La bibliophilie est-elle socialement conservatrice?

Personne n’explique à un débutant ce qu’est une collation, ni ce que vaut un exemplaire dit strictement conforme. On le sait, ou on se tait. Les mots manquants se cherchent le soir, chez soi, faute d’avoir osé la question devant les vitrines capitonnées.

Mathieu Lenoir,
bibliophile récent, lecteur vorace, collectionneur sans héritage et sans excuses.

Amis bibliophiles, bonjour.

La bibliophilie est socialement conservatrice? Voire « de droite »?

(et je dis ça en aimant profondément les livres anciens)

Je suis venu à la bibliophilie par amour des textes, pas par nostalgie des salons Empire ni par fascination pour les vitrines capitonnées. J’ai aimé les livres anciens avant d’aimer le milieu qui les entoure — et, pour être honnête, je ne suis toujours pas sûr d’aimer ce milieu.

Très vite, quelque chose m’a frappé : la bibliophilie se présente comme un refuge de l’esprit, un espace de transmission et de passion désintéressée. Mais, dans ses pratiques, ses codes et ses silences, elle fonctionne souvent comme un monde très conservateur socialement, bien plus que ses acteurs ne veulent l’admettre.

Ce n’est pas une accusation morale. C’est un constat.

Un milieu qui parle doucement… mais pas à tout le monde

La première barrière est le langage. Pas le vocabulaire technique — celui-là, on peut l’apprendre — mais la manière dont il est utilisé. On ne vous explique pas ce qu’est une collation ou un état “strictement conforme”. On le sait, ou on est censé le savoir. Sinon, on se tait.

Je me souviens très bien de mes débuts. J’écoutais, je notais, je rentrais chez moi chercher les mots que je n’avais pas osé demander. Les réponses existaient, bien sûr, mais rarement données. Il fallait les mériter par la fréquentation, par l’endurance, par une forme de docilité.

Le reste est sur le site : le prix réel des erreurs de débutant, la préférence du milieu pour le XVIIIe siècle et les reliures d’usage, et la raison qui me fait rester malgré tout.

Ce n’est pas un hasard : ce fonctionnement favorise ceux qui ont déjà le capital culturel, le temps et la confiance sociale pour ne pas se sentir déplacés.

L’apprentissage par l’humiliation douce

On dit souvent que la bibliophilie s’apprend “en se trompant”. C’est vrai. Mais on oublie de préciser que ces erreurs ont un coût — financier, symbolique, parfois humiliant.

Le débutant se trompe, et le milieu le regarde faire. On sourit, on laisse passer. Rarement on corrige frontalement. Le message est clair : tu apprendras, mais seul. Cette pédagogie par imprégnation favorise ceux qui peuvent se permettre de perdre de l’argent, du temps, ou de l’ego.

Ce n’est pas un hasard si tant de bibliophiles viennent de milieux déjà favorisés. La bibliophilie n’est pas chère par nature ; elle le devient par ses règles implicites.

Le goût comme norme sociale

Très vite, on comprend qu’il existe des livres “respectables” et d’autres qui le sont moins. Le XVIIIᵉ siècle est sûr. Le XIXᵉ classique est toléré. Le XXᵉ est suspect. Le contemporain, franchement gênant.

Les reliures doivent être traditionnelles. Les bibliothèques doivent sentir le bois sombre et la cire ancienne. Les objets hybrides, les parcours singuliers, les bibliophilies personnelles sont accueillis avec un sourire poli — jamais avec un véritable intérêt.

Le goût, ici, n’est pas une préférence : c’est une norme. Et toute norme sociale est conservatrice par définition.

L’hypocrisie du désintéressement

Ce qui m’a le plus frappé, c’est le discours moral. Le “vrai” bibliophile serait désintéressé, presque ascétique. Il n’achèterait pas pour la valeur, mais pour l’amour du livre.

Dans le même temps, tout le monde connaît les cotes, surveille les prix, commente les adjudications, compare les exemplaires. Ce double discours est révélateur : on nie la dimension économique tout en la pratiquant intensément.

Ce n’est pas immoral. C’est humain. Mais c’est aussi une manière de dissimuler un capital symbolique derrière une posture morale, très typique des milieux conservateurs.

Une ouverture proclamée, une sélection réelle

Officiellement, la bibliophilie est ouverte à tous. En pratique, elle demande :

  • du temps libre,
  • de la stabilité financière,
  • un rapport familier à la culture écrite,
  • et une aisance sociale suffisante pour naviguer dans des espaces codés.

Ce n’est pas un reproche individuel. C’est un mécanisme collectif. On peut aimer les livres anciens et reconnaître que le milieu qui les entoure reproduit très bien les hiérarchies sociales existantes.

La bibliophilie ne ferme pas la porte.
Elle la laisse simplement lourde.

La nostalgie comme refuge politique

Le passé est omniprésent dans les discours bibliophiliques. On évoque des âges d’or, des libraires d’exception, des collectionneurs mythiques. Le présent est presque toujours perçu comme une dégradation.

Cette nostalgie n’est pas neutre. Elle sert à figer les pratiques, à délégitimer les renouvellements, à disqualifier les nouvelles voix comme superficielles ou ignorantes.

C’est une posture profondément conservatrice : le passé comme modèle, le présent comme chute, l’avenir comme menace.

Pourquoi je reste, malgré tout

Et pourtant, je reste. Parce que les livres anciens sont plus subversifs que le milieu qui les entoure. Parce que lire, vraiment lire, finit toujours par fissurer les vitrines.

Je reste parce que je crois qu’on peut aimer la matérialité du livre sans sacraliser les hiérarchies qui l’accompagnent. Parce que je crois à une bibliophilie plus explicite, plus généreuse, plus conflictuelle aussi.

Une bibliophilie qui accepte le désaccord.
Une bibliophilie qui explique ses codes au lieu de les protéger.
Une bibliophilie qui ne confond pas conservation et immobilisme.

Conclusion personnelle (et assumée)

Dire que la bibliophilie est socialement conservatrice n’est pas une insulte. C’est une invitation à regarder lucidement ses propres habitudes. À se demander qui parle, qui se tait, qui entre, qui reste dehors.

Les livres anciens ont traversé des révolutions, des ruptures, des conflits sociaux. Ils méritent mieux qu’un milieu figé dans la répétition de ses propres certitudes.

Si la bibliophilie veut rester vivante, elle devra accepter d’être dérangée — y compris par ceux qui l’aiment sans lui ressembler.

Et tant pis si cela fait un peu de bruit dans les rayonnages. Comme cet article, qui n’est qu’une boutade.

Cote de bibliothèque de la Guilde des Bibliopolicés :
GdB — SOC/08-REB

La lettre du bibliophile

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Collationner un livre : sept bonnes raisons d’arrêter de perdre votre temps

Définition ancienne de Collationner : examiner si un livre est entier et parfait

Six clichés bien cadrés sur une plateforme valent, nous dit-on, deux heures de collation, Brunet ouvert à la bonne page. La page prise au hasard tombe toujours sur un feuillet immaculé. Que le feuillet 137 manque ou qu’un fac-similé le remplace, le dos reste le même et la photographie aussi.

Par Mathieu Lenoir, pourfendeur d’idées reçues, lecteur des usages présents et contradicteur attitré des confusions bibliophiliques pour la Guilde des Bibliopolicés.

Amis bibliophiles, bonjour.

On m’a enseigné autrefois — et l’on voudra bien pardonner cette confidence d’ancien régime — qu’un livre ne s’achetait pas, qu’il se vérifiait. Feuillet après feuillet, signature après signature, planche après planche, l’amateur consciencieux devait s’assurer que l’objet qu’on lui tendait contenait bien tout ce que le bibliographe avait promis. Cela s’appelait collationner, cela prenait du temps, cela supposait une table, une lampe, un Brunet ouvert à la bonne page, et cette forme particulière de patience qu’on ne trouve plus guère que chez les horlogers et les confesseurs. J’ai longtemps cru que c’était là le premier des devoirs. Je viens vous annoncer une bonne nouvelle : ce devoir est aboli. Non par décret, non par scandale, mais par quelque chose de bien plus efficace que les décrets et les scandales — l’usage. Personne ne collationne plus, donc il ne sert plus à rien de collationner. Le raisonnement est circulaire, j’en conviens ; c’est précisément ce qui le rend inattaquable.

Définition ancienne de Collationner : examiner si un livre est entier et parfait

Examinons, puisqu’il faut bien instruire le dossier, les raisons de cette heureuse dispense.

Premièrement : on n’ouvre plus les livres

La collation reposait sur une hypothèse aujourd’hui charmante de naïveté : celle qu’un livre serait un jour ouvert. Or le livre ancien a cessé d’être un texte pour devenir tour à tour une image, puis un trophée. On le photographie sous trois angles, on le pose sur une étagère où il compose agréablement avec ses voisins. Dans aucune de ces deux destinées le feuillet 137 ne joue le moindre rôle. Qu’il soit présent, absent ou remplacé par un fac-similé d’une propreté suspecte, le dos reste le même, et la photographie aussi. S’indigner d’un manque que personne ne verra jamais, c’est faire preuve d’une exigence déplacée, presque d’une insolence — celle du convive qui vérifierait l’argenterie chez son hôte.

Les six autres raisons sont sur le site : les quatre mots qui ont clos trois siècles de bibliographie, l’expert de Drouot mort au décompte des planches de l’Encyclopédie, et la politesse qui survit à l’abolition du devoir.

Deuxièmement : la photographie a réglé la question

Six clichés bien cadrés sur une plateforme en ligne valent, nous dit-on, deux heures de collation. On y voit la reliure, le titre, une page « prise au hasard » — un hasard qui tombe curieusement toujours sur un feuillet immaculé — et parfois la tranche, pour les amateurs de sensations fortes. Que voulez-vous vérifier de plus ? La complétude d’un livre de six cents pages se déduit aisément de six photographies, comme la santé d’un patient se déduit de son sourire. Et si d’aventure un doute subsistait, la formule magique « vendu tel que photographié » l’apaise définitivement : quatre mots qui ont résolu un problème que trois siècles de bibliographes n’avaient pas su clore. Il fallait y penser. Ils y ont pensé.

Troisièmement : « complet » a disparu des catalogues, et le problème avec lui

Lisez les catalogues de ventes aux enchères : le mot « complet » ne s’y risque plus. Les experts, instruits par quelques réclamations et beaucoup de prudence, l’ont retiré de leur vocabulaire comme on retire du commerce un produit dangereux. On écrit désormais « non collationné », « vendu en l’état », « tel que » — locutions admirables qui ne décrivent pas le livre mais le contrat, et qui transforment chaque notice en clause de non-responsabilité ornée d’une estimation. Or on ne peut être trompé que par une promesse : là où plus personne ne promet rien, plus personne ne ment, et là où personne ne ment, que voudriez-vous donc vérifier ? La collation servait à confronter l’exemplaire à sa description ; la description ayant été prudemment vidée de tout contenu vérifiable, la confrontation tombe d’elle-même. C’est un progrès considérable : on n’a pas rendu les livres plus complets, on a rendu l’incomplétude inattaquable.

Quatrièmement : c’est un art du passé, au sens propre

Car enfin, à qui s’adresse encore cette science ? Collationner avait un sens pour les livres d’avant le XVIIIe siècle, ces machines retorses pleines de feuillets liminaires, de cahiers signés par lettres, de titres-frontispices, d’errata et de feuillets blancs qu’il fallait savoir compter — tout un appareil où le manque se dissimule avec une aisance de prestidigitateur. Mais la bibliophilie a émigré. Elle vit désormais au XIXe et au XXe siècle, parmi des volumes paginés en continu dont la complétude se lit d’un coup de pouce, et son inquiétude s’est déplacée tout entière vers l’enveloppe : un « couvertures conservées » fait aujourd’hui le travail que faisaient hier trois lignes de collation dans Brunet. On ne compte plus les cahiers, on vérifie les plats. La science des signatures est devenue une langue morte, parlée par quelques érudits à l’intention d’autres érudits, et l’on sait ce que notre époque fait des langues mortes : elle les salue de loin, et elle vend sans elles.

Cinquièmement : le temps coûte plus cher que les manques

Faisons les comptes, puisque notre époque ne respecte que cela. Collationner sérieusement un in-folio du XVIIe siècle demande une heure, parfois deux. Une maison de ventes qui disperse quatre cents lots par vacation devrait donc, pour faire ce travail, immobiliser un expert pendant plusieurs semaines — un expert dont on sait par ailleurs, depuis certaine vente d’Almanachs dont j’ai eu l’occasion d’entretenir la Guilde, qu’il a mieux à faire, ou en tout cas autre chose. On raconte du reste à Drouot l’histoire de cet expert qui décéda au milieu du décompte des planches de l’Encyclopédie, par ennui ou de vieillesse, les avis divergent — il en était, dit-on, au volume des arts mécaniques, quelque part entre la fabrication des épingles et celle des bas au métier ; on le trouva le doigt posé sur la planche CXIV, et l’on acheva la vente, par respect, sans achever le décompte. Le lot fut adjugé « non collationné », ce qui, pour une fois, était rigoureusement exact. La profession en tira la seule leçon qui s’imposât : non pas qu’il fallût des experts plus jeunes, mais des vérifications plus courtes. La confiance, elle, est gratuite, instantanée, et se distribue sans limite de stock. Entre une vérification qui coûte et une confiance qui rapporte, le marché a choisi, et le marché, on nous l’assure, ne se trompe jamais longtemps. Il se trompe seulement à la longue, ce qui n’est pas pareil, puisque à la longue, comme chacun sait, l’acheteur est un autre.

Sixièmement : la responsabilité s’est admirablement diluée

Autrefois, le manque avait un coupable : celui qui avait vendu sans vérifier. Aujourd’hui, il n’a plus qu’une généalogie. Le libraire s’en remet à la vente où il a acheté, la maison de ventes à son expert, l’expert au catalogue d’une collection célèbre où le livre a jadis figuré, et ce catalogue lui-même à un bibliographe mort en 1865 qui, lui, avait collationné — mais un autre exemplaire. Chacun est de bonne foi, chacun a fait confiance à quelqu’un de très estimable, et le feuillet manquant circule ainsi de main en main comme un héritage dont personne n’est comptable. C’est une chaîne admirable : elle ne tient à rien, et c’est pourquoi rien ne peut la rompre. Collationner, dans ce système, serait presque un acte hostile — le geste de celui qui, dans une ronde, s’arrête de tourner et fait tomber tout le monde.

Septièmement : le manque découvert tard ne fait de mal qu’aux honnêtes gens

Voici enfin l’argument décisif. Un feuillet absent ne blesse que celui qui le cherche. L’amateur qui ne collationne pas vivra heureux avec son exemplaire incomplet, l’aimera, le montrera, le léguera dans une parfaite tranquillité d’âme. Celui qui collationne, au contraire, s’expose à savoir — et savoir, en bibliophilie comme ailleurs, est le commencement des ennuis. Il faudra réclamer, prouver, froisser un vendeur aimable, abîmer une relation cordiale pour un morceau de papier. La collation ne protège pas l’acheteur : elle le condamne à la lucidité, qui est de toutes les infirmités la plus mal remboursée. Épargnez-vous cela. L’ignorance a mauvaise réputation mais elle a ceci de supérieur à l’expertise qu’elle ne déçoit jamais son homme de son vivant.

Voilà donc l’affaire entendue, et je pourrais m’arrêter là si je ne me souvenais, par déformation, de distinguer les apparences de ce qui devrait être. Car enfin la collation n’a jamais été une technique, encore moins une formalité : c’était une politesse. Politesse envers le livre, qu’on prenait la peine de connaître avant de prétendre le posséder ; politesse envers l’acheteur suivant, à qui l’on transmettait une certitude et non une rumeur ; politesse envers soi-même, qui est la moins spectaculaire des trois et la seule qui ne se négocie pas. En cessant de compter les feuillets, nous n’avons pas gagné du temps : nous avons seulement déplacé la confiance, de l’objet qu’on peut vérifier vers les hommes qu’on préfère croire. Et un marché où plus personne ne compte les feuillets est un marché où, à la longue, les feuillets finissent par manquer — cela s’est toujours su, et cela s’est toujours vérifié, précisément parce que personne ne vérifiait.

Ne collationnez donc plus, amis bibliophiles : vous achèterez plus vite, vous revendrez plus aisément, et vous laisserez à vos héritiers la surprise de l’inventaire. La Guilde, pour sa part, continuera de compter. Par honnêteté, disent nos statuts. Par insolence, je le crains — c’est-à-dire par fidélité.

GUILDE · ML/COLLATION

Document classé : diffusion restreinte.

7 Commentaires

  1. Bel article, merci.

    Les codes bibliophiliques et les silences que vous décrivez ont assurément plusieurs causes difficiles à démêler ou à hiérarchiser. Sans doute ne devrions-nous pas y négliger le syndrome de l’imposteur. Pas seulement chez le néophyte ayant la sensation de ne pas être à sa place dans ce landerneau aussi feutré qu’impressionnant. Mais, aussi chez le bibliophile plus aguerri lequel semble parfois redouter de dévoiler sa bibliothèque ou plus modestement l’un des ouvrages qu’il chérit.

    Partager implique nécessairement de s’exposer au jugement. Or, nous savons qu’il existe des bibliophiles dont l’exigence nous échappera toujours faute de moyens financiers suffisants. Même si l’exemplaire que l’on dévoile jouit d’une qualité honorable et présente des caractéristiques dignes d’intérêt (provenance, annotations, histoire éditoriale, …), ne va-t-on pas nous faire remarquer que sa reliure souffre de quelques défauts ? Et encore ne s’agit-il là que d’un livre : imaginez que l’on montre la bibliothèque toute entière ! Il ne faudrait sans doute pas longtemps pour y trouver diverses incohérences, dans le choix des thèmes, des éditions, des reliures ou de tant d’autres choses encore.

    Voilà pourquoi j’apprécie tant ce blog. On y montre sans pudeur des livres auquel on tient même s’ils ne figureront jamais dans une exposition de la BNF. On y parle de ses achats et de sa collection, sans cacher les erreurs et les maladresses. Gageons que le jeune bibliophile apprend plus ici en quelques heures qu’en plusieurs années à fréquenter les salons. Or, ce blog n’est pas extérieur à la bibliophilie. Cela ne suffit pas à réfuter votre thèse d’une bibliophilie intrinsèquement conservatrice, mais illustre la possibilité pour l’amateur motivé de se former autrement qu’en écoutant des silences ou des soupirs réprobateurs au fil de ses errements.

  2. Bonjour.
    Nous éditons une Gazette mensuelle et votre commentaire m’intéresse tout particulièrement. D’une part parce que nous avons en commun le goût des livres, ensuite notre partenaire est une libraire de livres anciens, et enfin le sujet me paraît intéressant pour notre Gazette qui a une connotation culturelle marquée. Nous voudrions le publier en l’état dans notre Gazette. Acceptez-vous? Merci

  3. Toute activité demande du temps libre, et de l’argent. Prenons l’exemple du football, proche de la sainte plèbe que chérit la gauche : il faut aussi connaitre les règles. Je confesse que je les ignore. Il y a une hierarchie. N’est pas Zidane qui veut. Et puis il faut avoir la santé. On ne s’intéresse pas aux vieux, aux bien enrobés, aux lunetteux, aux éclopés… Oui, toute activité pratiquée à bon niveau demande une initiation, et à ce titre tout peut être qualifié d’entre-soi élitiste si on le veut vraiment. Des mots croisés au rugby, du tunning automobile à la pétanque.
    Je n’ai jamais eu de gros moyens et je chéris certains livres que j’ai payé 5€, même si les grands libraires spécialisés dans les exemplaires princiers ne m’invitent pas à déjeuner pour me proposer une affaire exceptionnelle à 10 smics… je suis juste heureux de trouver mes lectures dans de beaux volumes…

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