bibliothèque s’enrichit à vos dépens. Si c’est comme cela que vous croyez réparer vos affaires, je vous prédis une ruine complète (?). Je n’en suis pas moins très heureux d’avoir une part de vos dépouilles.A vous de cœur, Béranger6 Xre (1830) »

Quant à l’exemplaire qui contient cette lettre: 8 volumes in-12 relié en plein maroquin à longs grains par Thouvenin Jeune. A noter que cet ensemble comprend 2 tomes 3… ou du moins deux tomaisons identiques (la musique pour accompagner les chansons des 3 premiers volumes ?). Un fleuron légèrement différent au dos du tome 6 également.
1821, Chansons, Par M.J.P Béranger à Paris chez les marchands de nouveautés (Imprimerie Firmin Didot) (2 tomes)1825, Chansons nouvelles par M.J.P »Béranger à Paris chez les marchands de nouveautés (Imrimerie Plassan)S.D., Airs anciens et nouveaux des Chansons de Mr PJ de Béranger publiés par A. Guichard-Printemps, à Paris (Hentz Jouve, Ciorréard, Guichard)Décembre 1821, Procés fait aux chansons  de P-J Béranger avec le réquisitoire de Me Marchandy ; Le plaidoyer de Me Dupin ; L’Arrêt de renvoi, et d’Autres pièces, Paris chez les marchands de nouveautés.1828, Chansons inédites de M. P-J de Béranger, Paris Baudouin frères1833, Chansons nouvelles et dernières de P.J. De Béranger dédiées à M. Lucien Bonaparte, Paris, Perrotin1822, Procès fait à messieurs de Béranger et Baudouin, Paris, Baudouin frères.
A qui s’adresse Béranger? Sans doute au Fayot cité dans sa correspondance : http://books.google.fr/books?id=4Xz1-SWLi50C&pg=PA3&lpg=PA3&dq=fayot+b%C3%A9ranger+1830&source=bl&ots=X4-3hRpebq&sig=hL6g_fL8tP77s2NZa1os-0OeT5c&hl=en&ei=I_ToTrqpApD0-gaVx527Cg&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=fayot%20b%C3%A9ranger%201830&f=false
Sans doute (?) ce Fayot Alfred Charles François né en 1797 journaliste et pamphlétaire surtout connu pour ses publication sur la Pologne : http://books.google.fr/books?id=4Xz1-SWLi50C&pg=PA3&lpg=PA3&dq=fayot+b%C3%A9ranger+1830&source=bl&ots=X4-3hRpebq&sig=hL6g_fL8tP77s2NZa1os-0OeT5c&hl=en&ei=I_ToTrqpApD0-gaVx527Cg&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=fayot%20b%C3%A9ranger%201830&f=false
Reste que Béranger réputé sans bibliothèque (je ne parle pas de bibliophilie… mais lui parle de sa bibliothèque) venait sans doute de recevoir un don (ou une vente à vil prix?) d’un certain nombre d’ouvrages. A la suite de quel événement ?
Amusant, non ?
Olivier.

3 Commentaires

  1. Parfait béotien, j’ignorais jusqu’à ce jour l’existence même de ces « claies ».
    Et je crains que cette information nouvelle ne me fasse basculer un peu plus certainement dans cette bibliophilie, singulière pathologie que vous inoculez au fil de ce blog. Avec mes remerciements.

  2. >> "Et qui sait combien de textes rares sont aujourd'hui dans les dos de nos ouvrages?"

    Quantité! C'est tout l'intérêt de confier la restauration ou la re-relieur d'un ouvrage à un relieur compétent. Et les claies ne sont pas les seules concernées: le carton servant à faire les plats était souvent réalisé par un empilage de feuilles imprimées. J'ai eu l'occasion de voir, il y a peu, des cartons de "défets", tirés de reliures d'une bibliothèque municipale: on y trouve des cahiers entiers de livres anciens!

    Le manuscrit n'est pas seul concerné: on pourait aussi citer là le texte (seul fragment connu) d'une prognostication de Rabelais pour 1541, trouvé (je vous le cite de mémoire) dans le plat d'une reliure de la BnF!

    Disséquons tous nos vieux livres (je plaisante!).

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